Bienvenue sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Djéser ou Djoser

jeudi 8 janvier 2026, par lucien jallamion

Djéser (ou Djoser)

Premier roi de la IIIème dynastie

Il est considéré comme le fondateur de l’Ancien Empire [1]. Il succède à son père Khâsekhemoui et précède le roi Sanakht . Le roi, dont le nom de Djéser ne lui est pas contemporain, avait pour nom d’Horus Netjerikhet et fut le commanditaire de la première construction en pierre de grande taille : la Pyramide à degrés de Saqqarah [2].

Djéser est lié à Khâsekhemoui, le dernier roi de la IIème dynastie [3], par son épouse la reine Nimaâthâpy , attesté par l’intermédiaire de sceaux trouvés dans la tombe de Khâsekhemoui à Abydos [4] et à Beit Khallaf [5].

Hétephernebty est identifiée comme l’une des reines de Djéser et une fille de Khâsekhemoui sur une série de stèles-bornes de l’enceinte de la pyramide à degrés et un fragment de relief d’un bâtiment d’Héliopolis.

Manéthon compte 29 ans de règne à Djéser alors que le Canon royal de Turin [6] lui en compte 19 ans et un mois. En raison de ses nombreux projets de construction, en particulier à Saqqarah, certains chercheurs affirment que Djéser a dû jouir d’un règne de près de 3 décennies.

D’après de récentes recherches d’une équipe internationale de chercheurs, il est possible de dater le début du règne de Djéser, et cela avec une infime marge d’erreur, entre 2691 et 2625 av.jc.

Djéser a envoyé plusieurs expéditions militaires dans la péninsule du Sinaï [7], au cours desquelles les habitants locaux ont été soumis. Il y envoya également des expéditions à la recherche de minéraux précieux comme la turquoise et le cuivre. Ceci est connu par les inscriptions trouvées dans le désert, parfois avec la bannière de Seth aux côtés des symboles d’Horus, comme c’était déjà le cas sous Khâsekhemoui. Le Sinaï a également joué un rôle stratégique en tant que tampon entre la vallée du Nil et l’Asie.

Djéser, qui signifie le saint en égyptien ancien, serait à l’origine d’une grande réforme religieuse dans tout le pays. Roi à l’image de pacifique, il est considéré comme le bâtisseur de l’Ancien Empire, non par la grandeur de ses œuvres mais par les innovations qu’il a introduites avec l’aide d’Imhotep qui possédait entre autres les fonctions de grand chancelier de la Basse Égypte, prince royal, grand prêtre d’Héliopolis et médecin royal. Son règne connut une réelle prospérité économique et culturelle du pays avec des ouvertures sur l’Orient.

Quelques reliefs fragmentaires trouvés à Héliopolis datant de l’époque ptolémaïque mentionnent le nom de Djéser et suggèrent qu’il a commandé des projets de construction dans ces villes. En outre, il a pu avoir fixé la limite méridionale de son royaume à la première cataracte [8]. Une inscription connue sous le nom de stèle de la famine située sur l’île de Sehel [9] et revendiquant à ce jour le règne de Djéser, mais probablement créée sous la dynastie ptolémaïque [10], raconte comment Djéser a reconstruit le temple de Khnoum à Éléphantine [11] à la première cataracte, mettant ainsi fin à une famine de 7 ans en Égypte. Certains considèrent cette ancienne inscription comme une légende à l’époque de sa réalisation.

Bien qu’il semble avoir commencé une tombe inachevée à Abydos, Djéser fut finalement enterré dans sa célèbre pyramide à degrés, première construction de taille en pierre, située à Saqqarah en Basse Égypte. Comme Khâsekhemoui fut le dernier roi à être enterré à Abydos, certains égyptologues en déduisent que le passage à une capitale plus au nord s’est achevé à l’époque de Djéser.

Manéthon, plus de deux millénaires plus tard, fit allusion aux progrès architecturaux de ce règne, mentionnant que Tosorthros a découvert comment construire avec la pierre taillée, en plus d’être connu comme le médecin Esculape, et d’avoir introduit quelques réformes dans le système de l’écriture.

Djéser a été inhumé dans sa pyramide à degrés à Saqqarah. Cette pyramide a été construite à l’origine comme un mastaba [12] presque carré, mais 5 autres mastabas ont été littéralement empilés les uns sur les autres, chacun plus petit que le précédent, jusqu’à ce que le monument devienne la première pyramide de l’Égypte. Le superviseur de la construction des bâtiments était le grand prêtre Imhotep.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Djéser Portail de l’Égypte antique/ Catégories : Pharaon/ IIIe dynastie égyptienne

Notes

[1] L’Ancien Empire égyptien est une période de l’histoire de l’Égypte antique qui couvre approximativement la moitié du 3ème millénaire (d’environ 2700 à 2200) avant notre ère. Succédant à la période thinite, qui a vu l’apparition de l’État égyptien, elle comprend les IIIème, IVème, Vème et VIème dynasties, puis s’achève par une période de fragmentation politique, la Première Période intermédiaire. Dès l’Antiquité, cette période était considérée par les Égyptiens eux-mêmes comme l’âge d’or de leur civilisation. Il s’agit en effet de la plus longue période de stabilité politique que l’Égypte ancienne ait connue, durant laquelle aucune menace extérieure n’est venue perturber l’ordre intérieur. La centralisation de l’État, amorcée sous les dynasties thinites, et la prospérité qui en a progressivement découlé, favorisent des développements artistiques et architecturaux considérables, perceptibles surtout dans les sites entourant la capitale de l’époque, Memphis

[2] Saqqarah est une vaste nécropole de la région de Memphis. Elle connaît une occupation ininterrompue tout au long de l’histoire de l’Égypte antique : de ce fait, tombes royales et sépultures plus modestes se côtoient et présentent de nombreux témoignages sur la vie quotidienne de l’Égypte ancienne.

[3] La IIème dynastie de la période thinite est une dynastie assez obscure de l’histoire égyptienne vers 2900-2750 av. l’ère commune. La durée de la dynastie est incertaine, autour de 150 ans selon les reconstitutions des chercheurs, tandis que le nombre de rois et leur ordre de succession font l’objet de vifs débats du fait de la pauvreté de la documentation

[4] Abydos est une ancienne ville sainte d’Égypte vouée au culte du dieu Osiris, et située à 70 km au nord-ouest de Thèbes. Aujourd’hui sur le territoire de l’antique Abydos s’élève l’actuelle ville de Madfounek. Les prêtres d’Abydos prétendaient posséder une relique de toute première importance : la tête du dieu Osiris. On y a découvert les tables d’Abydos qui mentionnent deux séries de noms de pharaons allant jusqu’à la XVIIIème dynastie.

[5] Beit Khallaf est un petit village situé à 10 kilomètres à l’ouest de Girga en Moyenne-Égypte. Beit Khallaf fait partie de la zone connue sous le nom de ligne Hajer, qui est composée de trois autres villages : Beit Allam, Beit Khuraybi, et Beit Dawud Sahl. La région compte plusieurs mastabas et sites funéraires et est régie par le ministère égyptien des Antiquités en tant que site archéologique ancien.

[6] Le Canon royal de Turin, qui de par son importance est appelé couramment papyrus de Turin, est un papyrus écrit en hiératique. Il est exposé au musée égyptologique de Turin. La face avant du papyrus donne des listes de noms de personnes et d’institutions avec ce qui semble être une taxe ou un impôt pour chaque évaluation. Le verso mentionne une liste de dieux et de demi-dieux et les noms et années de règne de plus de 300 rois et pharaons, depuis le règne des dieux jusqu’aux débuts de la XVIIIème dynastie. Le texte date des débuts de l’époque ramesside car le dernier pharaon à y figurer est Mérenptah, fils et successeur de Ramsès II.

[7] Le Sinaï est une péninsule égyptienne d’environ 60 000 km2, à la forme triangulaire et située entre la mer Méditerranée au nord, la mer Rouge au sud, le golfe de Suez et le canal de Suez à l’ouest et le golfe d’Aqaba et la frontière entre l’Égypte et Israël à l’est. La péninsule du Sinaï est géographiquement située en Asie. La limite orientale de la péninsule est marquée par une faille tectonique qui écarte, année après année, la mer Rouge. Des gisements de pétrole, de fer et de manganèse sont exploités dans le nord et dans le centre-sud. D’anciennes mines existent depuis des millénaires.

[8] Les cataractes du Nil sont des rapides, plus que des chutes d’eau, dus à des encombrements rocheux dans le lit du Nil. Au nombre de six, elles rendent difficile et dangereuse en certains endroits la navigation sur le fleuve, mais sans l’interrompre. Depuis le Nord de Khartoum, au Soudan actuel, la vallée du Nil sinue de cataracte en cataracte jusqu’à Assouan, en Égypte. Dès l’Antiquité, Hérodote évoque ces « Éthiopiens » qui vivent entre la première et la sixième cataracte du Nil. La Nubie s’étend de la première cataracte jusqu’à la quatrième cataracte. Le désert de Bayouda se trouve dans la boucle formée par le Nil entre la quatrième et la sixième cataracte

[9] L’île de Sehel est une île fluviale située sur le Nil, à environ 3,2 km au sud-ouest d’Assouan, une ville du sud de l’Égypte, et qui comporte de nombreux sites archéologiques antiques dont le temple d’Anoukis, la déesse égyptienne de l’eau et des cataractes du Nil.

[10] La dynastie lagide ou ptolémaïque est une dynastie hellénistique issue du général macédonien Ptolémée, fils de Lagos (d’où l’appellation « lagide »). Cette dynastie règne sur l’Égypte de 323 à 30 avant notre ère. Les souverains lagides portent le titre de basileus (roi) et de pharaon. Si on considère que la dernière dynastie numérotée de l’Égypte ancienne est la dynastie perse achéménide, soit la XXXIème dynastie, vaincue par Alexandre le Grand qui, couronné roi d’Égypte, serait alors l’unique représentant d’une XXXIIème dynastie de 331 à 323 avant notre ère, la dynastie des Lagides peut être considérée comme la XXXIIIème dynastie égyptienne. La défaite de Cléopâtre VII et de Marc Antoine face à Octave à la bataille d’Actium en 31 avant notre ère marque la fin de la dynastie ptolémaïque et de l’Égypte pharaonique. Elle marque aussi pour les historiens modernes la fin de l’époque hellénistique. La dynastie est typiquement grecque et se réclame comme telle : aucun Ptolémée ne parle l’égyptien, sauf Cléopâtre VII, qui est d’ailleurs polyglotte

[11] L’île Éléphantine est une île d’Égypte située sur le Nil, en face du centre-ville d’Assouan dont elle fait partie. Elle constitue une des nombreuses îles et rochers qui forment la première cataracte du Nil. Dans l’Égypte antique, l’île était une ville, capitale du premier nome de Haute Égypte, celui « du Pays de l’arc » ou « du Pays de Nubie » (tA-sty).

[12] Le mastaba est un édifice funéraire égyptien servant de sépulture aux pharaons des deux premières dynasties, ainsi qu’aux hauts dignitaires, de l’époque archaïque au Moyen Empire égyptien.