Gabriel Bernard de Rieux dit le président de Rieux (1687-1745)
Comte de Rieux-Baron et seigneur de Livinière-Parlementaire français
Fils cadet du financier Samuel Bernard et de sa première épouse, Madeleine Clergeau, il fait une carrière judiciaire.
Il est substitut [1] du procureur général au Parlement de Paris [2], conseiller au Parlement de Paris le 31 août 1714, président de la Deuxième Chambre des Enquêtes au Parlement de Paris [3], président de la Chambre des comptes [4] le 7 janvier 1727. Il meurt en charge.
Lorsque son père décède, en 1739, il en reçoit son hôtel particulier, rue Notre Dame des Victoires [5], à Paris, et la terre et seigneurie de Glisolles [6].
Il rachète à Manon Dancourt le château de Passy [7], le 18 mars 1739 et y réside jusqu’à sa mort, y poursuivant la tradition d’hospitalité de son père.
Il fonda une école de garçons et une école de filles dans sa seigneurie de Passy.
Il porte le titre de comte de Rieux [8], son père ayant reçu cette terre en remboursement d’une créance.
En 1739, il commande son portrait à Maurice Quentin de La Tour , qui réalise au pastel une œuvre de grande taille, le montrant en pied, assis, et en costume de Président au Parlement de Paris. Ce portrait, exposé au Salon en 1741, est considéré comme l’un des chefs d’œuvre du pastelliste.
Il fait également faire par Maurice Quentin de La Tour le portrait de son épouse, exposé au Salon en 1742. Cette œuvre de moins grande taille est aujourd’hui au Musée Cognacq-Jay [9], à Paris.
En 1738, il avait aussi fait exécuter par Maurice Quentin de La Tour le portrait de sa nièce Marie Louise Gabrielle de La Fontaine Solare, devenue en 1743 la marquise de Sesmaisons [10]. Cette œuvre fut exposée au Salon en 1738 et conservée jusqu’en 1918 dans la descendance de son commanditaire. Elle appartient depuis 2014 aux collections du Musée du Louvre.
Il épouse en premières noces, en 1717, Bonne de Saint-Chamans, fille de François de Saint Chamans, marquis de Mery [11], et de Bonne de Chastellux.
Veuf, il se remarie le 29 mai 1719 dans la chapelle du château de Grosbois [12], propriété de son frère, avec Suzanne Marie Henriette de Boulainvilliers, fille d’Henri, comte de Boulainvilliers, et de Marie Anne Henriette Hurault [13] du Marais [14], sa première épouse. Il a 2 enfants de ce second mariage.
Notes
[1] Le substitut du procureur général est, dans l’ordre juridictionnel français, une fonction du parquet.
[2] Le procureur général au Parlement de Paris était appelé procurator regis dans les anciens registres. Le procureur du roi, ou procureur général, faisait partie des « gens du roi », officiers chargés de parler au nom du roi et de défendre ses intérêts. Jusqu’au 14ème siècle, le roi choisissait ses gens parmi les avocats et les procureurs, puis il a eu des officiers particuliers : avocat du roi, procureur du roi et substituts. Les gens du roi se réunissaient dans une chambre particulière du parlement, le parquet, où ils se répartissaient les affaires à traiter devant les différentes chambres du parlement. Il présentaient devant la cour leurs conclusions pour le roi et donnaient leur avis sur la gravité des intérêts sur lesquels ils avaient à trancher. Cependant, ils n’entraient pas dans le conseil de la cour où les juges rédigeaient leurs arrêts. Le procureur général est assisté dans l’exercice de ses fonctions de trois avocats généraux qui portent la parole aux audiences.
[3] Le parlement de Paris est une institution française de l’Ancien Régime. Il fait partie des cours souveraines, rebaptisées cours supérieures à partir de 1661 (début du règne personnel de Louis XIV). Issu de la Curia regis médiévale, le parlement apparaît au milieu du xiiie siècle et prend progressivement son autonomie pour juger le contentieux sous forme d’un organe spécialisé aux sessions régulières, la curia in parlamento, que saint Louis établit dans l’île de la Cité, à côté du palais de la Cité, et qui reçoit sa première réglementation générale avec une ordonnance de Philippe III le Hardi en 1278. À partir du 15ème siècle, treize autres parlements furent érigés à partir d’institutions locales parfois beaucoup plus prestigieuses, comme l’échiquier de Normandie, ou beaucoup plus anciennes, comme les États de Provence, ou mêmes créés ex nihilo ; néanmoins, celui de Paris, cour de justice du Roi, ultime suzerain, et donc d’ultime recours, devint ainsi prééminent. On le mentionnait souvent simplement comme « le Parlement ».
[4] La Chambre des comptes de Paris, la plus ancienne des Chambres des comptes, est l’ancêtre de l’actuelle Cour des comptes. Les Chambres des comptes étaient en France, sous l’Ancien Régime, des juridictions souveraines spécialisées dans les affaires de finances
[5] La rue Notre-Dame-des-Victoires est une voie du 2e arrondissement de Paris, en France.
[6] Glisolles est une commune française située dans le département de l’Eure. La seigneurie de Glisolles appartient aux 16 et 17ème siècles aux familles de Boullenc, puis de Longueil. À la mort, en 1731, de Jean René de Longueil, président à mortier au Parlement de Paris, elle est vendue au banquier et financier Samuel Bernard. La seigneurie, puis le château de Glisolles se transmettent dans la descendance de celui-ci jusqu’en 1926.
[7] Le château de Boulainvilliers ou château de Passy est un ancien château situé sur la commune de Passy, aujourd’hui dans le 16e arrondissement de Paris.
[8] Rieux-Minervois est une commune française, située dans le nord du département de l’Aude. Sur le plan historique et culturel, la commune fait partie du Minervois, un pays de basses collines qui s’étend du Cabardès, à l’ouest, au Biterrois à l’est, et de la Montagne Noire, au nord, jusqu’au fleuve Aude au sud
[9] Le musée Cognacq-Jay est un musée municipal de la Ville de Paris présentant une collection d’œuvres et d’objets d’art du 18ème siècle issue du legs d’Ernest Cognacq. Il s’agit d’un des 14 musées de la Ville de Paris gérés depuis le 1er janvier 2013 par l’établissement public administratif Paris Musées. Le musée Cognacq-Jay est installé dans l’hôtel de Donon situé 8, rue Elzévir, dans le 3ème arrondissement de Paris.
[10] La famille de Sesmaisons est une famille subsistante de la noblesse française d’extraction chevaleresque, originaire de Bretagne.
[11] Le château de Méry-sur-Oise se situe dans le Val-d’Oise, à 30 kilomètres au nord de Paris, et face à Auvers-sur-Oise, le village des peintres, sur la rive opposée de l’Oise.
[12] Le château de Grosbois est un château de la Renaissance situé à Boissy-Saint-Léger, dans le département du Val-de-Marne, en France.
[13] La famille Hurault est une famille subsistante de la noblesse française, originaire de l’Orléanais. Elle s’est distinguée par les fonctions politiques et militaires occupées par ses membres. Elle a notamment été illustrée par Philippe Hurault de Cheverny (1528–1599), garde des Sceaux et chancelier de France sous Henri III puis de nouveau chancelier sous Henri IV, et par Anne-Louis Hurault de Vibraye, 6ème marquis de Vibraye, maréchal de camp et pair de France (1767–1843). Famille ancienne (13ème siècle) originaire du comté de Blois, elle a donné lieu à de multiples branches, dont certaines sont toujours subsistantes. La famille Hurault est aujourd’hui la plus ancienne famille française subsistante dont l’ancêtre a été anobli par lettres patentes, en 1349 par le roi Philippe VI de Valois.
[14] Le château du Marais est un château français situé dans la commune du Val-Saint-Germain, près de Saint-Chéron, dans l’ancienne province de Hurepoix, aujourd’hui dans le département de l’Essonne, à 36 kilomètres au sud-ouest de Paris. Construit par l’architecte Jean-Benoît-Vincent Barré pour Jean Le Maître de La Martinière, trésorier général de l’Artillerie et du Génie, il est considéré comme l’un des plus remarquables exemples de château de style Louis XVI en région parisienne. Il a appartenu successivement aux Noailles, Castellane, Talleyrand-Périgord, Pourtalès et Frotier de Bagneux. Il a été acheté par Daniel Křetínský en juin 2022.