Notes
[1] L’Empire byzantin ou Empire romain d’Orient désigne l’État apparu vers le 4ème siècle dans la partie orientale de l’Empire romain, au moment où celui-ci se divise progressivement en deux. L’Empire byzantin se caractérise par sa longévité. Il puise ses origines dans la fondation même de Rome, et la datation de ses débuts change selon les critères choisis par chaque historien. La fondation de Constantinople, sa capitale, par Constantin 1er en 330, autant que la division d’un Empire romain de plus en plus difficile à gouverner et qui devient définitive en 395, sont parfois citées. Quoi qu’il en soit, plus dynamique qu’un monde romain occidental brisé par les invasions barbares, l’Empire d’Orient s’affirme progressivement comme une construction politique originale. Indubitablement romain, cet Empire est aussi chrétien et de langue principalement grecque. À la frontière entre l’Orient et l’Occident, mêlant des éléments provenant directement de l’Antiquité avec des aspects innovants dans un Moyen Âge parfois décrit comme grec, il devient le siège d’une culture originale qui déborde bien au-delà de ses frontières, lesquelles sont constamment assaillies par des peuples nouveaux. Tenant d’un universalisme romain, il parvient à s’étendre sous Justinien (empereur de 527 à 565), retrouvant une partie des antiques frontières impériales, avant de connaître une profonde rétractation. C’est à partir du 7ème siècle que de profonds bouleversements frappent l’Empire byzantin. Contraint de s’adapter à un monde nouveau dans lequel son autorité universelle est contestée, il rénove ses structures et parvient, au terme d’une crise iconoclaste, à connaître une nouvelle vague d’expansion qui atteint son apogée sous Basile II (qui règne de 976 à 1025). Les guerres civiles autant que l’apparition de nouvelles menaces forcent l’Empire à se transformer à nouveau sous l’impulsion des Comnènes avant d’être disloqué par la quatrième croisade lorsque les croisés s’emparent de Constantinople en 1204. S’il renaît en 1261, c’est sous une forme affaiblie qui ne peut résister aux envahisseurs ottomans et à la concurrence économique des républiques italiennes (Gênes et Venise). La chute de Constantinople en 1453 marque sa fin.
[2] Les Abbassides sont une dynastie arabe musulmane qui règne sur le califat abbasside de 750 à 1258. Le fondateur de la dynastie, Abû al-Abbâs As-Saffah, est un descendant d’un oncle de Mahomet, Al-Abbas ibn Abd al-Muttalib. Proclamé calife en 749, il met un terme au règne des Omeyyades en remportant une victoire décisive sur Marwan II à la bataille du Grand Zab, le 25 janvier 750. Après avoir atteint son apogée sous Hâroun ar-Rachîd, la puissance politique des Abbassides diminue, et ils finissent par n’exercer qu’un rôle purement religieux sous la tutelle des Bouyides au 10ème siècle, puis des Seldjoukides au 11ème siècle. Après la prise de Bagdad par les Mongols en 1258, une branche de la famille s’installe au Caire, où elle conserve le titre de calife sous la tutelle des sultans mamelouks jusqu’à la conquête de l’Égypte par l’Empire ottoman, en 1517.
[3] La bataille d’Anzen ou bataille de Dazimon se déroule le 22 juillet 838 à Anzen ou Dazimon (aujourd’hui Dazman en Turquie). Elle oppose l’Empire byzantin aux forces du califat abbasside. Les Abbassides viennent de lancer une expédition massive composée de deux armées, en représailles aux succès de l’empereur Théophile l’année précédente. Le but de l’expédition est de mettre à sac la cité d’Amorium, l’une des plus grandes cités byzantines. Théophile et son armée affronte la plus petite armée arabe, dirigée par le général Afchin Khaydar ben Kawus à Dazimon. L’armée byzantine supérieure en nombre est d’abord dans une situation favorable mais quand Théophile décide de diriger l’attaque en personne, son absence à son poste habituel crée la panique chez les Byzantins, qui craignent qu’il ait été tué. Cet événement combiné à la vigoureuse contre-attaque des archers à cheval turcs entraînent la fuite de l’armée byzantine. Théophile et sa garde sont encerclés sur une colline avant qu’ils ne parviennent à s’échapper. La défaite ouvre la voie du sac brutal d’Amorium quelques semaines plus tard. Ce sac est l’une des plus sérieuses déroutes des Byzantins lors des longues guerres arabo-byzantines.
[4] Le paulicianisme est une religion d’origine chrétienne orientale, probablement arménienne. Ce mouvement néo-manichéen apparaît en Asie mineure, alors part de l’Empire byzantin, à la fin du 7ème siècle. Il a été considéré comme hérétique par les Églises catholique et orthodoxe.
[5] Téphrikè, ville turque contemporaine de Divriği, est une place-forte byzantine des montagnes du Nord-Ouest de la Cappadoce. La forteresse trouve son origine vers 850 dans la volonté du chef paulicien Karbéas de s’affranchir de la tutelle de l’émir de Mélitène tout en restant en dehors du territoire impérial byzantin. Sous son successeur Chrysocheir, Téphrikè est la capitale de l’État militaire paulicien. Pierre de Sicile s’y rend en 870 comme ambassadeur pour négocier, en vain, un échange de prisonniers : son récit est la principale source sur la principauté paulicienne. Après une première tentative infructueuse en 871, Basile Ier prend la forteresse en 878, ce qui sonne le glas de l’État paulicien. Renommée Léontokomè, d’après le nom de l’empereur Léon VI, la ville est le siège d’une cleisourie, puis d’un thème vers 940. En 1019, elle est concédée au fils de Senecherim Arçrouni du Vaspourakan en échange de ses terres. Romain IV Diogène fait campagne contre les Turcs dans ses environs en 1068. Après la bataille de Mantzikert en 1071, elle tombe aux mains des Turcs.
[6] Byzance est une ancienne cité grecque, capitale de la Thrace, située à l’entrée du Bosphore sous une partie de l’actuelle Istanbul. La cité a été reconstruite par Constantin 1er et, renommée Constantinople en 330, elle est devenue la capitale de l’Empire romain, puis de l’Empire romain d’Orient et enfin de l’Empire ottoman à partir de 1453 date de la prise de la ville par les Turcs. Elle fut rebaptisée Istanbul en 1930.
[7] La bataille du Mauropotamos a lieu en 844 et oppose l’armée de l’Empire romain d’Orient à celle du califat abbasside de Samarra aux abords de la rivière Mauropotamos (soit en Bithynie, soit en Cappadoce). Après l’échec d’une tentative romaine de reconquérir la Crète, sous l’autorité d’un émirat vassal des Abbassides, ces derniers lancent un raid en Asie Mineure. Théoctiste le Logothète, le régent romain, part à la rencontre du corps expéditionnaire mais est lourdement défait. De nombreux officiers sont faits prisonniers par les musulmans. Toutefois, des troubles internes empêchent le calife Al-Wathiq (qui ambitionnait un temps de conquérir Constantinople) d’exploiter cette victoire. Il consent alors à une trêve et à un échange de prisonniers, qui se réalisent en septembre 845. Après cela, les deux États connaissent 6 années de paix mutuelle (à l’exception d’un raid hivernal abbasside en 845-846).
[8] Les Sklèroï sont une famille byzantine apparentés à la dynastie macédonienne. Cette famille resta proche du trône, mais n’y accéda jamais.
[9] également appelée Antioche de Commagène, une ancienne cité dont les ruines se situent dans l’actuelle province d’Adıyaman, près de l’Euphrate, en Turquie
[10] Le thème des Thracésiens est une province ou thème de l’Empire byzantin située à l’ouest de l’Asie mineure, dans l’actuelle Turquie, et comprenant les anciennes régions d’Ionie et de Lydie ainsi que des parties de la Phrygie et de la Carie
[11] L’Opsikion est un thème de l’Empire byzantin situé dans le nord-ouest de l’Asie Mineure. Créé à partir de l’armée de service impériale, l’Opsikion est le plus grand et le plus prestigieux des premiers thèmes, et le plus proche de Constantinople. Impliqué dans plusieurs révoltes au cours du 8ème siècle, il est scindé en trois vers 750. Il subsiste alors en tant que thème de second ordre jusqu’au lendemain de la 4ème croisade.
[12] Malagina, est une région byzantine dans la vallée du Sangarios, au nord de la Bithynie. Elle sert de campement majeur et de zone de rassemblement fortifiée (aplèkton) pour l’armée byzantine. C’est l’aplèkton le plus proche de la capitale Constantinople, et il possède une grande importance lors des expéditions impériales en Orient. C’est là que les armées des puissants thèmes des Anatoliques, de l’Opsikion et des Thracésiens rejoignent l’empereur. La région est aussi le lieu d’implantation des grandes écuries impériales (metata) d’Asie Mineure. La région de Malagina est mentionnée pour la première fois dans les sources historiques en 798, quand l’impératrice Irène l’Athénienne y rassemble l’armée. Le site est attaqué par les Arabes en 798, 860 et vers 875. Au 12ème siècle, l’empereur Manuel 1er Comnène restaure les fortifications de la principale forteresse située à Métabole, avant de l’utiliser pour ses campagnes contre le sultanat de Roum. Sous les Anges, elle devient une province séparée dirigée par un gouverneur portant le titre de dux et de stratopédarque. Au même moment, un archevêché y est attesté avant d’être élevé au rang de métropole par les Lascaris
[13] La Bithynie est un ancien royaume au nord-ouest de l’Asie Mineure, actuellement situé en Turquie. Située au bord du Pont-Euxin, elle était limitée par la Paphlagonie à l’est, la Galatie et la Phrygie au sud, la Propontide et la Mysie à l’ouest. Les Bithyniens sont, selon Hérodote et Xénophon, d’origine thrace. Ils forment d’abord un État indépendant avant d’être annexés par Crésus, qui ajoute leur territoire à la Lydie. Ils passent ensuite sous domination perse, où la Bithynie est incluse dans la satrapie de Phrygie. Mais dès avant Alexandre le Grand, la Bithynie retrouve son indépendance. Nicomède 1er est le premier à se proclamer roi. Durant son long règne de 278 à 243av jc, le royaume connaît la prospérité et jouit d’une position respectée parmi les petits royaumes d’Asie Mineure. Cependant, le dernier roi, Nicomède IV, échoue à contenir le roi Mithridate VI du Pont. Restauré sur le trône par l’Empire romain, il lègue par testament son royaume à Rome en 74 av jc. La Bithynie devient alors province romaine. Sous Auguste elle devient province sénatoriale en 27av jc puis province impériale en 135.
[14] Malatya est une ville de Turquie, préfecture de la province du même nom. La population de Malatya est principalement kurde et turque, mais la ville accueille aussi une minorité arménienne. Il s’agit de l’ancien emplacement de Mélitène, fort et chef lieu de la province romaine de l’Arménie. Mélitène fut un grand centre du christianisme monophysite, le chroniqueur et philosophe Bar-Hebraeus (Abu al-Faraj Ibn al-Ibri) y occupa la fonction de maphrien. Byzantine, la ville tombe aux mains des Arabes au 7ème siècle. Basile 1er l’isole mais ne réussit pas à la prendre. Reprise par les Byzantins en 934, la cité est ensuite intégrée aux possessions de Philaretos Brakhamios, serviteur arménien de l’empire qui prend son autonomie à la mort de Romain IV Diogène, en 1071. Après sa chute en 1085, Mélitène est défendue par son lieutenant Gabriel contre les Seldjoukides, qui assiègent la cité en 1097. L’arrivée des Croisés les oblige cependant à lever le siège et à quitter la région. Malgré l’alliance avec Baudouin du Bourg, comte d’Édesse, Mélitène est prise en 1103 par les Danichmendides. Militène fut le siège du patriarcat jacobite de 1094 à 1293.
[15] Diyarbakır est une ville du sud-est de la Turquie. Elle était également appelée Amida sous l’Empire romain. Les Kurdes constituant la majeure partie de la population de la ville la considèrent comme la capitale du Kurdistan turc, dans le sud-est anatolien. Appelée Amida dans l’Antiquité, ce qui lui vaut son nom de Kara Amid, la « Noire Amida », elle fut la capitale du royaume araméen de Bet-Zamani à partir du 13ème siècle av. jc, puis d’un royaume arménien appelé Cordyène ou Cardyène. La région devint par la suite une province de l’Empire romain ; Amida était au 4ème siècle la principale place forte de Mésopotamie, dans la haute vallée du Tigre. Amida fut un centre religieux lié au patriarcat syriaque-orthodoxe d’Antioche. De cette époque, jusqu’au génocide arménien de 1915, la région est fortement peuplée d’Arméniens. La région comportait également une minorité chaldéenne. La ville d’Amida fut le siège du patriarcat chaldéen de 1681 à 1828.
[16] L’Anatolie ou Asie Mineure est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l’ouest d’une ligne Çoruh-Oronte, entre la Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Noire, mais aujourd’hui elle désigne couramment toute la partie asiatique de la Turquie
[17] Sinop (anciennement Sinope) est une ville de Turquie, préfecture de la province du même nom, située au bord de la mer Noire. Dans l’Antiquité, elle était considérée comme une des plus importantes villes de la région de la mer Noire. La ville est située sur une presqu’île.
[18] La mer Noire est une mer située entre l’Europe et l’Anatolie. Large d’environ 1 150 km d’ouest en est et de 600 km du nord au sud, elle s’étend sur une superficie de 413 000 km². Elle communique au nord avec la mer d’Azov par le détroit de Kertch, et au sud-ouest avec la Méditerranée par le Bosphore, la mer de Marmara et le détroit des Dardanelles. Dans l’Antiquité, les Grecs la désignèrent d’abord par Skythikos Pontos. Les Scythes, peuple de langue iranienne, la désignèrent comme Axaïna, c’est-à-dire « indigo ». Les Grecs quand ses courants et ses vents leur devinrent familiers, la désignèrente comme Pontos Euxeinos, traduit en français par Pont-Euxin.Les Romains l’appelèrent Mare Caecili, terme qui fut traduit par la suite par les bulgares en « mer Cécile ».Au 13ème siècle, elle apparaît sur les portulans génois, dans les chroniques de Wavrin et de Villehardouin sous les noms de mer Majoure c’est-à-dire « grande mer ». Le terme de Noire apparu dans les textes et les cartes à partir du 15ème siècle.
[19] Les Portes de Cilicie ou Portes ciliciennes, en turc Gülek Boğazı « passage de Gülek », forment le principal passage à travers les monts Taurus, reliant les basses plaines de Cilicie et la côte méditerranéenne au haut plateau d’Anatolie. Elles débouchent à 44 km au sud de Tarse. Formées par les gorges étroites de la rivière Gökoluk, elles ont été longtemps uniquement praticables par des caravanes de mules, interdisant, par leur étroitesse, l’accès aux véhicules.
[20] le pré de l’évêque
[21] La Cappadoce est une région historique d’Asie Mineure située dans l’actuelle Turquie. Elle se situe à l’est de la Turquie centrale, autour de la ville de Nevşehir. La notion de « Cappadoce » est à la fois historique et géographique. Les contours en sont donc flous et varient considérablement selon les époques et les points de vue.
[22] ville du royaume du Pont
[23] La bataille de Poson opposa en 863 les forces de l’Empire byzantin à une armée d’invasion arabe en Paphlagonie. L’armée byzantine était dirigée par Petronas, l’oncle de l’empereur Michel III, bien que les Arabes mentionnent la présence de Michel lors de la bataille. L’armée arabe était quant à elle dirigée par l’émir de Mélitène Omar al-Aqta. Omar réussit à briser la résistance initiale des Byzantins à son invasion avant d’atteindre les rivages de la mer Noire. Toutefois, les Byzantins mobilisent leurs forces et les Arabes sont encerclés près de la rivière Lalakaon. La bataille qui s’ensuit voit la victoire complète des Byzantins et la mort de l’émir sur le champ de bataille. Les Byzantins lancent ensuite une contre-offensive victorieuse contre l’émirat.
[24] Charsianon est une forteresse importante du plateau anatolien, entre Césarée de Cappadoce et la vallée de l’Halys, et le centre du thème byzantin du même nom. Charsianon est stratégiquement située sur la route Est-Ouest qui relie Constantinople à Mélitène par Ancyre, et sur une route Nord-Sud entre la côte du Pont et Césarée. Cette position sur des routes d’invasions vaut à Charsianon de tomber aux mains des Arabes en 730, alors que de nouvelles attaques sont repoussées en 831, 843 et 845. La forteresse est alors détachée du thème des Arméniaques et élevée au rang de kleisoura dont la garnison sert de force mobile d’intervention contre les raids arabes. À la faveur de la guerre contre les pauliciens, entre 863 et 872, Charsianon devient un thème à part entière, dont les troupes ont encore à combattre les Arabes à la fin du 9ème et au début du 10ème siècle, notamment en 886 lorsque la place forte elle-même est visée.