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L’histoire pour le plaisir

La dynastie Qin

dimanche 7 septembre 2025, par lucien jallamion

La dynastie Qin (221 à 206 av. jc)

Qin Shi Huangdi, Premier Empereur chinois

Tout commence au pays de Qin [1]. Ce royaume bénéficie d’une situation privilégiée dans la haute vallée de la Wei [2], un affluent du Houang He (le Fleuve Jaune). Protégé par les montagnes, il domine la grande plaine à blé de la Chine du nord.

Ses souverains usent de cet avantage pour soumettre leurs rivaux, en affichant leur mépris des traditions militaires et des combats à la loyale. Ainsi délaissent-ils les chars en usage à l’époque féodale des royaumes combattants [3] et leur préfèrent la cavalerie et l’infanterie. Ils n’ont pas de scrupules non plus à poursuivre les fuyards après la bataille et à les massacrer.

Zhen Ying, qui deviendra pour la postérité le Premier Empereur Qin Shi Huangdi, recueille les fruits de ces entreprises.

En 247 av. jc, le prince Zhen Ying, alors âgé de 13 ans, monte sur le trône du royaume Qin, en Chine du nord. Le royaume doit faire face à de nombreux rivaux. C’est la période dite des Royaumes combattants. En quelques décennies, avec une poigne de fer et une autorité impitoyable, le souverain va unifier et réformer l’ensemble du monde chinois. Il va rester dans l’Histoire sous le nom de Si Huang Di, qui signifie Premier empereur Ts’in en mandarin [4]).


De son vrai nom Zhen Ying, le premier empereur chinois est resté dans l’Histoire sous le nom de Qin Shi Huangdi, qui signifie mot à mot Premier Auguste souverain Qin en mandarin.

Une première dynastie impériale, les Zhou [5], apparaît en Chine du nord, dans la province du Chen-si [6], vers l’an 1000 av. jc. Mais sa rapide déliquescence entraîne les féodaux et les roitelets locaux à prendre le pouvoir. Il s’ensuit des guerres impitoyables. La Chine entre alors dans l’époque dite des Royaumes combattants.

C’est à cette époque que Zhen Ying vient au monde. Il monte sur le trône du royaume Qin à l’âge de 13 ans, en 247 av. jc.

Zhao Xiang Wang, le grand-père de Zhen Ying, a régné de 306 à 250 av. jc. sur le pays de Qin. C’est lui qui entame la soumission des royaumes voisins et l’unification de la Chine. Il abat la dynastie des Zhou en 256 av. jc. Il anéantit l’armée de Zhao [7] en 260 av. jc à la bataille de Chang Ping [8]. Enfin, il annexe le pays de Qi [9] en 264 av. jc. Il appartiendra à Zhen Ying de parachever la soumission des royaumes combattants de la Chine du nord.

Dans un premier temps, le jeune Zhen laisse les rênes du pouvoir à sa mère et à un vieux conseiller, Lü Buwei, cependant que lui-même se prépare assidûment à ses devoirs de monarque. À l’âge de 21 ans, enfin, il décide d’assumer personnellement le gouvernement. Il se débarrasse de Lü Buwei et n’accepte plus que les conseils d’un ancien protégé de celui-ci, Li Si.

Il entreprend derechef la conquête des autres royaumes de la Chine du nord. L’un après l’autre, les États de Han [10], Wei [11], Chu [12] et Yan [13] tombent sous sa domination en une dizaine d’années, de 230 à 221 av. c.

L’épopée guerrière des Qin est au cœur des annales historiques [14] deSi Ma Tsien, le grand historien de la Chine antique, mort vers 80 av. jc. Contemporain de la dynastie Han [15], qui a succédé aux Qin, il se montre très sévère à l’égard de ceux-ci et de Shi Huangdi en particulier, auquel il reproche son hostilité avérée aux lettrés confucéens [16] adeptes de la tradition et nostalgiques du bon vieux temps féodal. Son portrait du Premier Empereur en tyran paranoïaque mérite sans doute d’être nuancé.


Un bâtisseur infatigable.

En 221 av. jc, une fois tous ses rivaux abattus, Zhen Ying peut enfin se proclamer empereur ou plus précisément, Auguste souverain (Huang Di) !

Pour prévenir de nouvelles scissions, il fait table rase du passé et unifie l’administration.

Il remplace les anciennes subdivisions, y compris les antiques royaumes, par 36 gouvernements provinciaux sous l’autorité d’un gouverneur civil, d’un gouverneur militaire et d’un intendant. Ainsi rompt-il brutalement avec l’ancien système féodal qui voulait que le souverain s’appuie sur des vassaux héréditaires... et indociles.

- Il unifie la monnaie, les systèmes de mesure, l’écartement des essieux et surtout l’écriture. En Chine, où l’on parle encore aujourd’hui de multiples langues, les idéogrammes restent le principal facteur d’unité et d’identité nationale : mandarins du nord et cantonais peuvent se comprendre à travers l’écrit à défaut de l’oral.

En 213 av. jc, sur une suggestion de Li Si, le souverain détruit tous les livres anciens de littérature et de philosophie, lui-même se réservant le droit d’en conserver un exemplaire dans sa bibliothèque (celle-ci sera incendiée par des émeutiers après sa mort). Il prend toutefois bien soin d’épargner les livres de science, de médecine et de technique car il est conscient de leur utilité pratique.

L’empereur signe un édit portant que ceux qui se serviront de l’Antiquité pour dénigrer les temps modernes seront mis à mort avec leur parenté. Il veut de la sorte prévenir toute contestation des lettrés disciples de Confucius, Lao Tseu et Mencius, qui cultivent la nostalgie du régime féodal antérieur. En guise de précaution supplémentaire, 460 de ceux-ci sont enterrés vivants l’année suivante.

Despote éclairé, Zheng se fait bâtir une nouvelle capitale sur les bords de la rivière Wei : Xianyang [17], où il réunit la noblesse dans de nombreux palais afin de la tenir sous surveillance. Il lance par ailleurs de gigantesques travaux de génie civil et multiplie les canaux d’irrigation pour prévenir sécheresses et famines, avec le concours d’un brillant ingénieur, Cheng Kuo. Beaucoup de ces canaux sont encore en service dans la Chine moderne.

Contre la menace permanente d’invasions mongoles, il réunit en une ligne continue les fortifications éparses des confins septentrionaux de la Chine.

C’est ainsi qu’au prix d’efforts immenses, sous la conduite du général Meng Tian, la Chine se dote de la Grande Muraille [18], le plus long monument créé de main d’homme (plus de 5000 km de long), dont quelques portions pittoresques et proches de Pékin [19] sont encore entretenues avec soin.

En 214 av. jc, l’empereur envoie une armée au sud du fleuve Yang Tseu Kiang [20], où vivent des populations sans rapport avec la culture chinoise. Les militaires occupent Canton [21] et l’empereur ordonne des échanges massifs de populations afin d’entamer la sinisation du sud.

L’empire, jusque-là limité au bassin du fleuve Huang He [22], voué à la culture du blé, va étendre son emprise dans les régions méridionales au climat tropical, aux collines boisées et aux vallées rizicoles.


À la recherche de l’immortalité

L’empereur consolide le nouvel État en développant une forme de culte autour de sa personne.

Le meilleur reste à venir avec la construction de son futur tombeau, dans la haute vallée du Fleuve Jaune, à 1 000 kilomètres environ à l’intérieur des terres.

Redoutable et haï, Zheng Ying a été pendant son règne l’objet de plusieurs attentats qui ont pu ébranler son équilibre mental, l’amenant à changer de palais en permanence dans sa capitale de Xianyang.

En 227 av. jc, un érudit, Jing Ke, réussit ainsi à l’approcher avec un poignard empoisonné et c’est de justesse que l’empereur échappe à la mort. Il est aussi agressé en 219 av. jc par un musicien aveugle.

Préoccupé par la quête de l’immortalité, Zheng Ying consulte mages et médecins. Il envoie même une puissante expédition navale à la recherche d’un légendaire pays de l’immortalité. On n’aura jamais de nouvelles des milliers de personnes engagées dans l’expédition.

Enfin, l’empereur engage la construction de son tombeau, une oeuvre plus colossale encore que la Grande muraille. Plusieurs centaines de milliers d’ouvriers et de condamnés sont affectés à sa construction.

Il est prévu, selon l’usage antique, que les proches du défunt empereur soient inhumés avec lui pour l’accompagner et le servir dans le monde de l’au-delà.

Comme cela ne lui suffit pas, Zheng Ying veut aussi se faire accompagner par les meilleurs de ses généraux et de ses soldats, ou du moins par leur représentation en terre cuite. C’est ainsi qu’au moins 8 000 soldats plus grands que nature, sans compter les chars et les chevaux, sont enfouis dans des salles adjacentes au tombeau, rangés en ordre de bataille... Tous sont tournés vers l’Est, autrement dit vers les anciens royaumes soumis par Zheng Ying.

Las, à peine l’empereur Qin Shi Huangdi sera-t-il mort que des insurgés envahiront son tombeau et briseront toutes les statues pour se venger du despote !


Rupture et continuité

Conscient de la grandeur de son œuvre, Zheng fit ériger dans tout l’empire des stèles à sa gloire dont beaucoup subsistent aujourd’hui encore.

Mais en dépit de ses efforts, l’empereur n’échappe pas au sort commun. Il meurt de maladie en 210 av. jc, lors d’une expédition. Sa dépouille est ramenée en secret à la capitale, au pas lent des animaux de trait. Pour dissimuler l’odeur de décomposition du cadavre, une charrette de poissons accompagne la litière impériale !

Pendant 9 mois, les conseillers, craignant à juste titre pour leur vie, cachent tant bien que mal sa mort. Les funérailles, grandioses comme il se doit, se soldent par le sacrifice de toutes les concubines qui n’ont pas eu d’enfant de l’empereur défunt. C’est un retour momentané aux sacrifices humains qui avaient été abandonnés sous les Zhou.

Li Si publie un faux testament qui déshérite le fils aîné de Shi Huangdi au profit du cadet, Huhai âgé de 21 ans. Celui-ci devient le deuxième Auguste souverain (Ershi Huangdi). Brutal et velléitaire, le nouvel empereur échoue à se maintenir au pouvoir d’autant que les soulèvements se multiplient dans le pays contre le gouvernement et les institutions du despote défunt.

Li Si lui-même, le bras droit du Premier Empereur, tombe en disgrâce. Son corps est coupé en deux sur la place du marché de Xianyang, 2 ans après la mort de son maître.

L’année suivante, le 12 octobre 207 av. jc, Ershi Huangdi, isolé dans son palais, croit voir des rebelles l’assaillir. Il se suicide ou se fait tuer, on ne sait. Ainsi finit prématurément la dynastie Qin. L’eunuque Zhao Gao, premier ministre du 2ème Empereur, octroie une simple couronne royale à un neveu, le prince Zi Ying. Ce nouveau règne ne durera que 43 jours !...

On peut alors craindre que la Chine ne retombe dans ses divisions d’autrefois... Mais contre toute attente, un fils de paysan du nom de Liu Bang va relever l’œuvre du Premier Empereur et la pérenniser.

P.-S.

Source : Cet article de hérodote. net est partiellement ou en totalité issu du texte de Fabienne Manière Publié ou mis à jour le : 2025-04-23/ Herotode.net

Notes

[1] L’État de Qin ou Ts’in (vers 771 av. jc - 207 av. jc) apparaît au début de la dynastie des Zhou Orientaux, dans la vallée de la Wei (actuelle province du Shaanxi). État semi-barbare aux confins occidentaux de la Chine des Zhou, son influence s’accroît au cours de la période des Printemps et Automnes et surtout des Royaumes combattants, à la fin de laquelle le roi de Qin, ayant annexé ses 6 principaux rivaux (Qi, Chu, Han, Yan, Zhao, et Wei) fonde la dynastie Qin (221 av. jc-207 av. jc). La famille régnante du Qin portait le nom de Ying

[2] Le Wei He ou rivière Wei est une rivière du Shaanxi, en Chine, qui arrose notamment Baoji et Xi’an. C’est un affluent principal du fleuve Jaune.

[3] La période des Royaumes combattants, s’étend en Chine, du 5ème siècle av. jc à l’unification des royaumes chinois par la dynastie Qin en 221 av. jc. Ce nom lui est donné tardivement, par référence aux Stratagèmes des Royaumes combattants, ouvrage portant sur cette période. Elle correspond dans la chronologie dynastique à la fin de la période des Zhou orientaux (771-256 av. jc). Cette chronologie, qui repose sur l’historiographie traditionnelle, ne correspond pas nécessairement à la datation précise des évolutions sociales, politiques, économiques et culturelles : ce qui caractérise les Royaumes combattants date principalement du début du 4ème siècle av. jc.

[4] la langue dominante de la Chine du nord

[5] La dynastie Zhou est selon l’historiographie traditionnelle la 3ème dynastie chinoise. Dirigée par des rois appartenant au clan Jī , elle prend le pouvoir au 11ème siècle av. jc (vers 1046 av. jc), faisant suite à la dynastie Shang, et reste en place jusqu’en 256 av. jc, date à laquelle s’achève le règne du dernier empereur des Zhou. Elle s’éteint en 256 av. jc puis son territoire est intégré au royaume de Qin en 249 av. jc. Cette longévité fait de la dynastie Zhou la plus longue de toutes celles qui se sont succédé ou concurrencées durant l’Histoire de la Chine.

[6] La province du Shaanxi est considérée comme l’un des berceaux de la civilisation chinoise. Pendant plus de 1 100 ans, 13 dynasties y établirent leur capitale, et elle resta ainsi le centre politique de la Chine depuis la dynastie Zhou jusqu’à la chute de la dynastie Tang au tout début du 10ème siècle. Le Shaanxi est située au centre-nord de la Chine à environ 750 km de la côte est de ce pays. Sa superficie est de 205 600 km2 et il s’étend sur 878 km du nord au sud et sur 517 km de l’est à l’ouest. C’est la province la plus à l’est de la Chine du nord-ouest (le Xibei). Le Shaanxi est entouré par les provinces du Shanxi à l’est et au nord-est, du Henan à l’est, du Hubei au sud-est, du Chongqing au sud, du Sichuan au sud-ouest, du Gansu à l’ouest, du Níngxià au nord-ouest et de la Mongolie intérieure au nord

[7] Le Zhao était l’un des 7 États qui composaient la Chine antique pendant la Période des Royaumes combattants. Initialement clan de grands feudataires de l’Hégémonie de Jin, le Zhao fut l’un des 3 États créés par la partition de celui-ci par les trois familles en 403 av. jc. D’abord de faible importance, le Zhao sut se développer jusqu’à devenir l’un des royaumes majeurs, avant d’être finalement détruit par le royaume de Qin. Son territoire s’étendait sur les provinces actuelles de la Mongolie-Intérieure, du Hebei, du Shanxi et du Shaanxi. Les frontières de cet État touchaient le pays des Xiongnu ainsi que les royaumes du Qin, du Wei et du Yan.

[8] La bataille de Changping, en 260 av. jc, s’achève sur une victoire décisive de l’État de Qin sur l’État de Zhao durant la période des Royaumes combattants.

[9] Qi était un État relativement puissant des périodes des Printemps et des Automnes et des Royaumes combattants. Qi fut fondé vers 1046 av. jc, peu de temps après l’avènement de la dynastie Zhou. Sa capitale était Linzi, qui correspond aujourd’hui à la ville de Zibo au Shandong. Le premier duc fut Jiang Shang. En 384 av.jc, un coup d’État de la famille Tian met fin au règne de plusieurs siècles de la famille Jiang. Sa capacité à venir à bout d’ennemis de taille plus importante, comme le Chu et le Qin en faisait une force avec laquelle il fallait composer à ces époques. En 288 av.jc, Min Wang est déclaré Empereur de l’Est, tandis que le dirigeant de Qin est considéré comme l’Empereur de l’Ouest. Conquis en 221 av.jc par le Qin, sa défaite achève l’unification complète de la Chine.

[10] Le Han était un État de la période des Royaumes combattants de la Chine (453/403 à 230 av. jc). Initialement clan de grands feudataires de l’État de Jin, l’État Han fut l’un des trois États créés par la partition de celui-ci par les Trois familles en 403 av. jc. Placé entre le puissant État du Qin et la plaine de Chine du Nord, qui constituait un objectif militaire de ce dernier, il fut l’objet de nombreuses opérations militaires de la part de son voisin. Bien que le Han ait tenté plusieurs réformes, notamment sous l’égide du philosophe légiste Shen Buhai, il ne parvint jamais à surpasser le Qin. De fait, il fut le premier État conquis par le Qin à la fin de la période des Royaumes combattants.

[11] Également appelé État Liang à partir de 340 av. jc, l’État Wei (445 à 225 av. jc) était un État de la Chine pendant la période des Royaumes combattants. Initialement clan de grands feudataires de l’État de Jin, le Wei fut l’un des trois États créés par la partition de celui-ci par les Trois familles en 403 av. jc.

[12] Chu ou l’état de Chu était un État des périodes des Printemps et Automnes et des Royaumes combattants, établi sur le fleuve Yangzi. Chu a été annexé par les Qin en 223 av. jc. La maison royale de Chu à l’origine portait le nom ancestral Nai et le nom de clan Yan mais ceux-ci sont devenus plus tard Mi et Xiong.

[13] Yan est un État de la Chine pendant la dynastie Zhou, les périodes des Printemps et des Automnes et des Royaumes combattants, c’est-à-dire du 11ème siècle av. jc à 222. Sa capitale est Liulihe puis Ji (Pékin). Elle est parfois supplantée par Xiadu, alors probablement la plus grande ville du monde avec 300 000 habitants au 4ème siècle av. jc. En raison de sa position la plus septentrionale par rapport aux autres États chinois de l’époque, le Yan subit de nombreuses invasions venues du nord. Les États du Qi, du Qin et du Zhao sont ses principaux ennemis, et le Zhao tente notamment de l’envahir à plusieurs reprises. Néanmoins, il survit durant la plus grande partie de la période des Royaumes combattants et était l’un des sept principaux États. En 227 av. jc, le prince Dan du Yan envoya un assassin nommé Jing Ke pour tuer le roi Shi Huangdi du Qin, sans succès.

[14] le Shiji ou Mémoires historiques, comporte de nombreuses biographies, dont celle de Confucius, et qui remonte jusqu’aux temps légendaires des Sanhuangwudi, que Sima Qian semble considérer comme véridiques.

[15] La dynastie Han régna sur la Chine de 206 av. jc à 220 apr. jc. Deuxième des dynasties impériales, elle succéda à la dynastie Qin (221 - 206 av. jc) et fut suivie de la période des Trois Royaumes (220 - 265). Fondée par Liu Bang, chef de guerre d’origine paysanne révolté contre la dynastie Qin, elle compta 28 empereurs.

[16] Le confucianisme, Rùjià école des lettrés puis Rùxué enseignement des lettrés Rùxué, est l’une des plus grandes écoles philosophiques, morales, politiques et dans une moindre mesure religieuses de Chine. Elle s’est développée pendant plus de deux millénaires à partir de l’oeuvre attribuée au philosophe Kongfuzi, Maître Kong, connu en Occident sous le nom latinisé de Confucius. Après avoir été confrontée aux écoles de pensée concurrentes pendant la Période des Royaumes combattants et violemment combattue sous le règne de Qin Shi Huang, fondateur du premier empire, elle fut imposée par l’empereur Han Wudi en tant que doctrine d’État et l’est restée jusqu’à la fondation de la République de Chine en 1911. Elle a aussi pénétré au Viêt Nam, en Corée et au Japon où elle a été adaptée aux circonstances locales.

[17] Xianyang est une ville préfecture de la province centrale du Shaanxi, située sur la rivière Wei à quelques kilomètres en amont (ouest) de la capitale provinciale de Xi’an. Autrefois capitale de la dynastie Qin, elle est aujourd’hui intégrée à la région métropolitaine de Xi’an, l’une des principales agglomérations urbaines du nord-ouest de la Chine

[18] La Grande Muraille est un ensemble de fortifications militaires chinoises construites, détruites et reconstruites en plusieurs fois et à plusieurs endroits entre le 3ème siècle av. jc et le 17ème siècle pour marquer et défendre la frontière nord de la Chine. C’est la structure architecturale la plus importante jamais construite par l’Homme à la fois en longueur, en surface et en masse. Populairement, on désigne sous le nom de « Grande Muraille » la partie construite durant la dynastie Ming qui part de Shanhaiguan sur le territoire de la ville de Qinhuangdao dans la province du Hebei à l’Est pour arriver à Jiayuguan dans la province du Gansu à l’Ouest. Sa longueur varie selon les sources. Selon un rapport de 1990, la longueur totale des murs serait de 6 259,6 km.

[19] Pékin, est la capitale de la République populaire de Chine. Située dans le Nord-Est du pays, la municipalité de Pékin, d’une superficie de 16 800 km², est entourée par la province du Hebei ainsi que la municipalité de Tianjin. Pékin est considérée comme le centre politique et culturel de la Chine, tandis que Hong Kong et Shanghai dominent au niveau économique. D’abord ville périphérique de l’empire chinois sous les Han et les Tang, elle prend de l’importance lorsque les Jurchen, qui fondent la dynastie Jin, la choisissent comme leur capitale principale en 1153. Le prince mongol Kubilai Khan en fait de même sous le nom de Dadu (« grande métropole »), enfin les Ming y transfèrent leur administration en 1421, parachevant le choix de Pékin comme capitale de la Chine. Située à proximité de la Grande Muraille, Pékin abrite des monuments célèbres comme la Cité interdite et le Temple du ciel

[20] Le Yangtsé, Yang-Tsé-Kiang et également en français fleuve Bleu (par opposition au fleuve Jaune, (l’autre grand fleuve chinois, plus au nord), est le plus important des fleuves de Chine et d’Asie avec un débit moyen de 30 000 m3/s et une longueur de 6 380 km. C’est le troisième fleuve du monde par sa longueur après l’Amazone et le Nil, ainsi que par son débit après l’Amazone et le Congo. Ce n’est que le dixième fleuve pour la superficie de son bassin versant, mais celui-ci est le plus peuplé. Il est le plus important au monde à couler entièrement dans un seul pays. Le Yangtsé prend sa source dans l’Ouest du pays sur le plateau tibétain, dans une région aride et dépourvue d’habitants à plus de 5 300 m d’altitude. Son cours prend d’abord une orientation sud-est et il descend du plateau de manière torrentielle en circulant dans des gorges profondes creusées dans les monts Hengduan. À près de 2 000 km de sa source, le Yangtsé arrive aux abords du plateau Yunnan-Guizhou et prend une direction générale ouest-est qu’il va conserver jusqu’à son débouché dans la mer de Chine orientale. Il irrigue le riche bassin agricole du Sichuan et sa capitale économique Chongqing, puis traverse les régions montagneuses du centre de la Chine aux défilés des Trois Gorges pour pénétrer dans une vaste plaine caractérisée par de nombreux lacs et de grandes concentrations humaines dont la ville de Wuhan. En quittant cette plaine, il passe par un dernier étranglement avant de former un delta de près de 200 km de long sur lequel se trouvent une dizaine de villes excédant le million d’habitants, dont les mégapoles de Nankin (Nanjing) et Shanghai.

[21] Canton ou Guangzhou est la capitale de la province du Guangdong dans le sud de la Chine. Elle a le statut administratif de ville sous-provinciale de la république populaire de Chine. Canton est depuis l’Antiquité la plus grande ville du Sud de la Chine. Elle compte aujourd’hui 14,9 millions d’habitants, ce qui en fait la troisième ville du pays derrière Shanghai et Pékin, et la première du Sud de la Chine. Elle forme avec les villes voisines de Shenzhen, Foshan, Dongguan, Zhongshan et Jiangmen, Hong Kong et Macao, la mégalopole chinoise du delta de la Rivière des Perles, grande agglomération s’étirant sur près de 20 000 km2 et rassemblant plus de 65 millions d’habitants (soit l’équivalent de la population française).

[22] le fleuve Jaune