Bienvenue sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Márkos Bótzaris

mercredi 3 septembre 2025, par lucien jallamion

Márkos Bótzaris (vers 1788-1823)

Né à Karpenísi [1] en Grèce, il est l’un des principaux acteurs des débuts de la guerre d’indépendance grecque de 1821 [2] en Grèce continentale.


Deuxième fils de Kitsos Botzaris, frère de Kóstas Bótsaris , il appartient à une famille illustre du Souli [3], en Épire [4], les Botsaris (ou Botzaris), l’un des principaux clans souliotes. Son grand-père Giorgis s’est notamment illustré à la tête des Souliotes lors de différents combats mais a quitté un peu avant 1800 le Souli pour s’installer à Vourgarelli, au pied des monts Tzoumerka [5] près d’Arta [6], en tant qu’armatole [7] au service d’ Ali Pacha , gouverneur de l’Épire qui tente de se rendre indépendant de l’Empire ottoman [8].

Après la conquête finale du Souli par Ali Pacha en décembre 1803, il se refuge avec le reste du clan Botzaris au monastère de Seltsos, et est avec son père et son oncle Notis un des survivants du siège de l’endroit par les troupes d’Ali, en avril 1804 ; il gagne alors finalement Corfou [9] avec ces derniers, retrouvant une partie des autres réfugiés.


Comme la plupart de ses compatriotes, il s’engage dans le Régiment albanais qu’avait formé l’armée française qui occupait les îles ioniennes [10] depuis 1807. Il se marie et a au moins 3 enfants. François Pouqueville , alors consul de France à Ioannina [11], acquiert à Corfou un dictionnaire albano-grec écrit de sa main sous la dictée de son père, de son oncle et de son beau-père, conservé à Paris.

Son père meurt en 1813, assassiné en Épire où il était retourné.


Il repasse sur le continent en 1820, avec son oncle et d’autres Souliotes, le commandant de l’armée ottomane en lutte contre Ali Pacha leur ayant proposé de leur rendre leur territoire en échange de leur allégeance ; cependant il passe avec ses compatriotes assez rapidement du côté d’Ali Pacha et à partir de novembre 1820, participe à la lutte contre les troupes ottomanes en coopération avec les troupes d’Ali, puis rejoint par les armatoles grecs insurgés à partir du printemps 1821. Il prend part à divers combats victorieux dans le sud de l’Épire au cours du printemps et de l’été 1821 ; il accepte alors de se réconcilier avec l’armatole Gogos Bakolas, considéré comme l’assassin de son père, ce qui renforça sa réputation de patriotisme.

En octobre 1821, il commande des troupes pendant les combats autour d’Arta ; c’est la dernière opération conjointe des Grecs et des Albanais d’Ali, qui rejoignent ensuite le camp ottoman.

Il participe aux opérations de l’été 1822 destinées à secourir le Souli, aboutissant à la désastreuse bataille de Péta en juillet [12].

Il est nommé stratarque ou général de la Grèce occidentale lors de l’Assemblée nationale d’Astros [13] début 1823.

Lors du second siège de Missolonghi [14], durant l’été 1823, il tente d’arrêter une armée ottomane en route vers la ville, pendant sa traversée du Pinde [15], à Karpenísi. Il pénètre de nuit dans le camp ennemi avec 350 hommes seulement et fait un grand carnage, mais meurt d’une balle à la tête.


Son fils Dimitrios, éduqué en Bavière, obtient le grade de colonel et est plusieurs fois ministre de la Guerre. Sa fille Rosa est dame d’honneur de la reine Amalia et épouse un membre de la famille Caradja [16].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Márkos Bótzaris/ Portail de la Grèce/ Catégories  : Militaire grec de la guerre d’indépendance grecque/ Membre de la Filikí Etería

Notes

[1] Karpenísi est une ville de Grèce, chef-lieu du dème de Karpenísi et du district régional de l’Eurytanie, en Grèce-Centrale. Elle se situe dans une région montagneuse, à 930 m d’altitude. C’est une station de ski. La localité est, depuis 1979, le siège d’un évêché orthodoxe : la Métropole de Karpénission.

[2] La guerre d’indépendance grecque (1821-1829), ou révolution grecque, est le conflit à l’issue duquel les Grecs, finalement soutenus par les grandes puissances (France, Royaume-Uni, Russie), réussirent à faire reconnaître leur indépendance par l’Empire ottoman. Le 25 mars 1821, les Grecs, définis d’abord en tant que chrétiens orthodoxes, se révoltèrent face à la domination de l’Empire ottoman. Cette révolte réussit, et l’indépendance de fait fut proclamée lors de l’Assemblée nationale d’Épidaure le 1er janvier 1822. Cette indépendance a été reconnue par Haïti, qui envoya 25 tonnes de café afin que les Grecs achètent des armes et 100 soldats. L’opinion publique européenne était assez favorable au mouvement, à l’image des philhellènes. Cependant, aucun gouvernement ne bougea à cause du poids politique et diplomatique de la Sainte-Alliance, et particulièrement de l’Autriche de Metternich, partisan acharné de l’ordre, de l’équilibre et du principe de légitimité instauré par le congrès de Vienne. Des Grecs vivant hors de l’Empire ottoman, comme des habitants des Îles Ioniennes tels que Ioánnis Kapodístrias, et des membres de l’élite grecque de Constantinople et des Principautés danubiennes, les Phanariotes, apportèrent dès le début leur aide aux insurgés.

[3] Les Souliotes sont les habitants du massif montagneux du Souli, en Épire. On a surtout pris l’habitude de désigner sous ce nom ceux qui y habitaient à la fin du 18ème siècle et qui participèrent à la guerre d’indépendance grecque. Les plus célèbres d’entre eux étaient Markos Botzaris ou Kitsos Tzavelas. Il s’agissait d’une coalition de tribus chrétiennes orthodoxes d’origine albanaise, dont la langue vernaculaire était le dialecte tosque. Ils étaient organisés en 47 « tribus » ou clans (phara) répartis sur 14 villages. Les villages et les tribus étaient en constante vendetta. L’isolement de leur massif montagneux offrait aux Souliotes une certaine autonomie vis-à-vis du pouvoir ottoman, comme pour les Maniotes.

[4] Région montagneuse des Balkans, partagée entre la Grèce et l’Albanie. Épire se traduit par "Continent" en français. Ses habitants sont les Épirotes. Le terme peut désigner plus particulièrement :
- la périphérie d’Épire, l’une des 13 périphéries de la Grèce. Elle est bordée à l’ouest par la Mer Ionienne ; elle est limitrophe au sud-ouest de l’Albanie, au nord de la région de Macédoine de l’Ouest, à l’est de la région de Thessalie. La périphérie (capitale Ioannina (57 000 habitants) est divisée en 4 préfectures : Thesprotie, Ioannina, Arta et Preveza.
- l’Épire du Nord, une région d’Albanie La dynastie des rois éacides du peuple des Molosses y fonda un royaume puissant au 5ème siècle av. jc, avec les autres peuples Chaones, et Thesprôtes. Pyrrhus est un des membres de cette dynastie, ainsi qu’Olympias, la mère d’Alexandre le Grand.

[5] Les Tzoumérka ou monts Athamaniens sont une chaîne de montagnes faisant partie du sud du massif du Pinde et culminant à 2 393 mètres. La chaîne mesure environ 40 km du nord au sud, et 15 à 20 km d’est en ouest. Administrativement, elle dépend à la fois des districts régionaux d’Arta, de Ioannina et de Trikala.

[6] Árta est une ville d’Épire en Grèce du nord. Elle est située, à 362 km d’Athènes, dans une boucle du fleuve Árachthos. La ville est dominée par sa forteresse du 13ème siècle : le frourion. Ses églises byzantines, dont l’église de la Parigoritissa (Notre-Dame de la Consolation), datant de 1290 font, avec son pont du 17ème siècle, sa réputation touristique. La ville est aujourd’hui un centre agricole (agrumes principalement) et artisanal (broderies et lainages flokates). Árta est aussi le siège de la métropole d’Árta et de l’Institut technologique de l’Épire.

[7] Les Armatoles étaient des milices grecques de Grèce continentale, chargées par les Ottomans du maintien de l’ordre dans les régions difficiles d’accès. Les régions sous l’autorité d’un capétan étaient appelées armatolats. À ces milices chrétiennes, les Ottomans reconnaissaient le droit de vivre selon leurs propres lois ; il était donc interdit aux milices musulmanes d’empiéter sur les territoires surveillés par les armatoles. Le premier armatolat fut institué au commencement du 16ème siècle par Sélim 1er, dans le but de s’opposer aux incursions des montagnards connus sous le nom de Klephtes (brigands). Bien que les armatoles soient en principe censés combattre les klephtes, les frontières entre les 2 groupes étaient poreuses : les Ottomans songeaient de plus en plus souvent à annuler les concessions qu’ils n’avaient faites qu’à contrecœur. Ainsi Mourad IV s’efforça-t-il, en 1637, de réduire les compétences et les prérogatives des miliciens grecs. Les armatoles opposèrent alors une résistance farouche à cette tentative, et ne tardèrent pas à reprendre la lutte armée contre les postes de montagne turcs confiés à des "boulouks" musulmans et contre les Osmanlis installés dans les régions fertiles. Ainsi des armatoles démis de leurs fonctions se faisaient klephtes, et des troupes de klephtes, que les autorités turques voulaient amadouer, étaient réintégrées dans leurs fonctions d’armatoles. Lors de l’insurrection grecque, en 1821, une grande partie des armatoles rejoignirent la cause de l’indépendance, s’illustrant dans la plupart des combats contre les Turcs et lors des différentes guerres civiles, comme Odysséas Androútsos, Yeóryios Karaïskákis, Athanásios Diákos, Yannis Gouras. Certains, au gré des évènements, repassèrent aussi du côté ottoman.

[8] L’Empire ottoman, connu historiquement en Europe de l’Ouest comme l’Empire turc, la Turquie ottomane ou simplement la Turquie, est un empire fondé à la fin du 13ème siècle au nord-ouest de l’Anatolie, dans la commune de Söğüt (actuelle province de Bilecik), par le chef tribal oghouze Osman 1er. Après 1354, les Ottomans sont entrés en Europe, et, avec la conquête des Balkans, le Beylik ottoman s’est transformé en un empire trans-continental. Après l’avoir encerclé puis réduit à sa capitale et à quelques lambeaux, les Ottomans ont mis fin à l’Empire byzantin en 1453 par la conquête de Constantinople sous le règne du sultan Mehmed II. Aux 15ème et 16ème siècles, à son apogée, sous le règne de Soliman 1er le Magnifique, l’Empire ottoman était un empire multinational et multilingue contrôlant une grande partie de l’Europe du Sud-Est, des parties de l’Europe centrale, de l’Asie occidentale, du Caucase, de l’Afrique du Nord, sauf le royaume du Maroc et le Sahara.

[9] Corfou ou Corcyre est une île grecque située en mer Ionienne, sur la façade occidentale de la Grèce, à proximité de sa frontière avec l’Albanie. Elle est la capitale de la périphérie des Îles Ioniennes.

[10] Les îles Ioniennes sont un archipel de la mer Ionienne, commençant au sud de l’Albanie, se poursuivant le long des côtes de l’Épire et de l’Acarnanie, pour s’achever au large des côtes occidentales du Péloponnèse. Une partie d’entre elles constitue aujourd’hui une périphérie de la Grèce. Les îles Ioniennes sont composées de sept îles principales près des côtes occidentales de la Grèce, ce qui leur a donné le nom de Sept-Îles ou Heptanèse, ainsi que de plusieurs îles mineures, dont, du nord au sud, Sazan (Sásson)), les îles Diapontiques, les îles Échinades et les Strophades.

[11] Ioannina est la ville la plus importante d’Épire, au Nord-Ouest de la Grèce. C’est le chef-lieu du district régional d’Ioannina, ainsi que la capitale de la périphérie d’Épire, mais aussi celle du diocèse décentralisé d’Épire-Macédoine occidentale.

[12] La bataille de Péta est une bataille de la guerre d’indépendance grecque qui se déroula le 16 juillet 1822 en Épire, à quelques kilomètres à l’est d’Arta, avec une première rencontre le 22 juin. Elle opposa les troupes grecques et un bataillon de philhellènes commandés par Aléxandros Mavrokordátos, Markos Botzaris et Karl von Normann-Ehrenfels aux troupes ottomanes commandées par Omer Vryonis et Kioutachis. Les troupes grecques étaient constituées de pallikares (combattants irréguliers) mais aussi d’une première tentative d’armée organisée et d’un bataillon d’une centaine de philhellènes qui encadraient aussi les troupes grecques (régulières et irrégulières). L’idée était, après la défaite d’Ali Pacha de Janina face aux troupes ottomanes, d’aller porter secours aux Souliotes contre lesquels elles s’étaient tournées et ainsi de les maintenir le plus longtemps possible loin du Péloponnèse.

[13] L’Assemblée nationale d’Astros se réunit du 10 au 30 avril 1823, dans la petite ville d’Astros, à quelques kilomètres au sud de Nauplie et fut la deuxième réunion de ce qui est devenu de nos jours le parlement grec. Elle fut une étape importante de la guerre d’indépendance grecque. La loi électorale du 2 novembre 1822 avait accordé le droit de vote au « chef de famille » et avait prévu un député par province selon un suffrage majoritaire indirect à trois étages. La constitution de 1822 prévoyait en outre que les députés seraient élus pour un an. L’assemblée compta 271 membres.

[14] Missolonghi est une ville grecque d’Étolie-Acarnanie, située sur la rive nord du golfe de Patras. Elle se trouve sur la rive Est d’un liman (en grec moderne, limnothalassa) utilisé pour l’aquaculture et la pêche. Elle doit surtout sa célébrité aux sièges qu’elle dut subir durant la guerre d’indépendance grecque, et à la personnalité du philhellène anglais Lord Byron qui y mourut. Un tronçon de ses remparts a été conservé, dont la « Porte de la Sortie », par où les assiégés tentèrent de forcer, sans succès, le siège en 1826. Juste à côté de cette porte se trouve le « Jardin des héros », vaste parc dédié aux défenseurs grecs et aux philhellènes de divers pays étrangers tombés lors des sièges. Un tumulus central accueille les combattants anonymes. À sa droite, on peut voir la tombe de Márkos Bótzaris par le sculpteur français David d’Angers, puis le monument à Lord Byron.

[15] Le Pinde est un massif montagneux de l’Épire, dans le Nord de la Grèce et le Sud-Est de l’Albanie. Dans la littérature de l’Antiquité grecque, il est dit qu’il était dédié à Apollon, dieu de la musique et de la poésie, ainsi qu’aux Muses. Il est classé parc national. Long de 180 kilomètres, le massif culmine à 2 637 mètres au Smólikas. Il fait partie de l’arc montagneux qui part des Alpes, se prolonge dans les Alpes dinariques, les monts Šar puis se poursuit (après le Pinde) dans le Parnasse et les montagnes du Péloponnèse, puis Cythère, la Crète, Kárpathos, Rhodes pour se terminer avec les monts Taurus en Asie mineure.

[16] La famille Caradja, Karatzaou Caragea en roumain est une famille princière phanariote d’origine grecque probablement issue de Constantinople ou, selon certains de leurs adversaires, de Raguse, en Dalmatie. Leur plus ancien ancêtre connu serait Eustache Karadzas, intermédiaire entre le Patriarche et le Sultan en 1453. Le Postelnic Ioannis Karadja (1591) est le premier membre de la famille connu dans les principautés roumaines. Il fit restaurer l’église de Saint-Sava à Jassy en 1625.