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Imhotep

jeudi 8 janvier 2026, par lucien jallamion

Imhotep

Personnage historique emblématique de l’Égypte antique

Ayant vécu au 3ème millénaire avant notre ère, il fut un homme aux multiples talents. Vizir [1] et architecte du roi Djéser, on le dit également médecin et philosophe.

Sur le socle d’une statue du roi Djéser aujourd’hui au Musée du Caire, il est présenté comme Le chancelier du roi de Basse Égypte [2], le premier après le roi de Haute Égypte [3], administrateur du grand palais, noble héréditaire, grand prêtre d’Héliopolis [4], Imhotep, le constructeur, le sculpteur.

Peu d’éléments directs demeurent sur l’existence d’Imhotep. Ses liens familiaux restent hypothétiques, aucun portrait n’est parvenu jusqu’à notre époque, et sa tombe n’a pas été retrouvée.

Des écrits datant du 3ème siècle avant notre ère le désignent comme le Fils de Ptah ; sa mère est parfois assimilée à Sekhmet .

Son œuvre architecturale la plus connue est sans conteste le complexe funéraire qu’il édifie à Saqqarah [5] près du Caire [6], pour Djéser et plus particulièrement la plus ancienne pyramide à degrés du monde.

Imhotep est considéré comme le fondateur de la médecine égyptienne et l’auteur présupposé d’un traité médical, le papyrus Ebers [7].

Ce texte décrit en détail des observations anatomiques, l’examen, le diagnostic, le traitement et le pronostic de nombreuses blessures. Les traitements sont associés aux formules magiques. Il réforme la religion égyptienne et introduit le mythe osirien [8].

Personnage historique de la IIIème dynastie [9], il est ensuite associé à Thot, dieu de la connaissance et de l’écriture. Dès le règne d’Amenhotep III, les scribes [10] offrent des libations au défunt Imhotep. À la Basse époque [11], il est divinisé et adoré au temple de Deir el-Bahari [12].

Il connaît son apogée à Memphis [13] où il détrône Néfertoum pour être le fils du puissant Ptah. Plus tard encore, il finit par le surpasser et reçoit le titre de dieu memphite, reléguant Ptah à la seconde place. Le culte se répand dans toute l’Égypte et même, associé au dieu grec Asclépios foudroyé par Zeus pour avoir ressuscité les morts, son influence se répand également dans le bassin méditerranéen.

À Philæ [14], un temple lui est consacré près de celui de la déesse Isis.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Christian Jacq, Imhotep, l’inventeur de l’éternité : le secret de la pyramide, Paris, Pocket, 21 avril 2011, 572 p. (ISBN 978-2-266-21084-3)

Notes

[1] Le mot persan vizir, désigne un fonctionnaire de haut rang, ayant un rôle de conseiller ou de ministre auprès des dirigeants musulmans (califes, émirs, maliks, padishah ou sultans).

[2] L’Égypte se définit essentiellement par rapport au Nil. La Basse Égypte est donc « basse » par référence au sens de l’écoulement du fleuve (du sud, plus haut, vers le nord, en aval) et donc à son altitude. Son relief est également peu accusé. C’est la partie la plus au nord de l’Égypte, depuis la Méditerranée, avec le delta du Nil, jusqu’à la région du Fayoum avec Le Caire.

[3] La Haute-Égypte est la partie sud de l’actuelle Égypte. De tout temps, le Nil ayant été l’axe de préoccupation principal des Égyptiens, c’est donc à lui que fait référence le qualificatif haut. Le Nil prenant sa source en Afrique centrale (dans la région des Grands Lacs) et se jetant dans la mer Méditerranée dans le delta au nord, il est logique (selon la loi de l’écoulement des fleuves) que le sud du pays soit plus élevé que le nord. C’est pourquoi la Haute Égypte correspond à la partie méridionale du pays, de la région d’Aphroditopolis (au sud de Memphis) jusqu’au haut barrage d’Assouan, près de la première cataracte, c’est-à-dire à la frontière nord de la Basse Nubie.

[4] Héliopolis (la « ville du Soleil », aujourd’hui arabe Aîn-ech-Chams) est le nom donné par les Grecs à la ville antique de Onou (ou Iounou) dans le delta du Nil. Elle était la capitale du treizième nome de Basse Égypte. Les premières constructions datent du 27ème siècle avant notre ère.

[5] Saqqarah est une vaste nécropole de la région de Memphis. Elle connaît une occupation ininterrompue tout au long de l’histoire de l’Égypte antique : de ce fait, tombes royales et sépultures plus modestes se côtoient et présentent de nombreux témoignages sur la vie quotidienne de l’Égypte ancienne.

[6] Le Caire est la capitale et la plus grande ville d’Égypte. C’est la plus grande ville du Moyen-Orient et la seconde d’Afrique derrière Lagos. Les Fatimides et leur troupes composées de Berbères kotamas d’Algérie fondent le noyau urbain actuel, alors nommé Al-Mansûriyyah, pour en faire leur nouvelle capitale. Située sur la route des épices entre l’Europe et l’Asie, la ville connaît une longue période de prospérité : vers 1340, la population du Caire atteint un demi-million d’habitants, ce qui en faisait déjà l’une des plus grandes villes du monde arabe.

[7] Le papyrus Ebers est l’un des plus anciens traités médicaux connus : il est daté du 16ème siècle av. jc, pendant le règne d’Amenhotep 1er. C’est le texte le plus important pour approcher la médecine de l’Égypte antique. Il se présente comme une liste de recettes de remèdes avec indication succincte de l’affection à traiter. Il est d’interprétation difficile, car des termes médicaux restent énigmatiques et la plupart des substances n’ont pas été identifiées. Il est le plus souvent considéré comme l’émergence d’une pensée médicale et pharmacologique dans un univers religieux ou magique.

[8] Le mythe d’Osiris est le récit religieux le plus élaboré et influent de la mythologie des Anciens Égyptiens. Il relate l’assassinat d’Osiris ainsi que ses conséquences politiques. Fils aîné de Geb et de Nout, Osiris règne sur le pays avec Isis, sa sœur et son épouse. Inventeur de l’agriculture et de la religion, son règne est bienfaisant et civilisateur. Seth, son frère, organise un banquet avec un jeu consistant à se mettre dans un coffre et le remplir parfaitement. Quand ce fut le tour d’Osiris, Seth referma immédiatement le coffre et le jeta dans le Nil. Sa vie prend tragiquement fin quand il meurt assassiné sous les coups de Seth, son frère cadet. Le meurtrier usurpe le trône et pendant ce temps, Isis restaure le corps démembré de son mari en le momifiant. Le martyre d’Osiris lui vaut de gagner le monde de l’Au-delà dont il devient le souverain et le garant suprême des lois de la Maât. Dans son nouveau royaume, son autorité s’appuie sur une armée de démons capable de gagner le monde terrestre et d’infliger des épidémies mortelles.

[9] La IIIe dynastie de l’Ancien Empire d’Égypte est une dynastie relativement courte et obscure de l’histoire égyptienne, faisant la transition entre la période thinite et l’Ancien Empire entre environ 2750 et 2675 av. notre air (certains chercheurs, dont Toby A. H. Wilkinson, considèrent cette dynastie comme la fin de la première période dynastique ; même si la majorité des chercheurs, dont Aidan Mark Dodson, la placent au début de l’Ancien Empire). La durée de la dynastie est incertaine, allant de 49 ans à 138 ans selon les chercheurs, tandis que le nombre de rois la composant est aussi l’objet de débats. Les figures emblématiques sont le roi Djéser et Imhotep, respectivement le commanditaire et l’architecte de la première pyramide d’Égypte.

[10] Le scribe désigne dans l’Égypte antique un fonctionnaire lettré, éduqué dans l’art de l’écriture et de l’arithmétique. Omniprésent comme administrateur, comptable, littérateur ou écrivain public, il fait fonctionner l’État de Pharaon au sein de sa bureaucratie, de son armée ou de ses temples. Le scribe royal domine l’administration centrale. Les scribes supérieurs font partie de la cour de pharaon, ils ne paient pas d’impôts et n’ont pas d’obligations militaires.

[11] La Basse Époque est, après la Troisième Période intermédiaire, la période de l’histoire de l’Égypte antique qui va des environs de 664 à 332 av. jc. Elle débute par la réunification du pays par un roi originaire de Saïs, Psammétique 1er, après que les Assyriens ont chassé d’Égypte la XXVème dynastie et pillé Thèbes. Elle se termine par la conquête de l’Égypte par Alexandre le Grand. On y trouve les 6 dernières dynasties décrites par Manéthon, qui est lui-même un contemporain des premiers Ptolémées.

[12] Le site de Deir el-Bahari est un complexe funéraire, composé de temples et de tombes, situé sur la rive gauche du Nil face à la ville de Louxor et des temples de Karnak, légèrement au sud de la vallée des rois, adossé à la paroi rocheuse de la montagne de Thèbes, en Haute Égypte.

[13] Memphis est à l’origine le nom de Memphis, princesse de la mythologie grecque, qui aurait fondé une ville en Égypte à laquelle elle aurait donné son nom. Memphis était la capitale du premier nome de Basse Égypte, le nome de la Muraille blanche. Ses vestiges se situent près des villes de Mit-Rahineh et d’Helwan, au sud du Caire.

[14] Philæ, aussi orthographiée Philae, est une île d’Égypte submergée dans les années 1970 par la hausse du niveau du lac de retenue de l’ancien barrage d’Assouan à la suite de la construction du haut barrage. Les temples et monuments édifiés sur l’île aux époques pharaoniques et gréco-romaines ont été déplacés sur l’île voisine d’Aguilkia, aussi appelée Philæ par commodité, notamment auprès des touristes.