Hannibal et la deuxième guerre punique (219 à 202 av. jc)
La 1ère guerre punique s’acheva sur une défaite du général carthaginois Hamilcar Barca en Sicile [1] et un traité en défaveur de la cité africaine. Comme Carthage demeurait puissante et Rome n’en finissait pas de grandir, les choses pouvaient difficilement en rester là... Il s’ensuivit une deuxième guerre punique de 219 à 202 av. jc) à l’initiative d’Hannibal, fils d’Hamilcar.
Hannibal fait partie de ces conquérants dont le souvenir a traversé les siècles. Il a pu écraser les Romains à Cannes [2], en Italie centrale, mais sans avoir pu s’emparer de Rome. Son épopée s’est achevée dans la tragédie. Elle laissa sa cité défaite et ruinée...
Après son expédition de Sicile, Hamilcar avait aussitôt dû rentrer à Carthage pour mater une rébellion des mercenaires [3].
Né en 247 av. jc, Hannibal a été élevé par son père Hamilcar Barca dans la haine de Rome. Selon une chronique romaine, Hamilcar lui aurait fait prêter serment à 9 ans de toujours combattre Rome avant de l’emmener en Espagne. Hannibal ne reverra plus sa patrie avant son ultime bataille à Zama [4]. À la mort d’Hamilcar, pendant l’hiver 229/228 av. jc, son gendre Hasdrubal le Beau lui succède à la tête de l’armée. Hannibal se distingue sous ses ordres en qualité de chef de la cavalerie. Quand Hasbrubal est lui-même assassiné, en 221, il est porté par acclamation à la tête de l’armée. Il a alors 26 ou 27 ans.
C’est le moment où Rome, forte de sa maîtrise des mers, s’empare de Malte [5] et envisage d’attaquer directement Carthage en Afrique mais Hannibal ne lui en laisse pas le temps.
En 219 av. jc, sans prévenir le gouvernement de Carthage, l’armée du Barcide assiège Sagonte [6], une ville ibère alliée à Rome et située au nord de l’Ebre [7]. Il va s’ensuivre la deuxième guerre punique.
Pour les Romains, c’est un casus belli. Ils dépêchent à Carthage une délégation de sénateurs qui n’entend pas transiger. Un certain Quintus Fabius désigne nommément le preneur de Sagonte. Livrez nous Hannibal !, scandent les diplomates romains dans l’enceinte du Conseil des Anciens de Carthage. Devant le refus des sénateurs puniques, la guerre est déclarée.
Aux légions de citoyens-soldats de Rome, Carthage oppose des phalanges de mercenaires issus de tout le pourtour de la Méditerranée. Des Gaulois, des Grecs, des Ibères et des Libyens sans compter les redoutables cavaliers numides. Ils chevauchent à cru des chevaux de faible gabarit.
Au mois de mai 218 av. jc, plus de 100 000 guerriers se rassemblent dans les faubourgs de Carthagène [8], colonie punique en Espagne. Ils se préparent à une longue marche de plus de 2 000 kilomètres à travers l’Espagne et le sud de la Gaule.
Ils ne le savent pas encore, mais les trois quarts d’entre eux n’atteindront pas la plaine du Pô [9]. Les hostilités débutent avec les tribus ibères. Au seul passage des Pyrénées, Hannibal perd plus de 22 000 hommes.
Étirée sur plusieurs dizaines de kilomètres, l’armée punique semble une proie facile pour les Gaulois plus familiarisés avec cette nature sauvage. Elle n’en dépasse pas moins les villes de Narbonne [10], de Béziers [11] et Lunel [12]. Elle évite Marseille [13], fidèle aux Romains, et atteint le Rhône [14] à la hauteur d’Arles [15] à raison d’un peu moins de 15 à 18 kilomètres par jour.
Plus de 40 000 hommes et des centaines d’animaux traversent ainsi le fleuve, les éléphants étant quant à eux charriés sur de grossiers radeaux de terre et d’herbe sèches. Amarrés ensemble par de solides cordages, les radeaux sont tirés par des canots à rames et reliés à la terre ferme par d’autres cordages.
En Octobre 218 av. jc. Après sa traversée du Rhône, l’armée s’engage dans les Alpes.
Au 10ème jour de marche, à l’entrée de la cluse de Voreppe [16], le paysage change. Les troupes empruntent un chemin étroit le long des derniers contreforts du massif de la Chartreuse.
Embusqués derrière les rochers, les Allobroges [17] tendent des embuscades aux intrus. Quoiqu’il en soit, Hannibal réussit à gagner le point culminant de sa marche, le mont Clappier [18]. Mais le plus dur reste à faire.
Mais la descente va se révéler encore plus pénible que la montée. Après la boue et la pluie, le froid et la neige ralentissent considérablement la longue marche du convoi punique.
Transis de froid, affaiblis et affamés, hommes et bêtes peinent à se frayer un chemin. Parfois, c’est le drame. En quelques fractions de secondes, plusieurs centaines d’hommes et d’animaux sont précipités dans le vide.
Au terme de 6 jours de descente, les Carthaginois foulent enfin la terre promise : l’Italie. Mais dans quel état ? La plupart des bêtes de somme et des éléphants ont péri et plus de la moitié des troupes ont disparu.
Avec près de 20 000 fantassins et 6 000 cavaliers, l’armée punique n’est plus que l’ombre d’elle-même. 6 mois après le départ de Carthagène, ce sont plus de 70 000 hommes qui sont ainsi passés de vie à trépas.
Isolé en Italie, Hannibal ne peut espérer des renforts et toute retraite lui est impossible.
En l’espace de 3 batailles, les Romains vont connaître 3 déroutes retentissantes.
Hannibal bat successivement leurs armées sur le Tessin [19] et la Trébie [20], deux affluents du Pô [21]. Enfin, le 21 juin 217 av. jc, le consul romain Caius Flaminius Nepos tombe dans un piège qu’il lui a tendu sur les bords du lac Trasimène [22], en Étrurie [23]. Les Romains perdent 15 000 légionnaires et laissent autant de prisonniers. Pour Rome, le pire est à venir.
L’arrogance et l’incompétence des consuls n’a alors d’égale que le savoir-faire et la ruse du général carthaginois. Résultat, les tribus de la Gaule cisalpine [24] se rallient à la cause du Barcide et lui permettent de reconstituer ses effectifs.
Ces succès se doublent toutefois de cruels déboires. Après avoir perdu tous ses éléphants, à l’exception d’un, lors de l’hivernage, Hannibal fait endurer à ses troupes le martyre lors du franchissement des marais de l’Arno [25].
Une fois encore, le général a voulu surprendre les Romains en empruntant le chemin le plus improbable. Mais cette fois, mal lui en prit. Pendant 4 jours et 3 nuits, ses troupes s’enfoncent dans les eaux fangeuses, pataugent dans la vase et cherchent désespérément un endroit sec où se reposer. Dans l’épreuve, Hannibal lui-même contracte une ophtalmie et perd un œil.
Après son succès du lac de Trasimène, Hannibal campe dans les Pouilles [26] puis s’empare de la ville de Cannes, en Apulie, le grenier à blé des Romains.
À Rome, le dictateur [27] Fabius Cunctator, dont le surnom Cunctator signifie le Temporisateur, préconise la tactique de l’usure. Mais le Sénat ne veut rien entendre. Sous l’impulsion des consulsPaul-Émile et Varron, un double commandement très préjudiciable aux Romains, les légions se disposent à affronter une nouvelle fois les phalanges carthaginoises.
Le 2 août 216 av. jc, disposant ses cavaliers gaulois et numides [28] de part et d’autre de son infanterie, Hannibal demande aux unités les unités les moins aguerries de se tenir au centre de son dispositif. Les fantassins puniques sont ainsi placés ostensiblement en arc de cercle. L’objectif du général borgne est d’attirer le gros des forces romaines vers le maillon le plus faible de son dispositif, de façon à induire en erreur leurs commandants sur les capacités de résistance de l’armée carthaginoise. Une fois les légionnaires bien enfoncés à l’intérieur de son armée, les ailes constituées par les cavaliers numides et gaulois se rabattront sur eux et les prendront ainsi en étau.
Pour parvenir à ses fins, Hannibal compte bien sûr sur la fougue et la rapidité de sa cavalerie, mais surtout, il parie sur les erreurs d’analyse de Varron, toujours aveuglé par sa soif d’en découdre.
La bataille se déroule conformément au plan du Barcide. Au soir même de ce choc des mondes, plus de 47 000 corps romains jonchent le sol de la plaine de Cannes contre seulement 6 000 chez les Puniques. Sans compter la mort de près d’une centaine de sénateurs et même du second consul, Paul-Émile, blessé dès le début des combats par une balle de fronde. Plus de 25 000 légionnaires prennent la poudre d’escampette, y compris le consul Varron.
À la défaite et à l’humiliation s’ajoute aussi la honte et le déshonneur pour la République romaine.
La bataille de Cannes révèle le génie stratégique d’Hannibal. Elle sera par la suite étudiée dans toutes les écoles de stratégie militaire et va durablement inspirer les généraux, jusqu’à Napoléon , Alfred von Schlieffen et Erwin Rommel .
Rome, provisoirement épargnée, revient à la tactique de la temporisation. Son destin dépend désormais du vainqueur.
À l’emballement de ses capitaines, le fils d’Hamilcar oppose la mesure ; à la continuation du conflit, la fin de la campagne militaire. Prendre Rome ? Une tâche aussi lourde qu’inutile. Le Carthaginois n’en a ni l’intention ni les moyens. Son but n’est pas tant de détruire la cité que de convaincre ses alliés italiens de se rallier à la cause carthaginoise.
Isolé au milieu de l’Italie, Rome ne pourra continuer la guerre. S’étonnant d’une telle stratégie, son maître de cavalerie Maharbal ne peut cacher son désappointement.
Venger la première guerre punique et rendre à Carthage son rang de première puissance mondiale, telle apparaît l’ambition du Barcide. En ce milieu d’été 216, l’occupation de l’Italie l’intéresse moins que la récupération de la Sicile, de la Sardaigne [29] et de la Corse.
Paradoxalement, au lendemain de Cannes, le vainqueur est rassasié et le vaincu ragaillardi.
La bataille de Cannes n’a pas seulement décimé les rangs des légions, elle a aussi permis de faire un grand nombre de prisonniers romains. Aux environs de 10 000, ceux-ci sont autant d’otages de Carthage. En toute logique, le général carthaginois compte les utiliser comme monnaie d’échange contre la paix ou, à tout le moins, exiger le versement d’une forte rançon.
Mais à Rome, la colère l’emporte en effet sur l’abattement. L’heure est au combat. Racheter les prisonniers ? Il en est hors de question. La lâcheté ne doit en aucun cas être glorifiée ou encouragée martèle-t-il. Selon le sénateur Torquatus, les captifs ne sont plus des citoyens romains mais des esclaves carthaginois. Qui plus est, avec l’argent du rachat, Hannibal pourrait de nouveau recruter des mercenaires et c’en serait fini de la République.
Pour Rome, malgré la terrible défaite de Cannes, c’est donc toujours la guerre ! Plus déterminés que jamais et sous l’impulsion du nouveau dictateur Marcus Iunius Pera , Rome reconstitue des légions, mobilise jusqu’aux adolescents de 17 ans et incorpore même des esclaves dans son armée. Pas moins de 8 000 hommes sont ainsi équipés et armés.
De son côté, contrarié sans être ébranlé, Hannibal lorgne maintenant vers le sud de l’Italie. Quittant l’Apulie, son armée se dirige vers la Campanie [30] et le Bruttium [31].
S’il nourrit un rêve italien, c’est celui de rétablir l’indépendance des cités latines et non de transformer la péninsule en province carthaginoise. En effet, les Lucaniens [32], les Bruttiens [33] et une partie de Samnites [34] se sont joints aux Puniques, mais les Ombriens [35], les Étrusques [36] et les Latins [37] restent des alliés inconditionnels de Rome.
De cette incertitude du lendemain, le Sénat de Carthage en a pleinement conscience. Quand le frère d’Hannibal, Magon Barca, arrive à Carthage pour demander des renforts en vivres et en soldats, il est le premier surpris du manque d’enthousiasme des sénateurs puniques. Le premier, Hannon, parle d’étrange victoire au goût de défaite. Il est vrai que le Sénat de Carthage s’est toujours méfié des généraux trop ambitieux. Si les défaites inquiètent, trop de victoires irritent.
En attendant des renforts improbables, Hannibal se dirige vers la Campanie. Dans un premier temps, son ambition est de contrôler le sud de l’Italie et en particulier ses ports. Le général lorgne du côté de Naples*. Mais il va rapidement déchanter. Trop bien défendu, le port campanien oblige son armée à lever le siège. À défaut de s’emparer de Naples [38], Hannibal décide d’entrer donc dans Capoue [39], la grande rivale italienne de Rome.
Au grand dépit de Rome, les Capouans ouvrent leurs portes à l’armée d’Hannibal. Pour la première fois depuis 2 ans et demi, lors du grand départ de Carthagène, les Puniques franchissent des murs sans avoir à livrer bataille. Capoue ? Connue pour le nectar de ses vins et son marché de parfums, le célèbre Seplasia, la ville campanienne est le lieu de tous les excès, de tous les plaisirs, de tous les fantasmes. Et les mercenaires d’Hannibal de ne pas échapper au piège de Capoue.
Si les soldats se sont endurcis au gré des épreuves, ils vont se ramollir dans cette atmosphère de luxe et de luxure, qui plus est noyée sous des torrents de vin. Les premiers, les Romains ont conscience qu’une telle ambiance peut les servir : « Rome est sauvée, Capoue sera le Cannes des Puniques ! » clame le général Marcus Claudius Marcellus qui sera consul en 222 av. jc. Les délices de Capoue absorbent assurément la force, l’ardeur et le courage des combattants d’Hannibal. Preuve en est le seul revers de Nola [40]. En décembre 216, les mercenaires du Punique sont obligés de reculer devant les assauts des légionnaires. À compter de ce moment commence une longue guerre d’usure.
Profitant de l’inaction forcée d’Hannibal, Rome ne mobilise pas moins de 23 légions, un record. Sitôt rassemblées, en 212, les troupes de Fluvius Flacus et deClaudius Pulcher traversent le Samnium [41], pénètrent en Campanie, s’emparent de Bénévent [42] et assiègent Capoue. Dans le même temps, le consul romain Claudius Marcellus assiège Syracuse [43], en Sicile. La ville résiste pendant 3 ans grâce aux machines conçues par le plus génial de ses habitants, le savant Archimède en personne. Celui-ci trouve la mort pendant la mise à sac de la ville par les Romains.
Pour le Barcide, la situation est grave. Il lui faut réagir au plus vite. Il lance en 211av. jc un ultime raid sur Rome dans l’espoir de contraindre les Romains à lever le siège de Capoue. Affolement dans la Ville Hannibal ad portas est [44]. On s’empresse de reconstruire les murailles dans la crainte de l’assaut. Mais les Carthaginois sont épuisés et manquent de machines de siège... Et si l’on en croit Tite-Live, une grêle d’essence divine dissuade le généralissime de poursuivre le siège : Une pluie battante, mêlée de grêle, jeta un tel désordre dans les rangs des 2 partis que, pouvant à peine retenir leurs armes, ils se retirèrent dans leur camp... Le lendemain, les armées s’avancent en bataille au même endroit ; un ouragan semblable les sépare ; et dès qu’elles sont rentrées dans leurs lignes ! Le calme et la sérénité renaissent. Les Carthaginois attribuèrent cet événement à l’intervention divine, et l’on entendit Hannibal s’écrier “que les dieux lui refusaient tantôt la volonté, tantôt le pouvoir de prendre la ville de Rome”.
Pour couronner le tout, les Romains reprennent Capoue et leur répression est impitoyable. Au sud des Pyrénées, le jeune Publius Cornélius Scipion âgé de 24 ans s’empare de Carthagène et l’Espagne est bientôt transformée en province romaine. Bousculé par Scipion, le frère d’Hannibal, Hasdrubal, trouve moyen de se porter en Italie, au secours de son frère, mais il est battu à l’embouchure du Métaure [45], sur la mer Adriatique [46], en 207 av. jc.
Devenu consul après son succès en Espagne, Scipion obtient du Sénat romain l’autorisation de porter la guerre en Afrique, aux portes de Carthage. Il y gagnera le surnom L’Africain. La guerre emporte les royaumes berbères dans la tourmente : le roi Massinissa s’allie à Rome tandis que Syphax reste fidèle à Carthage. À n’en pas douter, Hannibal ne peut plus gagner la guerre.
En automne 203, suite au débarquement de troupes romaines en Afrique, Hannibal est rappelé par le Sénat.
À la tête d’une armée de 20 000 hommes, il arrive à Leptis Minor [47] sur la côte sud du Sahel tunisien, puis établit son camp à Hadrumète [48]. 34 ans après son départ pour l’Espagne à l’âge de 9 ans, le fils d’Hamilcar foule enfin les terres de son pays natal.
En quittant l’Italie, Hannibal est plus frustré que comblé. Pendant plus de 13 ans, il n’est pas parvenu à briser la résistance romaine. Contrarié par les déclarations de la famille des Hannon, Hannibal évite la ville même de Carthage.
À l’intérieur des murs de Carthage, la tension est à son comble. En raison du ravage des campagnes par les troupes romaines, le pain vient à manquer et les autorités puniques sont obligées de rationner les vivres. De son côté, Hannibal cherche à temporiser.
Malgré la supériorité numérique de ses troupes et ses 80 éléphants, il craint son adversaire romain, aussi rusé et pragmatique que lui. Il redoute particulièrement le ralliement du chef numide Massinissa aux Romains. La veille même de livrer bataille à Scipion, pour la première fois de sa vie, Hannibal doute de la victoire.
Rencontrant en tête à tête son adversaire romain, Hannibal lui propose une trêve. Mais Scipion reste insensible à ses arguments. Le choc va se produire dans la plaine de Zama, à environ 460 kilomètres au sud-ouest de Carthage.
En ce 18 octobre 202 av. jc., les armées d’Hannibal et de Scipion se font face. Un événement inédit. 100 000 hommes en armes sont réunis sous le même ciel et prêts à en découdre. Pour la première fois de sa carrière, Hannibal va être dépassé par la stratégie d’un adversaire, de 12 ans son cadet.
Et la bataille de se dérouler conformément aux prévisions de Scipion. Répondant aux provocations des vélites [49], les 80 éléphants d’Hannibal s’élancent avec fougue en direction des lignes romaines. Piégés par les vélites qui font semblant de se replier, les éléphants s’élancent à leur poursuite et leurs cornacs ont la désagréable surprise de voir les espaces s’ouvrir devant eux. Les éléphants sont alors criblés de flèches et, paniqués, se retournent contre les Carthaginois.
Désorganisée et étrillée ensuite par la charge de la cavalerie de Massinissa, l’armée punique est aux 3/4 décimée.
Dans l’année qui suit, la cité punique sera contrainte de signer un traité humiliant la privant de toutes ses possessions méditerranéennes, de l’Espagne. Qui plus est, elle devra livrer tous ses éléphants, verser une somme considérable à son vainqueur, plus de 10 000 talents, et ne plus entrer en guerre contre une puissance étrangère sans l’accord de Rome. Encore Carthage échappe-t-elle au pire. Ses 32 kilomètres de remparts ne sont pas rasés…
De l’exil au suicide
Hannibal toutefois ne renonce pas. Constatant l’impéritie du gouvernement, il se fait élire suffète et tente de réformer les institutions et abolir les institutions. Mais il est dénoncé à l’ennemi par ses adversaires et, en 195 av. jc, décide de s’enfuir avec quelques fidèles. Chevauchant toute la nuit à bride abattue (il change de monture tous les 20 kilomètres), il parvient au petit matin dans une baie isolée du Ras Kaboudia, près de Thapsus [50]. Il embarque alors pour le Moyen-Orient et gagne la ville de Tyr [51] puis Éphèse [52], où il rencontre le roi Antiochos III.
Exilé à la cour séleucide [53], Hannibal est toujours obsédé par la guerre et incite son hôte à lever une nouvelle armée contre Rome. Mal lui en prend. L’armée séleucide est en effet étrillée à la bataille de Magnésie du Sipyle [54]. Isolé, Hannibal se voit traqué par les Romains. En 183 av. jc, réfugié en Bithynie [55], il décide alors de mettre fin à ses jours en s’empoisonnant. Il a 64 ans.
Notes
[1] La Sicile est la plus grande île méditerranéenne. Avec une superficie de 25 708 km², c’est la région la plus étendue de l’Italie et son territoire est constitué de neuf anciennes provinces à leur tour partagées en 390 municipalités. Elle est également la seule région italienne à compter 2 des 10 villes les plus peuplées du pays : Palerme et Catane. Son chef-lieu est Palerme.
[2] La bataille de Cannes est une bataille majeure de la Deuxième Guerre punique qui eut lieu le 2 août 216 av. jc près de la ville de Cannes située dans la région des Pouilles au sud-est de l’Italie.
[3] La guerre des Mercenaires est une révolte organisée par des mercenaires constituant une grande partie de l’armée carthaginoise, à la suite de la Première Guerre punique qui s’est achevée par la défaite de la cité punique. La guerre suit immédiatement la paix conclue avec la République romaine, et dure trois ans et quatre mois de l’automne 241 à fin 238 av. jc.
[4] La bataille de Zama fut, en 202 av.jc, un affrontement décisif de la deuxième guerre punique. Elle vit s’affronter les armées romaines, dirigées par Scipion l’Africain et le roi Numide massyle Massinissa, et carthaginoise d’Hannibal et l’autre roi numide massaessyle Syphax, qui y perdit la guerre. Peu après celle-ci, le sénat carthaginois signa un traité de paix qui mit fin à 20 ans de guerre. Zama se trouve à Siliana (nord-ouest de la Tunisie).
[5] Malte est habité depuis environ 5 900 av. jc. Sa localisation stratégique au milieu de la Méditerranée lui a valu les convoitises et l’occupation de nombreuses puissances au cours des âges qui ont façonné sa culture et sa société : Phéniciens, Carthaginois, Grecs et Romains dans l’Antiquité ; Arabes, Normands et Aragonais au Moyen Âge ; Hospitaliers, Français et Britanniques à l’époque moderne. À la faveur de la première guerre punique, les îles sont conquises après d’âpres combats par Marcus Atilius Regulus. Elles repassent temporairement sous le contrôle des Carthaginois avant d’être reconquises en 218 av. jc lors de la deuxième guerre punique par le consul Tiberius Sempronius Longus. Malte devient une civitas foederata, dispensée du paiement d’un tribut et de l’application du droit romain, et relève administrativement de la province de Sicile. Sa capitale, à Mdina, est rebaptisée Melita, nom gréco-romain de l’île. La culture punique reste cependant vivace sur l’archipel, attestée par les fameux cippes de Melqart du 2ème siècle av. jc, qui se sont révélés essentiels au déchiffrement de la langue punique. La production locale de monnaie romaine, qui ne s’est pas implantée avant le 1er siècle av. jc, indique la lenteur de la romanisation des îles : les dernières pièces frappées à Malte dans l’Antiquité portent toujours des inscriptions ou des motifs grecs et puniques, qui survivent longtemps.
[6] Sagonte est une ville de la Communauté valencienne, située à l’est de l’Espagne, 25 km au nord de la ville de Valence. C’est un important centre historique de la péninsule ibérique. Cette croissance est freinée par le conflit qui éclate de la rivalité entre Carthage et Rome : Sagonte prend le parti de la République romaine lorsqu’elle est assiégée par Hannibal2 et l’armée carthaginoise, sous la direction d’Hannibal, en l’an 218 av. jc, détruit totalement la ville après huit mois de siège et une résistance légendaire des habitants face à l’assiégeant. Cet événement est à l’origine de la deuxième guerre punique puis, après la victoire des Romains par leur reprise de la ville en 212, un nouveau processus d’expansion et de développement s’initie, la ville s’appelle désormais Saguntum.
[7] L’Èbre est le plus puissant des fleuves espagnols. Sa longueur est de 928 km et son bassin versant a 85 550 km² de superficie.
[8] Carthagène est une ville espagnole située près de la Mer Méditerranée dans la communauté autonome de la Région de Murcie, dont c’est la capitale législative. La ville de Carthagène fut fondée par le Carthaginois Hasdrubal le Beau en 227 av.jc, probablement sur une installation ibérique ou tartessienne antérieure. De plus, une activité commerciale importante existe dans la zone depuis au moins le 6ème siècle av. jc.
[9] La plaine du Pô, plaine padane ou basse plaine, est une région naturelle située en Italie septentrionale. C’est une plaine alluviale bordée de collines, rendue particulièrement fertile par la présence du fleuve Pô et de ses multiples affluents. Le Pô se termine par un delta en mer Adriatique.
[10] Narbonne est une commune française située dans le département de l’Aude, en Occitanie. Au début du 6ème siècle, Narbonne fut brièvement la capitale des Wisigoths vaincus à la bataille de Vouillé en 507 par les Francs de Clovis, conquérant du royaume de Toulouse. Grâce à l’aide militaire des Ostrogoths d’Italie, les Wisigoths du jeune roi Amalaric conserveront la Septimanie et Narbonne. Amalaric y sera assassiné en 531. Sous le règne du roi Theudis, Narbonne cessera d’être la capitale des Wisigoths mais reste une capitale provinciale. Elle accueille plusieurs souverains tels Liuva 1er couronné roi à Narbonne, et est le siège de plusieurs révoltes "séparatistes" jusqu’à la fin du 7ème siècle. Les deux derniers rois wisigoths Agila II et Ardo auraient régné sur la cité au moment de l’invasion musulmane.
[11] Béziers est une commune française située dans le département de l’Hérault , traversée par l’Orb et entourée de vignobles et de la Méditerranée toute proche. Il pourrait s’agir de la plus ancienne ville de France, avant Marseille : de multiples fouilles archéologiques entreprises depuis les années 1980 ont révélé que Béziers fut construite par les Grecs au 7ème siècle av. jc. Les invasions barbares touchent de plein fouet Béziers, au centre d’une Narbonnaise très disputée : d’abord aux mains des Wisigoths au 6ème siècle, elle est bientôt conquise par les musulmans au début du 8ème siècle, puis par les Francs qui, sous la bannière de Charles Martel s’en emparent en 737.
[12] *
[13] Marseille est une commune du Sud-Est de la France, chef-lieu du département des Bouches-du-Rhône. Plus ancienne ville de France fondée vers 600 av. jc par des marins et des marchands grecs originaires de Phocée, Marseille est depuis l’Antiquité un important port de commerce et de passage. Marseille se développe à nouveau à partir du 5ème siècle de notre ère. À l’intérieur de la ville, la construction d’une première grande cathédrale marque la puissance de l’évêque, probablement Proculus, qui tient à rivaliser avec Arles. Marseille est pillée par les Sarrasins en 838, des razzias faisant suite à la conquête musulmane de la péninsule Ibérique. D’autres pillages ont eu lieu, par des pirates grecs en 848. En 904, l’abbaye Saint-Victor se voit dotée de la rive sud du port par le roi de Provence Louis l’Aveugle.
[14] Le Rhône est un fleuve d’Europe, long de 812 kilomètres (un tiers en Suisse et deux tiers en France). Il prend sa source dans le glacier du Rhône, en Suisse, à une altitude de 2 209 m, à l’extrémité orientale du Valais, dans le massif des Alpes uranaises. Il parcourt 290 km en Suisse, se jetant dans le Léman pour en sortir à Genève. Il entre ensuite en France. Il termine son cours dans le delta de Camargue pour se jeter dans la mer Méditerranée. Port-Saint-Louis-du-Rhône est la dernière ville traversée par le Rhône.
[15] Arles est une commune provençale, sous-préfecture du département des Bouches-du-Rhône. La ville, chef-lieu de l’arrondissement d’Arles, est la commune de France métropolitaine la plus étendue avec quelque 75 893 hectares (malgré plusieurs déductions successives), et la plus peuplée de la Camargue. La ville est traversée par le Rhône.
[16] La cluse de Voreppe, cluse de l’Isère ou trouée de l’Isère est une cluse de France située en Isère. la cluse désigne la partie du Grésivaudan entre les massifs du Vercors et de la Chartreuse entre Grenoble en amont et Voreppe en aval, soit sur près de quinze kilomètres sur une largeur moyenne de deux kilomètres. Ce passage entre les vallées intérieures des Alpes et le Bas-Dauphiné a été élargi en vallée en auge lors du passage du glacier de l’Isère au cours des différentes glaciations. À la fonte du glacier lors du dernier stade glaciaire, un lac côté entre 190 et 240 mètres d’altitude occupe cette partie du Grésivaudan qui se comble d’alluvions au fil des millénaires jusqu’à former la plaine actuelle
[17] Les Allobroges sont un peuple gaulois dont le territoire était situé entre l’Isère, le Rhône et les Alpes du Nord. Ils passaient dans l’Antiquité pour de grands guerriers. Ce peuple celte se serait installé dans les Alpes du Nord au début du 4ème siècle av. jc. Les auteurs antiques grecs (Polybe, Ptolémée, Plutarque) les ont appelés Allobriges ou Allobryges. César mentionne Allobrogum fines pour désigner le territoire des Allobroges. Le territoire des Allobroges s’étendait sur la plus grande partie des pays qui seront nommés plus tard la Sapaudia (ce « pays des sapins » deviendra la Savoie) et au nord de l’Isère. Mais, à l’est, dans les montagnes alpines, des peuples indépendants, les Ceutrons, occupaient la vallée de la Tarentaise et la haute vallée de l’Arve et les Médulles occupaient la vallée de l’Arc. Au sud, la rivière Isère (puis le Doux, en rive droite du Rhône) marquerait leur frontière avec les Ségovellaunes dont le territoire deviendra la cité de Valence. L’ensemble de l’Allobrogie est donc usuellement définie comme le territoire correspondant en grande partie aux actuels départements de la Savoie, de la Haute-Savoie et de l’Isère. Les Allobroges étaient réputés être de bons guerriers. Certains fournirent pendant des siècles des mercenaires, les Gésates, bien connus en Gaule cisalpine où ils vinrent aider leurs frères gaulois à résister aux Romains
[18] Le mont Clapier est l’un des principaux sommets de la partie est du massif du Mercantour-Argentera. Il est situé sur la crête marquant la frontière entre la France (Alpes-Maritimes) et l’Italie (Piémont).
[19] le Tessin
[20] actuelle Trebbia, rivière du Nord de l’Italie
[21] Le Pô est le plus important fleuve italien tant par sa longueur, 652 kilomètres, par son débit maximum, 10 000 m3/s à Pontelagoscuro, une localité sur le territoire de la commune de Ferrare, que par son bassin hydrographique qui couvre 71 057 km2, soit le quart du territoire national de l’Italie. Le bassin du Pô s’étend aussi en partie en Suisse et (dans une moindre mesure) en France.
[22] Le lac Trasimène est un lac de l’Italie centrale et le quatrième du pays pour son étendue. Il est de type alluvial et est alimenté principalement par les pluies et par quelques torrents. Comme il n’a pas d’émissaires, un canal le relie, depuis l’époque romaine, au Tibre. Ce lac a une superficie de 128 km² et une circonférence d’environ 40 km. Il est célèbre pour la bataille de Trasimène en 217 av. jc qui vit Hannibal Barca infliger une terrible défaite à l’armée romaine du consul Flaminius qui le poursuivait.
[23] Italie centrale
[24] La Gaule cisalpine est la partie de la Gaule qui couvrait l’Italie du Nord. Elle était ainsi nommée par les Romains en raison de sa position en-deçà des Alpes (par opposition à la Gaule transalpine, s’étendant au-delà).
[25] L’Arno est un fleuve italien de 241 km qui traverse la Toscane en passant par Florence et Pise.
[26] La région des Pouilles anciennement l’Apulie, dite plus couramment les Pouilles, est une région d’Italie, située dans le sud-est du pays. Avec la création du royaume de Sicile, les Normands éliminent la présence des Sarrasins et relancent les relations maritimes avec Venise et les villes côtières de la Méditerranée. Cette période voit la vie politique et religieuse de la région totalement réorganisée.
[27] Le dictateur est, durant la République romaine, un magistrat extraordinaire qui détient les pleins pouvoirs (imperium) pour un mandat qui ne peut, à l’origine, excéder six mois. Selon la tradition, le titre a été institué en 501 av. jc pour répondre à une situation d’urgence militaire, mais un magister populi (littéralement « maître du peuple ») existe déjà sous la Royauté romaine.
[28] La Numidie est d’abord un ancien royaume berbère, qui alterna ensuite entre le statut de province et d’état vassal de l’Empire romain. Elle est située sur la bordure nord de l’Algérie moderne, bordé par la province romaine de Maurétanie, de nos jours l’Algérie et le Maroc, à l’ouest, la province romaine d’Afrique, la Tunisie, à l’est, la mer Méditerranée vers le nord , et le désert du Sahara vers le sud. Ses habitants étaient les Numides.
[29] La Sardaigne est une île de la mer Méditerranée et une région italienne, qui se trouve à l’ouest de l’Italie continentale, au sud de la Corse. Son chef-lieu est la ville de Cagliari. Lorsque l’affaiblissement de l’Empire romain se propage jusqu’à l’île, cela a pour conséquence l’abandon progressif des terres agricoles et des côtes, ainsi qu’une perte de dynamisme notable de la démographie. Abandonnée à elle-même et sans défense, la Sardaigne est occupée et subit les razzias durant quelque 80 ans (vers 460-530) par les Vandales d’Afrique qui, défaits sous Justinien, laissent l’île sous la domination de Byzance.
[30] La région de Campanie, plus couramment appelée la Campanie, est une région d’Italie méridionale. Elle fut associée au Latium, une des 11 régions de l’Italie romaine créées par l’empereur Auguste au 1er siècle av.jc Érigée en province à part entière au début du 4ème siècle au temps de l’empereur Dioclétien, la Campanie fut ensuite sous domination lombarde puis byzantine. Elle fut ensuite morcelée par l’indépendance que quelques-unes de ses villes adoptèrent.
[31] l’actuelle Calabre
[32] Les Lucaniens étaient un peuple italique qui habitait en Lucanie, une région de Basilicate en Italie. La langue parlée par les Lucaniens est une langue indo-européenne osque qu’ils écrivaient avec des caractères grecs. Vers le milieu du 5ème siècle av. jc, les Lucaniens ont poussé les peuples indigènes de la région de l’actuelle Basilicate vers les montagnes intérieures. Ils avaient adopté une constitution démocratique, sauf en temps de guerre, lorsqu’ils choisissent un dictateur parmi les magistrats ordinaires. En 336 av.jc, ils sont alliés de la colonie grecque de Tarente lors de son conflit avec le roi Alexandre 1er d’Épire pour le contrôle de la Grande Grèce.
[33] Les Bruttiens étaient une tribu antique, de langues osque et Grec ancien, issue du peuple des Lucaniens, eux-mêmes d’origine samnite. Cette tribu est à l’origine du nom de la région romaine du Bruttium, correspondant à la Calabre actuelle. C’est à partir du 4ème siècle av. jc que les Bruttiens apparaissent dans la pointe de la péninsule italienne, s’émancipant des Lucaniens auxquels ils étaient asservis et dont ils reçurent leur nom. Décrits comme un ramassis de toute espèce, d’esclaves fugitifs, de brigands nomades aux mœurs frustes, ils s’organisent progressivement et font pression sur les cités côtières de la Grande-Grèce continentale. Ils dominent peu à peu une partie de la côte Tyrrhénienne, depuis Pœstum jusqu’à Thurii sur les bords de la mer Ionienne. Ils affrontèrent Alexandre le Molosse, roi d’Épire, Agathocle, roi de Sicile et combattirent les Romains aux côtés de Pyrrhus. Soumis après l’intégration de la Grande Grèce dans le giron romain, ils furent les premiers à faire cause commune avec les Carthaginois lors de la deuxième Guerre punique. A la suite de la défaite des troupes d’Hannibal, ils furent déclarés indignes de servir dans les légions romaines et réduits aux fonctions serviles de courriers et de messagers publics.
[34] Les Samnites sont des tribus sabelliennes établies dans le Samnium (région montagneuse d’Italie centrale) du 7ème à la fin du 3ème siècle av. jc. La première mention écrite des Samnites remonte à 354 av. jc dans un traité conclu avec les Romains.
[35] Le nom de la région est issu de la tribu des Umbri (Ombriens), un peuple qui a fini par être absorbé par l’expansion romaine. Leur langue était l’Ombrien, une des langues italiques. Les Umbri, comme les tribus voisines sont probablement issus de la culture Terramare et de Villanova d’Italie du nord et centrale, et ont pénétré dans le nord-est de l’Italie au début de l’âge du Bronze. Les Étrusques étaient en conflit avec les Umbri, et l’invasion étrusque est passée de la côte ouest vers le Nord et l’est (700 à 500 av. jc), en poussant les Ombriens vers les hautes terres des Apennins. Néanmoins, la population Ombrienne ne semble pas avoir été éradiquée dans les districts conquis. Après la chute des Étrusques, les Umbri ont tenté d’aider les Samnites dans leur lutte contre Rome (308 av. jc) ; toutefois les communications avec le Samnium ont été entravées par la forteresse romaine de Narni et la grande bataille de Sentinum,(295 av. jc). La victoire romaine de Sentinum, commence une période d’intégration sous les souverains romains, qui a mis en place des colonies (Spolète) et construit la via Flaminia (220 av. jc), qui est devenu le principal vecteur de développement romain en Ombrie. Au cours de l’invasion d’Hannibal de la deuxième guerre punique, la bataille du lac Trasimène a vu les Umbri conserver une certaine neutralité. Pendant la guerre civile romaine entre Marc-Antoine et Octave (40 av. jc), la ville de Pérouse, prise par Antoine fut presque entièrement détruite par ce dernier. Au temps de Pline l’Ancien, 49 communautés indépendantes existent toujours en Ombrie et l’abondance des inscriptions et la forte proportion de recrues dans l’armée impériale atteste de sa population. La région moderne de l’Ombrie, cependant, est très différente de l’Ombrie de l’époque romaine dont l’étendue débutait dans ce qui est maintenant les Marches du Nord, depuis Ravenne, excluait la rive occidentale du Tibre. Pérouse se situait donc en Étrurie, et les environs de Norcia dans le territoire des Sabins. Après l’effondrement de l’Empire romain, les Ostrogoths et les Byzantins ont lutté pour la suprématie dans la région. Les Lombards fondent le duché de Spolète, couvrant la majeure partie de l’Ombrie d’aujourd’hui.
[36] L’Étrurie était le territoire des Étrusques. Il correspond à l’actuelle Toscane, s’étendant durant la période de son expansion maximum, au-delà de l’Apennin tosco-émilien jusqu’à la plaine du Pô et son embouchure, à Hadria, port antique qui donna son nom à la Mer Adriatique. Au sud, le territoire étrusque s’étendait au-delà de Rome (comprise), jusqu’à Capoue.
[37] Le terme Latins désigne les habitants italiques de la région du Latium pendant l’Antiquité romaine, locuteurs d’une langue indo-européenne, le latin. Les Latins sont un groupe linguistique au sud du Tibre, sans écriture avant le 8ème siècle. Ils partageaient des cultes communs, comme un culte à Jupiter latin sur le mont Albain. Les latins vivent dans des communautés villageoises, des sociétés surtout pastorales, car les terres sont inondables.
[38] Naples est une ville d’Italie, chef-lieu de la région de Campanie. L’histoire de Naples s’étend sur plus de 28 siècles. Sous le nom de Parthénope, elle fut fondée durant l’Antiquité par la cité voisine de Cumes. Elle s’étend ensuite rapidement jusqu’à devenir un des principaux centres commerciaux, culturels, philosophiques et politiques de la Grande-Grèce puis de l’Empire romain. Après avoir été brièvement dépendante de l’Empire byzantin, elle devient autonome au sein du duché de Naples. Dès le 13ème siècle et pour ensuite plus de 600 ans, elle devient successivement la capitale du royaume de Naples puis du royaume des Deux-Siciles. Elle reste alors un des principaux centres de développement économiques et technologiques d’Europe jusqu’à son annexion au royaume d’Italie en 1860, date à laquelle elle entame un relatif déclin socio-économique.
[39] Capoue est une commune, située dans la province de Caserte en Campanie, dans l’Italie méridionale. Rattachée à Salerne par le traité de 849 entre Salerne et Bénévent, elle parvient à s’en affranchir vers 861.
[40] Nola, ou Nole en français, est une ville de la ville métropolitaine de Naples, en Campanie (Italie), dont le centre est situé à 23 km à l’est du centre de Naples, et à 20 km au nord de Pompei.
[41] Le Samnium était une région du sud des Apennins en Italie que contrôlaient les Samnites, un groupe de tribus sabelliennes de 600 à 290 av.jc. Le Samnium était délimité par le Latium au nord, la Lucanie au sud, la Campanie à l’ouest et l’Apulie à l’est. Les principales cités de la région étaient Bovaiamom (renommée Bovianum Undecumanorum par les latins et Bojano aujourd’hui), Malventum rebaptisée Beneventum, Benevento aujourd’hui). La capitale de la fédération samnite était Bovaiamom, excepté sur une courte période entre le 4ème siècle av. jc et le 3ème siècle avjc , où elle était située à Aquilonia détruite par les Romains en 293av.jc.
[42] La province de Bénévent est une province italienne située dans la région de Campanie. Elle a une superficie de 2071 km² et comprend 78 communes,. Le chef-lieu provincial est Bénévent. Au Moyen Âge, la place forte de Bénévent est cependant prise par les Ostrogoths du roi Totila qui la rasent en 542 et vers 571, elle est prise par un détachement de Lombards venus du Nord de l’Italie et dirigés par le duc Zotton, premier duc lombard de Bénévent. Ce puissant duché se rend très vite autonome par rapport au roi des Lombards, siégeant à Milan puis à Pavie et ne fut qu’épisodiquement soumis au pouvoir royal. En 662, le duc Grimoald, devient roi des Lombards et rattache Bénévent au royaume lombard. Bénévent tombe plus tard aux mains des Normands dirigés par le comte Drogon d’Apulie en 1047, avant d’être ratachée à la Papauté en 1053. Elle devient dès lors possession papale jusqu’en 1806, quand Napoléon l’accorde à Talleyrand avec le titre du prince de Bénévent. Rendue au pape en 1814, elle est réunie au royaume d’Italie en 1860
[43] Syracuse fut fondée au 8ème siècle av. jc par des colons grecs venant de Corinthe. Elle est aujourd’hui la principale ville de la province de Syracuse. Cicéron la présenta comme la plus grande et la plus belle des villes grecques.
[44] Hannibal est à nos portes
[45] La bataille du Métaure est une bataille de la Deuxième guerre punique. Considérée comme l’une des batailles décisives de l’Antiquité, elle se déroule en 207 av.jc et doit son nom au fleuve Métaure, qui se jette dans l’Adriatique, au nord de l’Italie. Elle oppose l’armée du général punique Hasdrubal à celle des consuls romains Caius Claudius Nero et Marcus Livius Salinator.
[46] La mer Adriatique est une mer séparant la péninsule italienne de la péninsule balkanique. L’Adriatique s’étend sur 138 595 km2 de l’embouchure du Pô, de la lagune de Venise et du golfe de Trieste jusqu’au canal d’Otrante qu’elle inclut et où elle rejoint la mer Ionienne. Si l’on exclut le bassin pontique, l’Adriatique est le bras de la Méditerranée situé le plus au nord.
[47] aujourd’hui Lamta
[48] Sousse
[49] Les vélites étaient les fantassins légers des armées romaines antiques. Avant la réforme marianique, du temps où les légions étaient constituées de citoyens romains selon leur rang de richesse, les vélites étaient issus des centuries pauvres (moins pauvres, cependant, que les simples porteurs). En effet, chaque citoyen devait alors acheter lui-même son équipement ; celui de vélite était le plus économique, car il se limitait à une fronde, un arc ou quelques javelots (pilum). Les vélites ne portaient pas d’armure, tout au plus un bouclier léger, la parma, et/ou un petit casque en cuir, la galea. Ils avançaient en tirailleurs en avant des légions et ouvraient le combat avec leurs armes de jet, avant de se retirer derrière les fantassins mieux armés qu’eux pour le corps à corps. Sous la République et au début de l’Empire, chaque légion comptait 1 200 vélites.
[50] Thapsus, quelquefois francisé en Thapse, est un site antique situé à l’est de l’actuelle Tunisie. Les ruines de la cité sont encore visibles à Ras Dimass, près de Bekalta, approximativement à 200 kilomètres au sud-est de Carthage.
[51] Tyr se situe dans la Phénicie méridionale, à un peu plus de 70 km au sud de Beyrouth et à 35 km au sud de Sidon, presque à mi-chemin entre Sidon au nord et Acre au sud, et à quelques kilomètres au sud du Litani.
[52] Éphèse est l’une des plus anciennes et plus importantes cités grecques d’Asie Mineure, la première de l’Ionie. Bien que ses vestiges soient situés près de 7 kilomètres à l’intérieur des terres, près des villes de Selçuk et Kuşadası dans l’Ouest de l’actuelle Turquie, Éphèse était dans l’Antiquité, et encore à l’époque byzantine, l’un des ports les plus actifs de la mer Égée ; il est situé près de l’embouchure du grand fleuve anatolien Caystre. L’Artémision, le grand sanctuaire dédié à Artémis, la déesse tutélaire de la cité, qui comptait parmi les Sept merveilles du monde et auquel Éphèse devait une grande part de sa renommée, était ainsi à l’origine situé sur le rivage.
[53] Les Séleucides sont une dynastie hellénistique issue de Séleucos 1er, l’un des diadoques d’Alexandre le Grand, qui a constitué un empire formé de la majeure partie des territoires orientaux conquis par Alexandre, allant de l’Anatolie à l’Indus. Le cœur politique du royaume se situe en Syrie, d’où l’appellation courante de « rois de Syrie ». Les Séleucides règnent jusqu’au 2ème siècle av. jc sur la Babylonie et la Mésopotamie dans la continuité des Perses achéménides.
[54] La bataille de Magnésie se déroula durant l’hiver 190-189 av. jc. Elle eut lieu probablement au début de l’an 189. Elle opposa les Romains, dirigés par le consul Scipion l’Asiatique, et les Séleucides, dirigés par le roi Antiochos III. Ce fut la bataille décisive de la guerre antiochique, qui dura de 192 à 189 av. jc. La bataille eut lieu dans une plaine, au confluent du fleuve Hermos et de la rivière Phrygie, non loin de la cité de Magnésie du Sipyle, en Asie mineure (Turquie actuelle), à quarante kilomètres au nord-est d’İzmir Notre connaissance de la bataille repose essentiellement sur les textes de trois auteurs : le romain Tite-Live, le grec Appien, et le byzantin Zonaras. Du point de vue de l’histoire militaire, Magnésie fut avec, Cynoscéphales et Pydna, une des trois grandes victoires que les armées romaines ont remportées sur les armées hellénistiques au 2ème siècle av.jc. On considère généralement que ces victoires sont dues en partie à la supériorité de la légion romaine sur la phalange de type macédonien.
[55] La Bithynie est un ancien royaume au nord-ouest de l’Asie Mineure, actuellement situé en Turquie. Située au bord du Pont-Euxin, elle était limitée par la Paphlagonie à l’est, la Galatie et la Phrygie au sud, la Propontide et la Mysie à l’ouest. Les Bithyniens sont, selon Hérodote et Xénophon, d’origine thrace. Ils forment d’abord un État indépendant avant d’être annexés par Crésus, qui ajoute leur territoire à la Lydie. Ils passent ensuite sous domination perse, où la Bithynie est incluse dans la satrapie de Phrygie. Mais dès avant Alexandre le Grand, la Bithynie retrouve son indépendance. Nicomède 1er est le premier à se proclamer roi. Durant son long règne de 278 à 243av jc, le royaume connaît la prospérité et jouit d’une position respectée parmi les petits royaumes d’Asie Mineure. Cependant, le dernier roi, Nicomède IV, échoue à contenir le roi Mithridate VI du Pont. Restauré sur le trône par l’Empire romain, il lègue par testament son royaume à Rome en 74 av jc. La Bithynie devient alors province romaine. Sous Auguste elle devient province sénatoriale en 27av jc puis province impériale en 135.