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L’histoire pour le plaisir

Auguste Le Prévost

samedi 21 juin 2025, par lucien jallamion

Auguste Le Prévost (1787-1859)

Géologue, botaniste, philologue, archéologue et historien français-Sous-préfet de Rouen en 1814-Député de l’Eure de 1834 à 1848

Son savoir encyclopédique, et la méthode rigoureuse et critique appliquée à ses recherches, en font un novateur en son temps. Charles Nodier l’a surnommé“ le Pausanias de notre temps”.

En même temps qu’il effectue des études classiques et de droit, Auguste Le Prévost se passionne pour l’histoire et l’archéologie, ce qui le conduit à apprendre, outre le latin et le grec, l’anglais, l’italien, l’allemand, le suédois, l’hébreu et le sanscrit. Également à l’origine, avec son ami, le Caennais Arcisse de Caumont , des recherches sur l’architecture romane et gothique en Normandie et en France, il a cofondé, en 1824, avec ce dernier, Charles de Gerville et l’ abbé Gervais de La Rue , la Société des antiquaires de Normandie [1], véritable école en mouvement de spécialistes de l’architecture. Élu à l’Académie de Rouen [2], en 1813, il présidera ensuite, à diverses reprises, diverses sociétés savantes de la Seine-Inférieure [3] et de l’Eure [4].

Durant le voyage en Normandie de Nodier et du baron Isidore Taylor , il a été leur guide et leur directeur. Non content de les conduire sur place pour tout leur expliquer, il a donné à Nodier toutes ses notes et même un premier texte qui devait donner lieu à la publication, en 1820,“ des Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France”. Lors de la visite, vers la même époque, de Gisors [5], par le géologue et botaniste Antoine Passy , il herborise avec lui, dans la campagne locale.

Le 22 aout 1814, appelé par Stanislas de Girardin au poste de sous-préfet de Bernay [6], il en est révoqué en novembre 1815, après les Cent-Jours [7]. Bien décidé à ne plus engager sa liberté et à la consacrer reconquise à ses études, il rentre néanmoins en politique, lorsque l’ordonnance royale du 22 janvier 1831 instituant le conseil général de l’Eure l’y nomme.

Passionné d’histoire normande, il publie en 5 volumes l’œuvre du chroniqueur normand Orderic Vital, qui donne de précieux renseignements sur les mœurs féodales, monastiques et populaires et l’histoire des 11 et 12ème siècles. Parmi ses nombreuses communications scientifiques, son Discours sur la poésie romantique, paru en 1825, signale son éclectisme.

Membre assidu de la Commission des monuments historiques [8], il a obtenu la restauration du théâtre antique de Lillebonne [9] et de la salle capitulaire de Saint-Georges [10], puis l’achèvement de celle du palais de justice [11] et l’abbaye Saint-Ouen de Rouen [12]. Ses innombrables Notes historiques et archéologiques restées inédites ont par ailleurs fait l’objet d’une publication en plusieurs volumes entre 1866 et 1869 par Louis Passy et Léopold Delisle  : largement utilisées par des générations de chercheurs, elles font toujours autorité.

Élu député, lors des élections législatives du 21 juin 1834, il sera constamment réélu jusqu’à la Révolution de 1848. Orléaniste, il voit disparaître ce régime, sans pour autant s’opposer au nouveau régime républicain.

Ami du ministre Guizot, membre libre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres depuis 1838 et de la Commission des monuments historiques.

Il se consacre alors à nouveau à ses recherches, qu’il n’a d’ailleurs jamais abandonnées et qui lui ont valu le surnom de Pausanias normand.

Il meurt en 1859, pratiquement aveugle, au château du Parquet à la Vaupalière.

P.-S.

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Notes

[1] La Société des antiquaires de Normandie est une société historique et archéologique normande fondée en 1824 par Arcisse de Caumont. Elle tient ses réunions à l’hôtel d’Escoville, à Caen.

[2] L’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen est une société savante née de la transformation officielle, le 17 juin 1744, par lettres patentes de Louis XV, de réunions d’amis férus de botanique dans un petit jardin du faubourg Bouvreuil.

[3] La Seine-Maritime, dénommée Seine-Inférieure jusqu’en 1955, est un département français de la région Normandie dont il héberge plus du tiers de la population. Sa préfecture est Rouen et sa plus grande ville est Le Havre.

[4] L’Eure est un département français de la région Normandie. Il tire son nom de l’Eure, rivière qui le traverse avant de rejoindre la Seine. Sa préfecture est Évreux.

[5] Gisors est une commune française située dans le département de l’Eure, en région Normandie. Cette ancienne cité située à la lisière du Vexin normand témoigne par son patrimoine architectural de la lutte acharnée entre souverains Capétiens et Plantagenêt durant une partie du Moyen Âge. Élément important du paysage urbain, son château fort se dresse depuis lors sur une éminence dominant la ville.

[6] L’arrondissement de Bernay est une division administrative française, située dans le département de l’Eure et la région Normandie. Il correspond à la partie ouest du département.

[7] Les Cent-Jours sont la période de l’histoire de France comprise entre le retour en France de l’empereur Napoléon 1er, le 1er mars 1815, et la dissolution de la Commission Napoléon II, chargée du pouvoir exécutif après la seconde abdication de Napoléon 1er, le 7 juillet 1815. Du 1er au 20 mars 1815, la reconquête du pouvoir par Napoléon est rythmée par son débarquement à Golfe-Juan et sa marche de plus en plus triomphale vers Paris. Cette période est surnommée le vol de l’Aigle par l’historiographie favorable à l’empereur. Du 20 mars au 22 juin 1815, c’est le second règne impérial de Napoléon 1er. Cette période voit le rétablissement du contrôle de l’administration et de l’armée par Napoléon, la modification de la Constitution avec l’Acte additionnel, et la reprise de la guerre contre les Alliés qui s’achève par la défaite française à Waterloo (Septième Coalition), et l’abdication de l’empereur. Du 22 juin au 7 juillet 1815, la Commission de gouvernement, établie à la suite de la seconde abdication, maintient l’existence des pouvoirs exécutifs pendant deux semaines, puis laisse remonter sur le trône Louis XVIII, alors réfugié à Gand, après l’occupation de Paris par les armées britannique et prussienne

[8] La Commission des monuments historiques est créée par l’arrêté ministériel du 29 septembre 1837 à la suite d’un rapport de Jean Vatout, président du Conseil des bâtiments civils. Placée le 7 octobre 1837 au sein de la direction des monuments publics du ministère de l’Intérieur. Elle est chargée d’assister l’inspecteur général des monuments historiques et le bureau des Monuments historiques et de répartir les subventions au profit des édifices protégés. Elle se réunit pour la première fois en mars 1838 et publie la première liste des monuments classés en 1840. La Commission examine les demandes de subventions, liste les édifices, donne son avis, et peut proposer l’achat d’un édifice. Son importance s’accroit au cours du 19ème siècle avec la création de sections et de sous-commissions, comme la sous-commission des monuments mégalithiques crée en 1879 par Jules Ferry. La commission est réformée par le décret du 17 mai 1909 qui prévoit trois sections : la section des monuments historiques, celle des monuments préhistoriques et celle des antiquités et objets d’art. La Commission s’accroît de nouvelles sections au 20ème siècle dont certaines n’ont été que temporaires.

[9] Le théâtre antique de Lillebonne est un édifice de spectacle antique situé dans l’ancienne ville de Juliobona, aujourd’hui Lillebonne, dans le département français de Seine-Maritime. Construit au 1er siècle en profitant d’une colline sur laquelle il s’appuie, il est rebâti puis agrandi aux 2 et 3ème siècles avant d’être transformé en forteresse à la fin du 3ème siècle. Malgré des interruptions qui durent parfois plusieurs décennies, le théâtre fait l’objet de fouilles régulières depuis le début du 19ème siècle et, au 21ème siècle, seule sa scène, sous l’emprise d’une route, n’a pas pu être étudiée. Il est classé par liste de 1840.

[10] La salle capitulaire de l’abbaye Saint-Georges de Boscherville est une merveille du style gothique normand construite sous l’abbatiat (1157-1211) de l’abbé Victor qui y est inhumé. Elle jouxte le croisillon nord de l’église et est englobée dans le bâtiment construit par les mauristes avec la volonté de la préserver.

[11] Le palais de justice de Rouen, ancien Échiquier de Normandie, est un édifice de la ville de Rouen, situé dans le département français de la Seine Maritime. Il s’agit de l’un des monuments les plus emblématiques de la capitale normande. Réalisé en grande partie de 1499 à 1507 pour abriter le Parloir aux Bourgeois et l’ancien Échiquier de Normandie, il devient Parlement de Normandie sous le règne de François 1er, en 1515, avant de faire fonction de palais de justice à partir de la Révolution française. Le bâtiment sera agrandi au 19ème siècle vers les rues Jeanne-d’Arc et Socrate

[12] L’abbaye Saint-Ouen de Rouen est une ancienne abbaye bénédictine entre 750 et la Révolution française. Il n’en subsiste que l’ancienne abbatiale, qui se dresse sur le territoire de la commune française de Rouen, dans le département de la Seine-Maritime. L’édifice subsistant, qui est l’un des principaux monuments de la ville de Rouen, est un exemple achevé de l’architecture gothique en Normandie. Il est classé au titre des monuments historiques.