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La dynastie Han 206 av. jc à 221

mercredi 19 novembre 2025, par lucien jallamion

La dynastie Han (206 av. jc à 221)

La matrice de la nation chinoise

La dynastie Han (206 av. jc à 221) La matrice de la nation chinoise

Au 3ème siècle avant jc, en Chine du nord, un énergique chef de guerre avait réuni sous son autorité les sept royaumes combattants [1] qui se disputaient le territoire. Il avait fondé le premier empire chinois.

La dynastie Qin de ce Premier Empereur ne survécut pas longtemps à sa disparition. Mais une nouvelle dynastie, les Han [2], releva aussitôt l’empire.

Elle allait durer à peu près aussi longtemps que l’empire romain et mourir comme ce dernier sous les coups des Barbares.

Les Chinois sont redevables aux Han de leur unité et d’à peu près tout ce qui compose leur identité nationale. C’est au point qu’ils leur ont emprunté leur nom et se qualifient eux-mêmes de Han.


En 206 av. jc., 4 ans à peine après la mort du Premier Empereur, un officier du nom de Liu Bang prend la tête d’une bande de brigands et, dans le désordre ambiant, devient le nouveau maître de l’empire.

Désormais connu sous le nom de règne Gaozu, il s’arroge le titre impérial avec le Mandat du Ciel qui fait de lui, selon la tradition antique, le protecteur des récoltes.

Il inaugure la dynastie Han qui durera 4 siècles avec une brève interruption. Il s’installe à Chang’an [3], la capitale des Qin, près de la ville actuelle de Xian [4].

Entourée de 25 km de murailles en terre damée, composée surtout de palais et de parcs, la résidence impériale est l’une des plus grandes villes de son époque. Il n’en reste pratiquement rien aujourd’hui, comme de la plupart des autres villes et monuments de la Chine antique...

Construite en briques, tuiles, bois et pisé, elle n’a pas résisté à l’épreuve du temps, à la différence des constructions en pierre du bassin méditerranéen.

Gaozu flatte habilement les lettrés confucéens [5], ce qui lui vaudra une image flatteuse dans la postérité !

Pour récompenser ses fidèles, il leur offre de grands gouvernements provinciaux tout en en faisant des quasi-fonctionnaires qu’il déplace à loisir.

Si Gaozu perd une grande partie des conquêtes de son prédécesseur, il arrive toutefois à contenir les nomades derrière la Grande Muraille [6].

La dynastie confirme la place des lettrés et des paysans au sommet de la hiérarchie sociale.

Gaozu étant lui-même d’origine paysanne, il évite de pressurer les propriétaires terriens qui forment l’ossature de la société. La Chine, en effet, demeure un pays de hameaux, avec de grosses fermes patriarcales qui pratiquent la culture céréalière et l’élevage.


Wudi et la Chine des Han à son apogée

C’est un demi-siècle après la disparition de Gaozu qu’émerge le plus grand souverain de la dynastie, Wudi.

En 54 ans de règne, Wudi va restaurer l’empire dans ses plus grandes frontières. Ainsi fait-il entrer le Vietnam [7] dans la dépendance de la Chine pour 1 millénaire.

Afin d’assurer l’unité de l’empire, il procède comme les Qin à de grands échanges de populations.

Pour mieux contenir les Barbares de l’autre côté de la Grande Muraille, il renforce sa cavalerie et, pour cela, en 138 av. jc, demande à son général Zhang Qian de lui ramener des chevaux célestes [8] du lointain Ferghana [9].

L’expédition va durer de longues années et contribuer à l’ouverture de la mythique route de la soie, une succession d’oasis, de caravansérails et de foires par laquelle vont dès lors les marchandises entre l’Orient et l’Occident.

Afin de monter les chevaux à leur aise, ses guerriers sont priés de renoncer à leur robe et d’adopter le pantalon, vêtement habituel des femmes chinoises !

Wudi impose à ses grands vassaux, au nombre d’environ 150, de partager leur héritage à leur mort entre tous leurs fils...

C’est afin de réduire peu à peu la taille de ces baronnies et la menace qu’elles font peser sur le pouvoir central.

L’une de ses réformes les plus importantes est l’instauration en 134 av. jc de concours pour le recrutement des fonctionnaires.

Recrutés au mérite dans toutes les classes de la société selon les principes confucéens, ces mandarins vont remplacer l’aristocratie dans l’administration de l’empire.

Le recrutement sur concours va perdurer jusqu’en 1905. Au 18ème siècle, en pleine sinomanie, il va être introduit en France par le gouvernement de Louis XV avec le succès que l’on sait.

Mais les ambitions de Wudi ont un coût : elles entraînent l’empereur à altérer la valeur des monnaies et imposer un monopole d’État sur le sel et le fer.

Écrasés d’impôts, les petits paysans lâchent prise et entrent au service des grands propriétaires comme serfs.

Xuandi, petit-fils du grand Wudi, relance avec succès les guerres préventives contre les Xiongnu [10], de mystérieux barbares de la steppe, et les Qiang [11], nomades des plateaux tibétains [12].

Mais ces guerres s’avèrent extrêmement coûteuses... et elles suscitent naturellement la réprobation des pacifistes conseillers confucéens de la cour.

Elles aggravent le poids des impôts et entraînent des jacqueries [13] que les successeurs de Xuandi vont être incapables de maîtriser.


Le jade, porte de l’immortalité

Le désir d’immortalité tenaille beaucoup de souverains et de princes Han, conduisant certains à se faire inhumer dans un linceul en jade, le jade ayant la réputation de transmettre son imputrescibilité au corps.


Un « usurpateur »

En l’an 9 de notre ère, Wang Mang, le neveu de l’impératrice douairière, renverse l’empereur Han et prend sa place.

Passionnément fidèle aux préceptes confucéens, il tente d’instaurer un régime étatiste ou pour tout dire communiste. Il nationalise la terre et impose des monopoles d’État sur l’exploitation de la pêche et la forêt.

Mais il est incapable de réprimer les jacqueries qui, périodiquement, émergent dans tel ou tel endroit de l’empire. L’une d’elles, la révolte des Sourcils Rouges [14], va l’emporter. Liu Xiu, un prince Han le futur Han Guang Wudi , pénètre à Chang’an et décapite l’usurpateur.


La prospérité au rendez-vous

L’heureux vainqueur s’attribue le Mandat du Ciel sous le nom de règne Guang wudi. Mais il renonce à résider à Chang’an et lui préfère une nouvelle capitale plus à l’Est, Luoyang [15], dans la vallée du Huang He [16]. Aussi les nouveaux empereurs sont-ils qualifiés par les historiens de Han postérieurs [17]) ou Han orientaux  [18], par opposition aux précédents, les Han antérieurs ou Han occidentaux.

Si l’on en croit les chroniques, Guang wudi fut un souverain idéal. Sous son règne, les barbares Xiongnu furent contenus au-delà de la Grande Muraille, de dépit, ils se retournèrent vers l’Ouest, repoussant leurs voisins toujours plus vers l’Ouest... jusqu’à atteindre l’empire romain !.

La route de la soie fut aussi plus active que jamais comme l’attestent les pièces romaines retrouvées dans le sol chinois. À l’intérieur, la sage administration impériale permit de réduire les impôts des deux tiers !

Cette politique eut une traduction bien concrète : au début de notre ère, un recensement officiel attribuait à l’empire chinois 57 millions d’habitants [19] ; 2 siècles plus tard, quand les Han arrivèrent à bout de souffle, l’empire comptait près d’une centaine de millions d’habitants.

Néanmoins, les successeurs de Guang wudi ne laissent pas le souvenir de grands souverains.

On note seulement à la fin du premier siècle les exploits d’un général de valeur, Ban Chao, qui lance des expéditions victorieuses dans le bassin du Tarim [20], au cœur du Sinkiang, et atteint même la mer Caspienne [21]

C’est ainsi qu’à la fin du premier siècle, il n’y a plus que le royaume des Parthes [22] qui sépare la Chine de Rome !

Le dernier siècle des Han témoigne d’une haute classe alanguie, avec une cour impériale paralysée par les querelles de palais entre eunuques [23] et lettrés.

Mais c’est aussi une grande époque d’innovations qui voit l’invention du papier et les premières reproductions de textes par estampage, le développement des laques et aussi l’introduction en Chine du bouddhisme [24] en provenance de l’Inde.

Les somptueux tombeaux princiers et leur matériel funéraire témoignent de la richesse de cette époque.La fin des Han.

En 184, une nouvelle jacquerie, la révolte des Turbans Jaunes [25], a raison de la dynastie Han. On atteint alors le comble de la misère. L’anarchie règne dans la capitale de l’Ouest, troublée par les tigres et les loups... À Chang’an, les palais impériaux sont détruits ainsi que tous les trésors accumulés par les Han.

Dans le désordre ambiant, 3 usurpateurs s’emparent du pouvoir. Aux Han succède l’époque turbulente des Trois royaumes [26]

P.-S.

Source : La matrice de la nation chinoise/ La dynastie Han (206 av. J.-C. À 221)/ Herodote/ André Larané

Notes

[1] Les sept Royaumes combattants ou sept royaumes font référence aux sept principaux États de la période des Royaumes combattants (vers 475 à 221 av. jc) de la Chine .Ces États sont :

• Qin • Qi • Chu • Yan • Han • Zhao • Wei Au cours de la période des Royaumes combattants, la plupart de ces sept Royaumes ont subi des réformes bureaucratiques et militaires afin de mobiliser des ressources à plus grande échelle. Cela a conduit à une intensification de la guerre au cours de la période, mais aussi à des développements économiques et culturels à grande échelle. Parmi ces sept Royaumes, c’est celui de Qin qui est finalement devenu le plus fort et a réussi à annexer les six autres.

[2] Les Hans constituent le peuple chinois historique, issu de l’ancienne ethnie Huaxia "Huáxià". Celle-ci prend le nom Han à l’époque de la dynastie Han "HànCháo" en 206 av. jc jusqu’à 220 apr. jc, et ce nom perdure depuis. Les Hans constituent le plus grand peuple ou groupe ethnique du monde. En raison de leur importance numérique en Chine, ils sont considérés par ignorance ou abus de langage comme le peuple chinois, ce qui omet les nombreuses autres ethnies présentes en Chine.

[3] Autrefois nommé Hao ou Zongzhou, pendant la dynastie Zhou, elle fut la capitale de la Chine pour la période des Zhou occidentaux. Suite à la folie du roi Zhou Youwang, la ville fut incendiée et pillée par les barbares Rong. Xi’an est l’extrémité est de la route de la soie considérée comme ayant été « ouverte » par le général chinois Zhang Qian au 2ème siècle av. jc. C’était l’une des Quatre Grandes Capitales Anciennes car ce fut la capitale de la Dynastie Qin, des Han, alors connue sous le nom de Chang’an

[4] Xi’an est la capitale de la province du Shaanxi en Chine. Elle a le statut de ville sous-provinciale. Cette ville, qui a une histoire de plus de 3 100 ans, a été la capitale de la Chine sous les dynasties Qin, Han et Tang et se nommait alors Chang’an ou Xianyang. À l’époque Zhou, cette capitale occupait le site voisin de Fenghao. L’actuelle Xi’an est une des dix plus grandes villes chinoises. Elle compte plus de huit millions d’habitants enregistrés.

[5] Les fonctionnaires érudits, aussi connus sous les noms érudits bureaucrates ou lettrés sont des fonctionnaires nommés par l’empereur de Chine, responsables de la gestion au jour le jour, de la dynastie Han à la fin de la dynastie Qing en 1912, dernière dynastie impériale chinoise. Après la dynastie Sui, ces fonctionnaires proviennent principalement des lettrés qui ont obtenu des diplômes universitaires en passant les examens impériaux. Les fonctionnaires lettrés sont formés en calligraphie et en textes confucéens. Ils dominent le gouvernement et la vie locale de la Chine jusqu’en 1911. Contrairement à la gentry d’Angleterre ou d’Europe, leur statut est fondé sur le mérite et non leur origine sociale.

[6] La Grande Muraille est un ensemble de fortifications militaires chinoises construites, détruites et reconstruites en plusieurs fois et à plusieurs endroits entre le 3ème siècle av. jc et le 17ème siècle pour marquer et défendre la frontière nord de la Chine. C’est la structure architecturale la plus importante jamais construite par l’Homme à la fois en longueur, en surface et en masse. Populairement, on désigne sous le nom de « Grande Muraille » la partie construite durant la dynastie Ming qui part de Shanhaiguan sur le territoire de la ville de Qinhuangdao dans la province du Hebei à l’Est pour arriver à Jiayuguan dans la province du Gansu à l’Ouest. Sa longueur varie selon les sources. Selon un rapport de 1990, la longueur totale des murs serait de 6 259,6 km.

[7] Le Viêt Nam, Viet Nam, Vietnam ou Viêtnam, est un pays d’Asie du Sud-Est situé à l’est de la péninsule indochinoise. Il a une superficie de 330 967 km². Il est bordé par la Chine au nord-nord-ouest, le Laos à l’ouest-nord-ouest, le Cambodge au sud-ouest, le golfe de Thaïlande à l’ouest et la mer de Chine méridionale à l’est-nord-est et au sud-est. Sa capitale est Hanoï. Pour les historiens vietnamiens, le Viêt Nam fut fondé en 2877 av. jc. La capitale de l’époque se situait à l’emplacement de l’actuelle Canton en Chine méridionale. L’histoire du pays, dont les origines sont semi-légendaires, se confond en grande partie avec celle du peuple Việt, aussi appelé Kinh, qui, de son berceau primitif du Van Lang, aurait ensuite essaimé vers le delta du fleuve Rouge (Đồng bằng sông Hồng). Les Viêt ne prennent que très progressivement possession de l’espace géographique qui est aujourd’hui celui du Viêt Nam.

[8] L’élevage de chevaux semble s’être développé très tôt en Asie centrale, dès le 1er millénaire av. jc, dans le but d’obtenir des animaux plus grands et aptes à être montés. Dès l’époque de la dynastie Han, la Chine prend le pouvoir militaire dans cette région. Le régime impérial de la dynastie Han souhaite ouvrir la route de la soie à l’extérieur des frontières de la Chine. Han Wudi veut équiper sa cavalerie de chevaux de qualité, plus grands que les poneys chinois locaux et capables de porter un homme en armure. Ces animaux sont nommés les « chevaux célestes », et proviennent de la vallée de Ferghana. En 138 av. jc, Zhang Qian, chef des gardes des portes du palais de l’empereur, y est envoyé en mission diplomatique avec une escorte d’une centaine d’hommes. L’administration chinoise exige que les chevaux de Ferghana soient importés en si grand nombre que les dirigeants de Ferghana ferment leurs frontières à ces échanges. Ce transfert entraîne une guerre.

[9] aux confins de l’Ouzbékistan

[10] Xiongnu, ou Hunnu, est une confédération de peuples nomades vivant en Mongolie, en Transbaïkalie et en Chine du Nord. Xiongnu est le nom que leur ont donné les Chinois dans l’Antiquité.

[11] Le peuple qiang est l’un des 56 groupes ethniques officiellement reconnus par la République populaire de Chine. Ils vivent principalement dans des secteurs accidentés, sillonnés de rivières et de ruisseaux, dans le nord-ouest de la province du Sichuan. L’histoire de leur région est marquée par la rencontre entre les Tibétains, les Mongols, les Mandchous, les musulmans et les Hans, parfois très violente, parfois pacifique

[12] Le Tibet est une région de plateau située au nord de l’Himalaya en Asie, habitée traditionnellement par les Tibétains et d’autres groupes ethniques (Monbas, Qiang et Lhobas) et comportant également une population importante de Hans et de Huis. Le Tibet est le plateau habité le plus élevé de la planète, avec une altitude moyenne de 4 900 m. Au 7ème siècle, le Tibet unifié est fondé par Songtsen Gampo, qui crée par la guerre un vaste et puissant empire, qui, à son apogée, s’étend sur une bonne partie de l’Asie y compris certaines parties de la Chine

[13] Terme utilisé pour désigner des révoltes paysannes de la période révolutionnaire et, de façon analogue, en sciences politiques pour désigner tout soulèvement paysan.

[14] La Révolte des sourcils rouges, aussi appelée Chimei (« sourcils rouges » en chinois) est un terme qui désigne des révoltes paysannes qui se déroulèrent à partir de 17 au cours desquelles les révoltés se teignaient les sourcils en rouge pour se reconnaître entre eux.

[15] Luoyang, ou Loyang est une ville-préfecture de la province du Henan en Chine. On y parle le dialecte de Luoyang du mandarin zhongyuan. Située sur le Fleuve Jaune, c’est l’une des quatre capitales historiques de la Chine.

[16] Le fleuve Jaune est le deuxième plus long fleuve de Chine après le Yangzi Jiang. Long de 5 464 kilomètres, il prend sa source dans le plateau tibétain et après avoir traversé les provinces de Gansu, Ningxia, Mongolie-Intérieure, Shaanxi, Shanxi, Henan et Shandong il se jette dans la mer de Bohai, dans la mer Jaune. Le bassin versant du fleuve d’une superficie de 752 443 km² est caractérisé par un climat en grande partie semi-aride qui explique le débit modéré du fleuve à son embouchure (2 571 m3/s). Le fleuve Jaune a joué un rôle crucial dans l’histoire de la Chine car la civilisation chinoise est née au confluent du fleuve et de son affluent le Wei He puis s’est développée le long de son cours.

[17] c’est à dire postérieur à Wang Mang

[18] établis à Luoyang

[19] c’était à peu près le cinquième de l’humanité et autant que l’empire romain dans sa plus grande extension

[20] Le bassin du Tarim est le plus grand bassin fluvial endoréique au monde (les données varient donnant une superficie de 500 000 km², 557 000 km² à 1 157 800 km²). Entouré par plusieurs chaînes de montagnes, le Tian Shan au nord, la chaîne des Pamirs à l’ouest et les Kunlun au sud, il correspond à la moitié sud de l’actuelle région autonome du Xinjiang (appelé aussi Turkestan oriental) dans la partie la plus occidentale de la Chine. Une grande partie du bassin est occupé par le désert du Taklamakan. Le secteur est habité par des Hans, des Mongols, des Ouighours, des Huis et d’autres populations d’Asie centrale.

[21] La mer Caspienne est une vaste étendue d’eau située en Asie occidentale, principalement alimentée par la Volga, issue de la fermeture d’une mer océanique ancienne, l’océan ou mer Paratéthys. Bien qu’il s’agisse, d’un point de vue strictement juridique, d’un lac, on la qualifie couramment de plus grande mer fermée du monde. Elle est bordée au nord et à l’est par les steppes de l’Asie centrale, à l’ouest et au sud par des chaînes issues de l’orogénèse himalayo-alpine : respectivement Caucase et Elbourz. Les pays riverains sont (dans le sens des aiguilles d’une montre) : le Kazakhstan au nord-est, le Turkménistan au sud-est, l’Iran au sud, l’Azerbaïdjan au sud-ouest, et la Russie au nord-ouest (avec le Daghestan, la Kalmoukie et l’oblast d’Astrakhan).

[22] La Parthie est une région historique située au nord-est du plateau iranien, ancienne satrapie de l’empire des Achéménides et berceau de l’Empire parthe qui domine le plateau iranien et par intermittence la Mésopotamie entre 190 av. jc. et 224 ap. jc. Les frontières de la Parthie sont la chaîne montagneuse du Kopet-Dag au nord (aujourd’hui la frontière entre Iran et Turkménistan) et le désert du Dasht-e Kavir au sud. À l’ouest se trouve la Médie, au nord-ouest l’Hyrcanie, au nord-est la Margiane et au sud-est l’Arie. Cette région est fertile et bien irriguée pendant l’antiquité, et compte aussi de grandes forêts à cette époque.

[23] Un eunuque est un homme castré. La castration se limite généralement à l’ablation des testicules mais il arrive qu’elle concerne également le pénis, connue alors sous le nom de pénectomie. Dans la Chine ancienne, la castration était à la fois une punition traditionnelle (jusqu’à la dynastie Sui) et un moyen d’obtenir un emploi dans le service impérial. À la fin de la dynastie Ming, il y avait 70 000 eunuques dans la Cité interdite. La valeur d’un tel poste était importante car elle pouvait permettre d’obtenir un pouvoir immense qui dépassait parfois celui du premier ministre. Cependant, la castration par elle-même fut finalement interdite. Le nombre d’eunuques n’était plus estimé qu’à 470 en 1912, lorsque la fonction fut abolie. La justification de cette obligation pour les fonctionnaires de haut rang était la suivante : puisqu’ils ne pouvaient procréer, ils ne seraient pas tentés de prendre le pouvoir pour fonder une dynastie. À certaines périodes, un système similaire a existé au Viêt Nam, en Inde, en Corée et dans d’autres contrées du monde.

[24] Le bouddhisme est, selon le point de vue occidental, une religion (notamment une religion d’État) ou une philosophie, voire les deux, dont les origines sont en Inde au 5ème siècle av. jc à la suite de l’éveil de Siddhartha Gautama et de son enseignement. Le bouddhisme est né en Inde à peu près à la même époque que Mahâvîra, qui rendit plus populaire le jaïnisme, avec lequel il partage une certaine tendance à la remise en cause de l’hindouisme (en particulier de la caste sacerdotale des brahmanes) tel que ce dernier était pratiqué à l’époque (6ème siècle av. jc). Le bouddhisme a repris et aménagé beaucoup de concepts philosophiques de l’environnement religieux de l’époque (tels que dharma et karma, par exemple).

[25] La rébellion des Turbans jaunes est une révolte paysanne majeure en Chine, à la fin du 2ème siècle. Le soulèvement &clate en 184 sous le règne de l’empereur Han Lingdi lorsque Zhang Jiao, fondateur de la secte taoïste Taiping (« grande paix »), soulève une partie de la population chinoise contre la dynastie Han, jugée décadente et corrompue. Assiégés, les Han lancent un appel à l’aide et ordonnent une campagne contre les Turbans jaunes qui se comptent par centaines de milliers. De puissants et célèbres généraux, tels que Yuan Shao, Cao Cao, Sun Jian et Ma Teng répondent à cet appel. De son côté, le général Lu Zhi recrute des volontaires. Parmi eux, Liu Bei, Guan Yu et Zhang Fei qui, selon l’Histoire des Trois royaumes, se jurent fraternité et s’en vont combattre les Turbans jaunes. Ils viennent en aide au général Dong Zhuo. Les frères de Zhang Jiao, Bao et Liang, sont battus par Cao Cao et Sun Jian. Bien que la rébellion principale ait été défaite en 185, des poches de résistances restent invaincues et des soulèvements de plus petites ampleurs émergent sporadiquement. Ce n’est qu’en 205, après 21 années de révoltes, que les Turbans jaunes sont définitivement vaincus. La rébellion, qui tire son nom de la couleur dans laquelle les rebelles se drapaient, a été particulièrement importante dans l’histoire de la Chine comme dans celle du taoïsme, à cause des collusions nombreuses entre rebelles et sociétés taoïstes secrètes.

[26] La période des Trois Royaumes est une période de l’histoire chinoise qui commence en 220, après la chute de la dynastie Han et s’achève avec la réunification de la Chine par la dynastie des Jin occidentaux, en 280. Les Trois Royaumes sont ceux de Wei au nord le long du fleuve Jaune, de Wu dans le sud-est, et de Shu au sud-ouest dans le bassin du Sichuan. Durant les deux dernières décennies du 2ème siècle, l’empire Han se désagrège progressivement, divisé entre plusieurs seigneurs de la guerre rivaux. Au début du 3ème siècle, trois d’entre eux prennent une place prépondérante : Cao Cao puis son fils Cao Pi (Wei), Liu Bei (Shu-Han) et Sun Quan (Wu). Ils mettent en place les Trois Royaumes après l’abdication du dernier empereur Han, dont ils se disputent la succession, et se proclament chacun à leur tour empereur dans les années 220. Leurs successeurs s’affrontent pour la domination de la Chine, avant d’être supplantés l’un après l’autre entre 265 et 280 par le clan Sima, qui fonde la dynastie Jin. La période des Trois Royaumes est donc suivie de la dynastie des Jin occidentaux. Sur le plus long terme, la période des Trois Royaumes s’inscrit dans une longue séquence très agitée. S’ensuivent plus de trois siècles de division politique entre la Chine du Nord et la Chine du Sud, durant un haut Moyen Âge chinois que l’historiographie classique désigne comme la période des Six Dynasties (220-589).