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L’histoire pour le plaisir

Archambaud de Grailly

mercredi 10 décembre 2025, par lucien jallamion

Archambaud de Grailly (vers 1329/1330-1412)

Captal de Buch-Comte de Benauges de 1369 à 1412-Comte de Foix-Coprince d’Andorre-Vicomte de Béarn et de Marsan de 1398 à 1412-Vicomte de Castelbon de 1400 à 1412

Fils de Pierre II de Grailly , captal de Buch [1], et de sa 2ème épouse Erembourg de Périgord fille d’ Hélie IX de Périgord .

Il devient vicomte de Castillon [2] et de Gurson [3] à la mort de son père en 1356. La même année, il combat à Poitiers [4] aux côtés duPrince Noir.

En 1364, il est capturé dans un autre engagement contre les Français à Cocherel [5]. Il reste prisonnier jusqu’en 1372, date à laquelle il verse une rançon de 500 francs or. Entre-temps son neveu Jean III de Grailly décède, en 1369, lui laissant ses biens. Il devient ainsi seigneur de Grailly, de Rolle, de Ville-la-Grand, de Lavaux, captal de Buch, comte de Benauges [6], de Lavaux et de Longueville. Le 2 mars 1377, il devient sénéchal [7] de la Gascogne [8] pour le compte du roi d’Angleterre.

Il épouse en 1381 Isabelle de Foix-Castelbon, comtesse de Foix [9], coprincesse d’Andorre [10], vicomtesse de Béarn [11], de Marsan [12] et de Castelbon [13] à la mort de son frère Mathieu de Foix au mois d’août 1398.

Son beau-frère Mathieu de Foix meurt, et sa sœur Isabelle est son héritière, mais d’une part, il y avait toujours le traité du 5 janvier 1390 par lequel Gaston III Fébus léguait tous ses états au roi de France et d’autre part le sénéchal ne souhaitait pas que le comté de Foix et le Béarn passent sous le contrôle d’un seigneur partisan des Anglais.

Isabelle et Archambault en appellent à la justice du roi Charles VI et sont acceptés comme comte et comtesse par les habitants de Foix, de Morlaas [14] et de Pamiers [15]. Le roi envoie son connétable [16], Louis de Sancerre , et le couple se réfugie dans le Béarn. Finalement, le traité de Tarbes [17] du 10 mai 1399 confirme Archambault comme comte de Foix, mais ce dernier doit renoncer à son allégeance anglaise. En 1400, le roi Martin d’Aragon restitue à Isabelle la vicomté de Castelbon qu’il avait confisquée à Mathieu de Foix. À la mort de Martin, il soutient les prétentions de Louis II d’Anjou.

Archambault de Grailly meurt le 12 février 1412, et Isabelle conclut un arrangement avec son fils Jean, lui cédant toutes ses possessions.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Roman d’Amat, « Foix (Archambault de Grailly, comte de) » dans Dictionnaire de biographie française, vol. 14, Paris, 1979

Notes

[1] Le titre de captal de Buch désigne les seigneurs qui régnaient du Moyen Âge jusqu’à la Révolution française sur le captalat de Buch. Captal est un mot gascon ancien ayant le sens de « chef, capitaine, seigneur », issu du latin căpĭtālis « capital, qui tient la tête, qui est le principal ». Le captalat se résume alors à une partie (au sud) du pays de Buch couvrant un territoire comprenant les paroisses de La Teste, de Gujan et de Cazaux, correspondant aujourd’hui à celui des communes d’Arcachon, de La Teste-de-Buch et de Gujan-Mestras.

[2] Depuis le mariage d’Aliénor d’Aquitaine et de Henri II Plantagenet, Castillon passe sous domination française en 1223, puis revient sous l’autorité des rois d’Angleterre en 1259. À la suite des révoltes des barons de Guyenne contre Simon de Montfort, l’ancienne famille de Castillon perd sa vicomté. La seigneurie passe à la fin du 14ème siècle aux comtes de Foix, en la personne de Jean de Grailly, captal de Buch.

[3] Gurson en Dordogne

[4] Lors de la guerre de Cent Ans, après leur éclatante victoire à la bataille de Crécy (1346), les Anglais se sont solidement établis en Guyenne et mènent régulièrement des raids dans le Sud de la France4. En 1355 déjà, le roi de France Jean II manquant de fonds n’avait pu les combattre. Il réunit en 1356 les états généraux qui lui accordent ce dont il a besoin pour lever une armée. La bataille a lieu à Nouaillé-Maupertuis près de Poitiers. Quoique numériquement très supérieures, Jean II conduit ses troupes par une tactique irréfléchie et se fait prendre.

[5] La bataille de Cocherel a lieu le jeudi 16 mai 1364 entre Charles V de France dont l’armée est commandée par Bertrand Du Guesclin, et Charles II de Navarre dont les troupes sont sous les ordres du captal de Buch Jean de Grailly ainsi que des archers anglais sous Blancbourg et Jean Jouel et des compagnies de routiers commandées par Arnaud-Amanieu d’Albret du côté anglais et Arnaud de Cervolle dit l’Archiprêtre du côté français.

[6] La vicomté de Benauges (parfois orthographié Benauge), est un fief de l’Entre-deux-Mers créé au 11ème siècle pour les seigneurs alliés au duc de Gascogne et érigé en comté au 15ème siècle. La vicomté de Benauges fut une province relevant du duché d’Aquitaine, le duc étant aussi roi d’Angleterre durant 3 siècles. Le château de Benauge se trouve à Arbis en Gironde. Vers 1278, Edouard 1er donna Benauge à Jean 1er de Grailly, dont les descendants Grailly-captals de Buch puis Foix-Grailly héritèrent.

[7] Un sénéchal est un officier au service d’un roi, prince ou seigneur temporel. Il peut être aussi, comme dans le Saint-Empire romain germanique, au service d’une abbaye, souvent immédiate, où cette fonction devient un titre honorifique héréditaire par la suite.

[8] La Gascogne est une ancienne province située sur le territoire actuel des départements français des Landes, du Gers, des Hautes-Pyrénées et, pour partie, d’autres départements des régions de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie. Successivement appelée Aquitaine, Novempopulanie, Vasconie puis Gascogne, elle a disparu en tant qu’entité politique propre en 1063 lors du rattachement au Duché d’Aquitaine ; toutefois le nom de Gascogne est resté usité jusqu’à la révolution française.

[9] Le comté de Foix est à l’origine un territoire du comté de Carcassonne détaché par le comte Roger Ier le Vieux en faveur de son fils cadet Bernard-Roger.

[10] L’Andorre ou principauté d’Andorre, est un État d’Europe du Sud. Bordée par l’Espagne et la France et située dans le massif des Pyrénées, elle est principalement constituée de montagnes élevées. Il s’agit d’un des plus petits États souverains d’Europe, avec une superficie de 468 km². Établie à 1 023 mètres au-dessus du niveau de la mer, Andorre-la-Vieille, sa capitale, est la plus haute d’Europe. La langue officielle est le catalan. La principauté, dont la création remonte à 780 sous le règne de Charlemagne, est régie par un système unique, le paréage de 1278 et 1288. Ce contrat de droit féodal concède le trône andorran à deux coprinces, l’évêque catalan d’Urgell et le chef d’État français.

[11] Le Béarn situé au pied des Pyrénées, est un ancien État souverain puis une ancienne province française à la suite de son rattachement à la couronne royale en 1620. L’histoire du Béarn est traversée de personnages illustres comme Gaston Fébus, Henri d’Albret et Henri IV. Ce petit État sut garder son indépendance pendant plusieurs siècles aux côtés de ses puissants voisins français, espagnols et anglais.

[12] Le Pays de Marsan (en gascon : Marsan) est un « pays » du département français des Landes, constitutif des Petites-Landes. Sa capitale historique est Mont-de-Marsan. L’actuel pays de Marsan correspond à l’ancienne vicomté de Marsan en Gascogne, établie à la fin du 10ème siècle. Situé sur le bassin de la Douze et du Midou, il comprend le bassin supérieur de la Midouze et est délimité au sud par l’Adour et la Chalosse, au sud-est par le Tursan, à l’est par le Bas-Armagnac, au nord par la Haute Lande, à l’ouest par l’Aguais.

[13] Le titre de vicomte de Castelbon est vieux de plus de mille ans. Il trouve son origine dans la vallée de Castellbò, au sud d’Andorre. Avec l’alliance des maisons de Castelbon et de Foix disparaît la dynastie des vicomtes de Castelbon issue de Miron

[14] Morlaàs est une commune française située dans le département des Pyrénées-Atlantiques. Le nom "Morlaàs" a la même origine que Morlanne : "mor lana" en gascon qui se traduit par "sommet sur la lande".

[15] Pamiers est une commune française du département de l’Ariège. Au 12ème siècle, la ville se développe fortement, malgré la crise du catharisme. Pamiers est alors un fief de l’orthodoxie. En 1207, au château de Pamiers (aujourd’hui rasé), se déroule le Colloque de Pamiers, dernière rencontre entre les cathares et l’Église catholique avant la Croisade des Albigeois. Le pape Boniface VIII récompense la fidélité de la ville en érigeant Pamiers en évêché en 1295. Il nomme Bernard Saisset, alors abbé de Saint-Antonin, évêque. Celui-ci devient son principal intermédiaire auprès de Philippe IV le Bel lors du conflit de 1296, et l’abbatiale est élevée au rang de cathédrale.

[16] Le connétable sous l’Ancien Régime apparaît dès la dynastie mérovingienne. Son rôle se cantonnait à la gestion des écuries royales. Mais suite à l’effritement du pouvoir royal, ce dernier prend de l’ampleur envers tous les corps d’armée. Sous les Capétiens, le connétable de France est le « chef souverain des armées de France ».

[17] Tarbes est une commune du Sud-Ouest de la France, chef-lieu du département des Hautes-Pyrénées. Capitale historique du comté de Bigorre, cette ville pyrénéenne de tradition industrielle s’étend, à une altitude moyenne de 304 mètres, au pied du massif des Pyrénées.