1er novembre 82 av. jc : Sylla seul maître à Rome
Introduction : Le 1er novembre de 82 av. jc, 2 armées romaines s’affrontent sous les murs de Rome, près de la porte Colline [1]. Le vainqueur est un général de 56 ans, Lucius Cornelius Sulla, plus connu sous le nom de Sylla. Sa victoire met un terme à la première guerre civile [2] qui déchire la république romaine à son agonie. Lui-même va porter un coup fatal à cette république en croyant la restaurer. Ses réformes vont ouvrir la voie à Jules César et à l’empire.
Sylla est l’un des personnages les plus méconnus et les plus fascinants de l’Histoire romaine. Issu d’une famille pauvre de l’aristocratie, il dissipe sa jeunesse dans l’étude et la fréquentation des prostituées et des gens de mauvaise vie.
À 31 ans, en 107 av. jc, il est néanmoins élu questeur [3] et rejoint l’armée du consul Marius en Afrique [4]. Son habileté lui permet de mettre la main sur Jugurtha, l’ennemi juré de Rome. Il participe ensuite aux côtés de Marius à la guerre contre les Cimbres [5] et les Teutons [6], des Germains [7] qui ont envahi la Gaule et menacent Rome.
Indifférent à sa popularité naissante, il retourne à sa vie de débauche et ne revient qu’en 93 avant jc à la vie publique avec les fonctions de préteur [8] puis propréteur [9] en Cilicie [10].
Il conclut un premier traité avec les Parthes [11] et s’enrichit au passage. À son retour à Rome, il divorce de sa 3ème femme et se remarie avec Caecilia Metella, fille du chef du Sénat. Cette union lui vaut d’être désormais regardé par les sénateurs et l’aristocratie comme une possible alternative face au parti populaire [12] qu’anime Marius.
La guerre sociale [13] amène Sylla à reprendre du service dans l’armée toujours sous les ordres de Marius. Son talent tactique et son habileté font une nouvelle fois leurs preuves. Sylla s’empare de Stabies [14] et réduit les derniers îlots de résistance du Samnium [15] en 89 av. jc.
Ce nouveau succès lui vaut d’être nommé consul l’année suivante et de recevoir du Sénat le soin de mener la guerre contre le roi du Pont [16], Mithridate VI, coupable d’avoir repris les hostilités et massacré des milliers de Romains et d’Italiens en Orient. Cette décision contrarie Marius, représentant du parti populaire, qui comptait sur cette guerre pour redresser son prestige.
Marius manigance avec un tribun de la plèbe [17], Publius Sulpicius Rufus, un arrangement qui lui confie le commandement de la campagne du Pont.
Sylla, qui s’était déjà mis en route pour l’Asie [18], ne l’entend pas de cette oreille. Avec son armée, il revient à Rome en violation de toutes les règles et fait mettre Marius, Rufus et leurs partisans hors la loi. Il fait exposer la tête du tribun félon sur les rostres [19]. Marius préfère s’enfuir en Afrique.
Là-dessus, Sylla s’en va combattre Mithridate qui a profité des troubles pour occuper la Grèce. Le général romain occupe Athènes [20] après un long siège avant de poursuivre Mithridate sur ses terres. Mithridate VI est bientôt battu. Sylla, pressé d’en finir, lui accorde un traité favorable, qui lui conserve son royaume en échange d’un tribut de 2000 talents et de 80 navires pour le retour de l’armée romaine en Italie. Avant de s’en retourner, il tire encore 20.000 talents de la province d’Asie.
Mais à Rome, pendant ce temps, un consul, Cinna, se révolte contre le Sénat. Marius en profite et revient prestement d’Afrique où il s’était réfugié. Il fait mettre à mort de nombreux sénateurs et se fait réélire consul une 7ème fois. Il meurt l’année suivante, en 86 avant jc, mais ses partisans, les marianistes, restent au pouvoir sous l’autorité de Cinna.
Quand Sylla débarque à Brindes [21], avec une armée aguerrie, c’est pour en finir avec ses opposants du parti de Marius et Cinna. Pour lui faire face, les marianistes lèvent pas moins de 6 armées, essentiellement composées d’alliés italiens. Sylla les bat l’une après l’autre. La dernière armée, composée de Samnites [22], est écrasée à la porte Colline. Impitoyable, Sylla ordonne le massacre des prisonniers (7.000, y compris 13 généraux marianistes).
Il se fait élire par les comices [23] dictateur [24] chargé de faire les lois et d’organiser la république pour une durée indéfinie ! C’est la lex Valeria [25] de 82 av. jc., qui consacre de fait la ruine de la république sénatoriale.
Comme ses soldats commencent à tuer sans discrimination tous ceux qu’ils suspectent d’être des opposants, Sylla fait publier( [26] la liste de ceux qui peuvent être tués par quiconque. Les délateurs et les tueurs s’en donnent à cœur joie car une prime récompense leur geste. On évalue à 5.000 le nombre de leurs victimes.
Beaucoup de partisans de Sylla comme le futur triumvir Marcus Licianus Crassus s’enrichissent inconsidérément en s’appropriant la fortune des proscrits. Le jeune Caius Julius Caesar né en 100 et neveu par alliance de Marius, figure parmi les proscrits et doit s’enfuir de Rome.
Assuré de son pouvoir, Sylla, qui se soucie peu d’ambition personnelle, tente aussitôt de restaurer le Sénat dans son ancienne puissance.
• Il porte de 300 à 600 le nombre de sénateurs et leur restitue le droit exclusif de siéger dans les jurys criminels.
• Il enlève aux tribuns de la plèbe le droit de proposer une loi aux comices et de briguer un deuxième mandat, réservant aux sénateurs l’initiative des lois.
• Il abolit la censure et confère aux magistrats sortant de charge la dignité de sénateur, limite les droits des consuls et des préteurs à des fonctions civiles en Italie et leur permet en sortie de charge de devenir proconsul ou propréteur en province sur désignation du Sénat…
• Il distribue des terres à 100 000 vétérans et supprime les distributions gratuites de blé aux citoyens pauvres dans l’espoir de mettre fin à l’exode rural !
Honoré du surnom de Felix [27] et jugeant son travail accompli, Sylla démissionne de toutes ses fonctions en 79 av. jc. Il se retire dans sa maison de Cumes [28] où il file le parfait amour avec une jeune femme de 25 ans, Valeria, dont il fait sa 5ème épouse. Sa félicité sera de courte durée. Il meurt l’année suivante ! Les Romains confèrent à sa dépouille le privilège d’une inhumation sur le Champ de Mars [29], lieu de sépulture des anciens rois.
Cependant, contrairement à ce que Sylla a pu croire, ses réformes n’ont en rien réglé les tensions au sein de Rome elles ont seulement inspiré à nombre d’ambitieux le désir d’exercer à leur tour la dictature.
Notes
[1] La bataille de la Porte Colline est une bataille qui mit fin à la deuxième guerre civile entre Marius et Sylla. En effet, les partisans de Marius, avaient levé six armées pour faire face à l’armée aguerrie de Sylla qui avait débarqué à Brindes. Ces armées, essentiellement composées d’alliés italiens, furent battues les unes après les autres par Sylla : la dernière armée, composée de Samnites, fut écrasée sous les murs de Rome, près de la porte Colline.
[2] La première guerre civile romaine entre Caius Marius et Sylla eut lieu en 88/86 av. jc. Elle a opposé 2 généraux, chefs de 2factions politiques, pour le contrôle de la République romaine.
[3] Dans la Rome antique, les questeurs sont des magistrats romains annuels comptables des finances, responsables du règlement des dépenses et de l’encaissement des recettes publiques. Ils sont les gardiens du Trésor public, chargés des finances de l’armée et des provinces, en relation avec les consuls, les promagistrats et les publicains. Maintenue sous le Haut Empire avec son rôle comptable, cette fonction se réduit sous le Bas-Empire à une magistrature honorifique et coûteuse exercée uniquement à Rome.
[4] L’Afrique ou Afrique proconsulaire, est une ancienne province romaine qui correspond à l’actuelle Nord et sud Est Tunisien, plus une partie de l’Algérie et de la Libye actuelle. La province d’Afrique est créée en 146 av. jc, après la destruction de Carthage, au terme de la 3ème guerre punique ; ayant Utique pour capitale, elle est séparée du royaume de Numidie par une ligne de démarcation, la fossa regia. En 46 av. jc, Rome annexe la Numidie avec le nom de « nouvelle province d’Afrique » (Africa Nova) pour la distinguer de la première (Africa Vetus). Vers 40-39 av. jc, les deux provinces sont réunies dans la province dite d’Afrique proconsulaire ; ayant Carthage pour capitale, elle s’étend, d’ouest en est, de l’embouchure de l’Ampsaga (auj. l’Oued-el-Kebir, en Algérie) au promontoire de l’Autel des frères Philènes (auj. Ras el-Ali, en Libye). En 303, celle-ci est divisée par Dioclétien en trois provinces : la Tripolitaine, la Byzacène et l’Afrique proconsulaire résiduelle, aussi appelée Zeugitane.
[5] Les Cimbres sont un peuple germanique issu du Jutland dans le Danemark actuel d’après Pline l’Ancien. Ils ont menacé Rome à la fin du deuxième siècle av. jc.
[6] Le terme “teutons” désigne des peuples germaniques probablement différents et dont le nom générique signifie notre Peuple. Ce mot pourrait se référer à l’origine à un peuple germanique, voire celte qui, lors de la dégradation climatique des années 100 av.jc, aurait quitté le nord de la Germanie pour piller la Gaule. Leur invasion des Gaules est arrêtée en 102av.jc à la grande bataille d’Aquæ Sextiæ (aujourd’hui Aix-en-Provence), par le général romain Marius. Le roi des Teutons, Teutobod, y est fait prisonnier.
[7] Les peuples germaniques ou Germains sont des ethnies indo-européennes originellement établies en Europe septentrionale. Leur protohistoire se situe dans les territoires connus sous le nom de Germanie (latin Germania), de Thulé (terme grec désignant probablement la Scandinavie ou le nord de l’Allemagne), ou encore sur les rives de la mer Noire. Mieux connus dans le monde latin à partir du 1er siècle, principalement à travers l’œuvre de l’historien Tacite, l’expansion originelle des Germains est attestée à l’âge du bronze danois. C’est à cette période que la linguistique fait remonter la différenciation linguistique en trois grands groupes : Germains orientaux, Germains occidentaux et Germains septentrionaux. Cette communauté linguistique est constitutive du paradigme de « Germains ».
[8] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.
[9] Un propréteur est le nom donné à ceux qui ont exercé la charge de préteur pendant 1 an, et plus tard à ceux qui dirigent les provinces avec l’autorité de préteur. Il s’agit d’une prorogation de leur pouvoir, c’est un promagistrat. Sous la République romaine, les préteurs, comme les consuls, sont élus par le peuple romain assemblé en comices ; à l’issue de leur charge, ils peuvent devenir propréteurs, ou gouverneurs, de provinces, pour un mandat de 1 an. On retrouve le premier propréteur en 241 av. jc, et la fonction se généralise les 2 siècles suivants, jusqu’à ce que Sylla rende obligatoire aux anciens magistrats à imperium de servir dans une province comme gouverneur pour 1 an. A la suite de la réorganisation provinciale au début de l’Empire, chaque province impériale est dirigée par un propréteur qui est sous l’autorité proconsulaire de l’empereur. Il porte ce titre qu’il soit ancien consul ou préteur. La durée du mandat est variable.
[10] La Cilicie est une région historique d’Anatolie méridionale et une ancienne province romaine située aujourd’hui en Turquie. Elle était bordée au nord par la Cappadoce et la Lycaonie, à l’ouest par la Pisidie et la Pamphylie, au sud par la mer Méditerranée et au sud-est par la Syrie. Elle correspond approximativement aujourd’hui à la province turque d’Adana, une région comprise entre les monts Taurus, les monts Amanos et la Méditerranée.
[11] La Parthie est une région historique située au nord-est du plateau iranien, ancienne satrapie de l’empire des Achéménides et berceau de l’Empire parthe qui domine le plateau iranien et par intermittence la Mésopotamie entre 190 av. jc. et 224 ap. jc. Les frontières de la Parthie sont la chaîne montagneuse du Kopet-Dag au nord (aujourd’hui la frontière entre Iran et Turkménistan) et le désert du Dasht-e Kavir au sud. À l’ouest se trouve la Médie, au nord-ouest l’Hyrcanie, au nord-est la Margiane et au sud-est l’Arie. Cette région est fertile et bien irriguée pendant l’antiquité, et compte aussi de grandes forêts à cette époque.
[12] Les populares formaient une tendance politique populiste qui marqua la République romaine, notamment au 2ème siècle av. jc, en s’appuyant sur les revendications des couches les plus pauvres de la société romaine et des non citoyens. Ce ne fut pas un parti politique au sens moderne, mais un clivage majeur dans les luttes politiques et sociales romaines, permettant aux acteurs politiques de se situer face au conservatisme des optimates au sein d’alliances personnelles souvent mouvantes. Lancé par des aristocrates réformistes comme les Gracques, qui gagnèrent l’appui de la classe montante des chevaliers, le mouvement évolua vers la démagogie et le populisme, et fut récupéré par des ambitieux tels que Marius, Cinna, Catilina ou des agitateurs comme les tribuns Saturninus et Clodius Pulcher. Pompée, d’origine équestre puis Jules César, patricien ambitieux, s’appuyèrent sur les populares pour leur ascension au pouvoir. La fin des guerres civiles et la consolidation du pouvoir d’Auguste correspondent à l’extinction du mouvement populares, avec la satisfaction des revendications qui étaient à son origine et avec la fin des luttes de pouvoir.
[13] La Guerre sociale, ou Guerre Marsique, oppose la République romaine et les alliés italiens entre 90 et 88 av. jc. Elle éclate à la suite de l’assassinat du tribun de la plèbe Livius Drusus en octobre 91 av. jc, alors qu’il tentait de faire obtenir la citoyenneté romaine aux Italiens alliés de Rome.
[14] Stabies est une ancienne ville romaine, située à côté de Pompéi et touchant l’actuelle Castellammare di Stabia, à 16 km du Vésuve. Cette cité fut largement détruite, comme Pompéi, Herculanum et Oplontis par deux mètres d’ejecta tombés lors de l’éruption de 79. Stabies est connue pour ses thermes romains ainsi que ses fresques.
[15] Le Samnium était une région du sud des Apennins en Italie que contrôlaient les Samnites, un groupe de tribus sabelliennes de 600 à 290 av.jc. Le Samnium était délimité par le Latium au nord, la Lucanie au sud, la Campanie à l’ouest et l’Apulie à l’est. Les principales cités de la région étaient Bovaiamom (renommée Bovianum Undecumanorum par les latins et Bojano aujourd’hui), Malventum rebaptisée Beneventum, Benevento aujourd’hui). La capitale de la fédération samnite était Bovaiamom, excepté sur une courte période entre le 4ème siècle av. jc et le 3ème siècle avjc , où elle était située à Aquilonia détruite par les Romains en 293av.jc.
[16] Le Pont est un royaume antique situé sur la côte méridionale de la mer Noire. Aujourd’hui, cette région se trouve en Turquie. Le Pont tire son nom de la mer Noire, anciennement appelée Pont-Euxin par les Grecs.
[17] Dans la Rome antique, les tribuns de la plèbe sont les représentants de la plèbe, élus pour une durée d’un an par le concile plébéien.
[18] La province romaine d’Asie comprenait plusieurs des royaumes antiques d’Anatolie : la Carie, la Lydie, la Mysie, la Phrygie et la Troade. Elle avait une superficie d’environ 78 000 kilomètres carrés. Les villes étaient nombreuses : Pergame, Smyrne, Éphèse, Milet… Bien que le royaume de Pergame ait été légué par Attale III en 133 av. jc, elle ne fut organisée par Manius Aquilius qu’en 129 av. jc, après la guerre causée par la révolte d’Aristonicos. La province d’Asie couvre alors l’ancien royaume de Pergame, à l’exception de quelques districts de Phrygie et de Lycaonie, confiés au roi du Pont, Mithridate V, et de Cappadoce, Ariarathe VI. De 56 à 49 av. jc, les trois districts orientaux de Cibyra, Synnada (Şuhut) et d’Apamée (Dinar) en sont détachés au profit de la Cilicie. Jules César les lui rend et lui rattache la Pamphylie. En 36 av. jc, Marc Antoine en détache celle-ci au profit du royaume galate d’Amyntas. Sous l’Empire, devenue province sénatoriale, elle connut une période faste.
[19] une galerie qui domine les Forums romains et est décorée avec des figures de proue - les rostres - de navires ennemis
[20] Athènes est l’une des plus anciennes villes au monde, avec une présence humaine attestée dès le Néolithique. Fondée vers 800 av. jc autour de la colline de l’Acropole par le héros Thésée, selon la légende, la cité domine la Grèce au cours du 1er millénaire av. jc. Elle connaît son âge d’or au 5ème siècle av. jc, sous la domination du stratège Périclès
[21] aujourd’hui Brindisi, à la pointe de la péninsule italienne
[22] Les Samnites sont des tribus sabelliennes établies dans le Samnium (région montagneuse d’Italie centrale) du 7ème à la fin du 3ème siècle av. jc. La première mention écrite des Samnites remonte à 354 av. jc dans un traité conclu avec les Romains.
[23] Les comices centuriates sont une assemblée du peuple romain, divisé en groupes censitaires, nommés centuries. Cette assemblée ne peut être convoquée sur le Champ de Mars que par des magistrats dotés de l’imperium. Elle a une vocation initiale militaire pour la constitution des légions et la levée du tributum, et devient sous la République une des assemblées du peuple pour l’élection des magistrats, le vote des propositions de loi et de déclaration de guerre. Son rôle électoral se restreint sous Auguste, puis disparaît.
[24] Le dictateur est, durant la République romaine, un magistrat extraordinaire qui détient les pleins pouvoirs (imperium) pour un mandat qui ne peut, à l’origine, excéder six mois. Selon la tradition, le titre a été institué en 501 av. jc pour répondre à une situation d’urgence militaire, mais un magister populi (littéralement « maître du peuple ») existe déjà sous la Royauté romaine.
[25] La Lex Valeria est une loi proposée aux comices centuriates par l’interroi Lucius Valerius Flaccus en 82 av. jc conférant à Lucius Cornelius Sulla, dit Sylla, la dictature à pouvoir constituant et ce pour une durée illimitée.
[26] autrement dit proscrire en latin)
[27] heureux
[28] Cumes est une ancienne cité de la Grande-Grèce, située au bord du golfe de Gaète (mer Tyrrhénienne), à 12 km à l’ouest de Naples, en Campanie. C’est aujourd’hui une zone archéologique de première importance, qui présente des vestiges nombreux et variés, dont le plus illustre est l’antre de la Sibylle.
[29] Le Champ de Mars est une vaste plaine de près de deux kilomètres carrés située au nord-ouest du centre historique de Rome, sur la rive gauche du Tibre, et constituant un domaine public de la Rome antique. À l’origine, la région s’étend hors des murs de la ville. C’est dans cette région qu’est consacré le premier sanctuaire dédié au dieu Mars de Rome. Au Moyen Âge, le Champ de Mars devient la région la plus peuplée de la ville. Il se situe aujourd’hui en partie dans le rione Campo Marzio R.IV qui, bien que portant le même nom, couvre une zone un peu plus petite.