L’Écosse du 13 au 14ème siècle
Intro :
Le vide dynastique ouvert en 1290 fait d’Édouard 1er d’Angleterre l’arbitre de la succession écossaise, qui obtient l’hommage du nouveau souverain d’Écosse assorti de lourdes exigences militaires et financières.
Âmes de la résistance, la noblesse et le parlement poussent à une alliance avec Philippe IV roi de France et rival d’Édouard 1er par la signature de l’Auld Alliance conclue en 1296 et qui se maintiendra jusqu’en 1560.
l’Auld Alliance
Le 23 octobre 1295 les envoyés du roi d’Écosse réunis à Paris adressent toute l’amitié de jean Balliol leur souverain au roi de France Philippe le bel avant de se promettre joyeuse et mutuelle assistance dans la guerre qui les oppose tous 2 à l’Angleterre.
Acte fondateur de l’alliance franco-écossaise, ce traité fait naître l’une des plus ancienne et des plus longues alliance d’Europe, puisqu’elle sera renouvelée à plusieurs reprises jusqu’en 1560
Un accord réactivé pendant 3 siècle
Robert Bruce consolide l’Auld Alliance en 1326 au traité de Corbeil [1]. Puis à partir de 1337 au début de la guerre de cent ans [2], l’alliance est reformée par Philippe VI de Valois, mais elle demeure théorique en raison des rivalités opposant les partisans de Robert Bruce à ceux de la succession de Jean Balliol. Le roi de France accueille en 1334 le jeune David II en exil, lui accorde résidence et moyen.
En 1346 David II tente sa chance. De retour en Écosse il lance l’offensive sur le nord de l’Angleterre, mais il est défait à la bataille de Neville’s Cross [3]. Fait prisonnier, il est détenu à la tour de Londres [4].
Au cœur de la guerre de Cent Ans, l’Auld Alliance peine à démontrer son utilité en Écosse. En 1365, la France tente une expédition menée par l’amiral Jean de Vienne avec près de 200 navires qui accostent à Édimbourg [5]. Mais cette entreprise échoue, car les alliés ne parviennent pas a s’accorder pour attaquer l’Angleterre par le Nord. Néanmoins les rois français et écossais continuent de correspondre et d’échanger des ambassades.
En 1424 c’est près de 4 000 écossais qui débarquent au port de la Rochelle [6] pour être engagés sur le champ de bataille de Verneuil [7]. L’affaire tourne au désastre et ce corps d’armée est massacré lors de la retraite française. Néanmoins ils persistent à soutenir Charles VII avec des milliers de combattants, si fiable et loyaux que le souverain choisit les meilleurs pour sa garde du corps.
L’engagement écossais dans la guerre se révèle décisif. Leur rôle clé dans la victoire de Charles VII à Bayonne [8] en 1451 permet aux Écossais d’obtenir le contrôle des pays aturins [9].
Mais en 1461, détesté par Louis XI il doivent quitter le pays.
En 1513 jacques IV d’Écosse, une fois de plus honore la Auld Alliance en attaquant l’Angleterre à l’occasion de la guerre de la ligue de cambrai [10]. Cette intervention soulage Louis XII mais se termine en désastre à la bataille de Flodden Field [11] où le roi Jacques IV trouve la mort.
Malgré cela les Écossais 30 ans plus tard lors du Rough Wooing [12], ils choisissent une nouvelle fois la guerre pour donner suite au traité renouvelé en 1543 et s’opposent aux stratégies princières de l’Angleterre qui étaient au préjudice de la France. Nouveau désastre à la bataille de Pinkie Cleugh en 1547 [13]. En 1560, à Édimbourg, un ultime traité met fin officiellement à l’Auld Alliance.
(Texte extrait de l’article de Pierre Prétou page 40 de historia hors série de septembre novembre 2024)
1295-1328. Première guerre d’indépendance écossaise.
l’Invasion de l’Écosse par Édouard 1er contre lequel se lève William Wallace qui l’emporte à Stirling [14] en 1297 mais est défait l’année suivante, avant d’être livré et exécuté à Londres en 1305.
Une nouvelle guerre de 1332 à 1337 sanctionne un retour à l’allégeance de l’écosse, ouvrant une période politique qui s’achèvera en 1371 par l’avènement de la dynastie Stuart [15], porte drapeau de l’indépendance.
Malgré l‘internationalisation de son commerce principalement autour de la mer du Nord [16], de la Scandinavie [17] et des Pays Bas [18], malgré ce développement, les étudiants écossais malgré la fondation des universités de Saint Andrews [19] en 1413, Glasgow [20] en 1451 et Aberdeen [21] en 1495 fonts leurs études à Paris [22], Cologne [23], Bologne [24].
Lettre ouverte au pape Jean XXII
La déclaration d’Arbroath, signée par les grands nobles écossais en 1320, revendique l’indépendance séculaire de la nation et la légitimité de Robert Bruce comme souverain.
En 1320, la 1ère guerre d’indépendance de l’Écosse contre l’Angleterre de 1296 à 1328 est sur le point de s’achever par un fiasco pour cette dernière après la victoire de Bannockburn en 1314 [25], remportée par le roi d’écossé Robert Bruce. Celui-ci est menacé d’excommunication avec ses principaux évêques, pour ne pas avoir obtempéré à une demande du pape Jean XXII de respecter une trêve avec l’Angleterre.
Des lettres son envoyées en Avignon [26] pour plaider la cause du royaume d’Écosse. L’une d’elles, datée et signée de l’Abbaye d’Arbroath [27] dans le comté d’Angus [28] le 6 avril 1320 par 51 comtes et les principaux barons écossais, défend l’indépendance du royaume, libre depuis des temps immémoriaux, et la validité des titres royaux de Bruce, fondés sur l’hérédité et la bravoure, mais aussi sur le consentement du peuple.
Dans un passage célèbre, les nobles écossais affirment que, “tant qu’une centaine d’entre nous restera en vie, jamais nous ne passerons sous la domination anglaise, quelles que soient les conditions. En vérité, ce n’est ni pour la gloire, ni pour la richesse, ni pour les honneurs que nous nous battons, mais pour la liberté….”
Si la papauté tergiverse, 8 ans plus tard, en 1328, le nouveau roi d’Angleterre Édouard III, renonçant à toutes ses prétentions sur le royaume du Nord, signe un traité de paix avec Robert 1er le reconnaissant roi d’cosse, peu avant que ne soit levée l’excommunication qui pesait sur ce dernier.
(texte de Jean François Dunyach historia hors série de septembre/ novembre 2024 page17)
Notes
[1] Le traité de Corbeil est signé en avril 1326 entre l’Écosse et la France, au prieuré de Saint-Jean-en-l’Isle à Corbeil-Essonnes, et plus particulièrement entre Robert 1er d’Écosse (plus connu sous le nom de Robert De Brus) et Charles IV. Le traité de Corbeil renouvelle l’Auld Alliance de 1295. Il confirma l’obligation de chacun de déclarer la guerre et de se joindre à l’autre si l’un des deux était attaqué par l’Angleterre. Thomas Randolph (1er comte de Moray) était à la tête de la délégation écossaise (alors sous le règne de Robert 1er d’Écosse). Outre le fait d’être un jalon important pour les relations entre le royaume de France et le royaume Écosse, il constitue pour Robert 1er un moyen d’affirmer sa légitimité en tant que souverain d’Écosse
[2] La guerre de Cent Ans est un conflit entrecoupé de trêves plus ou moins longues, opposant, de 1337 à 1453, la dynastie des Plantagenêt à celle des Valois et, à travers elles, le royaume d’Angleterre et celui de France. Le terme même de « guerre de Cent Ans » est une construction historiographique établie au 19ème siècle, pour regrouper cette succession de conflits.
[3] La bataille de Neville’s Cross (ou parfois Nevill’s Cross) a eu lieu à Neville’s Cross près de Durham en Angleterre entre les Écossais et les Anglais le 17 octobre 1346.
[4] La tour de Londres est une forteresse historique située sur la rive nord de la Tamise à Londres en Angleterre à côté de Tower bridge. La tour se trouve dans le district londonien de Tower Hamlets situé à l’est de la Cité de Londres dans un espace appelé Tower Hill. Sa construction commença vers la fin de l’année 1066 dans le cadre de la conquête normande de l’Angleterre. La tour Blanche qui donna son nom à l’ensemble du château, fut construite sur l’ordre de Guillaume le Conquérant en 1078 et fut considérée comme un symbole de l’oppression infligée à Londres par la classe dirigeante. Le château fut utilisé comme prison dès 1100. Il servait également de grand palais et de résidence royale.
[5] Édimbourg est une ville de la côte d’Écosse au Royaume-Uni, et est sa capitale depuis 1532. Elle est le siège du Parlement écossais, qui a été rétabli en 1999.
[6] La Rochelle est une ville du Sud-Ouest de la France, capitale historique de l’Aunis et préfecture du département de la Charente-Maritime. Au 16ème siècle la doctrine de Calvin investit La Rochelle qui devient l’un des principaux foyers du protestantisme. Des sièges mémorables s’ensuivent : celui de 1573 par le frère du roi Charles IX, aboutit à un compromis ; celui de 1628, conduit par Richelieu en personne et au cours duquel le maire Jean Guiton immortalise la résistance héroïque de la cité, amène la construction d’une digue de 1 500 mètres pour isoler la ville de la mer et donc de ses alliés les Anglais, et s’achève avec sa reddition à Louis XIII. La dynamique de prospérité continue cependant tout aussi forte jusqu’à la perte du Canada et de la Louisiane, deux destinations majeures de l’export rochelais, lors du traité de Paris de 1763.
[7] La bataille de Verneuil fut une bataille de la guerre de Cent Ans, qui se déroula le 17 août 1424, à 3 km au nord de Verneuil, à proximité du Château de Charnelles, en Normandie. Elle se solda par une victoire de l’armée anglaise.
[8] Bayonne est située au point de confluence de l’Adour et de la Nive, non loin de l’océan Atlantique, aux confins nord du Pays basque et sud de la Gascogne, là où le bassin aquitain rejoint les premiers contreforts du piémont pyrénéen. Elle est frontalière au nord avec le département des Landes, et la limite territoriale franco-espagnole se situe à une trentaine de kilomètres au sud.
[9] riverains de l’Adour
[10] La guerre de la Ligue de Cambrai, également connue entre autres sous les noms de guerre de la Sainte Ligue et quatrième guerre d’Italie, est un conflit majeur des Guerres d’Italie. Les principaux protagonistes de cette guerre, qui dure de 1508 à 1516, sont la France, les États pontificaux, et la République de Venise. Au cours du conflit, ils sont rejoints par pratiquement toutes les puissances d’importance d’Europe occidentale, parmi lesquelles l’Espagne, le Saint-Empire romain germanique, le Royaume d’Angleterre, le Royaume d’Écosse, le Duché de Milan, Florence, le Duché de Ferrare, et les Suisses.
[11] La bataille de Flodden ou de Flodden Field se déroula dans le comté de Northumberland, dans le Nord de l’Angleterre, le 9 septembre 1513. Il mit aux prises une armée d’invasion écossaise, commandée par le roi Jacques IV d’Écosse, et une armée anglaise, commandée par Thomas Howard, comte de Surrey. Elle s’acheva par une sanglante défaite des Écossais, et elle fut la plus grande bataille, en matière de participants, entre ces deux nations
[12] Le Rough Wooing (cour brutale en anglais) désigne la guerre anglo-écossaise déclenchée par Henri VIII d’Angleterre pour tenter de forcer les Écossais à accepter un mariage entre son fils, le futur roi Édouard VI, héritier de la couronne anglaise, et Marie Stuart, reine d’Écosse, au lieu de renouveler l’Auld Alliance avec la France et qui eut lieu par intermittence entre 1544 et 1551. Elle fut d’abord dirigée par Henry VIII, du 9 novembre 1543 au 6 juin 1546, puis par le régent du roi Édouard VI, Edward Seymour, du 2 septembre 1547 au 24 mars 1550
[13] La bataille de Pinkie Cleugh se déroula le 10 septembre 1547 sur les rives de la rivière Esk, à proximité de Musselburgh, en Écosse, et fait partie de la guerre dite du rough wooing. Il s’agit de la dernière bataille entre les armées royales écossaise et anglaise, et de la première bataille « moderne » à se dérouler dans les Îles Britanniques, faisant preuve d’une coopération active entre les forces d’infanterie, d’artillerie, et de cavalerie. Ce fut une défaite catastrophique pour les Écossais en raison de l’utilisation par les Anglais de l’artillerie navale, pour la première fois dans une bataille terrestre en Grande-Bretagne. En Écosse, cet épisode est connu sous le nom de Black Saturday (« samedi noir »).
[14] Stirling est une cité écossaise, située dans le council area de du même nom dont elle constitue le siège et dans la région de lieutenance de Stirling and Falkirk. Elle est bordée par le Forth, en amont d’Édimbourg. Autrefois capitale du royaume d’Écosse, Stirling porta le titre de « burgh royal » (« bourg royal ») jusqu’en 2002
[15] La dynastie Stuart (à l’origine écrit Stewart) règne sur l’Écosse entre 1371 et 1714, et sur l’Angleterre, l’Irlande et le pays de Galles entre 1603 et 1714. Ils sont écartés du trône après le décès d’Anne de Grande-Bretagne et l’avènement de George de Hanovre en vertu de l’Acte d’Établissement
[16] La mer du Nord est une mer épicontinentale de l’océan Atlantique, située au nord-ouest de l’Europe, et qui s’étend sur une superficie d’environ 575 000 km2. Les pays qui bordent la mer du Nord sont la Norvège au nord-est ; le Danemark à l’est ; l’Allemagne au sud-est ; les Pays-Bas, la Belgique et la France (avec 50 km de littoral entre Calais et la frontière belge) au sud ; le Royaume-Uni (île de Grande-Bretagne) à l’ouest ; enfin les îles Orcades et Shetland au nord-ouest. Elle communique avec la Manche au sud-ouest ; avec l’océan Atlantique au nord-ouest et la mer de Norvège au nord ; avec le Skagerrak à l’est. Le canal de Kiel permet aux navires de rejoindre directement la mer Baltique.
[17] La Scandinavie est une région historique et culturelle d’Europe du Nord constituée de trois monarchies constitutionnelles, le Danemark, la Norvège et la Suède. Le terme de « Scandinavie » est souvent improprement utilisé pour désigner l’ensemble des pays nordiques, c’est-à-dire en ajoutant aux États précédents l’Åland, la Finlande, l’Islande, les îles Féroé et le Groenland. Ses habitants sont appelés les Scandinaves.
[18] Les Pays-Bas, parfois appelés la Hollande par métonymie, sont un pays transcontinental dont le territoire métropolitain est situé en Europe du Nord-Ouest et le territoire d’outre-mer, dans les Antilles. Frontaliers de la Belgique au sud et de l’Allemagne à l’est, les Pays-Bas possèdent également une frontière avec la France, en outre-mer, sur l’île de Saint-Martin.
[19] L’université de St Andrews, sur la côte Est de l’Écosse, a été fondée en 1413. C’est la troisième plus ancienne université du monde anglophone après celles d’Oxford et de Cambridge. Elle fait partie des 25 plus vieilles universités du Monde. L’université fut fondée en 1410 lorsqu’une charte royale fut conférée au prieuré augustinien de la Cathédrale de St Andrews. La bulle pontificale vint du pape d’Avignon Benoît XIII.
[20] L’université de Glasgow, fondée en 1451 sous Jacques II d’Écosse, est la plus importante des trois universités à Glasgow, en Écosse. Quatrième université la plus ancienne du monde anglo-saxon, elle fait partie des Ancient universities. Parmi les universités d’Écosse, elle se classe seconde en ancienneté, l’université de St Andrews ayant été fondée en 1413.
[21] L’université d’Aberdeen est une université britannique fondée en 1495 à Aberdeen en Écosse qui fait partie des ancient universities. Cette université est ainsi la troisième plus ancienne université d’Écosse et la cinquième plus ancienne du Royaume-Uni ainsi que du monde anglo-saxon. L’université moderne a été créée en 1860 par la fusion de deux « ancient universities » : King’s College, situé dans le Old Aberdeen et le Marischal College, fondé en 1593 et situé dans la nouvelle ville d’Aberdeen.
[22] L’université de Paris était l’une des plus importantes et des plus anciennes universités médiévales. Apparue dès le milieu du 12ème siècle, elle est reconnue par le roi Philippe Auguste en 1200 et par le pape Innocent III en 1215. Elle acquiert rapidement un très grand prestige, notamment dans les domaines de la philosophie et de la théologie. Constituée comme l’association de tous les collèges parisiens situés sur la rive gauche, elle assurait la formation de tous les clercs, c’est-à-dire de tous les cadres et agents administratifs des institutions royales (conseil d’État, parlements, tribunaux, cours des comptes, impôts, etc.) et ecclésiastiques (enseignement, hôpitaux, libraires, recherche, évêques, abbés).
[23] L’université de Cologne ou Universitas studii Coloniensis a été fondée à Cologne en 1388 et fut supprimée à l’époque de la domination française en 1798. L’université de Cologne fut fondée le 21 mai 1388. Elle est chronologiquement la quatrième université du Saint-Empire romain, après l’université Charles de Prague (1348), l’université de Vienne (1365) et l’université de Heidelberg (1386). L’initiative de sa création revient au conseil communal de la ville libre d’Empire Cologne. L’acte de fondation fut entériné par le pape Urbain VI alors en résidence à Pérouse. Le 6 janvier 1389, jour de l’Épiphanie et fête du saint patron de Cologne, se fit la lecture des leçons inaugurales avec la présence de vingt professeurs. le premier recteur fut Hartlevus de Marca qui commença son enseignement avec une dispute, selon l’usage de la Sorbonne, avec le professeur Gérard Kikpot von Kalkar sur le livre, verset 1 d’Ésaïe "la gloire du Seigneur brille sur vous" et le lendemain, une messe solennelle fut chantée dans la cathédrale sans doute car l’église de l’Épiphanie était fermée. L’université avait pris comme référence la plus prestigieuse université de l’époque l’Université de Paris, dont trois quarts des professeurs étaient originaires et avaient quitté Paris car l’université de Paris à cette époque suivant le roi Charles VI avait pris parti pour l’anti-pape Clément VII. les autres professeurs venaient de Heidelberg qu’ils avaient quitté à cause de la peste qui y régnait. Pourtant dès le début de leur enseignement les professeurs de Cologne donnèrent une ligne originale à leur enseignement en s’éloignant des doctrines enseignées à Paris, Vienne et Heidelberg. Ils donnèrent en effet la prééminence au droit romain de l’empereur plutôt qu’au droit canonique de l’Église. Dès son ouverture, l’université compta 700 étudiants qui devinrent rapidement mille, provenant de toutes les parties de l’Europe, unis par l’usage du latin. La ville de Cologne payait la rémunération d’abord de neuf puis de douze professeurs : quatre théologiens, trois canonistes, trois médecins et deux juristes enseignant le droit civil romain.
[24] Fondée en 1088, l’université de Bologne est considérée comme la première et la plus ancienne université européenne. Elle est la première institution à utiliser le terme université (en latin universitas) ainsi que la première université reconnue comme telle par le pape. Sa devise est Petrus ubique pater legum Bononia mater, « Saint Pierre est le père de tous les lieux et Bologne la mère de la loi ».
[25] La bataille de Bannockburn est une écrasante victoire de l’armée écossaise menée par Robert Bruce sur les troupes anglaises dirigées par Édouard II d’Angleterre pendant la première guerre d’indépendance écossaise. Elle est marquée par l’utilisation par Robert Bruce de carrés de piquiers nommés schiltrons sur lesquels viennent s’écraser les charges de cavalerie anglaises. Cette bataille entraîne une remise en question tactique de l’armée anglaise, ce qui aura un impact majeur sur les tactiques de combat de la guerre de Cent Ans.
[26] La Papauté d’Avignon désigne la résidence du pape en Avignon (France). Cette résidence, qui déroge à la résidence historique de Rome (Italie) depuis saint Pierre, se divise en deux grandes périodes consécutives : La première, de 1309 à 1378, celle de la papauté d’Avignon proprement dite, correspond à une époque où le pape, toujours reconnu unique chef de l’Église catholique, et sa cour se trouvent installés dans la ville d’Avignon au lieu de Rome. La seconde, de 1378 à 1418, coïncide avec le Grand schisme d’Occident où deux papes rivaux (et même trois si l’on considère l’éphémère pape de Pise) prétendent régner sur la chrétienté, l’un installé à Rome et l’autre en Avignon.
[27] L’abbaye d’Arbroath est une abbaye bénédictine en ruines d’Arbroath en Écosse fondée en 1178 par le roi Guillaume 1er d’Écosse. Ce site est un des symboles de la cause nationaliste écossaise. En 1178, à son retour de captivité, le roi Guillaume 1er d’Écosse fonde ce prieuré en hommage à son ami d’enfance l’archevêque de Cantorbéry Thomas Becket. La construction est achevée en 1233. Le 6 avril 1320, la déclaration d’Arbroath y est rédigée et signée, puis expédiée au pape Jean XXII exilé à Avignon (déclaration d’indépendance de l’Écosse).
[28] Le titre de comte d’Angus dans la pairie d’Écosse est issu du domaine du mormaer médiéval d’Angus qui correspond à l’une des sept provinces traditionnelles pictes celle d’Eangus et Moerne formée par les fils du mythique roi des Pictes Cruithne mac Cinge