Arcade de Clermont ou Arcade de Bourges (mort en 549)
Aristocrate gallo-romain-22ème évêque de Bourges en 538
Fils d’Apollinaire de Clermont, comte d’Auvergne [1] d’allégeance wisigothique [2].
Né à Clermont [3] au début du 6ème siècle, Arcade est issu de la famille des Avitii. Son père gouverne alors le territoire auvergnat et sa capitale Clermont pour le compte du roi wisigoth Alaric II et donc également le petit fils du poète Sidoine Apollinaire.
Devenu sénateur à Clermont, Arcade va, à l’instar de son père, appeler les Auvergnats à se soulever contre les Francs car croyant que le roi Thierry 1er est mort en Thuringe [4]. Ce dernier bien vivant apprend la nouvelle et se rend en Auvergne pour la mettre à feu et à sang tout en prenant soin néanmoins de laisser une sauveté de 8 milles autour de la cité de Clermont.
Cette défaite a des conséquences immédiates sur le pouvoir mérovingien. Sa mère Placidina et la tante d’Arcade sont arrêtées à Cahors [5], condamnées à l’exil, et leurs biens sont confisqués.
Quant à Arcade lui-même, il parvient à se réfugier à Bourges [6] qui appartient à Childebert, un allié contre Thierry 1er.
Plus tard il devient évêque de la cité biturige et finit même par être honoré localement sous le nom de saint Arcade.
Notes
[1] Le comté d’Auvergne est l’une des plus anciennes seigneuries de France, puisqu’elle a déjà été érigée à la fin de la période romaine. Durant l’ère mérovingienne, il devient même momentanément un duché. La famille des Comtes d’Auvergne gouverne le comté depuis le dixième siècle. Une crise éclate au sein de la famille en 1155, date à laquelle le comte Guillaume VII d’Auvergne est forcé par son oncle Guillaume VIII d’Auvergne à diviser le comté en deux. Guillaume VIII reprend le comté, tandis que Guillaume VII doit se satisfaire du titre de dauphin d’Auvergne. En 1360, le roi de France Jean II de France crée, sur la vieille Terre royale d’Auvergne, un duché d’Auvergne qui se transmet au sein de la famille royale
[2] Les Wisigoths entrent en Gaule, ruinée par les invasions des années 407/409. En 416 les Wisigoths et leur roi Wallia continuent leur invasion en Espagne, où ils sont envoyés à la solde de Rome pour combattre d’autres Barbares. Lorsque la paix avec les Romains fut conclue par le fœdus de 418, Honorius accorda aux Wisigoths des terres dans la province Aquitaine seconde. La sédentarisation en Aquitaine a lieu après la mort de Wallia. Les Wisigoths pénétrèrent en Espagne dès 414, comme fédérés de l’Empire romain. Le royaume des Wisigoths eut d’abord Toulouse comme capitale. Lorsque Clovis battit les Wisigoths à la bataille de Vouillé en 507, ces derniers ne conservent que la Septimanie, correspondant au Languedoc et une partie de la Provence avec l’aide des Ostrogoths. Les Wisigoths installèrent alors leur capitale à Tolède pour toute la suite. En 575 ils conquièrent le royaume des Suèves situé dans le nord du Portugal et la Galice. En 711 le royaume est conquis par les musulmans.
[3] Clermont ou Clairmonta est une ville en Auvergne, dont la fusion avec la cité voisine et rivale de Montferrand décidée par Louis XIII lors de l’Édit de Troyes du 15 avril 1630 et confirmée un siècle plus tard sous Louis XV en 1731, par Daniel-Charles Trudaine, (second Édit d’union) donne naissance à la capitale auvergnate de Clermont-Ferrand, titre auparavant réservé à Clermont. En 1120, à la suite des crises successives qui opposent les comtes d’Auvergne aux évêques, qui règnent sans partage sur la ville de Clermont, et pour contrecarrer leur pouvoir, le comte d’Auvergne Guillaume VI décide de construire, sur une butte voisine propice aux fortifications, une ville rivale. C’est ainsi que la cité de Montferrand voit le jour, sur le modèle des bastides du Sud-Ouest, ces villes nouvelles du Midi, construites entre le 12ème et le 13ème siècles. Pendant tout le Moyen Âge et jusqu’à l’époque moderne, Clermont et l’actuel quartier de Montferrand restent deux villes distinctes : Clermont est la cité épiscopale, Montferrand la cité comtale.
[4] La Thuringe, officiellement appelée État libre de Thuringe, est l’un des länder d’Allemagne. Situé au centre du pays, il a une superficie de 16 200 km2 pour 2,3 millions d’habitants. Sa capitale est Erfurt. La Thuringe porte le nom des Thuringes qui occupaient son territoire vers le 2ème siècle. Passé sous domination franque au 6ème siècle, elle forma à partir de 1130 un landgraviat du Saint Empire romain germanique.
[5] Cahors est une commune du Midi de la France, située dans le quart sud-ouest du pays. Préfecture du Lot. Elle fut longtemps disputée, et assiégée de Jules César ou du Franc Thibert au roi de Navarre Henri IV en passant par les prétentions anglaises de Richard Cœur de Lion puis, plus tard, du Prince Noir. Au 14ème siècle, Cahors bénéficie des largesses du pape Jean XXII, né Jacques Duèze en 1244, à Cahors, élu pape en 1316. La famille Duèze est bien établie dans la ville et liée aux notables. À l’époque médiévale, Cahors est une place financière de première importance dans l’Europe d’alors, où affluent les banquiers lombards. Le prêt sur gages et l’usure y sont pratiqués par des chrétiens à partir du 12ème siècle, et au 14ème siècle cette franchise est officiellement reconnue. Pendant la guerre de Cent Ans, la ville passe pour un temps sous domination anglaise. Le 8 janvier 1362, elle doit se rendre au lieutenant du roi d’Angleterre, Chandos, en présence du maréchal français Boucicaut. Le 5 février 1369, les consuls de Cahors jurent de porter secours au roi de France Charles V
[6] Bourges est une commune française, préfecture du département du Cher. Elle est aussi la capitale historique du Berry, province de l’Ancien Régime correspondant approximativement aux départements actuels de l’Indre et du Cher.