Né à Toulouse [1], son père meurt sur l’échafaud, et lui-même montre très tôt des signes de son fervent zèle royaliste. Il s’engage ainsi dans les Volontaires Royaux [2] en 1815, et est placé sous la surveillance de la police impériale durant les Cent-Jours [3].
Propriétaire à Toulouse, conseiller municipal de cette ville, il en fut nommé maire par la Restauration [4], en remplacement de Joseph de Villèle .
Il est ensuite élu député du second arrondissement de Haute-Garonne [5] le 17 novembre 1827 par 281 voix (330 votants, 399 inscrits), contre 108 à M. Cassaing. Il se trouva en quelque sorte, sous le ministère Martignac [6], le représentant du cabinet précédent. Actif, zélé, tout dévoué à la cause monarchique, doué d’une certaine facilité de parole, il se fit le défenseur résolu des idées de M. de Villèle en matière de politique et de finances, multiplia les propositions et les amendements sans se laisser décourager par l’insuccès, et combattit sans relâche le parti libéral [7].
Membre de la commission chargée d’examiner le projet de loi sur la presse périodique, il se montra l’adversaire de la liberté de la presse [8], invoqua, à l’appui de sa thèse, l’attentat de Louvel* contre le duc de Berry [9], attentat dont il imputait la responsabilité aux journalistes de l’opposition, et réclama la censure facultative.
Le 19 février, comme la majorité paraissait disposer à ajourner la motion de Labbey de Pompières relative à la mise en accusation des derniers ministres, il combattit cette tendance, et exposa, qu’il était impossible de laisser plus longtemps indécise la position de pairs de France, d’anciens ministres du roi. La majorité se rangea à son avis et accepta la discussion.
Plus tard, il combat également comme ruineuse et romanesque l’intervention des Grecs [10].
Candidat de l’extrême droite à la vice-présidence de la Chambre en 1829, il n’obtint que 62 voix.
Lors de la formation du cabinet Polignac le 8 août 1829 [11] il entre au gouvernement en tant que ministre des Affaires ecclésiastiques et de l’Instruction publique qu’il garda pendant 3 mois, sans se signaler par aucune mesure importante et il refusa de signer la suspension des cours de Cousin, Guizot et Villemain.
Le 18 novembre 1829, il quitte ce ministère pour l’Intérieur ou il succéda à François Régis de La Bourdonnaye . Le désir personnel de Charles X l’avait appelé à ce poste. Il commença par investir Jean Jacques Félix Sirieys de Mayrinhac de la direction de la police générale, et, à la Chambre, essaya plusieurs fois, mais vainement, de pallier, par ses déclarations, l’impopularité du cabinet dont il faisait partie. Il eut une part directe à la discussion de l’Adresse, le 5 mars 1830, lutta contre les attaques du parti constitutionnel, dénonça cette haine qui alarme, qui place les honnêtes citoyens sous les coups de la diffamation et de la calomnie, et qui empêche les magistrats de faire tout le bien qu’ils désirent. Puis il s’efforça de faire tourner au profit du gouvernement la campagne électorale. Partisan de l’ingérence du pouvoir, il recommanda aux préfets de lui adresser des renseignements confidentiels
Le 19 mai 1830, il succéda à Christophe de Chabrol de Crouzol comme ministre des Finances. A ce titre il signa les Ordonnances de juillet [12]. Il soutint jusqu’au bout le trône de Charles X, repoussa toute idée de transaction avec l’opposition ou les insurgés, concourut avec Jules de Polignac aux mesures de résistance, désavoua les essais de conciliation tentés par. Charles-Louis Huguet de Sémonville et Antoine Maurice Apollinaire d’Argout , accompagna le roi à Rambouillet [13] et, après que le duc d’Orléans eut été nommé lieutenant-général du royaume, rentra à Paris d’où il se rendit à Vienne, en Autriche [14].
Réélu à Toulouse le 23 juin 1830, décrété d’accusation le 28 septembre 1830, par 197 voix contre 69, il fut compris, comme contumace, dans l’arrêt de la cour des pairs qui condamna tous les anciens ministres du roi déchu à la mort civile et à la prison perpétuelle : acte fut donné en outre, aux commissaires de la Chambre, des réserves faites particulièrement contre lui pour le recouvrement sur ses biens d’une somme de 421,000 francs qu’il avait ordonnancée, le 28 juillet, en pleine lutte, pour le ravitaillement des troupes royales.
Amnistié par le ministère Molé [15] en 1837, il serait, selon certaines sources, revenu en France et se serait tenu à l’écart des choses publiques. Mais cela est tout à fait improbable : les Souvenirs publiés par son petit-fils ne le mentionnent pas ; il est resté à Frohsdorf [16] auprès du comte de Chambord ; il s’y marie le 19 novembre 1845 avec Alix de Gain de Montaignac, qui lui donne 3 fils.
C’est à Frohsdorf qu’il meurt en 1861 lors d’une visite auprès du comte de Chambord.
Il fut élu mainteneur de l’Académie des Jeux floraux de Toulouse [17] en 1822, au fauteuil 8 en remplacement de Barthélemy Jouvent .
On a de lui une Protestation, publiée en 1831, contre la procédure instruite contre lui devant les pairs : une Lettre sur le choléra de Vienne en 1852 : une notice sur le duc de Reichstad François Charles Joseph Bonaparte t en 1833 ; une relation des derniers moments de Charles X, etc.