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Huángdì ou L’empereur Jaune

mercredi 19 novembre 2025, par lucien jallamion

Huángdì ou L’empereur Jaune

Empereur chinois de 2697 à 2597 ou de 2698 à 2598 av. jc

L’Empereur Huàng Di est selon la tradition chinoise un souverain civilisateur de la haute Antiquité.

Il n’est pas mentionné dans les plus anciennes sources, mais apparaît à l’époque des Royaumes combattants [1] et occupe une place prééminente chez les historiographes de la dynastie Han [2].

Il est le premier des 5 Empereurs dans le Shiji [3] et le 3ème des 3 Augustes [4] dans la préface du Shujing [5] par Kong Anguo. Il représentait le souverain idéal pour le courant philosophico-politique huanglao [6] qui eut les faveurs de la cour jusqu’à Han Wudi. À cet égard, de nombreux textes politiques ou techniques lui furent attribués ou à ses assistants, dont les Quatre Livres de Huangdi [7] et le Huangdi Neijing [8]. Divinisé, il est resté un dieu et un immortel taoïste [9].


Sa biographie est basée surtout sur le Shiji et le Livre des Han. Il serait fils de Shaodian et de Fubao du clan Youjiao ; il aurait pour nom de famille Gongsun, Ji ou Youxiong et pour prénom Xuanyuan.

Il serait né dans un lieu nommé Tianshui. Il aurait eu 4 épouses, 10 concubines et 25 fils. Son épouse principale, issue du clan Xiling, est connue sous le nom de Luozu ou Leizu. Sa deuxième épouse, Momu, aurait été laide mais vertueuse. Huangdi aurait décerné à ses fils 12 noms de famille.

Après sa victoire sur Chiyou , il aurait choisi Fenghou, Limu, Changxian et Dahong comme ministres. Sa sépulture se trouve au mont Qiao* situé au Shaanxi [10] à Huangdiling [11] ou au Hebei [12] dans le district de Zhuolu [13].

Il prend la succession d’un autre héros civilisateur présenté aussi comme l’ancêtre des Qiangs [14], l’Empereur Chidi ou Yandi .

Chiyou, l’adversaire de Huangdi, semble être devenu un dieu guerrier révéré jusqu’au tout début des Han. Sima Qian mentionne que Liu Bang lui rendit un culte avant une bataille contre Xiang Yu. Outre sa place dans les mythes de certaines ethnies du Sud-Ouest chinois, il est occasionnellement revendiqué comme ancêtre par des Coréens, avec une connotation patriotique d’opposition au nationalisme chinois.

Il aurait inventé les arts martiaux. Comme Chiyou possédait de meilleures armes que Huangdi, celui-ci décida de développer un ensemble de mouvements offensifs et défensifs qu’il enseigna à son armée. L’art martial de ce temps n’a sûrement plus rien à voir avec les techniques évoluées d’aujourd’hui. Beaucoup considèrent cependant qu’il en est le concepteur, pour avoir pu prendre l’avantage définitif contre Chiyou, puisque ses armées n’avaient pas l’avantage contre lui.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Huángdì/ Portail du monde chinois/ Catégories : Personnage mythique chinois/ Divinité chinoise

Notes

[1] La période des Royaumes combattants, s’étend en Chine, du 5ème siècle av. jc à l’unification des royaumes chinois par la dynastie Qin en 221 av. jc. Ce nom lui est donné tardivement, par référence aux Stratagèmes des Royaumes combattants, ouvrage portant sur cette période. Elle correspond dans la chronologie dynastique à la fin de la période des Zhou orientaux (771-256 av. jc). Cette chronologie, qui repose sur l’historiographie traditionnelle, ne correspond pas nécessairement à la datation précise des évolutions sociales, politiques, économiques et culturelles : ce qui caractérise les Royaumes combattants date principalement du début du 4ème siècle av. jc.

[2] La dynastie Han régna sur la Chine de 206 av. jc à 220 apr. jc. Deuxième des dynasties impériales, elle succéda à la dynastie Qin (221/206 av. jc) et fut suivie de la période des Trois Royaumes (220/265). Fondée par Liu Bang, chef de guerre d’origine paysanne révolté contre la dynastie Qin, elle compta 28 empereurs.

[3] les « Mémoires historiques de Sima Qian

[4] Les trois augustes et les cinq empereurs sont les dieux et rois légendaires qui auraient régné en Chine avant la dynastie Xia

[5] Le Classique des documents, en chinois Shu Jing est un recueil de documents (discours, conseils, décrets, etc.) concernant la politique et l’administration des souverains de l’Antiquité chinoise, depuis Yao, et Shun (3ème millénaire av. jc) jusqu’à la fin des Zhou occidentaux (règne du Duc Mu de Qin, vers 627 av. jc). Ces documents auraient été rédigés par les équipes de greffiers et secrétaires que les rois entretenaient. Connu du temps de Confucius qui le cite et à qui la tradition a longtemps attribué sa compilation, il a échappé de peu à la destruction totale sous les Qin et pendant la période de division qui suivit la chute de l’empire Han. La version actuelle est incomplète, et la datation de certains chapitres fut mise en doute dès les Song d’après des critères stylistiques. Sous les Qing, après une vingtaine d’années de recherches, Yan Ruoqu en arriva à la conclusion qu’une moitié des chapitres avait subi de fortes altérations au 4ème siècle. Les textes qui évoquent les périodes les plus anciennes sont rédigés dans la langue de la Période des Royaumes combattants (5ème siècle à 221 av. notre ère). Ces textes proviennent pour la plupart de la cour royale de Zhou. Malgré le doute concernant la période exacte de rédaction de tel ou tel passage, les historiens s’accordent à y voir le plus ancien ensemble de prose chinoise. C’est aussi, en dépit du problème de datation déjà évoqué et du peu de clarté de certains textes, une source précieuse pour l’histoire et la culture politique de la Chine ancienne, bien qu’à cet égard les chercheurs chinois semblent plus réservés que leurs homologues étrangers. Il a été inclus dès les Han parmi les Cinq classiques dont la connaissance était indispensable pour poursuivre une carrière de fonctionnaire.

[6] Le terme Huanglao désigne un courant de pensée chinois né durant la période des Royaumes combattants et influent au début de la dynastie Han, ayant principalement des affinités légistes et taoïstes. Son nom est la combinaison des premières syllabes de Huangdi, souverain civilisateur mythique, et de Laozi, auteur supposé du Dao De Jing. Huangdi était le souverain idéal de courants se démarquant des confucéens, qui avaient eux pour modèles Yao et Shun mentionnés dans le Classique des documents dont l’Empereur jaune est totalement absent. Il s’agit d’un ensemble de principes et techniques de bonne gouvernance associé à une vision cosmologique dans laquelle le Dao occupe une place primordiale. Le gouvernant doit se transformer pour pouvoir coordonner l’ordre politique et social avec l’ordre cosmique, et ainsi gouverner sans agir grâce à des méthodes généralement légistes, mais également empruntées à d’autres courants, dont le confucianisme, le naturalisme et le mohisme. La lignée de transmission du huanglao présentée dans le Shiji montre un lien historique avec l’État de Qi. Dans son Histoire de la philosophie chinoise, Feng Youlan situe la naissance du courant parmi le cercle d’ intellectuels que le prince Xuan de Qi accueillait au 4ème siècle av. jc à l’Académie Jixia. Avec le choix par Han Wudi du confucianisme comme idéologie politique officielle, le huanglao est délaissé comme système de gouvernance. Le terme subsistera pour désigner le taoïsme religieux, dans lequel Huangdi et Laozi sont divinisés

[7] Huángdì Sìjīng ou Les Quatre Livres de Huangdi sont avec le Laozi les textes de référence du courant de philosophie politique huanglao, influent au début du 2ème siècle av. jc. (début de la Dynastie Han). Mentionnés dans le Livre des Han et considérés comme disparus, une version sur soie en a été retrouvée à Mawangdui en 1973.

[8] Le Huangdi Nei Jing ou Classique interne de l’empereur Jaune est le plus ancien ouvrage de médecine chinoise traditionnelle. Il se divise en deux parties : le Su Wen et le Ling Shu. Tous les aspects de la médecine y sont abordés, avec leur traitement, et plus particulièrement le traitement par acupuncture.

[9] Le taoïsme est un des trois piliers de la philosophie chinoise avec le confucianisme et le bouddhisme, et se fonde sur l’existence d’un principe à l’origine de toute chose, appelé « Tao ». Plongeant ses racines dans la culture ancienne, ce courant se fonde sur des textes, dont le Tao Tö King de Lao Tseu, le Lie Tseu et le Zhuāngzi de Tchouang Tseu, et s’exprime par des pratiques qui influencèrent de façon significative tout l’Extrême-Orient, et même l’Occident depuis le 20ème siècle.

[10] Le Shaanxi est une très ancienne province de la Chine, dont le chef-lieu est Xi’an. Elle ne doit pas être confondue avec la province voisine au nom, homophone au ton près, de Shanx. La province du Shaanxi est souvent considérée comme le berceau de la civilisation chinoise. C’est d’ailleurs près de Lantian que fut découvert l’Homme de Lantian, le plus vieil ancêtre des Chinois. Pendant plus de 1 100 ans, treize dynasties y établirent leur capitale, et elle resta ainsi le centre politique de la Chine depuis la dynastie Zhou jusqu’à la chute de la dynastie Tang au tout début du 10ème siècle.

[11] tumulus de Huangdi

[12] Le Hebei est une province située à l’est de la Chine. Cette province, avec Pékin et Tianjin, est un démembrement de l’ancienne province du Zhili depuis la dynastie Yuan. Sous les Ming, elle portait le nom de Beizhili du Nord, par opposition au « territoire méridional » (Nanzhili) formé par les provinces actuelles de Jiangsu et d’Anhui du Sud.

[13] Le xian de Zhuolu est un district administratif de la province du Hebei en Chine. Il est placé sous la juridiction de la ville-préfecture de Zhangjiakou.

[14] Le peuple qiang est l’un des 56 groupes ethniques officiellement reconnus par la république populaire de Chine. Ils vivent principalement dans des secteurs accidentés, sillonnés de rivières et de ruisseaux, dans le nord-ouest de la province du Sichuan.