Fils de Livie et de Tiberius Claudius Nero, il fut adopté par Auguste, frère puîné du second empereur romain Tibère. Il remporte plusieurs victoires dans les Gaules, la Rhétie, la Vindélicie et la Germanie, il fait creuser la Fossa Drusiana, canal du Rhin au Flevo. Ses brillantes campagnes en Germanie lui valent le surnom de Germanicus.
Dans le cadre de la politique d’expansion de l’Empire romain en direction de la Germanie, un camp de légionnaires est fondé à Moguntiacum, servant également de délégation permanente du pouvoir romain jusqu’au Rhin. Drusus en est responsable jusqu’à sa mort en 9 av. jc.
Il est élevé avec son frère aîné, le futur empereur Tibère, et il était certainement le favori d’Auguste.
Il épouse Antonia Minor, fille de Marc-Antoine et d’Octavie la jeune. Drusus, homme de haute moralité, resta toujours fidèle à son épouse, Antonia, comme si elle avait été avec lui au cours de ses longues années d’absence pour des campagnes militaires dans le Nord.
Son père adoptif lui accorde de nombreux privilèges : en 19 av. jc il peut occuper des fonctions publiques, 5ans avant l’âge autorisé par la loi.
Devenu questeur en 16 av. jc, il est l’un des plus audacieux dans la réalisation de la politique militaire d’Auguste, combattant les Rhètes et les Vendéliques au nord des cols alpins, dans ce qui devait être la nouvelle province de Rhétie.
En 15 av. jc, il quitte la Gaule cisalpine et passe le Brenner alors que son frère, Tibère, venant de la Gaule chevelue venait à sa rencontre. En se réunissant ils battent les Rhètes et les Vendéliques et les soumettent, expérimentant pour la première fois, la tactique d’une « manœuvre en tenailles », qui devait se révéler fondamentale dans les campagnes de Germanie.
Légat en Gaule en 13 av.jc, il commande des opérations militaires contre les tribus du Rhin, qui s’étaient rebellées contre les actions des précédents gouverneurs, et qui avaient poussé jusqu’à l’Ems, la Weser et l’Elbe, construisant un imposant réseau de fortifications défensives.
En 12 av. jc il commence la première campagne de Germanie, repoussant d’abord une nouvelle invasion des Usipètes, des Tenctères et des Sicambres, la terminant par une expédition navale sur la terre des Frisons et des Chauques.
En 11 av. jc, Drusus, nommé l’année précédente préteur urbain, après être retourné à Rome pour l’hiver, opère plus au sud, battant les peuples limitrophes aux confins de l’Empire, comme les Usipètes et les Sicambres, qui se trouvaient en face de Castra vetera. Il parcourt encore le fleuve Lippe, construit quelques forteresses entre le Rhin et la Weser, et en battant des peuples germaniques, les Marses et les Chérusques. Ces exploits lui valent de recevoir les honneurs du triomphe, de célébrer l’ovatio et d’exercer le pouvoir proconsulaire à l’expiration de sa charge de préteur, tandis ses soldats le saluent du titre d’Imperator.
Après les succès des années précédentes il reçoit d’Auguste l’Imperium proconsulaire et en 10 av. jc il recommence une nouvelle campagne en territoire germanique en opérant encore plus au sud. Depuis la nouvelle forteresse légionnaire de Mogontiacum* (aujourd’hui Mayence), il combat les peuples chatte, tenctère et mattiace. À la fin de l’année il rencontre Auguste et Tibère à Lugdunum* (Lyon) et il revient avec eux à Rome.
Il est élu consul en 9 av. jc, à l’âge de 28, mais encore une fois il quitte la ville avant d’avoir assumé officiellement ses fonctions. Il combat d’abord contre les Marcomans, puis les puissantes tribus chattes et quelques populations suèves limitrophes et les Chérusques, rejoignant l’Elbe, mais il meurt peu après des suites d’une chute de cheval, après avoir survécu pendant un mois à ses blessures, et comme nous le rapporte Suétone, refusant d’être ramené à Rome.
Son corps est porté à Rome par son frère Tibère qui était venu à son chevet depuis l’Illyrie, et qui suivit à pied la civière, de Trèves à Rome, refusant de monter à cheval. Les cendres de Drusus sont déposées dans le mausolée d’Auguste, tandis qu’on lui attribue tous les honneurs qui convenaient au fils d’un souverain. Drusus, en effet, est salué comme imperator et le titre de Germanicus lui est attribué à lui et à ses descendants. Il reste populaire et aimé de ses légions gauloises, en son honneur un monument funèbre est érigé à Moguntiacum.