Formé par son père Étienne Picart dit le Romain et par Benoît Audran le Vieux, puis par Sébastien Leclerc en 1689, il effectue son premier séjour en Hollande de 1696 à 1698. Il se marie à Paris en 1702, avant de s’installer définitivement aux Pays-Bas [1] en 1710, d’abord à La Haye [2], puis à Amsterdam [3].
Il ne tarde pas à se faire une brillante réputation, comme graveur et comme dessinateur. Aussi habile à manier le burin que la pointe, il exécute une foule de petits sujets, dans lesquels il combine avec adresse les 2 procédés, et où l’on admirait une fécondité d’invention et une habileté de main qui le firent comparer à Sébastien Leclerc.
Il a, en outre, un talent particulier pour imiter la manière de divers maîtres ; et les pièces qu’il a exécutées dans le style de Rembrandt, du Guide, etc, ont trompé plus d’un connaisseur. Il appelait ces morceaux des impostures innocentes. On doit dire cependant, pour sa justification, qu’ils ne parurent qu’après sa mort, en un volume in-fol., publié en 1738, accompagné de 78 planches, et auquel est joint le Catalogue général de son œuvre, composé de plus de 1300 planches.
Il est l’un des premiers exégètes de l’estampe ; il rédige en 1732, un Discours sur les préjugés de certains curieux touchant la gravure, où il fait l’éloge de la gravure d’interprétation.
Il jouit d’une réputation justement acquise, lorsque son père choisit Amsterdam pour son séjour. Les libraires de cette ville s’empressent de mettre ses talents à contribution ; mais la multitude de travaux qu’on lui commande l’empêche d’apporter le soin qui faisait le mérite des premiers. On exige de lui des ouvrages froids et léchés : Bernard adopte cette manière pour satisfaire le goût du public ; et ses productions ne s’en ressentent que trop. Il gagne beaucoup d’argent mais aux dépens de sa réputation ; de son vivant même, il voit les connaisseurs ne faire cas que de ses premiers ouvrages.
Il est très laborieux, et son travail est facile ; de là résulte le grand nombre de pièces qu’il a produites : on doit même ajouter que la plupart sont gravées sur ses propres dessins, qu’il exécute avec un soin et un fini particuliers.
Dans ses compositions, il essaie d’imiter le faire d’ Antoine Coypel .