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L’histoire pour le plaisir

Victor-Thierry Dailly

mardi 11 novembre 2025, par lucien jallamion

Victor-Thierry Dailly

Architecte français (1676-1734)

Ses parents, Thierry Dailly, entrepreneur parisien et Magdeleine Cleramboust, se sont mariés le 23 février 1672 à Saint-Germain-en-Laye [1].


Dans l’enclos Saint-Germain-des-Près [2], Dailly construit en 1715 un ensemble de 19 maisons bordant le parvis de l’église et 2 voies nouvelles qui sont dénommées rue Sainte-Marthe [3] et rue Childebert [4].

En 1719, les Carmes [5] de la rue du Regard [6] lui commandent une opération tout aussi importante, visant à construire 5 hôtels particuliers, certains pour des occupants désignés d’avance tels la comtesse de Verrue ou l’exécuteur des hautes œuvres. 3 hôtels sont bâtis mais la banqueroute de Law [7] contraint les Carmes à étaler l’opération qui n’est terminée qu’en 1737 par Brice Le Chauve qui construit les 2 derniers hôtels en utilisant et en modifiant les plans établis par Dailly 18 ans plus tôt.

Dailly construit également l’annexe de l’Hôtel-Dieu de Paris [8], édifie des immeubles pour les Carmélites de la rue de Vaugirard [9], d’autres rue de Cléry [10] et rue Meslay [11]. Il bâtit la tribune de l’église Saint-Jean-en-Grève [12]. Il travaille chez Mme Legendre place des Victoires [13] et chez les Crozat dans leurs hôtels des nos 19 et 21, place Vendôme [14]. À la demande d’Antoine Crozat, il donne un projet pour la cour du Dragon [15] qui n’obtient les permis de construire ni de la Ville, ni des Trésoriers de France. Il donne également des projets pour les Bénédictins [16] de Saint-Martin-des-Champs [17] et pour la reconstruction de l’abbaye de Saint-Bénigne de Dijon [18]. Il aménage en 1718 le chœur de l’église de Chatou [19], où il possédait une maison.

Le peintre Gilles Allou exposa le portrait de M. Dailly, architecte, au Salon de 1737.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Michel Gallet, Les Architectes parisiens du XVIIIe siècle : Dictionnaire biographique et critique, Paris, Éditions Mengès, 1995, 494 p. (ISBN 2-85620-370-1)

Notes

[1] Yvelines

[2] L’abbaye Saint-Germain-des-Prés, qui comprend l’actuelle église Saint-Germain-des-Prés, est une ancienne abbaye bénédictine de Paris, située 3 place Saint-Germain-des-Prés dans l’actuel 6ème arrondissement. Fondée au milieu du 6ème siècle sous le nom de basilique Sainte-Croix et Saint-Vincent par le roi mérovingien Childebert 1er et saint Germain, évêque de Paris, elle doit son nom actuel à ce dernier. C’est une abbaye royale, qui bénéficie donc d’une exemption et est directement soumise au pape. La première église abbatiale est consacrée le 23 avril 558 à la Sainte Croix et à saint Vincent de Saragosse. Cette basilique possédait des colonnes de marbre, un plafond lambrissé et des fenêtres vitrées. Elle est nécropole royale jusqu’à la création de celle de la basilique Saint-Denis et les reliques de saint Germain y sont vénérées, mais plus aucune sépulture médiévale ne subsiste et les reliques se sont considérablement amoindries.

[3] La rue Sainte-Marthe est une ancienne voie de Paris, aujourd’hui disparue, située dans l’ancien 10ème arrondissement (actuel 6ème). Longue de 38 m, elle reliait le passage Saint-Benoît à la rue Childebert. Elle est ouverte en 1715 dans l’enclos de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés en même temps que la rue d’Erfurth et la rue Childebert par Henri-Pons de Thiard de Bissy, abbé commendataire

[4] La rue Childebert est une ancienne voie, aujourd’hui disparue, située dans le quartier de la Monnaie dans l’ancien 10ème arrondissement de Paris (actuel 6ème arrondissement). Longue de 79 m, et large de 30 pieds, soit 9,74 m, elle reliait la rue d’Erfurth à partir des nos 2 et 4, à la rue Sainte-Marthe aux nos 4 et 5. Elle est ouverte en 1715 au sud de l’enclos de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés en même temps que la rue d’Erfurth et la rue Sainte-Marthe par Henri-Pons de Thiard de Bissy, abbé commendataire. Elle est nommée en l’honneur de Childebert 1er, fondateur de l’abbaye. Les immeubles de rapport sont construits par Victor-Thierry Dailly. Au carrefour avec la rue d’Erfurth, le cardinal de Bissy fait construire en 1716 par le même architecte deux fontaines identiques à chaque angle, dites fontaines Childebert.

[5] L’ordre des Carmes déchaux ou ordre des Frères déchaux et des Moniales déchaussées de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont-Carmel, abrégé en OCD, est un ordre religieux catholique contemplatif et apostolique, appartenant à la catégorie des ordres mendiants. Les frères carmes déchaux partagent avec les sœurs carmélites déchaussées, moniales cloîtrées, le même rythme de prière. S’ils consacrent ainsi deux heures chaque jour à la prière silencieuse, leur mission est plus particulièrement d’annoncer l’Évangile par la prédication à la lumière de la riche tradition spirituelle du Carmel. Cette congrégation religieuse établie à la fin du 16ème siècle est née d’une réforme de l’ordre du Carmel. Cette réforme fut d’abord appliquée à des couvents de femmes par sainte Thérèse d’Ávila en 1562. Ensuite la réformatrice, secondée par saint Jean de la Croix, l’introduisit dans les couvents d’hommes. Un des signes de la réforme de sainte Thérèse d’Ávila était que les carmes allaient pieds nus dans des sandales.

[6] La rue du Regard est une voie située dans le quartier Notre-Dame-des-Champs dans le 6ème arrondissement de Paris. Dénommée précédemment « rue des Carmes Déchaussés » (depuis 1650), antérieurement « rue de la Descente de Montargis » (en 1646), plus anciennement « chemin de la Fosse à l’Aumosnier » (en 1529), elle était initialement, sous le nom de « petit-chemin herbu », un prolongement du « grand chemin herbu » (actuelle rue Notre-Dame-des-Champs). Le nom de « rue du Regard » remonte aux années 1667, époque à laquelle le « petit chemin herbu » formait avec le « grand chemin herbu » un sentier emprunté par les fidèles qui se rendaient en pèlerinage à la chapelle Notre-Dame des Champs implantée depuis le 6ème siècle entre la rue d’Enfer (rue Henri-Barbusse) et l’ancienne grande rue du faubourg Saint-Jacques. Elle fut réellement ouverte en 1680 sur les terrains du couvent des Carmes dont elle prend le nom, avant d’être rebaptisée « rue du Regard ».

[7] Le système de Law imaginé par l’Écossais John Law, a été mis en place en France, sous la régence de Philippe d’Orléans, de 1716 à 1720, dans le but de liquider la dette laissée par Louis XIV. Une de ses particularités consiste à développer l’utilisation du papier-monnaie au lieu d’espèces métalliques, afin de faciliter le commerce et l’investissement. Créée par Law, la Banque générale va s’appuyer sur l’activité coloniale de sa société sœur, la Compagnie perpétuelle des Indes, pour finalement absorber presque tout le commerce colonial de la France, puis la majorité des impôts (bail de la ferme générale, recettes particulières). Mais ce quasi-monopole, joint à une intense propagande, entraîne une spéculation effrénée sur les actions, et une hausse immodérée des cours. À l’origine des premières grandes émissions de titres boursiers, le système de Law est une étape incontournable de l’histoire des bourses de valeurs.

[8] L’Hôtel-Dieu de Paris est un établissement hospitalier édifié vers 650 et reconstruit de 1867 à 1878 sous la conduite des architectes Émile Jacques Gilbert et Arthur-Stanislas Diet. Il se situe sur l’île de la Cité, en bordure nord du parvis Notre-Dame dans le 4ème arrondissement de Paris. L’Hôtel-Dieu, qui aurait été fondé par l’évêque parisien saint Landry, est l’hôpital le plus ancien de la capitale. Symbole de l’hospitalité et de la charité chrétienne, il est aussi, au départ, comme son nom l’indique, un hôtel : comme tous les Hôtel-Dieu de France, il héberge les pèlerins qui vont prier pour le salut des âmes de tous, malades comme bien-portants, dans les lieux saints, Jérusalem, Saint-Jacques de Compostelle, etc

[9] La rue de Vaugirard, qui traverse les 6ème et 15èe arrondissements, est la plus longue voie de Paris intra-muros, avec 4 360 mètres de longueur, correspondant à 407 numéros d’immeubles. Elle part du boulevard Saint-Michel, au niveau de la place de la Sorbonne et se termine à la jonction des boulevards Victor et Lefebvre, à la porte de Versailles. Au-delà des boulevards des Maréchaux, elle est prolongée par l’avenue Ernest-Renan. Le nom de la rue fait référence à l’ancienne commune de Vaugirard, aujourd’hui intégrée à Paris. Il est une déformation de « val Gérard », en hommage à Gérard de Moret, abbé de Saint-Germain. Il contribua au13ème siècle à l’essor de ce qui était alors un hameau, qui s’est successivement appelé « Valgérard », « Vaulgérard » et enfin « Vaugirard

[10] La rue de Cléry est une rue du 2ème arrondissement de Paris. Cette rue débute rue Montmartre et se termine boulevard de Bonne-Nouvelle. Son nom provient de l’hôtel de Cléry, mentionné en 1540, dont les dépendances s’étendaient alors jusqu’aux fossés de la ville.

[11] La rue Meslay est une rue du 3ème arrondissement de Paris, située entre le Marais, au sud, et le quartier du faubourg Saint-Martin, au nord, à proximité de la place de la République.

[12] détruite entre 1797 et 1800

[13] La place des Victoires est une place de Paris dédiée lors de sa création à Louis XIV. Elle est située au cœur du centre historique de la capitale, à cheval sur les 1er et 2ème arrondissements.

[14] La place Vendôme ainsi nommée depuis 1799, après avoir porté successivement les noms de place des Conquêtes, de place Louis-le-Grand à partir de 1699 puis de place des Piques à partir de 1792 est une place de Paris, située dans le 1er arrondissement. Avec la place des Vosges, la place Dauphine, la place des Victoires et la place de la Concorde, elle est l’une des cinq places royales de la ville. Son architecture est due à l’architecte Jules Hardouin-Mansart qui conçoit, en 1699, un plan d’urbanisme strict auquel doivent se conformer les propriétaires des immeubles.

[15] La cour du Dragon était une ancienne rue de Paris, aujourd’hui disparue, située dans le 6ème arrondissement (quartier Saint-Germain-des-Prés). Elle reliait la rue du Dragon (rue du Sépulcre avant 1808) et la rue de Rennes (rue de l’Égout et rue Saint-Benoît avant les années 1860).

[16] L’ordre des Prêcheurs ou des Frères Prêcheurs, plus connu sous le nom d’ordre dominicain, est un ordre catholique né sous l’impulsion de saint Dominique en 1215. Il appartient, comme l’ordre des Frères mineurs ou franciscains, à la catégorie des ordres mendiants. Suivant la règle de saint Augustin, ainsi que ses propres Constitutions, en partie inspirées de celles des prémontrés, il s’est donné pour mission l’apostolat et la contemplation. Les dominicains sont des religieux mais pas des moines : ils ont la particularité de ne prononcer qu’un seul vœu, celui d’obéissance, dans les mains du maître de l’ordre (ou de son représentant), les vœux de pauvreté et de chasteté étant implicitement inclus. Ils ne font, par contre, pas vœu de stabilité comme les moines. Ils vivent dans des couvents et non dans des monastères. Leur vocation étant de prêcher, leurs couvents sont souvent situés dans de grandes villes.

[17] Le prieuré ou abbaye Saint-Martin-des-Champs est une ancienne abbaye catholique devenue prieuré, situé dans le 3ème arrondissement de Paris. Collégiale fondée en 1059 pour remplacer une basilique de la fin du 6ème siècle détruite par les Normands, l’établissement est confié en 1079 aux Clunisiens et devient rapidement la principale dépendance de la puissante maison mère bourguignonne. L’abbaye comportait un enclos privilégié avec foire annuelle.

[18] Abbatiale de l’abbaye Saint Bénigne de Dijon datant du 6ème siècle devenue tardivement cathédrale à la création de l’évêché de Dijon en 1731. La cathédrale Saint Bénigne de Dijon est une église orientée de style gothique du 13ème siècle située dans le centre sauvegardé de Dijon. L’édifice est dédié à saint Bénigne de Dijon (martyr chrétien du 2ème siècle).

[19] Chatou est une commune française située dans le département des Yvelines. Chatou est notamment connue pour son riche patrimoine architectural, mais aussi pour les nombreux événements ayant lieu sur ses îles et le mouvement des Impressionnistes