Né à Arpinum [1], dans le pays Volsque [2], qui, même si elle offrait la citoyenneté romaine complète à ses habitants, restait néanmoins une petite ville de second rang, bien qu’elle soit également la ville natale de Cicéron. Fils de Caius Marius et de Fulcinie. Son éducation fut plus militaire qu’intellectuelle et servit sous les ordres de Scipion Émilien au siège de Numance [3], en 134-133 av jc.
Fort de son service à Numance et du patronat des Metelli, il parvint à se faire élire questeur en 121 en Gaule transalpine, au moment du coup d’état sénatorial contre Caius Gracchus.
On peut penser que ces événements l’inspirèrent et il se fit élire tribun de la plèbe en 119 grâce au soutien des Metelli. Il s’illustra alors en imposant une nouvelle loi sur les procédures de vote contre l’avis du consul Aurelius Cotta, qu’il n’hésita pas à le menacer de prison. Il acquit ainsi une réputation d’homme politique résolu et une certaine popularité auprès des pauvres.
Sa popularité et ses appuis dans le mouvement des populares [4] lui permirent tout de même d’être élu de justesse préteur en 115, dernier des 6 magistrats élus, mais il dut alors essuyer un procès des optimates [5] pour corruption électorale. C’était compter sans les réformes des frères Gracchus, composant les tribunaux de chevaliers, qui se firent un plaisir d’innocenter Marius.
Peu à l’aise au sein des intrigues de Rome, c’est finalement par le champ de bataille qu’il accéda au pouvoir. Après avoir combattu en Lusitanie comme propréteur en 114, il parti en Afrique combattre Jugurtha aux côtés de son patron Quintus Caecilius Metellus Numidicus.
Outre ses succès militaires à Muthul [6], Sicca [7] et Zama [8], il s’illustra par son attitude envers ses hommes. Sévère mais juste, n’hésitant pas à accomplir lui-même les corvées pour donner l’exemple, il développa des relations privilégiées avec eux, valorisant régulièrement ses origines humbles.
Il fut élut consul par le parti populaire en 107 av jc, magistrature qu’il géra 7 fois. D’origine modeste, puis membre de l’ordre équestre, il incarnait la réussite politique. Il épousa Julia Caesaris, tante de Jules César.
S’appuyant sur ses alliés au tribunat, il se fit attribuer le proconsulat en Afrique et le commandement de la guerre de Jugurtha, en Numidie [9], au détriment de Metellus. Celui-ci dû subir l’affront de voir son ancien client s’approprier ses troupes et remporter une guerre qu’il avait déjà lui-même presque gagnée en repoussant le roi numide aux limites de la Maurétanie. Mais il ne pu tirer pleine gloire de cette victoire, car c’est son questeur, Lucius Cornelius Sulla, qui, après des tractations diplomatiques, captura Jugurtha. De là naquit une haine inaltérable entre les 2 hommes.
L’année de la victoire de Marius en 105, fut aussi celle de sa réélection au poste de consul, sans qu’il ait eu besoin, contre toute tradition, de se présenter à Rome. Sa popularité était alors à son comble.
Il réalisa une réforme décisive de l’armée romaine en plusieurs cohortes et en ouvrant le recrutement aux volontaires. Des citoyens pauvres des classes inférieures s’engagèrent avec l’espoir de profiter du butin que leur promettait ce général ambitieux. L’armée tendait à se professionnaliser avec des soldats entièrement dévoués à leur chef.
Les défaites répétées des armées romaines au nord face aux Cimbres [10] et aux Teutons [11] furent l’occasion pour Marius de renouveler sa gloire et de consolider son pouvoir. Les 2 peuples avaient en effet remporté, au nord des Pyrénées, une série de victoires contre l’armée romaine, favorisées par les rivalités entre les factions patriciennes, dont la défaite à la bataille d’Arausio [12] en 105. Ces défaites avaient affolé la population romaine, en réveillant le spectre de l’invasion de Rome par les Gaulois au 4ème siècle av jc.
C’était l’occasion pour Marius d’affirmer définitivement sa supériorité sur la nobilitas. Avec l’aide des populares, qui formaient désormais à Rome un véritable parti, il obtint le commandement contre les 2 peuples. Ses succès durant la guerre des Cimbres et sa popularité lui permirent de le prolonger en se faisant réélire consul en 104, 103, 102 et 101.
Ces victoires, il les devait surtout à la réforme de l’armée qu’il entama pendant l’année 106 et acheva en 104-103 avant de partir faire la guerre aux barbares. Il triompha des Teutons à Aix en Provence en 102 av jc et des Cimbres à Verceil en 101 av jc. Réélu pour l’année 101, il devint le premier consul à avoir été élu autant de fois de façon consécutive. Il pu sans difficulté imposer ses décisions au Sénat et faire voter des lois agraires en faveur de ses vétérans. Les difficultés vinrent en fait de ses alliés, les populares, en particulier le tribun de la plèbe Lucius Appuleius Saturninus et le magistrat Caius Servilius Glaucia, qui pendant que leur chef combattait au nord, firent régner la terreur à Rome en faisant, notamment, assassiner tous ceux qui tentèrent de se présenter contre eux au tribunat et au consulat.
Le Sénat excédé, décida, en dernier recours, de faire appel à Marius pour ramener l’ordre, par le biais d’un senatus consulte ultimum qui imposait au consul de réprimer les fauteurs de trouble. Marius, inquiété par une situation qui lui échappait, abandonna ses anciens amis et se rangea au côté du Sénat. Saturninus, Glaucia et tous leurs partisans furent exécutés.
Bien qu’il conserve des partisans, le meurtre de ses propres alliés laissa Marius très isolé. Après ces désordres à Rome, le premier rang échoit à un patricien ruiné, Sylla, qui entre bientôt en lutte avec Marius
Piètre politique, il ne su pas tirer profit de son prestige auprès du peuple dans la guerre civile qui l’opposa à Sylla. Il s’enfuit quand celui-ci s’empara de Rome en 88 av jc. En 87 av jc, profitant de ce que Sylla était en Orient, il revint à Rome et se livra à de sanglantes proscription et se fit nommer de nouveau consul, mais il mourut peu après.
