Guillaume FitzHerbert ou William de York (fin du 11ème siècle-1154)
Archevêque d’York
Il doit faire face à l’opposition des cisterciens [1] qui, après l’élection du pape Eugène III, entreprennent de le déposer en faveur d’ Henri Murdac .
Entre 1147 et 1151, FitzHerbert travaille pour assurer sa restauration en tant qu’archevêque, qu’il obtient après les morts de Murdac et d’Eugène III. Mais il meurt peu de temps après, vraisemblablement empoisonné.
Fils d’Herbert de Winchester ou Herbert FitzAlberic et d’Emma. Durant le règne de Guillaume le Roux, son père devient chambellan [2] du roi au trésor de Winchester. Au début du règne d’Henri 1er, il devient en plus son trésorier. Il est probable que Herbert ait été impliqué dans la gestion du trésor à l’époque de la compilation du Domesday Book [3] en 1086.
Aux alentours de 1110, son père devient un vassal de l’archevêque Thomas II d’York dans le Yorkshire [4]. En 1114 au plus tard, Guillaume FitzHerbert est nommé trésorier de la cathédrale d’York [5]. Cet office est, à cette époque, alors donné à l’archidiacre [6] du Yorkshire de l’Est [7]. L’influence de son père, particulièrement riche et puissant l’a peut-être aidé à obtenir cette nomination si précocement.
Il continue ses fonctions durant l’archiépiscopat de Thurstan d’York. Guillaume FitzHerbert se retrouve impliqué dans le conflit de celui-ci avec le roi Henri 1er, après qu’Henri demande que l’archevêché d’York accepte d’être subordonné à l’archevêché de Cantorbéry [8]. Guillaume accompagne Thurstan en exil en Europe, et visite la cour du pape. La réconciliation avec Henri lui permet de revenir à York en 1121. Le pape plaide finalement en faveur de l’indépendance des archevêques d’York dans une circulaire de 1127.
En janvier 1141 Guillaume FitzHerbert est élu archevêque d’York. À l’origine, en 1140, c’est Waltheof qui avait été élu. Mais le roi Étienne rejette la proposition, probablement en raison des liens trop forts entre Waltheof et David 1er d’Écosse son beau-père, et par conséquent Mathilde l’Emperesse.
Le deuxième choix des électeurs d’York se porte ensuite sur Henri de Sully , un neveu du roi Étienne et de son frère Henri de Blois, l’évêque de Winchester [9]. Mais celui-ci refuse de démissionner de son poste d’abbé de Fécamp [10], et son élection est rejetée par le pape Innocent II. C’est seulement une troisième élection, en janvier 1141, qui désigne FitzHerbert. Il est probablement élu sur ordre du roi Étienne, en présence de Guillaume le Gros, le comte d’York [11]. Ce dernier sera d’ailleurs accusé ultérieurement d’avoir ordonné son élection au nom du roi.
Les archidiacres de York, les neveux de l’archevêque Thurstan, Osbert de Bayeux et Gaultier de Londres en tête, s’opposent alors à son élection au siège archiépiscopal. Ils fondent leur opposition sur le fait que le 2ème concile du Latran en 1139 [12] permet aux moines et chanoines du diocèse de participer à l’élection des évêques. Ils accusent aussi le roi d’être intervenu pour faire élire FitzHerbert. Le comte d’York décide alors d’emprisonner l’archidiacre [13] Gaultier pour faire taire leur protestation.
Les cisterciens, et notamment Bernard de Clairvaux, sont aussi furieux, car FitzHerbert a été élu aux dépens d’un candidat de leur ordre. Il est rejoint par plusieurs autres moines du Yorkshire [14], notamment les abbés cisterciens de Rievaulx [15] et Fountains [16], Guillaume et Richard, et les prieurs augustins de Kirkham [17] et Guisborough [18], Waltheof et Cuthbert.
Il l’accuse de ne pas être digne de la fonction, et notamment de ne pas être chaste. Les 2 parties décident alors de faire appel au pape Innocent II. Ce dernier reçoit les deux délégations le 7 mars 1143 à Rome. La délégation des opposants, ajoute à l’accusation d’interférence royale dans l’élection la charge de simonie [19].
Innocent II suit alors l’avis des juges délégués qu’il avait nommés pour cette affaire, Henri de Blois et Robert de Bethune, l’évêque d’Hereford [20]. Il décide donc que l’élection sera maintenue si le doyen du chapitre d’York prête serment que l’élection était régulière et non influencée par le roi Étienne. En ce qui concerne les autres charges, il décide que si aucun témoin ne se présente pour l’accuser, alors FitzHerbert sera autorisé à se laver de ces accusations en prêtant serment qu’elles sont fausses.
Toutefois, de retour en Angleterre, Guillaume FitzHerbert est porteur d’une lettre du pape qui autorise le doyen d’York à être remplacé par un autre témoin. Les cisterciens, et notamment Bernard de Clairvaux, puis plus tard le pape Eugène III, affirmeront que cette lettre est un faux.
Finalement, à la cour de Winchester de septembre 1143, alors que le doyen d’York n’a pu être présent, FitzHerbert peut écarter les accusations qui pèsent sur lui par témoignage justificatif. Il témoigne pour lui-même et fait le serment que les accusations sont fausses, et les abbés de Sainte-Marie d’York [21] et de Whitby [22], font le serment qu’ils croient son serment.
L’évêque de Winchester, Henri de Blois, le consacre alors le 26 septembre, bien que sa délégation papale ait expiré 2 jours auparavant avec la mort d’Innocent II
Durant les premières années qui suivent son élection, il s’occupe de la gestion de son diocèse. Il aide à résoudre la querelle entre Guillaume Cumin, qui a usurpé l’évêché de Durham [23], et Guillaume de Sainte-Barbe qui est l’évêque légitimement élu. Finalement, il consacre Sainte-Barbe, le 18 octobre 1144.
Toutefois, il a toujours besoin d’un pallium [24], signe que l’archevêque tient son autorité du pape. Il ne l’a toujours pas reçu, les morts rapprochées des papes Innocent II, Célestin II et Lucius II->8164 ayant repoussé cette opportunité. Notamment en 1145, il compromet son avenir en tardant à rencontrer le cardinal Imar de Tusculum qui a été délégué par Lucius II pour lui remettre le pallium. Le pape meurt dans l’intervalle, mettant fin à la délégation de Imar.
Les cisterciens, toujours fortement opposés à son élection, sont déterminés à l’empêcher de le recevoir. En 1145, l’élection du pape cistercien Eugène III, un protégé de l’abbé de Clairvaux, compromet sérieusement l’avenir de FitzHerbert. En 1146, Guillaume FitzHerbert se rend à Rome pour y demander son pallium. Au lieu de cela, le pape le suspend le temps de recevoir le serment de Guillaume de Sainte-Barbe, l’ancien doyen d’York devenu évêque de Durham, qui avait été exigé par Innocent II en 1143.
Apprenant sa suspension, des partisans de FitzHerbert lancent une attaque sur l’abbaye cistercienne de Fountains et détruisent une partie de ses bâtiments. Le 21 mars 1147, alors qu’il est au concile de Reims, le pape a connaissance de cet affront et il destitue immédiatement FitzHerbert.
Eugène III ordonne alors qu’une nouvelle élection se déroule à York. Les deux principaux candidats sont Hilaire de Chichester , le candidat soutenu par le roi ; et Henri Murdac, l’abbé cistercien de l’abbaye de Fountains, autre protégé de Bernard de Clairvaux. Les électeurs n’arrivant pas à se mettre d’accord, le pape tranche en faveur de Murdac, et celui-ci est consacré le 7 décembre 1147 à Trèves [25] par le pape en personne.
FitzHerbert se retire alors à Winchester, la ville qu’il a laissée 40 ans plus tôt pour commencer sa carrière à York [26], sous la protection de Henri de Blois, l’évêque de Winchester.
La nomination de Murdac provoque une profonde division dans le chapitre d’York et dans la population de la ville, majoritairement en faveur de FitzHerbert. Les habitants empêchent d’ailleurs le nouvel archevêque de rentrer dans la ville, ce à quoi Murdac répond en plaçant la ville sous un interdit. Il excommunie aussi les barons locaux, Guillaume le Gros et Hugues du Puiset. Le roi Étienne ne s’implique pas dans cette querelle, car il a besoin de Murdac pour obtenir le soutien papal pour que sa succession revienne à son fils Eustache IV de Boulogne , et non à Henri d’Anjou qui revendique la couronne.
En 1153, ses trois plus fervents ennemis que sont le pape Eugène III, Bernard de Clairvaux et Henri Murdac, meurent en l’espace de 4 mois. FitzHerbert se rend alors à Rome pour réclamer auprès du nouveau pape Anastase IV sa restauration. Le pape accepte et la nomination de FitzHerbert est confirmée le 20 décembre 1153.
Il se réconcilie avec les cisterciens de l’abbaye de Fountains, leur faisant une donation qui compense les dégâts occasionnés par ses partisans lors des années précédentes.
Toutefois, moins d’un mois après son retour à York, durant la célébration d’une messe, Guillaume FitzHerbert tombe gravement malade. Il meurt une semaine plus tard, le 8 juin 1154. Dans le chapitre d’York, l’opinion générale est que le calice utilisé durant cette messe avait été empoisonné.
Guillaume FitzHerbert est enterré à York Minster [27].
Notes
[1] L’Ordre cistercien , ou ordre de Cîteaux, est un ordre monastique catholique. Son origine remonte à la fondation de l’abbaye de Cîteaux par Robert de Molesme en 1098 : il est toujours vivant, sous la forme de deux ordres distincts, l’un « de la commune observance », l’autre « de la stricte observance ». L’ordre de Cîteaux joue un rôle de premier plan dans l’histoire religieuse européenne. Par son organisation, son autorité spirituelle, son efficacité technique et économique, il s’impose dans tout l’Occident, jusque sur ses franges. En tant que restauration de la règle bénédictine inspirée par la réforme grégorienne, l’ordre cistercien promeut une spiritualité centrée sur le Christ incarné, une rigueur ascétique et érige, dans une certaine mesure, le travail comme une valeur cardinale, ainsi que le prouve son patrimoine technique et architectural. Il doit son considérable développement à Bernard de Clairvaux. Son rayonnement et son prestige personnel en ont fait au 12ème siècle le plus célèbre des cisterciens. S’il n’en est pas le fondateur, il demeure le maître spirituel de l’ordre.
[2] Un chambellan ou chambrier est un gentilhomme chargé du service de la chambre d’un monarque ou d’un prince, à la cour duquel il vit.
[3] Le Domesday Book est l’enregistrement du grand inventaire de l’Angleterre terminé en 1086, réalisé pour Guillaume le Conquérant, l’équivalent de nos jours d’un recensement national.
[4] Le Yorkshire est un comté traditionnel d’Angleterre. Ce comté, le plus vaste du Royaume-Uni, est administrativement divisé entre quatre comtés cérémoniaux : le Yorkshire du Nord, le Yorkshire de l’Ouest, le Yorkshire du Sud et le Yorkshire de l’Est. Malgré cela, le Yorkshire est toujours considéré comme une entité culturelle et géographique unique.
[5] La cathédrale d’York est située dans la ville d’York dans le nord de l’Angleterre. C’est, devant la cathédrale d’Uppsala, le plus grand édifice gothique d’Europe du Nord, le siège de l’archevêque d’York, second dans la hiérarchie de l’Église anglicane, et la cathédrale du diocèse d’York. Elle est présidée par un doyen et un chapitre. Son appellation formelle est : « cathédrale et église métropolitaine de Saint-Pierre à York ».
[6] Un archidiacre est un vicaire épiscopal à qui l’évêque confie certaines fonctions administratives pour un groupe de paroisses.
[7] Le Yorkshire de l’Est est une autorité unitaire et un comté cérémoniel situé dans le nord-est de l’Angleterre, anciennement avec le statut de riding. Son chef-lieu est Beverley et sa plus grande ville Kingston-upon-Hull, elle-même une autorité unitaire indépendante.
[8] L’archevêque de Cantorbéry est, après le Gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre (c’est-à-dire le monarque du Royaume-Uni), le chef de l’Église d’Angleterre et de la Communion anglicane.
[9] L’évêque de Winchester est à la tête du diocèse anglican de Winchester, dans la province de Cantorbéry. Il s’agit d’un des sièges épiscopaux les plus anciens et les plus prestigieux d’Angleterre, et son titulaire est automatiquement membre de la Chambre des Lords. Il est aussi prélat de l’Ordre de la Jarretière.
[10] L’abbaye de la Trinité de Fécamp, lieu de pèlerinage du Précieux Sang, est une abbaye bénédictine située à Fécamp, dans le département de Seine-Maritime, en Normandie (France). L’abbaye de la Trinité de Fécamp se trouve dans la valleuse de la Valmont, au cœur du Pays de Caux, sur la côte d’Albâtre. L’abbaye de Fécamp est née durant la grande vague d’implantations monastiques en Normandie qui émaillent le 7ème siècle (Jumièges, Fontenelle, Préaux, Le Bec, etc.). Elle s’inscrirait comme une riposte à l’évangélisation des environs par des personnes venues de l’extérieur : Picardie, Île-de-France, Bretagne. La construction du sanctuaire débuta vers 658 autour de la relique du Précieux Sang, confiée selon la légende à la mer par Isaac, fils de Joseph d’Arimathie, et venue s’échouer miraculeusement sur les plages du Pays de Caux. Elle fut l’œuvre de Waneng, comte de Caux, qui décida avec l’aide de Wandrille et Ouen la création à Fécamp d’un monastère de moniales, placées sous la règle de Saint-Benoît, et selon les textes du 9ème siècle sur un des domaines de Waneng. En 665 la première abbatiale est dédicacée. Hildemarque du Bordelais est la première abbesse.
[11] Le titre de comte d’York n’a été créé et attribué qu’une fois, dans la pairie d’Angleterre. En 1138, Guillaume le Gros, comte d’Aumale, mène victorieusement les troupes royales du roi Étienne d’Angleterre contre celle de David 1er d’Écosse à la bataille de l’Étendard. En récompense, Étienne fait de lui l’un des plus puissants barons du royaume en lui donnant ce titre. Le successeur d’Étienne, Henri II, lui reprendra ce titre, dans le cadre de la restauration de l’autorité royale dans le royaume après la période d’anarchie du règne d’Étienne. Toutefois, bien qu’il n’y ait jamais eu de comtes d’York auparavant, la ville a été le siège des rois vikings d’York (Jorvik) jusqu’en 954. Par la suite, la ville est tenue soit par les comtes de Northumbrie ou par ceux qui ont réussi à la prendre. En 1385, le titre est rattaché à celui de duc d’York pour Edmond de Langley, le quatrième fils survivant du roi Édouard III.
[12] Le deuxième concile du Latran, tenu du 4 au 11 avril 1139 sous la présidence d’Innocent II, est considéré comme le dixième concile œcuménique par l’Église catholique romaine. Il fut convoqué pour mettre fin au schisme d’Anaclet. Outre les schismatiques, il déclara hérétiques les manichéens et les gnostiques. Il formula les premières condamnations contre les cathares et les béguines. La plus grande partie du concile traita de questions disciplinaires et d’organisation du clergé, poursuivant la réforme grégorienne à la suite du premier concile du Latran.
[13] Un archidiacre est un vicaire épiscopal à qui l’évêque confie certaines fonctions administratives pour un groupe de paroisses.
[14] Le Yorkshire est un comté traditionnel d’Angleterre. Ce comté, le plus vaste du Royaume-Uni, est administrativement divisé entre quatre comtés cérémoniaux : le Yorkshire du Nord, le Yorkshire de l’Ouest, le Yorkshire du Sud et le Yorkshire de l’Est. Malgré cela, le Yorkshire est toujours considéré comme une entité culturelle et géographique unique.
[15] L’abbaye de Rievaulx est une ancienne abbaye cistercienne située dans le village de Rievaulx, près de Helmsley dans le Yorkshire du Nord en Angleterre.
[16] L’abbaye de Fountains dans le Yorkshire du Nord (Angleterre) à 3 km au SO de Ripon, est une ancienne abbaye cistercienne aujourd’hui en ruine, fondée en 1132 dans la vallée boisée de la petite rivière Skell. L’abbaye de Fountains est l’un des principaux établissements cisterciens et l’un des mieux préservés en Angleterre.
[17] Les ruines du prieuré de Kirkham sont situées sur les rives de la rivière Derwent, à Kirkham, dans le Yorkshire du Nord, en Angleterre. Le prieuré augustinien a été fondé dans les années 1120 par Walter l’Espec, seigneur de la ville voisine de Helmsley, qui a également construit l’abbaye de Rievaulx. Le prieuré fut cédé le 8 décembre 1539 lors de la dissolution des monastères. La légende raconte que Kirkham a été fondée en souvenir du fils unique de l’Espec qui était mort à proximité des suites d’un effroi de son cheval par un sanglier.
[18] Le prieuré Notre-Dame de Gisborough est un ancien prieuré augustin fondé au début du 12ème siècle, situé dans la ville britannique de Guisborough, dans le comté cérémonial du Yorkshire du Nord mais dans l’autorité unitaire de Redcar et Cleveland, en Angleterre. Il fait actuellement partie des propriétés de l’English Heritage. Le prieuré a été fondé en 1119 par Robert de Bruce, 1er lord d’Annandale, un ancêtre du roi écossais Robert 1er. Les 2ème, 4ème et 5ème lords d’Annandale y sont enterrés. Il a été en grande partie démolie lors de la dissolution des monastères commandée par le roi anglais Henri VIII en 1538.
[19] La simonie est, pour les catholiques, l’achat et la vente de biens spirituels, tout particulièrement d’un sacrement et, par conséquent, d’une charge ecclésiastique.
[20] Hereford est une cité historique de l’Ouest de l’Angleterre située sur la Wye, près de la frontière galloise, dans le comté de Herefordshire.
[21] L’abbaye Sainte-Marie d’York est une ancienne abbaye de l’Ordre bénédictin, datée du 11ème siècle, située dans la ville britannique d’York, dans le comté anglais du Yorkshire du Nord. Ses ruines se trouvent dans les jardins du Museum d’York.
[22] L’abbaye de Whitby est un monastère bénédictin en ruines situé à proximité de la ville de Whitby, dans le Yorkshire du Nord sur la côte nord-est de l’Angleterre.
[23] L’évêché de Durham est d’une importance particulière dans le Royaume d’Angleterre, car 15 ans après la conquête normande, le nord du royaume est toujours plus ou moins hors du contrôle royal. En 1069-1070, le Conquérant avait mené une campagne sanglante et dévastatrice dans le nord afin de le soumettre, mais la région n’était toujours pas pacifiée.
[24] Le pallium est un ornement liturgique catholique dont le port, sur la chasuble, est réservé au pape, aux primats, aux archevêques métropolitains et à quelques rares évêques, pendant la célébration de la messe. Il vient du latin pallium qui signifie manteau.
[25] Trèves est une ville et un arrondissement d’Allemagne, dans le Land de Rhénanie-Palatinat. La ville est située sur la Moselle. Cette ville, ancienne colonie romaine, est fondée à l’époque romaine, en l’an 16 av. jc sous le nom d’Augusta Treverorum, sur le site du chef-lieu d’un peuple gaulois, les Trévires. Le pont romain en pierre qui franchit la Moselle est édifié en 45 ap. jc, en remplacement d’un premier pont de bois : c’est le plus ancien pont d’Allemagne encore debout. Colonie romaine et place forte très importante dans la défense contre les « Barbares », elle est dotée d’une enceinte abritant la plus grande surface urbaine de Gaule. Grande métropole marchande à partir du 2ème siècle, devenue l’une des capitales de la Tétrarchie à la fin du 3ème siècle et siège d’un atelier monétaire impérial à partir de 294, Trèves est alors qualifiée de « seconde Rome » ou Roma Secunda. De l’époque romaine subsistent la Porta Nigra (porte noire), le plus grand édifice romain sur le sol allemand, une basilique, où siège un tétrarque (aujourd’hui une église protestante), les restes d’un amphithéâtre, ainsi que des ruines de thermes romains. Au début du 5ème siècle, au cours des invasions germaniques, Trèves est attaquée et pillée plusieurs fois par les Francs. Peu auparavant, la préfecture des Gaules est transférée de Trèves à Arles
[26] York est une ville du nord de l’Angleterre. Située à la confluence de deux rivières, l’Ouse et la Foss, elle donne son nom au comté du Yorkshire. Fondée par les Romains sous le nom d’Eboracum, elle est l’une des villes majeures du royaume anglo-saxon de Northumbrie, puis la capitale du royaume viking de Jórvík. Elle est également le siège d’un archevêché de l’Église d’Angleterre. Après l’arrivée des Anglo-Saxons, York devint l’une des principales villes du royaume de Northumbrie sous le nom vieil anglais Eoforwic. Le roi Edwin y fut baptisé en 627. Elle devint le siège d’un évêché, puis d’un archevêché en 735. Tombée aux mains de la Grande Armée en 866, elle fut la capitale d’un royaume viking de 876 à 954 sous le nom de Jórvík, date de sa conquête définitive par le royaume d’Angleterre. Le 20 septembre 1066, Harald Hardrada s’empara de la ville, mais fut tué cinq jours plus tard par le roi Harold Godwinson à la bataille de Stamford Bridge, vainqueur qui devait périr à son tour à la bataille de Hastings peu de temps après. En 1190, Richard de Malbis et d’autres nobles d’York qui envisageaient de se joindre à Richard dans la troisième croisade profitèrent d’un incendie qui avait éclaté en ville pour faire courir une rumeur contre les Juifs. Les maisons de Benoît et Joce furent attaquées et ce dernier obtint la permission du gardien du château d’York d’y évacuer sa famille et l’ensemble des Juifs, probablement dans la tour de Clifford. Assaillis par la foule, les Juifs prirent peur et ne laissèrent pas rentrer le gardien qui avait quitté la tour. Il en appela au shérif, qui fit venir la milice du Comté. La tour de Clifford fut assiégée plusieurs jours. Un moine fit la cérémonie de sacrement chaque matin autour des murs comme pour sacraliser la lutte. Il fut écrasé d’une pierre jetée par les Juifs assiégés ; la colère de la foule devint alors une folie forcenée. Quand les Juifs de la tour de Clifford virent qu’ils n’avaient aucune alternative autre que de se soumettre au baptême ou périr aux mains de la foule, Yom-Tob ben Isaac de Joigny, tossafiste français et nouveau chef de la communauté, les exhorta à se tuer eux-mêmes plutôt que de succomber à la cruauté de leurs ennemis. Ceux qui étaient en désaccord furent autorisés à se retirer. Les autres se donnèrent la mort, après avoir mis le feu à leurs vêtements et marchandises pour éviter que ceux-ci ne tombent dans les mains de la foule.
[27] La cathédrale d’York est située dans la ville d’York dans le nord de l’Angleterre. C’est, devant la cathédrale d’Uppsala, le plus grand édifice gothique d’Europe du Nord, le siège de l’archevêque d’York, second dans la hiérarchie de l’Église anglicane, et la cathédrale du diocèse d’York. Elle est présidée par un doyen et un chapitre. Son appellation formelle est : « cathédrale et église métropolitaine de Saint-Pierre à York ».