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L’histoire pour le plaisir

Guillaume-Isidore Baron de Montbel

samedi 21 juin 2025, par lucien jallamion

Guillaume-Isidore Baron de Montbel (1787-1861)

Comte de Montbel-Député de 1827 à 1830-Ministre des Affaires ecclésiastiques et de l’Instruction publique-Ministre de l’Intérieur-Ministre des Finances

Né à Toulouse [1], son père meurt sur l’échafaud, et lui-même montre très tôt des signes de son fervent zèle royaliste. Il s’engage ainsi dans les Volontaires Royaux [2] en 1815, et est placé sous la surveillance de la police impériale durant les Cent-Jours [3].

Propriétaire à Toulouse, conseiller municipal de cette ville, il en fut nommé maire par la Restauration [4], en remplacement de Joseph de Villèle .

Il est ensuite élu député du second arrondissement de Haute-Garonne [5] le 17 novembre 1827 par 281 voix (330 votants, 399 inscrits), contre 108 à M. Cassaing. Il se trouva en quelque sorte, sous le ministère Martignac [6], le représentant du cabinet précédent. Actif, zélé, tout dévoué à la cause monarchique, doué d’une certaine facilité de parole, il se fit le défenseur résolu des idées de M. de Villèle en matière de politique et de finances, multiplia les propositions et les amendements sans se laisser décourager par l’insuccès, et combattit sans relâche le parti libéral [7].

Membre de la commission chargée d’examiner le projet de loi sur la presse périodique, il se montra l’adversaire de la liberté de la presse [8], invoqua, à l’appui de sa thèse, l’attentat de Louvel* contre le duc de Berry [9], attentat dont il imputait la responsabilité aux journalistes de l’opposition, et réclama la censure facultative.

Le 19 février, comme la majorité paraissait disposer à ajourner la motion de Labbey de Pompières relative à la mise en accusation des derniers ministres, il combattit cette tendance, et exposa, qu’il était impossible de laisser plus longtemps indécise la position de pairs de France, d’anciens ministres du roi. La majorité se rangea à son avis et accepta la discussion.

Plus tard, il combat également comme ruineuse et romanesque l’intervention des Grecs [10].

Candidat de l’extrême droite à la vice-présidence de la Chambre en 1829, il n’obtint que 62 voix.

Lors de la formation du cabinet Polignac le 8 août 1829 [11] il entre au gouvernement en tant que ministre des Affaires ecclésiastiques et de l’Instruction publique qu’il garda pendant 3 mois, sans se signaler par aucune mesure importante et il refusa de signer la suspension des cours de Cousin, Guizot et Villemain.

Le 18 novembre 1829, il quitte ce ministère pour l’Intérieur ou il succéda à François Régis de La Bourdonnaye . Le désir personnel de Charles X l’avait appelé à ce poste. Il commença par investir Jean Jacques Félix Sirieys de Mayrinhac de la direction de la police générale, et, à la Chambre, essaya plusieurs fois, mais vainement, de pallier, par ses déclarations, l’impopularité du cabinet dont il faisait partie. Il eut une part directe à la discussion de l’Adresse, le 5 mars 1830, lutta contre les attaques du parti constitutionnel, dénonça cette haine qui alarme, qui place les honnêtes citoyens sous les coups de la diffamation et de la calomnie, et qui empêche les magistrats de faire tout le bien qu’ils désirent. Puis il s’efforça de faire tourner au profit du gouvernement la campagne électorale. Partisan de l’ingérence du pouvoir, il recommanda aux préfets de lui adresser des renseignements confidentiels

Le 19 mai 1830, il succéda à Christophe de Chabrol de Crouzol comme ministre des Finances. A ce titre il signa les Ordonnances de juillet [12]. Il soutint jusqu’au bout le trône de Charles X, repoussa toute idée de transaction avec l’opposition ou les insurgés, concourut avec Jules de Polignac aux mesures de résistance, désavoua les essais de conciliation tentés par. Charles-Louis Huguet de Sémonville et Antoine Maurice Apollinaire d’Argout , accompagna le roi à Rambouillet [13] et, après que le duc d’Orléans eut été nommé lieutenant-général du royaume, rentra à Paris d’où il se rendit à Vienne, en Autriche [14].

Réélu à Toulouse le 23 juin 1830, décrété d’accusation le 28 septembre 1830, par 197 voix contre 69, il fut compris, comme contumace, dans l’arrêt de la cour des pairs qui condamna tous les anciens ministres du roi déchu à la mort civile et à la prison perpétuelle : acte fut donné en outre, aux commissaires de la Chambre, des réserves faites particulièrement contre lui pour le recouvrement sur ses biens d’une somme de 421,000 francs qu’il avait ordonnancée, le 28 juillet, en pleine lutte, pour le ravitaillement des troupes royales.

Amnistié par le ministère Molé [15] en 1837, il serait, selon certaines sources, revenu en France et se serait tenu à l’écart des choses publiques. Mais cela est tout à fait improbable : les Souvenirs publiés par son petit-fils ne le mentionnent pas ; il est resté à Frohsdorf [16] auprès du comte de Chambord ; il s’y marie le 19 novembre 1845 avec Alix de Gain de Montaignac, qui lui donne 3 fils.

C’est à Frohsdorf qu’il meurt en 1861 lors d’une visite auprès du comte de Chambord.


Il fut élu mainteneur de l’Académie des Jeux floraux de Toulouse [17] en 1822, au fauteuil 8 en remplacement de Barthélemy Jouvent .

On a de lui une Protestation, publiée en 1831, contre la procédure instruite contre lui devant les pairs : une Lettre sur le choléra de Vienne en 1852 : une notice sur le duc de Reichstad François Charles Joseph Bonaparte t en 1833 ; une relation des derniers moments de Charles X, etc.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte deNotice biographique de Guillaume de Montbel [archive], extrait de l’ouvrage Les ministres des Finances de la Révolution française au Second Empire, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, 2007, 624 p. (ISBN 978-2-11-094807-6) et de Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Notes

[1] Toulouse est une commune du sud-ouest de la France, préfecture de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne. Riches d’une longue histoire, Toulouse et ses environs sont occupés depuis le Paléolithique puis habités par les Volques Tectosages dès le 3ème siècle av. jc. La cité de Tolosa est fondée au début du 1er siècle par les Romains au bord de la Garonne, à l’emplacement de la ville actuelle. Au 5ème siècle, à la suite des invasions germaniques, elle est la capitale du royaume wisigoth. Réunie au royaume des Francs mérovingiens et carolingiens, elle est entre le 7ème et le 9ème siècle une des capitales du royaume d’Aquitaine. Elle est ensuite le cœur d’un puissant comté conservé par les Raimondins jusqu’au milieu du 13ème siècle. Elle devient alors une importante cité royale, capitale du Languedoc

[2] Les volontaires royaux sont une unité militaire composée lors des Cent-Jours, soit pendant le retour en France de l’empereur Napoléon et sa seconde abdication le 7 juillet 1815. Des monarchistes et notamment d’anciens chefs royalistes et émigrés constituent cette unité.

[3] Les Cent-Jours sont la période de l’histoire de France comprise entre le retour en France de l’empereur Napoléon 1er, le 1er mars 1815, et la dissolution de la Commission Napoléon II, chargée du pouvoir exécutif après la seconde abdication de Napoléon 1er, le 7 juillet 1815. Du 1er au 20 mars 1815, la reconquête du pouvoir par Napoléon est rythmée par son débarquement à Golfe-Juan et sa marche de plus en plus triomphale vers Paris. Cette période est surnommée le vol de l’Aigle par l’historiographie favorable à l’empereur. Du 20 mars au 22 juin 1815, c’est le second règne impérial de Napoléon 1er. Cette période voit le rétablissement du contrôle de l’administration et de l’armée par Napoléon, la modification de la Constitution avec l’Acte additionnel, et la reprise de la guerre contre les Alliés (Septième Coalition) qui s’achève par la défaite française à la bataille de Waterloo, et l’abdication de l’empereur. Du 22 juin au 7 juillet 1815, la Commission de gouvernement, établie à la suite de la seconde abdication, maintient l’existence des pouvoirs exécutifs pendant 2 semaines, puis laisse remonter sur le trône Louis XVIII, alors réfugié à Gand, après l’occupation de Paris par les armées britannique et prussienne.

[4] Il est nommé maire par ordonnance royale du 11 janvier 1826 ; il est installé le 12 février 1826 ; il démissionne le 7 août 1829.

[5] La Haute-Garonne (/ot.ga.ʁɔn/[1]) est un département situé dans le Languedoc et en Gascogne dans la région Occitanie. Sa préfecture est la ville de Toulouse, qui est aussi le chef-lieu de la région Occitanie. Un premier département de Haute-Garonne a existé de 1790 à 1808, qui englobait également l’ancien arrondissement de Castelsarrasin, avant la création du département de Tarn-et-Garonne.

[6] Le ministère Jean-Baptiste Sylvère Gaye de Martignac dure du 4 janvier 1828 au 8 août 1829, sous le règne de Charles X.

[7] Sous la Restauration, le parti libéral était un parti classé à gauche, réclamant une libéralisation de la monarchie, survenue en pratique après les Trois Glorieuses.

[8] La liberté de la presse est l’un des principes fondamentaux des systèmes démocratiques qui repose sur la liberté d’opinion et la liberté d’expression.

[9] Le 13 février 1820, le duc de Berry fut assassiné à l’Opéra par Louis-Pierre Louvel. Cet attentat fut déféré à la Cour des pairs en raison de la personne du duc de Berry, héritier de la Couronne, l’attentat contre la personne du roi ou de son héritier entrant dans la catégorie des crimes contre la sûreté de l’Etat.

[10] La guerre d’indépendance grecque (1821-1829), ou révolution grecque, est le conflit à l’issue duquel les Grecs, finalement soutenus par les grandes puissances (France, Royaume-Uni, Russie), réussirent à faire reconnaître leur indépendance par l’Empire ottoman. Le 25 mars 1821, les Grecs, définis d’abord en tant que chrétiens orthodoxes, se révoltèrent face à la domination de l’Empire ottoman. Cette révolte réussit, et l’indépendance de fait fut proclamée lors de l’Assemblée nationale d’Épidaure le 1er janvier 1822. Cette indépendance a été reconnue par Haïti, qui envoya 25 tonnes de café afin que les Grecs achètent des armes et 100 soldats. L’opinion publique européenne était assez favorable au mouvement, à l’image des philhellènes. Cependant, aucun gouvernement ne bougea à cause du poids politique et diplomatique de la Sainte-Alliance, et particulièrement de l’Autriche de Metternich, partisan acharné de l’ordre, de l’équilibre et du principe de légitimité instauré par le congrès de Vienne. Des Grecs vivant hors de l’Empire ottoman, comme des habitants des Îles Ioniennes tels que Ioánnis Kapodístrias, et des membres de l’élite grecque de Constantinople et des principautés danubiennes, les Phanariotes, apportèrent dès le début leur aide aux insurgés.

[11] Le ministère Jules de Polignac dure du 8 août 1829 au 29 juillet 1830, sous le règne de Charles X. Le ministère marque le retour à l’ultracisme (ultra royalisme) après la parenthèse Martignac.

[12] Les Ordonnances de Saint-Cloud, aussi appelées Ordonnances de Juillet ou Quatre Ordonnances, sont des ordonnances signées le 25 juillet 1830 par Charles X au château de Saint-Cloud, et publiées le lendemain 26 juillet dans le journal Le Moniteur universel, dans le but d’obtenir des élections plus favorables aux ultraroyalistes.

[13] Le château de Rambouillet, ancienne résidence royale, impériale et présidentielle, est situé à Rambouillet, chef-lieu d’arrondissement du sud des Yvelines dans un parc de 980 hectares au sein de la forêt de Rambouillet. Le château de Rambouillet est un lieu de calme pour les princes et les souverains. Eloigné de la cour du roi de France (Paris ou Versailles), les princes et chef de l’Etat se servent du domaine et du château comme un haut lieu de diplomatie.

[14] Vienne est la capitale et la plus grande ville de l’Autriche ; elle est aussi l’un des neuf Länder (État fédéré) du pays. La ville est située dans l’est du pays et traversée par le Danube (Donau). Capitale du duché puis archiduché d’Autriche, elle fut de fait celle du monde germanique durant le règne de la maison de Habsbourg (devenue en 1745 la maison de Habsbourg-Lorraine) sur le Saint-Empire romain germaniquepuis présida la Confédération germanique de 1815 à 1866. Elle fut en même temps celle de l’empire d’Autriche de 1804 à 1867 puis de l’Autriche-Hongrie de 1867 à 1918.

[15] Le premier ministère Molé est le dixième ministère de la monarchie de Juillet, formé le 6 septembre 1836 sous la présidence de Louis-Mathieu Molé pour succéder au président du Conseil Thiers. Comptant 8 membres, il reste en fonction jusqu’au 15 avril 1837.

[16] Le château de Frohsdorf est situé à Lanzenkirchen, au sud de Wiener Neustadt en Autriche. Le bâtiment représentatif, de style baroque, est principalement connu pour avoir été, durant environ un siècle, la résidence des descendants du roi de France Charles X en exil.

[17] Les mainteneurs sont « appelés ainsi parce qu’ils maintenaient autrefois et défendaient les règles de la poésie dans les disputes ». Ils se répartissent à l’origine en trente-six fauteuils, dont le nombre est porté à quarante en 1725. Les statuts de l’Académie stipulent que sont choisis parmi eux : « un Modérateur ou président ; un Sous-modérateur ou vice-président ; deux Censeurs, un Dispensateur ; le Secrétaire perpétuel et le Secrétaire particulier des assemblées ordinaires