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Caius Marius dit le sage

mercredi 27 juillet 2011, par ljallamion

Caius Marius dit le sage (157 av jc-86 av jc)

Général et homme politique romain

Né à Arpinum [1], dans le pays Volsque [2], qui, même si elle offrait la citoyenneté romaine complète à ses habitants, restait néanmoins une petite ville de second rang, bien qu’elle soit également la ville natale de Cicéron. Fils de Caius Marius et de Fulcinie. Son éducation fut plus militaire qu’intellectuelle et servit sous les ordres de Scipion Émilien au siège de Numance [3], en 134-133 av jc.

Fort de son service à Numance et du patronat des Metelli, il parvint à se faire élire questeur en 121 en Gaule transalpine, au moment du coup d’état sénatorial contre Caius Gracchus.

On peut penser que ces événements l’inspirèrent et il se fit élire tribun de la plèbe en 119 grâce au soutien des Metelli. Il s’illustra alors en imposant une nouvelle loi sur les procédures de vote contre l’avis du consul Aurelius Cotta, qu’il n’hésita pas à le menacer de prison. Il acquit ainsi une réputation d’homme politique résolu et une certaine popularité auprès des pauvres.

Sa popularité et ses appuis dans le mouvement des populares [4] lui permirent tout de même d’être élu de justesse préteur en 115, dernier des 6 magistrats élus, mais il dut alors essuyer un procès des optimates [5] pour corruption électorale. C’était compter sans les réformes des frères Gracchus, composant les tribunaux de chevaliers, qui se firent un plaisir d’innocenter Marius.

Peu à l’aise au sein des intrigues de Rome, c’est finalement par le champ de bataille qu’il accéda au pouvoir. Après avoir combattu en Lusitanie comme propréteur en 114, il parti en Afrique combattre Jugurtha aux côtés de son patron Quintus Caecilius Metellus Numidicus.

Outre ses succès militaires à Muthul [6], Sicca [7] et Zama [8], il s’illustra par son attitude envers ses hommes. Sévère mais juste, n’hésitant pas à accomplir lui-même les corvées pour donner l’exemple, il développa des relations privilégiées avec eux, valorisant régulièrement ses origines humbles.

Il fut élut consul par le parti populaire en 107 av jc, magistrature qu’il géra 7 fois. D’origine modeste, puis membre de l’ordre équestre, il incarnait la réussite politique. Il épousa Julia Caesaris, tante de Jules César.

S’appuyant sur ses alliés au tribunat, il se fit attribuer le proconsulat en Afrique et le commandement de la guerre de Jugurtha, en Numidie [9], au détriment de Metellus. Celui-ci dû subir l’affront de voir son ancien client s’approprier ses troupes et remporter une guerre qu’il avait déjà lui-même presque gagnée en repoussant le roi numide aux limites de la Maurétanie. Mais il ne pu tirer pleine gloire de cette victoire, car c’est son questeur, Lucius Cornelius Sulla, qui, après des tractations diplomatiques, captura Jugurtha. De là naquit une haine inaltérable entre les 2 hommes.

L’année de la victoire de Marius en 105, fut aussi celle de sa réélection au poste de consul, sans qu’il ait eu besoin, contre toute tradition, de se présenter à Rome. Sa popularité était alors à son comble.

Il réalisa une réforme décisive de l’armée romaine en plusieurs cohortes et en ouvrant le recrutement aux volontaires. Des citoyens pauvres des classes inférieures s’engagèrent avec l’espoir de profiter du butin que leur promettait ce général ambitieux. L’armée tendait à se professionnaliser avec des soldats entièrement dévoués à leur chef.

Les défaites répétées des armées romaines au nord face aux Cimbres [10] et aux Teutons [11] furent l’occasion pour Marius de renouveler sa gloire et de consolider son pouvoir. Les 2 peuples avaient en effet remporté, au nord des Pyrénées, une série de victoires contre l’armée romaine, favorisées par les rivalités entre les factions patriciennes, dont la défaite à la bataille d’Arausio [12] en 105. Ces défaites avaient affolé la population romaine, en réveillant le spectre de l’invasion de Rome par les Gaulois au 4ème siècle av jc.

C’était l’occasion pour Marius d’affirmer définitivement sa supériorité sur la nobilitas. Avec l’aide des populares, qui formaient désormais à Rome un véritable parti, il obtint le commandement contre les 2 peuples. Ses succès durant la guerre des Cimbres et sa popularité lui permirent de le prolonger en se faisant réélire consul en 104, 103, 102 et 101.

Ces victoires, il les devait surtout à la réforme de l’armée qu’il entama pendant l’année 106 et acheva en 104-103 avant de partir faire la guerre aux barbares. Il triompha des Teutons à Aix en Provence en 102 av jc et des Cimbres à Verceil en 101 av jc. Réélu pour l’année 101, il devint le premier consul à avoir été élu autant de fois de façon consécutive. Il pu sans difficulté imposer ses décisions au Sénat et faire voter des lois agraires en faveur de ses vétérans. Les difficultés vinrent en fait de ses alliés, les populares, en particulier le tribun de la plèbe Lucius Appuleius Saturninus et le magistrat Caius Servilius Glaucia, qui pendant que leur chef combattait au nord, firent régner la terreur à Rome en faisant, notamment, assassiner tous ceux qui tentèrent de se présenter contre eux au tribunat et au consulat.

Le Sénat excédé, décida, en dernier recours, de faire appel à Marius pour ramener l’ordre, par le biais d’un senatus consulte ultimum qui imposait au consul de réprimer les fauteurs de trouble. Marius, inquiété par une situation qui lui échappait, abandonna ses anciens amis et se rangea au côté du Sénat. Saturninus, Glaucia et tous leurs partisans furent exécutés.

Bien qu’il conserve des partisans, le meurtre de ses propres alliés laissa Marius très isolé. Après ces désordres à Rome, le premier rang échoit à un patricien ruiné, Sylla, qui entre bientôt en lutte avec Marius

Piètre politique, il ne su pas tirer profit de son prestige auprès du peuple dans la guerre civile qui l’opposa à Sylla. Il s’enfuit quand celui-ci s’empara de Rome en 88 av jc. En 87 av jc, profitant de ce que Sylla était en Orient, il revint à Rome et se livra à de sanglantes proscription et se fit nommer de nouveau consul, mais il mourut peu après.

Notes

[1] Arpino est une commune italienne de la province de Frosinone dans le Latium. Arpino est connue dans l’antiquité romaine sous le nom de Arpinum. Elle appartint aux Volsques, puis aux Samnites, enfin aux Romains (302 av.jc). La ville possède des vestiges de murs cyclopéens. Cicéron y est né le 3 janvier 106 av. jc.

[2] Peuple antique italien. Ils habitaient une zone de collines et de marécages au sud du Latium, et étaient voisins des peuples Aurunces et Samnites au sud, des Herniques à l Est et entourés d une ligne partant de Norba et Cora au nord jusqu à Antium au sud. Ils furent les ennemis les plus dangereux de la Rome antique généralement alliés aux Èques, et parfois aux Herniques jusqu en 486 av jc lorsqu ils rentrèrent dans l alliance de Rome.

[3] Numantia ou Numance est une ville antique du nord de l’Hispanie (près de l’actuelle Soria) qui résista durant vingt ans à la conquête romaine, entre 153 et 133 av.jc. Cette lutte farouche, dans laquelle les Romains furent longtemps impuissants, se place en partie dans le contexte de la Troisième Guerre punique. Plusieurs généraux échouèrent à la prendre avant que le Sénat n’y envoyât son meilleur chef, Scipion Émilien, le vainqueur de Carthage. Après un siège implacable de 15 mois, les Romains vinrent finalement à bout de la ville en 133 : vaincus par la faim, les Numantins se suicidèrent et incendièrent leur cité. Le général romain y gagna le surnom de "Numantinus". C’est aussi au siège de Numance que Caius Marius, âgé de 24 ans, se distingua pour la première fois.

[4] Les populares formaient une tendance politique populiste qui marqua la République romaine, notamment au 2ème siècle av. jc, en s’appuyant sur les revendications des couches les plus pauvres de la société romaine et des non citoyens. Ce ne fut pas un parti politique au sens moderne, mais un clivage majeur dans les luttes politiques et sociales romaines, permettant aux acteurs politiques de se situer face au conservatisme des optimates au sein d’alliances personnelles souvent mouvantes. Lancé par des aristocrates réformistes comme les Gracques, qui gagnèrent l’appui de la classe montante des chevaliers, le mouvement évolua vers la démagogie et le populisme, et fut récupéré par des ambitieux tels que Marius, Cinna, Catilina ou des agitateurs comme les tribuns Saturninus et Clodius Pulcher. Pompée, d’origine équestre puis Jules César, patricien ambitieux, s’appuyèrent sur les populares pour leur ascension au pouvoir. La fin des guerres civiles et la consolidation du pouvoir d’Auguste correspondent à l’extinction du mouvement populares, avec la satisfaction des revendications qui étaient à son origine et avec la fin des luttes de pouvoir.

[5] Optimates : tendance politique aristocratique et conservatrice qui marqua le dernier siècle de la République romaine, par son opposition aux populares. Ce ne fut pas un parti politique au sens moderne, mais un clivage majeur dans les luttes politiques et sociales romaines, permettant aux acteurs politiques de se situer face au réformisme et au populisme des populares au sein d’alliances personnelles souvent mouvantes. Cette tendance apparaît sous ce nom dans les années 130 av. jc, lors des luttes sur la réforme agraire des Gracques. Elle s’efface un siècle plus tard avec la fin de la République romaine et le pouvoir du second triumvirat.

[6] La bataille du Muthul opposa en 109 av.jc les légions romaines commandées par Quintus Caecilius Metellus aux troupes numides de Jugurtha. La bataille fut indécise, les Romains étant sauvés de la défaite grâce à Caius Marius, et se termina par une retraite stratégique des troupes de Jugurtha.

[7] Sicca, également connue sous les noms de Sicca Veneria et Colonia Iulia Veneria Cirta Nova, est une ville antique d’Afrique du Nord, sur le site de l’actuel Le Kef, dans le nord de la Tunisie. La ville se trouve sur une colline, sur la route reliant Carthage à Cirta et Théveste. Elle est mentionnée pour la première fois lors de la guerre des Mercenaires, en 241 av. jc, qui prend son origine dans l’insatisfaction des mercenaires carthaginois par rapport à leurs soldes, après leur retour de la Première Guerre punique. Les Élymes, déplacés de la Sicile par les Carthaginois, donnent à la cité le surnom de Veneria, d’après le nom de leur déesse de l’amour, la prostitution sacrée jouant aussi à cette époque un rôle important. Après la guerre menée par les Romains contre le roi numide Jugurtha, où une bataille a lieu à Sicca, la cité appartient à la province romaine d’Afrique (appelée plus tard Africa proconsularis ou Afrique proconsulaire). Sous le règne d’Auguste, elle devient une colonie romaine sous le nom de Colonia Iulia Veneria Cirta Nova.

[8] Zama est une ville antique de Numidie, située en Tunisie actuelle, qui fut le théâtre d’une bataille célèbre entre Romains et Carthaginois en 202 avant l’ère chrétienne.

[9] la Numidie correspondant à l Algérie actuelle et la Maurétanie au Maroc

[10] Les Cimbres sont un peuple germanique issu du Jutland dans le Danemark actuel d’après Pline l’Ancien. Ils ont menacé Rome à la fin du deuxième siècle av. jc.

[11] Le terme « teutons » désigne des peuples germaniques probablement différents et dont le nom générique signifie notre Peuple. Ce mot pourrait se référer à l’origine à un peuple germanique, voire celte qui, lors de la dégradation climatique des années 100 av.jc, aurait quitté le nord de la Germanie pour piller la Gaule. Leur invasion des Gaules est arrêtée en 102av.jc à la grande bataille d’Aquæ Sextiæ (aujourd’hui Aix-en-Provence), par le général romain Marius. Le roi des Teutons, Teutobod, y est fait prisonnier.

[12] Orange

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