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L’histoire pour le plaisir

Ramsès 1er

jeudi 8 janvier 2026, par lucien jallamion

Ramsès 1er (vers 1351-vers 1294 avant notre ère)

Pharaon de 1295 à 1294 av.jc-Fondateur de la XIXème dynastie de l’Égypte antique

Appelé d’abord “Pa-Ramessou”, il est né dans une famille noble de Basse Égypte [1], installée près d’Avaris [2], l’ancienne capitale Hyksôs [3], dans ledelta du Nil.

Il n’était pas d’ascendance royale et sa famille honorait particulièrement le culte de Seth de cette partie du delta. Il est le fils d’un Commandant des troupes, Séthi, et a 5 sœurs et 3 frères, dont Khâemouaset

Il prend la succession de son père dans sa charge et apparaît pour la première fois comme Surintendant des écuries royales. Conducteur de char et chef des archers, il obtient le poste d’Envoyé royal auprès des pays étrangers. Il devient ensuite commandant de la forteresse de Tjarou [4] et Surintendant des Bouches du Nil [5].

Ami d’Horemheb, dernier pharaon de la XVIIIème dynastie [6], ce dernier fait de lui son vizir [7] et lui donne de surcroît le titre de Député de tout le pays, consistant à surveiller les travaux entrepris dans le pays. Il fait démonter les temples d’Aton érigés à Karnak [8] et réutilise leur pierres à la construction du IXème pylône [9] du temple d’Amon. Il place au pied de celui-ci deux statues le représentant.

Horemheb n’ayant pas de fils, vers la fin de son règne, il nomme Ramsès comme corégent, et implicitement comme héritier. Ramsès 1er a des fils, dont Séthi, de sa femme Satrê .

Ramsès 1er étant déjà âgé lors de son couronnement, son fils Séthi devient corégent de son père comme l’indiquent les monuments du règne.

Séthi dirige de nombreuses campagnes militaires, notamment en Syrie [10] tandis que Ramsès se préoccupe plutôt des affaires du pays. Il continue l’édification de la salle hypostyle du temple de Karnak commencé sous Amenhotep III par l’allée centrale, en édifiant le nord de la salle.

Il a près d’Avaris [11] un établissement qui sera par la suite agrandi par son fils et son petit-fils en une véritable capitale, Pi-Ramsès [12].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Christiane Desroches Noblecourt, Ramsès II, la véritable histoire

Notes

[1] L’Égypte se définit essentiellement par rapport au Nil. La Basse Égypte est donc « basse » par référence au sens de l’écoulement du fleuve (du sud, plus haut, vers le nord, en aval) et donc à son altitude. Son relief est également peu accusé. C’est la partie la plus au nord de l’Égypte, depuis la Méditerranée, avec le delta du Nil, jusqu’à la région du Fayoum avec Le Caire.

[2] Avaris est le site de l’ancienne capitale des Hyksôs qui régnèrent sur l’Égypte à la fin de la Deuxième Période intermédiaire (XVème dynastie). La cité a été retrouvée à Tell el-Dab’a dans le Delta oriental. Le site fut occupé dès le Moyen Empire, un temple de la XIème dynastie et de la XIIème dynastie a été découvert à Ezbet Rushdi au nord du site. Un temple de Seth y a été également dégagé tandis que la ville dite « Hyksôs » est à chercher plus au sud, à Ezbet Helmi, où une enceinte et une forteresse ont été dégagées.

[3] Les Hyksôs formaient autrefois un groupe pluriethnique vivant dans l’Asie de l’ouest. Selon l’historiographie officielle du Nouvel Empire, relayée ensuite par Manéthon, ces étrangers comme semble l’indiquer leur nom égyptien arrivèrent à l’est du delta du Nil au cours de la Deuxième Période intermédiaire. Toujours selon cette version officielle, ils chassèrent les dirigeants de la XIVème dynastie, qui siégeaient à Avaris, et fondèrent les XVème et XVIème dynasties d’Égypte entre le 18ème siècle av. jc et le 16ème siècle av. jc selon les chronologies

[4] Tjarou est une forteresse égyptienne située sur la route principale menant vers le Pays de Canaan. Le site est situé sur l’actuel Tell Heboua et était appelé Selē par les Grecs et Silé par les Romains.

[5] c’est-à-dire gouverneur militaire du delta

[6] La XVIIIème dynastie (1550/1292 av. jc) est souvent assimilée à l’apogée de la civilisation égyptienne antique. Elle clôt la longue Deuxième Période intermédiaire et ouvre le Nouvel Empire avec l’expulsion des Hyksôs, peuplade asiatique qui occupe le pays jusqu’à Abydos et dont la capitale est Avaris.

[7] Le vizir, tjaty en égyptien, désigne, par analogie anachronique avec le vizir conseiller ou ministre auprès des dirigeants musulmans, le premier magistrat après le pharaon, dans l’Égypte antique. Ce poste, dont l’appellation a probablement été créée à l’époque du pharaon Snéfrou pour son fils Néfermaât, se définissait comme celui qui est la volonté du maître, les oreilles et les yeux du roi.

[8] Le complexe religieux de Karnak abusivement appelé temple de Karnak ou tout simplement Karnak comprend un vaste ensemble de ruines de temples, chapelles, pylônes, et d’autres bâtiments situés au nord de Thèbes, aujourd’hui la ville de Louxor, en Égypte, sur la rive droite du Nil. Le complexe de Karnak, reconstruit et développé pendant plus de 2 000 ans par les pharaons successifs, de Sésostris 1er au Moyen Empire à l’époque ptolémaïque, s’étend sur plus de deux km², et est composé de trois enceintes. Il est le plus grand complexe religieux de toute l’Antiquité. Temple le plus important de la XVIIIème dynastie, il était consacré à la triade thébaine avec à sa tête le dieu Amon-Rê. Le complexe était relié au temple de Louxor par une allée de sphinx de près de trois kilomètres de long.

[9] Un pylône est une construction monumentale formée de deux tours à base rectangulaire reliées par un linteau, offrant une porte d’entrée dans les temples égyptiens. À l’extérieur, des renfoncements permettaient de planter d’immenses mâts à l’extrémité desquels flottaient des oriflammes, annonçant de loin la présence de la maison divine. Pour se rendre au temple, les Égyptiens empruntent l’allée pavée bordée de Sphinx, appelée dromos, qui part généralement d’un quai au bord du Nil et où les prêtres et le dieu accostent lors des cérémonies. Le pylône marque l’entrée de l’enceinte du temple. Précédé de statues colossales du roi et d’obélisques, il ouvre sur une cour à portique qui constitue la partie publique du temple. Cette esplanade est la seule zone accessible à la foule lors des processions car le sanctuaire proprement dit leur est interdit. Si, à l’origine, le pylône a pu servir à défendre vraiment l’accès du temple, la fonction a disparu pour devenir symbolique, puisque des pylônes ont été érigés à l’intérieur même des enceintes sacrées déjà protégées. À défaut d’ennemis humains, ils font ainsi obstacles aux forces impures.

[10] La Syrie fut occupée successivement par les Cananéens, les Phéniciens, les Hébreux, les Araméens, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Arméniens, les Romains, les Nabatéens, les Byzantins, les Arabes, et partiellement par les Croisés, par les Turcs Ottomans et enfin par les Français à qui la SDN confia un protectorat provisoire pour mettre en place, ainsi qu’au Liban, les conditions d’une future indépendance politique.

[11] Avaris est le site de l’ancienne capitale des Hyksôs qui régnèrent sur l’Égypte à la fin de la Deuxième Période intermédiaire (XVème dynastie). La cité a été retrouvée à Tell el-Dab’a dans le Delta oriental. Le site fut occupé dès le Moyen Empire, un temple de la XIème dynastie et de la XIIème dynastie a été découvert à Ezbet Rushdi au nord du site. Un temple de Seth y a été également dégagé tandis que la ville dite « Hyksôs » est à chercher plus au sud, à Ezbet Helmi, où une enceinte et une forteresse ont été dégagées.

[12] Pi-Ramsès (ou Per-Ramsès), situé à l’emplacement de l’actuelle Qantir, fut la capitale de l’Égypte sous les XIXème et XXème dynasties. Signifiant Maison de Ramsès, cette cité riche et prospère fut le centre du pouvoir à l’époque ramesside. Établie sur la branche pélusiaque du Nil, son emplacement fut choisi sur le site de l’actuelle localité de Qantir, à proximité immédiate d’Avaris, l’ancienne capitale des Hyksôs, qui avaient régné sur la Basse-Égypte lors de la Deuxième Période intermédiaire. Séthi 1er y avait bâti un premier palais qui sera agrandi par son fils Ramsès II, quand celui-ci y établit la capitale dynastique.