L’Algérie des origines à 680 de notre ère

- Ruines du mur byzantin de Tébessa, l’un des nombreux sites restaurés et fortifiés par Solomon (6ème siècle)
L’Algérie entre dans l’Histoire avec Massinissa et son petit-fils Jugurtha, qui commandent les tribus numides [1] établies à l’est de Constantine [2], à cheval sur l’Algérie et la Tunisie actuelles.
La vie des 2 héros est racontée dans Les guerres numides par l’historien romain Salluste, né vers 86 av. jc. Le récit ressemble en tous points à une chanson de geste.
Les amours contrariés de Massinissa et Sophonisbe
Massinissa, né vers 238 av. jc, est élevé à Carthage [3], prospère colonie phénicienne implantée au nord de Tunis [4]. Devenu adulte, il met sa cavalerie au service des Carthaginois et combat avec eux son rival Syphax et les Romains.
Puis il change de camp et rejoint Scipion. Les Carthaginois, qui devaient lui donner en mariage la princesse Sophonisbe, fiancent celle-ci à Syphax.
Qu’à cela ne tienne. Massinissa capture Syphax. Il récupère sa promise et se dispose à l’épouser. Mais voilà que son allié Scipion exige d’exhiber Sophonisbe lors de son prochain triomphe, à Rome.
Plutôt que de livrer la malheureuse Sophonisbe aux Romains dont il s’est fait le serviteur, Massinissa lui donne du poison la nuit même de ses noces.
Pour Massinissa, la vie continue donc. Sa cavalerie, alliée aux légions romaines, contribue à la défaite des Carthaginois sous les murs de Zama [5], sa capitale, en 202 av. jc.
Le roi numide va encore régner très longtemps. À la fin de sa vie, il tentera même de s’emparer de Carthage ou de ce qu’il en reste pour en faire sa capitale. Mais les Romains, peu soucieux de voir leur vassal s’ériger en rival, l’en empêcheront.
Finalement, il mourra au sommet de sa gloire en janvier 148 av. jc, à 88 ans, 2 ans avant que les Romains rasent Carthage.
La lune de miel entre Rome et le royaume numide va se prolonger sous son fils et successeur Micipsa. Elle va durer jusqu’à l’avènement de Jugurtha, petit-fils de Massinissa et neveu du précédent.
Jugurtha, le dernier résistant
Brutal et cynique, Jugurtha massacre les 2 fils de Micipsa et réunit la Numidie sous son autorité. Il s’en prend aussi aux marchands romains. Sommé de se justifier, il tente pendant un temps d’éteindre la colère de Rome en stipendiant sénateurs et consuls.
Rome envoie une première armée à la poursuite de Jugurtha mais elle est battue et contrainte de passer sous le joug. Le consul Metellus et son adjoint Marius partent à leur tour combattre les Numides. Après l’éviction de Metellus, Marius prend la tête des opérations avec le titre de consul.
Jugurtha résiste à Marius et aux Romains en pratiquant la guérilla.
Mais le questeur de Marius, Sylla, soudoie le beau-père de Jugurtha, Bocchus, qui règne sur la Maurétanie [6], à savoir l’Algérie occidentale et le Maroc actuel. Le roi des Maures attire son gendre dans un guet-apens et le livre en 105 av. jc aux Romains.
La fin des guerres numides
Bocchus devient le nouvel ami des Romains cependant que Jugurtha est exhibé au triomphe de Marius puis étranglé dans la prison du Tullianum [7], comme plus tard un autre héros national... le Gaulois Vercingétorix.
Les Tunisiens d’aujourd’hui voient dans Jugurtha le premier symbole de la résistance nationale à l’oppression.
L’Afrique du Nord enfin soumise à Rome
Au terme de ces longues guerres numides, en 46 av. jc, Jules César annexe le royaume de Maurétanie et le transforme en une province romaine.
Les Romains fondent des villes prospères dont subsistent de glorieux vestiges : le port de Tipasa [8], à l’ouest d’Alger, Cherchell [9], Lambésis [10], Hippone [11]. La plus célèbre de ces villes est Timgad [12].
Construite par l’empereur Trajan vers 100 et peuplée de vétérans des légions, Timgad a vocation à défendre la plaine orientale de l’Algérie contre les montagnards des Aurès [13].
L’empereur Trajan fonde aussi Cuicul [14] en 98. Située au milieu de plaines à blé, entre l’Atlas [15] et les Aurès, la ville s’agrandit sous le règne de Caracalla jusqu’à compter 10.000 habitants.
Pas plus que les envahisseurs qui leur succèderont, les Romains n’arrivent à soumettre les populations indigènes des montagnes. Il s’agit de pasteurs semi-nomades héritiers des Numides, que l’on appelle Berbères [16] ou bien Chaouis [17].
Dans l’empire, devenu chrétien au 4me siècle, se lève une personnalité hors pair, Augustin.
Né à Tagaste [18] en 354, non loin de la Tunisie, Augustin devient évêque d’Hippone devenue Bône puis Annaba. Il combat avec éloquence les rudes hérésies qui affligent la chrétienté d’Afrique du nord [19].
La mise à sac de Rome en 410 par le Wisigoth [20] Alaric lui inspire une réflexion désabusée sur le monde terrestre :“ La Cité de Dieu”.
Il meurt 20 ans plus tard, après que les Vandales [21], envahisseurs germains venus d’Outre-Rhin, ont ruiné pour très longtemps l’Afrique du nord.
En 534, le général Bélisaire reconquiert le littoral et les plaines pour le compte de l’empereur romain d’Orient, Justinien.
Les Byzantins [22] vont se maintenir pendant près de 2 siècles sur place, jusqu’à l’irruption des armées de l’islam sous la conduite de Oqba, compagnon du Prophète, en 680.
Notes
[1] La Numidie est d’abord un ancien royaume berbère, qui alterna ensuite entre le statut de province et d’état vassal de l’Empire romain. Elle est située sur la bordure nord de l’Algérie moderne, bordé par la province romaine de Maurétanie, de nos jours l’Algérie et le Maroc, à l’ouest, la province romaine d’Afrique, la Tunisie, à l’est, la mer Méditerranée vers le nord , et le désert du Sahara vers le sud. Ses habitants étaient les Numides.
[2] Constantine, l’une des plus anciennes cités du monde, est une ville importante dans l’histoire méditerranéenne. Anciennement Cirta, capitale de la Numidie de 300 av. jc à 46 av. J.-C. elle passe sous domination romaine par la suite. C’est à l’empereur Constantin Ier qu’elle doit son nom actuel depuis 313. Durant le Moyen Âge elle est conquise par les Arabes au viie siècle et elle fera partie successivement du royaume aghlabide, de l’empire fatimide puis des royaumes ziride, hammadide, almohade et hafside. Elle deviendra au 16ème siècle la capitale du beylik de Constantine, siège du pouvoir beylical et vassale de la régence d’Alger. Lors de la conquête de l’Algérie par les Français elle sera prise en 1837, après un échec en 1836. Intégrée à la wilaya II, le Constantinois, par le FLN durant la guerre d’Algérie elle devient le siège de sa propre wilaya à l’indépendance du pays.
[3] Carthage est une ville tunisienne située au nord-est de la capitale Tunis. L’ancienne cité punique, détruite puis reconstruite par les Romains qui en font la capitale de la province d’Afrique proconsulaire, est aujourd’hui l’une des municipalités les plus huppées du Grand Tunis, résidence officielle du président de la République, regroupant de nombreuses résidences d’ambassadeurs ou de richissimes fortunes tunisiennes et expatriées. La ville possède encore de nombreux sites archéologiques, romains pour la plupart avec quelques éléments puniques,
[4] Tunis est la ville la plus peuplée et la capitale de la Tunisie. Elle est aussi le chef-lieu du gouvernorat du même nom depuis sa création en 1956. Située au nord du pays, au fond du golfe de Tunis dont elle est séparée par le lac de Tunis, la cité s’étend sur la plaine côtière et les collines avoisinantes. Son cœur historique est la médina. Bourgade modeste placée dans l’ombre de Carthage, Kairouan puis Mahdia, elle est finalement désignée comme capitale le 20 septembre 1159, sous l’impulsion des Almohades, puis confirmée dans son statut sous la dynastie des Hafsides en 1228 et à l’indépendance du pays le 20 mars 1956.
[5] Zama Regia dite parfois Zama Maior, ou Zama est une ville antique d’origine numide, rattachée ultérieurement à la Proconsulaire romaine, située en Tunisie actuelle. Zama fut le théâtre d’une bataille célèbre entre Romains et Carthaginois en 202 avant l’ère chrétienne, où l’armée romaine conduite par Scipion l’Africain, et alliée à l’armée numide de Massinissa, a écrasé définitivement l’armée d’Hannibal, mettant fin à la deuxième Guerre punique.
[6] La Maurétanie désigne le territoire des Maures dans l’Antiquité. Il s’étendait sur le Nord-ouest et central de l’actuelle Algérie, et une partie du nord Marocain. Sous Rome, le territoire fut divisé en provinces :
Maurétanie Césarienne, qui correspond à l’Algérie centrale et occidentale. La capitale était Caesarea (actuelle Cherchel ou Cherchell).
Maurétanie Sitifienne , créée par Dioclétien pour la partie orientale de la Maurétanie Césarienne avec Sitifis (actuelle Sétif en Algérie) comme capitale.
Maurétanie Tingitane, qui correspond à peu près au Nord du Maroc actuel. Les villes principales sont Volubilis, Sala, Lixus, Banasa, Ceuta, Melilla et Tingis (actuelle Tanger) qui en était le chef-lieu. Elle fut attachée administrativement à la province d’Espagne (la Bétique) Le nom a donné aujourd’hui Mauritanie, qui est un État d’Afrique de l’ouest, situé au sud du Sahara, adhérant à la Ligue arabe.
[7] Le Tullianum, plus connu sous le nom de prison Mamertine, est une ancienne prison de Rome, située de nos jours sous l’église San Giuseppe dei Falegnami, dans le rione de Campitelli. Le nom Mamertine est dérivé du latin « Mamertinus », faisant référence à Mars, le dieu de la guerre, et à son autel situé à proximité. Selon la tradition, cette prison de Rome a été creusée au pied du Capitole au 7ème siècle av. jc, sous le règne d’Ancus Marcius. Cette prison a été agrandie par Servius Tullius qui lui aurait laissé son nom. Elle fut encore agrandie sous Tibère. C’était une prison souterraine à deux étages. Ce lieu ne servait pas seulement de lieu de détention, mais aussi d’exécution. Jugurtha et Séjan y furent incarcérés. Cicéron y fit exécuter les complices de Catilina. Vercingétorix y séjourna avant sa probable exécution. La plupart des prisonniers ne restaient pas longtemps dans cette prison et étaient exécutés au bout de quelques mois. Selon la tradition chrétienne, c’est là aussi que furent détenus les apôtres Pierre et Paul.
[8] Tipasa de Maurétanie est un site archéologique situé sur le territoire de la commune de Tipaza en Algérie, qui conserve les ruines d’une ville romaine. Bien qu’elle ait été entourée d’une enceinte de protection, cela n’a pas empêché sa destruction en 430 par les Vandales menés par Genséric. À la fin du 5ème siècle, sous Hunéric, les chrétiens sont persécutés et fuient par mer vers l’Espagne. En 534, les Byzantins reprennent l’Afrique, Tipasa a dû retrouver une certaine paix et prospérité comme en témoignent certains travaux d’agrandissement, de remplois ou de réadaptations. Au-delà du 6èmre siècle, la vie continue dans la précarité et le provisoire et Tipasa finit par subir le sort de toutes les cités abandonnées, livrée aux alluvions des oueds et à l’ensevelissement des dunes.
[9] Césarée de Maurétanie ou Caesarea, actuelle Cherchell est une ancienne ville sur la côte méditerranéenne de l’Algérie moderne. Elle fut l’une des plus importantes cités du littoral occidental de l’Afrique du Nord antique, particulièrement à l’époque romaine. Le territoire de la commune de Cherchell est situé à l’ouest de la wilaya de Tipaza. Cherchell est une ville côtière de la mer Méditerranée, située à environ 90 km à l’ouest d’Alger, à 20 km à l’ouest deTipaza et à 90 km à l’est de Ténès.
[10] Lambésis est une ancienne ville romaine en ruines, en Algérie, à 11 km au sud-est de Batna et à 27 km à l’ouest de Timgad, près du village moderne de Tazoult.
[11] Hippone est le nom antique de la ville d’Annaba, se trouvant au Nord-Est de l’Algérie. Elle devint l’une des principales citées de l’Afrique romaine. Saint Augustin fut évêque de la ville de 396 jusqu’à sa mort en 430. Au 5ème siècle, Hippone est devenue le foyer du christianisme sous l’épiscopat de Saint Augustin évêque de la ville de 396 jusqu’à sa mort en 430. Hippone est ensuite prise par les Vandales en 431 puis par les Byzantins en 533.
[12] Timgad ou Thamugadi est une cité antique située sur le territoire de la commune éponyme de Timgad, dans la wilaya de Batna dans les Aurès, au nord-est de l’Algérie. Elle fut fondée par l’empereur romain Trajan en 100 et dotée du statut de colonie. Il s’agit de la dernière colonie de déduction en Afrique romaine. Bâtie avec ses temples, ses thermes, son forum et son grand théâtre, la ville, initialement d’une superficie de 12 hectares, finit par en occuper plus d’une cinquantaine.
[13] L’Aurès est une région d’Algérie située à l’est de ce pays, caractérisée à la fois par sa riche histoire, son relief principalement montagneux et par son peuplement traditionnel (le groupe berbérophone des Chaouis). Cette région, dont le nom remonte à l’Antiquité, faisait partie, avant la conquête romaine du territoire de l’ancienne Numidie.
[14] aujourd’hui Djemila
[15] L’Atlas est un massif montagneux de l’Afrique du Nord, culminant à 4 167 mètres d’altitude au djebel Toubkal, au Maroc. Il s’étend sur trois pays : le Maroc, l’Algérie et la Tunisie.
[16] Les Berbères sont les membres d’un groupe ethnique autochtone d’Afrique du Nord. Connus dans l’Antiquité sous le nom de Libyens, les Berbères ont porté différents noms durant l’histoire, tels que Mazices, Maures, Numides, Gétules, Garamantes et autres. Ils sont répartis dans une zone s’étendant de l’océan Atlantique à l’oasis de Siwa en Égypte, et de la mer Méditerranée au fleuve Niger en Afrique de l’Ouest. Aujourd’hui, la majeure partie des Berbères vit en Afrique du Nord : on les retrouve au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Libye, au Niger, au Mali, en Mauritanie, au Burkina Faso, en Égypte, mais aussi aux Îles Canaries. De grandes diasporas vivent en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Italie, au Canada et dans d’autres pays d’Europe
[17] Les Chaouis sont un groupe ethnique Berbère d’Algérie. Ils habitent principalement le massif de l’Aurès en Algérie, qui est leur région historique, ainsi que les régions attenantes, comme le Constantinois, et la région des Chotts, au total une grande partie de l’Est algérien. Par la population et par le nombre de locuteurs, les Chaouis représentent le deuxième groupe berbérophone algérien, après les Kabyles. En dehors de l’Aurès, les Chaouis se trouvent dans les régions situées au nord de ce massif : les monts et plaines de Belezma, du Boutaleb, la région des chotts et les hautes plaines constantinoises. Du point de vue du découpage administratif, les populations chaouies se trouvent principalement dans les wilayas de Batna, de Khenchela, d’Oum El Bouaghi, de Tébessa, de Souk Ahras, de Guelma, de Constantine, de Biskra, de Sétif, de Bordj Bou Arreridj, de M’Sila, d’Annaba, de Skikda, et à Mila,. Les Chaouis se trouvent donc aussi en Petite Kabylie.
[18] aujourd’hui Souk-Ahras en Algérie
[19] donatisme, manichéisme, arianisme.
[20] Les Wisigoths entrent en Gaule, ruinée par les invasions des années 407/409. En 416 les Wisigoths et leur roi Wallia continuent leur invasion en Espagne, où ils sont envoyés à la solde de Rome pour combattre d’autres Barbares. Lorsque la paix avec les Romains fut conclue par le fœdus de 418, Honorius accorda aux Wisigoths des terres dans la province Aquitaine seconde. La sédentarisation en Aquitaine a lieu après la mort de Wallia. Les Wisigoths pénétrèrent en Espagne dès 414, comme fédérés de l’Empire romain. Le royaume des Wisigoths eut d’abord Toulouse comme capitale. Lorsque Clovis battit les Wisigoths à la bataille de Vouillé en 507, ces derniers ne conservent que la Septimanie, correspondant au Languedoc et une partie de la Provence avec l’aide des Ostrogoths. Les Wisigoths installèrent alors leur capitale à Tolède pour toute la suite. En 575 ils conquièrent le royaume des Suèves situé dans le nord du Portugal et la Galice. En 711 le royaume est conquis par les musulmans.
[21] Les Vandales sont un peuple germanique oriental. Ils conquirent successivement la Gaule, la Galice et la Bétique (sud de l’Espagne), l’Afrique du Nord et les îles de la Méditerranée occidentale lors des Grandes invasions, au 5ème siècle. Ils fondèrent également le « royaume vandale d’Afrique » (439–534) dont la capitale fut Carthage.
[22] L’Empire byzantin ou Empire romain d’Orient désigne l’État apparu vers le 4ème siècle dans la partie orientale de l’Empire romain, au moment où celui-ci se divise progressivement en deux. L’Empire byzantin se caractérise par sa longévité. Il puise ses origines dans la fondation même de Rome, et la datation de ses débuts change selon les critères choisis par chaque historien. La fondation de Constantinople, sa capitale, par Constantin 1er en 330, autant que la division d’un Empire romain de plus en plus difficile à gouverner et qui devient définitive en 395, sont parfois citées. Quoi qu’il en soit, plus dynamique qu’un monde romain occidental brisé par les invasions barbares, l’Empire d’Orient s’affirme progressivement comme une construction politique originale. Indubitablement romain, cet Empire est aussi chrétien et de langue principalement grecque. À la frontière entre l’Orient et l’Occident, mêlant des éléments provenant directement de l’Antiquité avec des aspects innovants dans un Moyen Âge parfois décrit comme grec, il devient le siège d’une culture originale qui déborde bien au-delà de ses frontières, lesquelles sont constamment assaillies par des peuples nouveaux. Tenant d’un universalisme romain, il parvient à s’étendre sous Justinien (empereur de 527 à 565), retrouvant une partie des antiques frontières impériales, avant de connaître une profonde rétractation. C’est à partir du 7ème siècle que de profonds bouleversements frappent l’Empire byzantin. Contraint de s’adapter à un monde nouveau dans lequel son autorité universelle est contestée, il rénove ses structures et parvient, au terme d’une crise iconoclaste, à connaître une nouvelle vague d’expansion qui atteint son apogée sous Basile II (qui règne de 976 à 1025). Les guerres civiles autant que l’apparition de nouvelles menaces forcent l’Empire à se transformer à nouveau sous l’impulsion des Comnènes avant d’être disloqué par la quatrième croisade lorsque les croisés s’emparent de Constantinople en 1204. S’il renaît en 1261, c’est sous une forme affaiblie qui ne peut résister aux envahisseurs ottomans et à la concurrence économique des républiques italiennes (Gênes et Venise). La chute de Constantinople en 1453 marque sa fin.