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L’histoire pour le plaisir

Jean III d’Armagnac

mercredi 10 décembre 2025, par lucien jallamion

Jean III d’Armagnac (vers 1359-1391)

Comte d’Armagnac, de Fézensac et de Rodez-Vicomte de Carlat de 1384 à 1391

Fils de Jean II d’Armagnac , de Fézensac [1] et de Rodez [2], et de Jeanne du Périgord.

Le 14 mai 1378, Jean III épousa Marguerite de Comminges . Ils eurent 2 filles.

En 1390, il prétendit au royaume de Majorque [3], mais fut vaincu par les troupes de Jean 1er d’Aragon, lors d’une bataille livrée près de Navata [4]. Jean III conduisit dès lors des actions militaires dans le Roussillon [5].

Il est appelé à l’aide par la ville de Florence [6], manquant de fond pour lever une armée, avec l’accord de son frère Bernard VII d’Armagnac, il vend le Charolais [7] au duc de Bourgogne [8], Philippe le Hardi, pour 60 000 francs d’or par contrat en date du 11 mai 1390 avec un droit de rachat de 3 ans.

En 1391, il dut partir pour l’Italie afin de venir en aide à Charles Visconti [9], seigneur de Parme [10] et époux de sa sœur, Beatrix d’Armagnac, qui était en conflit avec son cousin Galeazzo Visconti, duc de Milan [11]. Il réussit à attirer à la participation aux marches les Grandes compagnies [12] et de ce fait augmenta la sécurité de la population vivant en France méridionale. Il périt à Alexandrie [13], en Piémont [14].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Jean-Marie Jal - Michel Maerten, Les châteaux du Charolais (xe – xviiie siècle), dans Histoire et Patrimoine Rural en Bourgogne du Sud no 9, Éditions du Centre d’Études des Patrimoines - Pays Charolais-Brionnais, Saint-Christophe-en-Brionnais, 2015, p. 10, (ISBN 979-10-91041-05-8).

Notes

[1] Le Fezensac, parfois orthographié Fézensac, est un ancien pays de Gascogne entre le Condomois au nord, le Haut-Armagnac à l’est, l’Astarac au sud et l’Eauzan et le Bas-Armagnac à l’ouest. Situé dans le territoire actuel du Gers, sa capitale était Vic-Fezensac. Érigé en comté en 801/802, il devient héréditaire en 926 quand Garcia II Sanche de Gascogne dit le Courbé, comte de Gascogne le donne à son fils cadet Guillaume de Fezensac. Ce dernier partage en 960 son comté entre ses fils Odon, comte de Fezensac, et Bernard 1er le Louche, comte d’Armagnac. Les deux comtés sont de nouveau réunis en 1140, avec le mariage de Géraud III d’Armagnac et d’Anicelle de Fézensac.

[2] Rodez est une commune française du Midi de la France, au nord-est de Toulouse. Elle est la préfecture du département de l’Aveyron. Ancienne capitale du Rouergue, la ville est siège du diocèse de Rodez et Vabres. Rodez a été successivement occupée par les Wisigoths, les Francs, les armées des ducs d’Aquitaine et des comtes de Toulouse, ainsi que par les Maures, qui l’investirent en 725 et mirent à bas l’église antique. Quelques siècles plus tard, ce seront les Anglais qui l’investiront lors de la guerre de Cent Ans. L’histoire de la ville resta marquée durant longtemps par une intense rivalité entre les comtes de Rodez, maîtres du Bourg, et les évêques de Rodez, maîtres de la Cité. Une muraille délimitait les deux secteurs. Chaque communauté avait un hôtel de ville, ses consuls, une administration propre ; chacune rivalisant de puissance, de rayonnement. Au bourg, la célèbre dynastie des comtes d’Armagnac et de Rodez, finit par acquérir des privilèges régaliens : battre monnaie à la tour Martelenque, porter la couronne comtale et persister à reconnaître un temps l’antipape Benoît XIII et ses héritiers Bernard Garnier et Jean Carrier. Cela amena inévitablement l’affrontement avec le roi de France en 1443. Le dauphin, futur Louis XI, vint occuper Rodez et soumettre le comte Jean IV. Plus tard, son fils aura une idée séditieuse en essayant de trahir Louis XI. Cela lui vaudra d’être massacré à Lectoure, avec sa famille, lors de sa fuite

[3] Le royaume de Majorque désigne d’abord de façon provisoire un gouvernement assez longtemps précaire créée lors de la conquête par le roi Jacques 1er d’Aragon de l’île de Majorque en 1229 dans le cadre de la Reconquista. Mais c’est le testament du souverain conquérant en 1262 qui lui donne un véritable sens politique dans la succession monarchique, en l’accordant au cadet de sa lignée l’infant Jacques ou Jaume alors que l’aîné Jacques obtient la couronne d’Aragon. À la mort de Jacques 1er d’Aragon en 1276 naît le royaume de Majorque. Les années 1343 et 1344, dates de reconquête militaire et d’annexion aragonaise ou le traité de 1347, voire les acquisitions par le roi de France de Carlat et Montpellier en 1348-1349 atteste la réunion définitive à la couronne d’Aragon qui clôt la page de l’indépendance, souvent précaire et houleuse.

[4] Navata est une commune d’Espagne dans la communauté autonome de Catalogne, province de Gérone, de la comarque d’Alt Empordà

[5] Le comté de Roussillon est une ancienne principauté féodale située dans les Pyrénées orientales. Le comté de Roussillon serait né à l’époque wisigothique comme une subdivision administrative du royaume wisigoth. Ses limites correspondaient à la civitas Ruscinonensis antique (d’où il tient son nom), c’est-à-dire l’actuel département des Pyrénées-Orientales sans la Cerdagne ni le Capcir. Probablement détruit par l’invasion arabe de 721, le comté renaquit au moment de la reconquête carolingienne, et fut intégré à la Marche d’Espagne, puis au marquisat de Gothie. Le Roussillon est alors aux mains de comtes nommés ou reconnus par le pouvoir impérial, mais cette tutelle se fait moins forte au cours du 9ème siècle, et après la fin de la dynastie carolingienne, il est considéré comme un bien patrimonial qui passe au tout début du 10ème siècle aux mains de la dynastie d’Empuries. À ce moment, son territoire se réduit à la partie orientale de l’actuel département des Pyrénées-Orientales. La capitale de ce comté est d’abord Château-Roussillon, puis la ville de Perpignan. Le comté reste dans les mains de cette dynastie jusqu’en 1172, à la mort du comte Girard II de Roussillon, qui lègue son comté à son parent et suzerain le roi Alphonse II d’Aragon.

[6] Florence est la huitième ville d’Italie par sa population, capitale de la région de Toscane et siège de la ville métropolitaine de Florence. Berceau de la Renaissance en Italie, capitale du royaume d’Italie entre 1865 et 1870

[7] De 973 à 1237, le Charolais appartient au comte de Chalon. Il n’y a pas de titre particulier lié aux Charolais. En 1237, Hugues IV, duc de Bourgogne l’achète au comte de Chalon, et le donne à son second fils Jean en 1248. Le Charolais aurait été érigé en comté entre 1270 et 1316 selon les sources. Pendant la période de l’État bourguignon (1363-1559), le titre de Comte de Charolais fut systématiquement donné à l’héritier du Duc de Bourgogne. Par exemple, Charles le Téméraire, du vivant de son père Philippe le Bon, porta le titre de comte de Charolais.

[8] Le duché de Bourgogne est fondé en 880 à partir du royaume de Bourgogne, par les rois carolingiens Louis III et Carloman II et les membres princiers de leur famille qui se partagent l’Empire carolingien de Charlemagne dont ils ont hérité. Ils féodalisent tous les royaumes carolingiens de France en duchés et comtés vassaux des rois de France. Richard II de Bourgogne (dit Richard le Justicier) est nommé marquis puis premier duc de Bourgogne et un des six pairs laïcs primitifs de France par son suzerain le roi Louis III.

[9] La famille Visconti est une famille de la noblesse lombarde, du parti gibelin, et qui a régné sur la seigneurie puis le duché de Milan du bas Moyen Âge jusqu’au début de la Renaissance, plus exactement, de 1277 à 1447.

[10] Parme est une ville italienne, capitale de la province du même nom, et deuxième plus grande ville d’Émilie-Romagne en nombre d’habitants après la capitale régionale Bologne. Située entre la chaîne des Apennins et la plaine du Pô, la ville est divisée en deux par la rivière Parma, affluent du Pô.

[11] Le duché de Milan était un État dans le nord de la péninsule italienne de 1395 à 1796. En principe fief du Saint Empire romain germanique, il était initialement de facto indépendant. Il passe cependant sous domination française au début du 16ème siècle puis fait partie des possessions des Habsbourg d’Espagne (1535-1706) puis d’Autriche (1706-1796). Les frontières du duché ont varié au cours des siècles, il couvrait surtout la Lombardie incluant Milan et Pavie, les centres traditionnels du vieux royaume d’Italie. Il se situait au centre de l’Italie du Nord, de chaque côté de la partie médiane de la vallée du Pô, bordé, au nord, par les massifs méridionaux des Alpes, les Alpes lépontines, et, au sud, par les hauteurs occidentales des Apennins, les Alpes apuanes.

[12] Les compagnies de mercenaires recrutées du 12ème siècle au 14ème siècle, privées d’employeurs pendant les périodes de paix, se regroupaient en bandes appelées grandes compagnies, et vivaient au détriment des populations. Ces mercenaires étaient alors désignés comme « routiers » car appartenant à une route (troupe en français de l’époque).

[13] Alexandrie est une commune et une ville italienne, place forte pendant la Renaissance, située dans la région du Piémont dans la plaine du Pô, qui est aujourd’hui le chef-lieu de la province d’Alexandrie. La ville est située au bord du Tanaro, à environ 75 km à l’est-sud-est de Turin.

[14] Le Piémont est une région du nord-ouest de l’Italie. Le Piémont tire son nom de sa situation géographique, au pied des monts (les Alpes). Traversé par le Pô, son chef-lieu est Turin. Le Piémont est limitrophe des régions italiennes de la Vallée d’Aoste, de Lombardie, de Ligurie et d’Émilie-Romagne, des cantons suisses du Valais et du Tessin et des régions françaises d’Auvergne-Rhône-Alpes et de Provence-Alpes-Côte d’Azur