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Gabriel de Clieu ou Gabriel Mathieu d’Erchigny de Clieu

samedi 27 décembre 2025, par lucien jallamion

Gabriel de Clieu ou Gabriel-Mathieu d’Erchigny de Clieu (1687-1774)

Officier de marine-Planteur et administrateur colonial français-Gouverneur de la Guadeloupe

Capitaine d’infanterie à la Martinique [1] en 1720, lorsqu’il introduisit dans cette île le caféier, d’où il se répandit dans toutes les Antilles [2] et y remplaça toutes les autres cultures.


Gabriel de Clieu descend d’une famille noble originaire de Bretagne, implantée à Dieppe [3] et qui fut anoblie par Charles VI. Fils de Mathieu Jean de Clieu et de Rachel Bauldry, Son père est écuyer [4] et seigneur de Neufvillette [5], de Derchigny [6], Conseiller du Roi [7] et Général au bailliage de Caux [8].

Son père construit en 1689 un château à Derchigny, près de Dieppe, village de 49 feux en 1738. Il avait acquis le fief et la seigneurie de Derchigny de Thomas Charles de Becdelièvre [9], chevalier, seigneur d’Ecquevilly [10], président du parlement de Normandie en 1684. C’est son fils Gabriel qui terminera la construction.

Très jeune, Gabriel est orphelin de père, car celui-ci décède le 10 avril 1698, à l’âge de 68 ans. Il est inhumé à la paroisse Saint Jacques, à Dieppe.


Gabriel passe ses premières années à Dieppe, au Havre [11] et à Neufvillette. Il intègre très jeune la Marine Royale [12] où il effectue toute sa carrière.

En 1702, au tout début de la guerre de Succession d’Espagne [13], Gabriel de Clieu, âgé de 15 ans, entre dans la Marine royale et intègre la compagne de gardes de la Marine [14], au Havre sous la houlette d’un oncle prêtre et savant qui meurt en 1720.

L’année suivante, en 1703, il passe dans celle de Rochefort [15] ou il est est garde marine, avant d’être promu enseigne de vaisseau [16] en 1705 à Toulon [17].


En 1710, capitaine d’infanterie [18], il part à la Martinique.

En 1711 le 26 décembre, il se marie en premières noces, à Fort de France*, avec Marie Colombe De Mallevaud, dont le père, Louis, est commandant à la forteresse de Fort Royal*. Un fils, Jean Baptiste Charles, naît de cette union, le 16 juillet 1717, à la Martinique.

En Juillet 1717, il participe activement au Gaoulé [19]. Insurrection d’officiers, grands habitants de la Martinique qui eut pour cause la volonté autoritaire des agents du Roi d’imposer l’abandon de certaines cultures et surtout le commerce avec l’étranger. Elle se manifesta par l‘arrestation et l’expulsion de l’île du Gouverneur et de son Intendant et se termina par un procès des principaux insurgés.

La même année il est fait Capitaine en pied, puis chevalier de Saint-Louis [20] en 1718, avant d’être promu capitaine d’infanterie de marine en 1720,.

Vers les années 1719/1720, Gabriel De Clieu, capitaine d’infanterie, se trouve dans l’obligation de revenir en France pour diverses obligations personnelles.

Envoyé à la colonie de Martinique au départ de Nantes [21] en 1723.

En juillet 1714 le Bourgmestre [22] d’Amsterdam [23] offrit un plant de caféier au Roi Louis XIV, cultivé au Jardin Royal de Paris [24]

Deux caféiers faits de boutures furent déposés dans les serres du jardin botanique de Rochefort et furent confiés en 1721 à de Clieu pour les transporter à La Martinique.

Arrivé en Martinique, il fait planter l’arbuste dans son Habitation “La Jacquart” au Prêcheur [25]. Grâce aux graines, le café se répand dans les Antilles, notamment en Guadeloupe [26] où de Clieu a été gouverneur de 1737 à 1753. Il y fait construire ponts et bâtiments, et améliore les fortifications. Il est également à l’origine de la création du port de Pointe-à-Pitre [27] en 1763.

En 1725, il est major à Marie-Galante [28]. La même année, à la faveur d’un cyclone qui avait détruit des plantations de cacao, le capitaine de Clieu transporte en Martinique un plant de café, type arabica, qui provenait du Jardin du Roi et avait été obtenu par M. de Chirac médecin du Roi.

Le caféier est une plante originaire d’Afrique de l’Est. C’est l’Homme qui est l’origine de sa propagation à travers le monde, par étapes successives. La culture du café couvre désormais près de 11 millions d’hectares à travers plus de 80 pays !

À la fin du 17ème siècle, en Europe, seule la Hollande possède quelques pieds de café issus de ses colonies, eux mêmes originaires de la région de Moka [29], en Arabie, précieusement conservés dans le jardin botanique de la ville d’Amsterdam.

Après 1714, des négociations entre le gouvernement français et le bourgmestre de la ville d’Amsterdam se conclurent avec l’envoi d’un jeune plant qui fut présenté au roi Louis XIV. Ce caféier, désormais français, fut ensuite envoyé au Jardin des Plantes à Paris, pour être conservé et surtout pour créer une lignée d’autres caféiers. C’est Antoine de Jussieu qui a fait, en 1715, la première description botanique précise et le premier dessin exact d’une branche de cet arbre. Il le considère alors comme un jasmin et le baptise “Jasminum arabicum”.

Un premier essai de traversée de quelques plants en direction de la Martinique échoua suite au décès, à l’arrivée, du docteur Isemberg, qui était en charge de ces plants.

Gabriel eut quelques difficultés pour récupérer quelques plants de café du Jardin des Plantes. Il fit d’abord des démarches auprès de Mr de Chirac, médecin de Louis XV et successeur de Guy Crescent Fagon dans la surintendance du jardin des plantes. Cela ralentit son projet d’exportation vers les Antilles. Mais faisant jouer ses contacts auprès du roi, il obtint d’Antoine de Jussieu 2 plants de caféier.

En 1720, il réussit à partir du port de Rochefort, sur la flûte le dromadaire en direction de la Martinique, avec ses plants de café de type arabica. L’équipage est composé d’une trentaine d’hommes et quelques passagers qui allaient s’établir aux Antilles.

La traversée ne se fit pas sans embûches. Afin de protéger au mieux son précieux compagnon de voyage, de Clieu l’installa sur le pont, dans une caisse en chêne, couverte d’un châssis en verre, permettant de conserver une température adéquate. La nuit, il la place près de son lit pour lui conserver sa chaleur et le matin, il ne manque pas de l’arroser. Un des deux pieds périt. Mais les conditions météorologiques n’étaient pas les seuls éléments qui pouvaient nuire à ce plant de café. Selon de Clieu, au sein même de l’équipage, certains en était jaloux.

Plus tard, une attaque de corsaire aurait pu faire disparaître au fond des eaux le fragile végétal. Arrivé près de Madère [30], par une nuit obscure, le navire poussé par une brise favorable, glisse tranquillement sur les flots. Matelots et passagers sont plongés dans le sommeil. Un officier de quart, immobile à son poste, fait son service ordinaire. Tout à coup une terrible canonnade ébranle le navire et signale l’approche d’un pirate de Tunis. C’est un pauvre Chebeck [31], mais terrible dans l’obscurité. En un instant l’équipage est sur le pont. On reconnut le pirate à la lueur sinistre de la canonnade.

Chacun se prépare à une résistance aussi vigoureuse que l’attaque est violente. Plutôt mourir les armes à la main que d’être mené captif en Afrique. Les passagers tremblants sont en prière dans l’entrepont. Une bordée de 8 coups de canons déchire les flancs du Chebeck. Il était temps car le capitaine des pirates saute à bord du navire français, le poignard à la main. La hache de Gabriel de Clieu lui tranche la tête qui roule sur le pont. Une dernière décharge, de part et d’autre, et le feu cesse. Le corsaire, sentant son infériorité, se retire.

Mais l’histoire n’était pourtant pas finie, puisque succédant à la tempête, le bateau essuya un calme plat qui poussa de Clieu et l’ensemble de l’équipage à un strict rationnement de l’eau. Le maigre volume d’eau qu’il recevait, il le partagea avec son précieux plant de café.

Après toutes ses péripéties, Gabriel pose le pied sur la terre ferme de la Martinique. Il choisit avec soin, un endroit sûr, pour planter le premier et précieux pied de café. La première récolte arriva une vingtaine de mois après.

De Clieu ne se gêna pas pour distribuer allègrement les nombreuses cerises résultantes. Pourquoi des cerises ? C’est le nom donné aux fruits du caféier. On les nomme aussi drupes. Ceux-ci sont de couleur rouge vif ou violette à maturité. Ils contiennent deux graines aplaties, placées face à face, qui donnent après torréfaction des grains de café. Ses fleurs blanches apparaissent en groupe à l’aisselle des feuilles. Très éphémères, elles ne durent que quelques heures et ont un parfum proche de celui du jasmin. Très rapidement, la Guadeloupe et Saint-Domingue furent colonisés par le café.

Avant l’arrivée du café, la Martinique vivait essentiellement de la culture du cacao mais un évènement subit provoqua une véritable hécatombe et fit disparaître presque en totalité les cacaoyers. Certains ont attribué cette disparition à l’éruption du volcan de la Montagne Pelée [32], d’autres aux pluies diluviennes d’un ouragan. Peu importe la cause, les habitants de la Martinique se retrouvèrent sans ressources. Ils se tournèrent donc vers le café pour retrouver un semblant d’activité. Leurs espoirs furent largement dépassés ! Il fallut à peine 3 ans pour que le nombre de caféiers soit égal au nombre de cacaoyers avant l’hécatombe. Cette nouvelle source de revenus fut encore valorisée par le succès croissant du breuvage en Europe.

La culture se répandit à La Martinique et dans d’autres colonies, notamment chez les « petits habitants » qui, ne possédant pas d’esclaves, ne pouvaient pas cultiver la canne à sucre.

Les Antilles françaises sont devenus, jusqu’à la Révolution, un important producteur et exportateur de café.


En parallèle, il poursuit sa carrière dans la Marine royale et au sein de l’administration coloniale. Le 19 mars 1726 il est Major [33] à La Martinique. Le 24 juin 1726, Lieutenant de Roi à Fort Royal en Martinique.

En 1732, il acquiert le fief d’Anglesqueville sur Sâane [34], près de Dieppe.

Promu lieutenant de vaisseau [35] en 1733, puis capitaine de vaisseau [36] en 1746.

Gabriel est gouverneur de la Guadeloupe de 1737 à 1753. Mais en cette année 1737, sa santé est chancelante ! Le Roi lui permet un retour en France pour rétablir sa santé. Il lance un grand projet de reconstruction de l’île.(ponts, chemins, bâtiments etc,,,)

En 1739, Gabriel propose au Roi de créer une ville près de Fort Louis. Il adresse un mémoire au ministre de la marine sur l’importance de cette position pour construire un port. Le projet trop coûteux est ajourné.

En 1743, Gabriel est nommé lieutenant de vaisseau pour le Roi Louis XV. En 1744 , on lui attribue le gouvernement sur tous les gouverneurs particuliers.

En 1750, Gabriel prend le gouvernement de la Martinique en plus de ses fonctions sur les îles du vent [37] et il est fait commandeur de Saint-Louis [38] à titre honoraire.

Le 1 septembre, 1752, il reçoit une pension de 1800 livres sur le budget des invalides et une pension de 3000 livres sur le budget de la marine. A la même date, il reçoit l’ordre de passer au Havre.

En 1753, âgé de 65 ans, dont 50 ans passés au service de son pays et de son Roi, Gabriel retourne en France. Il sera nommé au Havre l’année suivante, inspecteur des gardes-côtes de la Haute Normandie.

Il est nommé commandant de la Marine au Port Louis en 1756. Lors du bombardement du Havre en 1759 [39] par la flotte britannique de l’Amiral George Brydges Rodney , il se distingue dans le commandement des batteries flottantes qui lui sont confiées. Enfin, il est promu Grand-croix de l’ordre de Saint-Louis en 1774.

En 1760, il se retire du service avec 8000 livres de pension du Roi. C’est à Derchigny que Gabriel vint se reposer de ses fatigues.

Gabriel de Clieu meurt à Paris, le 29 novembre 1774.


Gabriel de Clieu s’est marié 4 fois. Il épouse en 1ère noce Marie Collombe de Mallevault de la Varenne qui décède à la Martinique en 1725, le laissant seul avec un fils né en 1717.

Le 9 juillet 1728, Gabriel se marie en secondes noces, à Trois Rivières [40], en Guadeloupe, avec Marie Rigolet. Le couple eut 3 enfants nés entre 1729 et 1735. Malheureusement, Marie, âgée de 45 ans, décède le 28 avril 1742.

5 années après le décès de Marie, Gabriel de Clieu se remarie avec Luce-Nicole du Bourg d’Esclainvilliers à la Guadeloupe. De cette union naîtra Charles-Abraham de Clieu. Enfin, à 83 ans Gabriel de Clieu épouse Elizabeth Roux du Fay.

Gabriel décède le 29 novembre 1774, à Paris, chez son amie et parente madame la duchesse d’Anville. La veille, Louis XVI l’avait nommé commandeur de l’ordre royal et militaire de Saint Louis.

Aujourd’hui, le nom De Clieu, est éteint. Mais leur mémoire est toujours vénérée aux Antilles et à Derchigny.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Catherine de Beaunay-Cotelle, Hommage au chevalier Gabriel de Clieu. La fabuleuse histoire du café au siècle des explorateurs dieppois, 2002/Gabriel de Clieu et l’introduction du café aux Antilles/ Biographies anciens élèves de l’École navale

Notes

[1] La Martinique est une île française située dans les Caraïbes et plus précisément dans l’archipel des Petites Antilles. La Martinique est une collectivité territoriale unique de la République française, cette collectivité territoriale se substituant au département et à la région. Christophe Colomb est le premier européen à y poser le pied en 1502 sous régence espagnole. La colonisation française débute en 1635, menée par Pierre Belain d’Esnambuc. La Martinique est située dans l’Arc volcanique des Petites Antilles, dans la mer des Caraïbes, entre la Dominique au nord et Sainte-Lucie au sud, à environ 420 km au nord-nord-est des côtes du Venezuela, et environ 865 km à l’est-sud-est de la République dominicaine.

[2] Les Antilles françaises sont les îles françaises de l’archipel des Antilles dans la mer des Caraïbes. Ancienne partie intégrante des Îles et Terre Ferme de l’Amérique et de l’Empire colonial français jusqu’en 1946, ces territoires deviennent à cette date des départements d’outre-mer (collectivité territoriale).

[3] Dieppe est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime. La conquête de l’Angleterre par les Normands à partir de 1066 donne toute son importance au petit port de pêche, alors à l’ombre de la cité d’Arques, pour le développement des relations transmanches. Le 6 décembre 1067, c’est notamment de Dieppe que Guillaume le Conquérant rembarque pour la Grande-Bretagne. La ville connaît une prospérité croissante durant le 12ème siècle ; un château y est édifié en 1188 par Henri II Plantagenêt. Cependant, en 1195, le château de Dieppe est rasé et la ville incendiée par les troupes du roi de France Philippe-Auguste. Deux ans plus tard, ce dernier accorde les terres de Dieppe à l’archidiocèse de Rouen mais en 1204, après la chute de Château-Gaillard et la prise de Rouen, Dieppe et la Normandie sont annexées au royaume de France par Philippe-Auguste. En repassant sous le contrôle français, le site de Dieppe perd sa position avantageuse et la source de sa prospérité basée sur les relations entre la Normandie et l’Angleterre. Durant la guerre de Cent Ans, Dieppe se retrouve au cœur du conflit entre la France et l’Angleterre. En 1345, le roi Philippe de Valois, par lettres patentes, supprime le droit de gabelle et accorde aux Dieppois quelques libéralités dans le commerce. À partir de 1364, des pêcheurs dieppois se font navigateurs et partent au loin chercher des épices et de l’ivoire (date du premier voyage vers l’Afrique). Mais en 1420, à la suite de la bataille d’Azincourt, Dieppe est occupée par les Anglais qui la traitent en cité rebelle. Dieppe est finalement libérée de l’occupation anglaise le 28 octobre 1435 quand la ville est reprise par les Français commandés par le capitaine Charles Desmarets. Celui-ci dote la ville de grandes fortifications et entreprend de faire construire un nouveau château. Cependant, 8 ans plus tard, en 1443, les Anglais de nouveau assiègent la ville à partir du Pollet. Dieppe résiste aux troupes de Talbot et repousse définitivement les assaillants grâce aux renforts amenés par Jean de Dunois, le bâtard d’Orléans, et par le dauphin Louis, futur Louis XI

[4] Le mot écuyer est une qualification et non un titre dont le sens a évolué depuis le Moyen Âge. En France, à partir des 11 et 12ème siècle, ce terme désignait un homme d’armes au service d’un chevalier. Il devint plus tard une qualification portée par les nobles non titrés. À partir du 17ème siècle, malgré l’amende encourue par son port par les roturiers, la qualification d’écuyer fut souvent l’objet d’usurpations de la part de ceux-ci.

[5] Neuvillette est une commune française située dans le département de la Somme

[6] Derchigny, également nommée localement Derchigny-Graincourt, est une ancienne commune française située dans le département de la Seine-Maritime. Dans le cadre de la fusion le 1er janvier 2016 des 18 communes qui constituaient la communauté de communes du Petit Caux pour former la commune nouvelle du Petit-Caux, Derchigny devient à cette date une de ses communes déléguées.

[7] En France, sous la monarchie, le terme de « conseiller du roi » désigne à la fois une charge et un titre. Dès les premiers temps de la monarchie, les souverains étaient appuyés par un conseil pour gouverner, dont les membres étaient appelés conseillers du roi. Avec la création d’un État moderne, et la fin de la féodalité, cette fonction subsista mais prit des appellations différentes et le titre devint honorifique, majoritairement porté par les magistrats des parlements, créés au 14ème siècle, comme le parlement de Flandres ou le parlement de Paris, et ceux des cours intermédiaires, les présidiaux, comme les présidial de Nantes ou celui d’Angers, créés, comme de nombreux autres, absorbant parfois bailliages et sénéchaussées en 1551.

[8] Caux Seine agglo est 3ème acteur intercommunal du département de Seine-Maritime par le poids de sa population et se situe comme un pôle d’équilibre entre Le Havre Seine Métropole et la métropole Rouen Normandie, sur un axe Seine en plein développement. Son territoire, d’une superficie de 575 km2, s’organise autour d’une zone urbaine et industrielle, située le long de la vallée du Commerce, et d’une zone plus rurale et touristique, à l’Est du territoire et sur le plateau de Caux.

[9] La famille de Becdelièvre est une famille subsistante de la noblesse française originaire de Bretagne anoblie en 1442 par lettres patentes du duc de Bretagne. Elle a donné trois branches principales qui se divisèrent en plusieurs rameaux en Bretagne, en Normandie et dans le Maine. Depuis le milieu du 19ème siècle, il ne subsiste que la seconde branche, issue de Pierre de Becdelièvre, seigneur du Bois-Basset, dans la paroisse de Maure. Famille de magistrats bretons sous l’Ancien Régime, elle a fourni des conseillers et des présidents au parlement de Bretagne, des conseillers et deux présidents à mortier à celui de Normandie, un avocat-général, un président et cinq premiers présidents en la chambre des comptes de Bretagne, deux premiers présidents en la cour des aides de Normandie. Elle compte également parmi ses membres des conseillers d’État, des chevaliers de Malte, un évêque de Nîmes en 1738

[10] Quevilly

[11] Le Havre est une commune française du Nord-Ouest de la France située dans le département de la Seine-Maritime, située sur la rive droite de l’estuaire de la Seine, au bord de la Manche. Son port est le deuxième de France après celui de Marseille pour le trafic total et le premier port français pour les conteneurs. Le 8 octobre 1517, François 1er signe la charte de fondation du port dont les plans sont confiés d’abord au vice-amiral Guyon le Roy. La Tour François 1er, dite la « grosse tour », en défend l’entrée. Malgré les difficultés liées au terrain marécageux et aux tempêtes, le port du Havre accueille ses premiers navires en octobre 1518. Le roi se déplace lui-même en 1520, rend perpétuels les privilèges des Havrais et leur donne ses propres armoiries constituées d’une salamandre. La fonction militaire est aussi encouragée : Le Havre est un des points de rassemblement de la flotte française pendant les guerres. Des navires partent également pêcher la morue à Terre-Neuve.

[12] La Marine royale est le nom donné à la marine de guerre française sous la monarchie. Elle a eu l’appellation de Marine royale de sa création en 1624 jusqu’à la chute de la monarchie en 1848. Elle est appelée Marine impériale sous les deux empires, et Marine nationale sous les régimes républicains. Ses plus grands adversaires sont au 17ème siècle la marine royale espagnole, puis de 1689 à 1815, la marine royale britannique.

[13] La guerre de Succession d’Espagne est un conflit qui a opposé plusieurs puissances européennes de 1701 à 1714, dont l’enjeu était la succession au trône d’Espagne à la suite de la mort sans descendance du dernier Habsbourg espagnol Charles II et, à travers lui, la domination en Europe. Dernière grande guerre de Louis XIV, elle permit à la France d’installer un monarque français à Madrid : Philippe V, mais avec un pouvoir réduit, et le renoncement, pour lui et pour sa descendance, au trône de France, même dans le cas où les autres princes du sang français disparaîtraient. Ces conditions ne permettaient pas une union aussi étroite que celle qui était espérée par Louis XIV. La guerre de succession donna néanmoins naissance à la dynastie des Bourbons d’Espagne, qui règne toujours aujourd’hui.

[14] Le garde-marine est un terme d’origine française, contraction de « garde de la marine » qui désignait, de 1670 à 1786, le statut de jeunes gentilshommes en formation pour devenir officier de marine. Il a été ensuite traduit par plusieurs pays pour désigner soit le statut de jeunes en formation, soit un premier grade dans leur marine militaire.

[15] Au 18ème siècle, la monarchie française organise le ravitaillement des colonies de l’Atlantique (Antilles, Guyane, Canada, comptoirs d’Afrique) et de l’océan Indien (Maurice et la Réunion) à partir de Rochefort, qui est donc une plaque tournante, centre des réseaux d’approvisionnement qui mobilisent le port et ses navires. Au-delà des retombées économiques, importantes pour la ville, ce rôle d’« arsenal des colonies » crée des liens culturels entre Rochefort et les colonies françaises. Un bagne est ouvert à Rochefort en 1767 par Ruis-Embito, il fera partie des trois grands bagnes du royaume avec Toulon et Brest. On y employait les prisonniers condamnés aux travaux forcés à temps ou à vie. À l’origine, les détenus venaient en grande partie du bagne de Brest. C’est le hangar aux futailles qui sera affecté au logement de 528 forçats, après des travaux assez considérables. Les galères ne sont plus retenues pour les interner. Il fut fermé en 1854.

[16] C’est un grade militaire, devenu par la suite un grade d’officier de marine subalterne de la Marine en France et au Canada, qui est immédiatement en dessous de celui de lieutenant de vaisseau.

[17] Toulon est une commune du Sud-Est de la France, chef-lieu du département du Var et siège de sa préfecture. Vauban fortifie la ville de Toulon qui reçoit l’escadre méditerranéenne de Louis XIV. Toulon est avec Brest, le seul port capable d’accueillir des grands vaisseaux de guerre aux 17ème et 18ème siècles. Ces derniers, qui sont de plus en plus lourds à cause du poids de plus en plus élevé de leur artillerie, nécessitent des tirants d’eau de plus en plus importants, soit 7 m après 1680. Le site est même meilleur que celui de Brest sous dominante de vents d’ouest, ce qui rend difficile la sortie des escadres. Toulon n’a pas ce problème, mais la Méditerranée est une mer presque fermée, et en cas de guerre, l’escadre de Toulon doit contourner l’Espagne pour rejoindre celle de Brest, ce qui demande beaucoup de temps. Après 1704, s’ajoute le risque d’être repéré et attaqué par les forces anglaises de Gibraltar au moment du passage dans l’Atlantique, comme ce fut le cas en 1758 et 1759 lors de la guerre de Sept Ans.

[18] Historiquement et traditionnellement, l’infanterie de marine, également appelée infanterie navale, est constituée de fantassins embarqués sur des vaisseaux militaires pour les défendre, libérant ainsi l’équipage du vaisseau des tâches de combat, ou pour les débarquer dans des opérations amphibies. Dans l’Antiquité gréco-latine et carthaginoise, l’infanterie de marine combattait sur le pont des galères, comme dans la marine à voile lors des abordages. Au cours de l’Histoire, se sont constituées des unités militaires spécialisées dans les conquêtes coloniales, principalement faites par cette infanterie de marine, suivie d’autres troupes en renfort et en suivi. La spécificité de ces unités est donc de combattre aussi bien en mer qu’à terre à partir d’une base d’assaut maritime, navires ou barges de débarquement.

[19] terme caraïbe signifiant tumulte

[20] L’ordre royal et militaire de Saint-Louis est un ordre honorifique français créé par un édit de Louis XIV du 5 avril 1693 pour récompenser les officiers catholiques les plus valeureux ayant au moins 10 ans de présence au sein des régiments du royaume, quelle que soit leur condition de naissance

[21] Nantes est une commune de l’ouest de la France, située au sud du Massif armoricain, qui s’étend sur les rives de la Loire, à 50 km de l’océan Atlantique. Chef-lieu du département de la Loire-Atlantique. Pendant les guerres de religion, Nantes est une ville ligueuse qui soutient le gouverneur, le duc de Mercœur, dans sa lutte contre les protestants (présents à Blain, et dans d’autres villes plus petites). Elle est une des dernières grandes villes à reconnaître l’autorité d’Henri IV. La promulgation de l’édit de Nantes en 1598 ne correspond pas à l’opinion des habitants. En 1685, deux événements sont à retenir. Par l’édit de Fontainebleau signé par Louis XIV, l’édit de Nantes est révoqué, tandis que le Code noir est promulgué par ce même roi. Grâce à cette dernière loi, le port de Nantes prospère en devenant une plaque tournante du commerce de sucre, tabac, et des esclaves, avec les colonies

[22] Le bourgmestre est le détenteur du pouvoir exécutif au niveau communal, en Allemagne, en Autriche, en Belgique, en Hongrie, au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Pologne, au Liechtenstein et en République démocratique du Congo. Ce titre correspond à celui de maire en France et au Canada, ou à celui de syndic, de maire ou de président de commune en Suisse.

[23] Amsterdam est la capitale des Pays-Bas, bien que le gouvernement ainsi que la plupart des institutions nationales siègent à La Haye. Petit village de pêcheurs au 12ème siècle, la ville connaît une très forte croissance au Moyen Âge au point de devenir l’un des principaux ports du monde durant le siècle d’or néerlandais. Le quartier de De Wallen est la partie la plus ancienne de la ville, qui se développe autour d’un réseau concentrique de canaux semi-circulaires reliés par des canaux perpendiculaires, formant une « toile d’araignée ». Au centre de la vieille ville se trouve, sur la place du Dam, le palais royal d’Amsterdam, construit au 17ème siècle, symbole de l’importance de la ville. Guillaume 1er en fait sa résidence en 1815.

[24] Le Jardin royal des plantes médicinales est un jardin des plantes et une institution royale ayant précédé historiquement le jardin des plantes de Paris et le Muséum national d’histoire naturelle, de sa fondation en 1626 à 1793. Il est situé dans ce qui est actuellement le 5e arrondissement de Paris. Les noms et les orthographes désignant ce jardin ont changé au fil du temps : le Jardin a ouvert ses portes au public en 1640 sous le nom de « Jardin royal des herbes médicinales », pour s’appeler ensuite « Jardin royal des plantes médicinales », « Jardin royal des plantes » ou « Jardin des plantes », plus simplement. Le jardin était aussi couramment appelé le Jardin du Roy sous l’Ancien Régime, mais il ne doit pas être confondu avec d’autres « jardins du roi », comme le bosquet de même nom situé dans le jardin de Versailles. Par ailleurs, alors que le Muséum national était déjà fondé depuis les dernières années du 18ème siècle, le Jardin fut officiellement nommé Jardin du Roi pendant la période correspondant au retour à la monarchie, dès 1814. C’est l’une des plus anciennes institutions scientifiques françaises, avant la création de l’Académie des sciences en 1666 et l’observatoire de Paris en 1672.

[25] Le Prêcheur est une commune française, située dans le département de la Martinique.

[26] La Guadeloupe est un archipel des Caraïbes constitué de sept îles, formant une région et un département d’outre-mer français. L’histoire moderne de la Guadeloupe commence en novembre 1493, lorsque Christophe Colomb aperçoit, lors de son deuxième voyage, La Dominique, puis Marie-Galante où il débarque le 3 novembre 1493. Il arrive sur l’île de la Basse-Terre le 4 novembre à l’embouchure de l’actuelle rivière du Grand-Carbet. Il note l’importance de la présence de l’eau, notamment en voyant les chutes du Carbet. Il nomme l’île Santa María de Guadalupe de Extremadura en hommage au monastère espagnol où Christophe Colomb fit un pèlerinage après son premier voyage au Nouveau Monde en 1492 et vint remercier pour cette découverte. Dès 1502, l’archipel de la Guadeloupe est précisément indiqué dans toutes ses composantes (les cinq îles) sur le planisphère de Cantino indiquant l’importance et la connaissance du lieu par les premiers navigateurs européens. La Guadeloupe est alors peuplée par les Caraïbes, peuple amérindien présent sur l’île depuis le 8ème siècle. L’archipel de la Guadeloupe fut une colonie espagnole pendant environ 130 ans, jusqu’en 1635.

[27] Pointe-à-Pitre est une commune française située dans le département de la Guadeloupe. Pointe-à-Pitre est depuis 2007, l’unique sous-préfecture de la Guadeloupe ; elle est le chef-lieu de l’arrondissement de Pointe-à-Pitre et la capitale économique de la Guadeloupe.

[28] Marie-Galante est une île de l’archipel des Petites Antilles située à 30 km au sud-est des côtes de la Guadeloupe continentale, dont elle est une dépendance administrative. Sa superficie de 158 km2 en fait la quatrième plus grande île des Antilles françaises, plus petite que la Martinique et que chacune des deux iles principales composant la Guadeloupe : Basse-Terre (848 km2) et Grande-Terre (586 km2). La communauté de communes de Marie-Galante, qui réunit les trois communes de l’île, est la première communauté de communes de l’histoire de l’Outre-Mer. Marie-Galante est adhérente à la charte Pays qui favorise l’action coordonnée des communes la composant et valorise la production locale. Tout comme dans le reste de l’archipel guadeloupéen (Grande-Terre, Basse-Terre, Les Saintes, La Désirade).

[29] Mokha, est une ville portuaire du Yémen sur la mer Rouge. Plusieurs appellations de café, tant dans le monde arabe qu’en Europe, tirent leur nom de cette ville. Mokha est connu du 16 au 18ème siècle comme le premier port exportateur de café, culture originaire d’Éthiopie et développée dans le Yémen ottoman puis dans l’imamat zaïdite indépendant. Le premier café ouvre en 1554 à Constantinople. La passion pour le moka gagne Venise en 1615 et le premier café n’ouvre à Vienne (Autriche) qu’en 1640. Mokha est la dernière forteresse tenue par les Ottomans lorsqu’ils sont chassés du Yémen par la révolte des Zaïdites en 1635. C’est alors l’apogée de Mokha qui détient le monopole du commerce du café et peu après celui des livraisons vers l’Europe. La décadence de ce port s’amorce lorsqu’au 18ème siècle Ceylan devient le centre de la contrebande du café avant d’en devenir le principal comptoir.

[30] Madère est un archipel du Portugal composé de l’île du même nom et de plusieurs autres petites îles, situé dans l’océan Atlantique, au large du Maroc. Il constitue une région autonome sous le nom de région autonome de Madère dont Funchal est la capitale. Son existence est attestée dès 1351 sur un portulan de Florence et dans des documents géographiques arabes. Les premiers navigateurs portugais lancés dans les explorations maritimes organisées par Henri le navigateur (João Gonçalves Zarco et Tristão Vaz Teixeira) se réfugièrent à Porto Santo en 1419 et en prirent possession au nom du roi du Portugal. Madère fut repéré et abordé l’année suivante par Zarco, Teixeira et Bartolomeu Perestrelo, à l’emplacement actuel du port de Machico. La colonisation par les Portugais démarra immédiatement, Zarco et Vaz se voyant attribuer la gouvernance de Madère, tandis que Perestrelo devenait capitaine-gouverneur de Porto Santo. L’archipel fut un point de relâche important pendant l’époque des grandes découvertes.

[31] Le chébec ou chebek est un petit bateau méditerranéen originaire des états barbaresques (Régence d’Alger). Les chébecs étaient principalement des navires de guerre rapides et légers, mais dans le calme, ils pouvaient aussi se déplacer au moyen de rames. Ils auraient été utilisés par les corsaires du Maghreb dès le début du 17ème siècle. Ils étaient alors des avant-postes autonomes de l’Empire ottoman et attaquaient les navires des flottes marchandes des nations qui, contrairement à l’Angleterre et à la France, n’avaient pas de puissantes marines. Il peut porter des canons sur ses flancs, contrairement aux galères et il est gréé en trois-mâts avec des voiles latines. Il est intensément utilisé aux 17 et 18ème siècles avant de disparaître progressivement au 19ème siècle.

[32] La montagne Pelée est un volcan gris actif situé dans le Nord de la Martinique, île française des petites Antilles dont elle est le point culminant. La montagne, un stratovolcan gris calco-alcalin, est notamment connue pour son éruption de 1902 qui a entraîné la destruction de la ville de Saint-Pierre située à ses pieds et au cours de laquelle près de 30 000 personnes sont mortes. Plusieurs navires au mouillage sur la côte ont été naufragés. Cette éruption, la plus meurtrière du 20ème siècle, a servi à caractériser le type éruptif péléen tirant son nom du volcan. Le volcan est surveillé et étudié par l’Observatoire volcanologique et sismologique de Martinique depuis 1903.

[33] Major est un grade militaire, qui se situe différemment dans la hiérarchie militaire selon les époques et les pays. Le grade de major correspond dans la plupart des pays au premier grade d’officier supérieur, généralement situé entre celui de capitaine et celui de lieutenant-colonel.

[34] Val-de-Saâne est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime, elle s’est constituée le 1er février 1964 par la fusion de quatre anciennes communes : Anglesqueville-sur-Saâne ; Eurville ; Thièdeville ; Varvanne

[35] Dans la Marine nationale française, le grade de lieutenant de vaisseau correspond à celui de capitaine dans l’Armée de terre, l’Armée de l’air et la Gendarmerie nationale. C’est le troisième et dernier grade d’officier subalterne du corps des officiers. Le lieutenant de vaisseau (en abrégé « LV ») porte trois galons dorés. On s’adresse à lui en l’appelant « capitaine ». Il peut commander un petit bâtiment (dans ce cas on l’appelle « commandant »), être chef de service sur un bâtiment plus important ou dans une unité à terre. S’il commande en second une unité navigante ou à terre, il est « officier en second », car l’appellation « commandant en second » est réservée aux officiers supérieurs.

[36] Le grade de capitaine de vaisseau est un grade d’officier de la Marine nationale française qui existait déjà dans la Marine royale sous l’Ancien Régime.

[37] Les Îles du Vent sont des îles qui font partie des Petites Antilles.

[38] L’ordre royal et militaire de Saint-Louis est un ordre royal, puis dynastique français créé à Versailles par Louis XIV le 5 avril 1693. L’appartenance à l’ordre était matérialisée par une croix, « la croix de Saint-Louis ». Le roi était le grand-maître de l’ordre et son administration était confiée à un conseil formé de grand-croix et de chevaliers.

[39] Le raid sur Le Havre est une descente navale accompagnée d’un bombardement du port français du Havre au début du mois de juillet 1759 par une flotte de la Royal Navy britannique placée sous le commandement du contre-amiral George Rodney, pendant la guerre de Sept Ans. Le bombardement dont l’objectif était de détruire les barges rassemblées dans le port normand en vue du projet d’invasion de la Grande-Bretagne.

[40] Trois-Rivières st une commune française située dans le département-région de la Guadeloupe. C’est l’une des villes-centres de l’unité urbaine de Basse-Terre. Elle est encore essentiellement agricole, est constituée en grande partie par les versants du massif de la Madeleine (petit massif volcanique, bien découpé qui atteint 971 m au piton L’Herminier).