Pierre Bullet (1639-1716)
Architecte français
Il construisit la porte Saint-Martin [1] en 1674 et l’église Saint-Thomas-d’Aquin [2]. En 1676 : avec François Blondel, il publie le Plan de Paris levé par les ordres du Roi et par les soins de messieurs les prévôts des marchands [3] et échevins [4] et par les sieurs Bullet, architecte du roi et de la ville, sous la conduite de monsieur Blondel, maréchal de camp aux armées du roi, directeur de l’académie royale d’architecture [5] et maître de mathématiques de monseigneur le Dauphin, plus communément appelé Plan de Bullet et Blondel.
À son seul compte, il publie en 1675 un Traité de l’usage du pantomètre*, [6] nouvellement inventé qui est complété en 1688 par un Traité du nivellement, contenant la théorie et la pratique de cet art, avec la description d’un niveau nouvellement inventé, par lui même.
En tant qu’architecte de la Ville de Paris, il publiera ensuite des Observations sur la nature et sur les effets de la mauvaise odeur des lieux d’aisances et cloaques, et sur l’importance dont il est d’éviter cette mauvaise odeur pour la conservation de la santé
Mais sa publication la plus importante est son Architecture pratique qui connaîtra 6 rééditions, avec des augmentations de “Descoutures” à partir de 1755. Les questions les plus courantes y sont abordées, la construction en pans de bois, etc.
À quoi on ajoutera l’élargissement du quai Le Pelletier [7] qui fit l’admiration de ses contemporains et une série d’hôtels particuliers. Il entre à l’Académie royale d’architecture en 1685.
Notes
[1] La porte Saint-Martin est un monument de Paris, situé à l’emplacement d’une porte de l’ancienne enceinte de Charles V. Elle fut érigée en 1674 sur ordre de Louis XIV, en l’honneur de ses victoires sur le Rhin et en Franche-Comté, par l’architecte Pierre Bullet, élève de François Blondel, architecte de la porte Saint-Denis voisine.
[2] L’église Saint-Thomas-d’Aquin est une église située dans le 7e arrondissement de Paris, place Saint-Thomas-d’Aquin, entre la rue du Bac et le boulevard Saint-Germain. Avant 1790, elle faisait partie du couvent des Jacobins de la rue Saint-Dominique. Elle prend son nom actuel en 1802 quand elle devient église paroissiale.
[3] Sous l’Ancien Régime, le prévôt des marchands de Paris, assisté de quatre échevins, s’occupait de l’approvisionnement de la ville, des travaux publics, de l’assiette des impôts et avait la juridiction sur le commerce fluvial. Il était élu tous les deux ans et son rôle se rapprochait de celui d’un maire de Paris. Cette institution succède sous Saint Louis à une corporation, la Hanse parisienne des marchands de l’eau. La prévôté des marchands de Paris a été instituée sous Philippe Auguste, mais le premier prévôt dont le nom nous soit connu est Evrard (ou Evrouin) de Valenciennes, mentionné sous Saint Louis, dans un texte d’avril 1263. Le poste a été supprimé après la prévôté d’Étienne Marcel et la révolte des Maillotins, en 1383. Rétabli en 1412, il n’a plus joué de rôle politique jusqu’à sa disparition en 1789.
[4] Un échevin est, historiquement, dans le nord de la France au Moyen Âge, un magistrat, nommé par le seigneur pour rendre la justice sur ses terres. Dans certaines régions il est, sous l’Ancien Régime, un magistrat communal équivalent à l’actuel titre de conseiller municipal, comme tel est le cas de nos jours en Belgique où les échevins sont des élus adjoints au bourgmestre, équivalents en France d’adjoints au maire. Aux Pays-Bas, les échevins (en néerlandais : wethouders), formant avec le bourgmestre le corps exécutif d’une commune, sont également équivalents d’adjoints au maire en France, bien qu’ils ne siègent pas au conseil municipal, ce dernier contrôlant leur action.
[5] L’Académie royale d’architecture française est créée le 30 décembre 1671 par Louis XIV, roi de France. Inspirée par Jean-Baptiste Colbert, elle a eu pour premier directeur, l’architecte et théoricien François Blondel, architecte de la ville de Paris. Établie d’abord au Palais Royal puis au Louvre à partir de 1692, elle comporte une école d’architecture.
[6] instrument géométrique propre à prendre toutes sortes d’angles, mesurer les distances accessibles et inaccessibles, arpenter et diviser toutes sortes de figures, etc.
[7] Le quai de Gesvres est une voie située sur la rive droite de la Seine, à Paris, dans le quartier Saint-Merri du 4e arrondissement. Il est prolongé en amont par le quai de l’Hôtel de Ville et en aval par le quai de la Mégisserie. Le quai Le Pelletier et l’ancien quai de Gesvres seront réunis par un arrêté du 2 avril 1868