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Joseph catholicos nestorien

mardi 25 août 2026, par lucien jallamion

Joseph catholicos nestorien (mort en 570) 28ème catholicos de l’Église de l’Orient de 552 à sa déposition en 567

Logo de l'Église apostolique assyrienne de l'Orient (wiki/Église apostolique assyrienne de l'Orient)Sa carrière est retracée par la Chronique de Séert [1]. Il avait passé la plus grande partie de sa vie dans l’Empire byzantin [2], où il était devenu médecin. De retour en territoire perse, il s’établit quelque temps dans un monastère de Nisibe [3] et se fit apprécier d’un « roi » qui était marzban [4] de la province.

Celui-ci le présenta à Khosrô 1er, qui était alors malade et que Joseph parvint à guérir. Après la mort du catholicos Aba 1er en 552, les chrétiens demandèrent à Khosrô l’autorisation de lui élire un successeur, mais le souverain imposa simplement l’intronisation de Joseph.

Pendant 3 ans, affirme la Chronique, il exerça ses fonctions avec beaucoup de sagesse. En 554, il présida un synode qui promulgua 23 canons. Mais ensuite sa conduite devint de plus en plus scandaleuse : il pratiqua largement la simonie [5], et montra un total mépris pour les évêques et les prêtres. Il s’allia avec Radanpharoudj, le grand marzban, qui avait la confiance du roi, et par lui put tout se permettre : il faisait chasser de leur siège les évêques et les métropolites [6] et les faisait emprisonner ; il soumettait les prêtres à des traitements humiliants comme leur imposer des brides comme des animaux et les conduire à l’étable.

Il chassa de son siège l’évêque de Zabé et le remplaça par Ézékiel, médecin de profession comme lui. Mais celui-ci sut capter la bienveillance de Khosrô et bientôt se posa en rival de Joseph. Mar Malekh, évêque de Darabgerd [7] dans le Fars [8], ayant obtenu par l’entremise d’Ézékiel un décret royal suspendant la persécution anti-chrétienne dans son diocèse, Joseph estima que son autorité était bafouée et s’allia avec le grand-prêtre des mazdéens [9] pour faire annuler le décret. L’Église du Fars rompit alors la communion avec le catholicos [10].

La coupe déborda quand Joseph accusa mensongèrement un chrétien d’avoir volé dans le trésor royal et vit son accusation déboutée par le roi. Le catholicos avait perdu la faveur du souverain pour avoir été en relations avec des ministres jetés en prison. Khosrô lui-même invita les évêques à se réunir pour punir Joseph de sa mauvaise action. Les prélats le destituèrent et l’excommunièrent, mais il ignora cette sentence et continua à ordonner des prêtres et des diacres. Il fallut l’intervention personnelle de Khosrô, en février 567, pour que Joseph fût effectivement déposé.

Les évêques s’étaient mis d’accord pour proposer Ézékiel à la succession. Mais les partisans de Joseph étaient suffisamment nombreux et influents pour que l’affaire tournât en dispute, si bien que le roi interdit l’élection d’un nouveau catholicos avant que tout le monde fût tombé d’accord. Cette situation dura jusqu’à la mort de Joseph, 3 ans plus tard. Pendant cette période, la direction de l’Église fut assurée par Mari, évêque de Kachkar. Joseph fut enseveli à Anbar [11].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Joseph (catholicos nestorien)/ Portail des chrétiens d’Orient/ Catégories  : Patriarche de l’Église de l’Orient

Notes

[1] La Chronique de Séert, dite aussi Histoire nestorienne, est un texte historiographique ecclésiastique arabe écrit par un écrivain nestorien anonyme vers 1036, et qui appartient à la littérature de l’Église d’Orient.

[2] L’Empire byzantin ou Empire romain d’Orient désigne l’État apparu vers le 4ème siècle dans la partie orientale de l’Empire romain, au moment où celui-ci se divise progressivement en deux. L’Empire byzantin se caractérise par sa longévité. Il puise ses origines dans la fondation même de Rome, et la datation de ses débuts change selon les critères choisis par chaque historien. La fondation de Constantinople, sa capitale, par Constantin 1er en 330, autant que la division d’un Empire romain de plus en plus difficile à gouverner et qui devient définitive en 395, sont parfois citées. Quoi qu’il en soit, plus dynamique qu’un monde romain occidental brisé par les invasions barbares, l’Empire d’Orient s’affirme progressivement comme une construction politique originale. Indubitablement romain, cet Empire est aussi chrétien et de langue principalement grecque. À la frontière entre l’Orient et l’Occident, mêlant des éléments provenant directement de l’Antiquité avec des aspects innovants dans un Moyen Âge parfois décrit comme grec, il devient le siège d’une culture originale qui déborde bien au-delà de ses frontières, lesquelles sont constamment assaillies par des peuples nouveaux. Tenant d’un universalisme romain, il parvient à s’étendre sous Justinien (empereur de 527 à 565), retrouvant une partie des antiques frontières impériales, avant de connaître une profonde rétractation. C’est à partir du 7ème siècle que de profonds bouleversements frappent l’Empire byzantin. Contraint de s’adapter à un monde nouveau dans lequel son autorité universelle est contestée, il rénove ses structures et parvient, au terme d’une crise iconoclaste, à connaître une nouvelle vague d’expansion qui atteint son apogée sous Basile II (qui règne de 976 à 1025). Les guerres civiles autant que l’apparition de nouvelles menaces forcent l’Empire à se transformer à nouveau sous l’impulsion des Comnènes avant d’être disloqué par la quatrième croisade lorsque les croisés s’emparent de Constantinople en 1204. S’il renaît en 1261, c’est sous une forme affaiblie qui ne peut résister aux envahisseurs ottomans et à la concurrence économique des républiques italiennes (Gênes et Venise). La chute de Constantinople en 1453 marque sa fin.

[3] ville située aux confins des empires romain et perse, passée plusieurs fois de l’une à l’autre domination, située aujourd’hui dans le sud-est de la Turquie

[4] gouverneur

[5] Commerce de biens religieux ou de choses spirituelles, qui fut courant jusqu’à sa condamnation formelle par le concile de Trente.

[6] Métropolite est un titre religieux porté par certains évêques des Églises d’Orient. À l’origine, le métropolite est l’évêque d’une capitale de province (métropole) romaine investi de la charge de présidence des conciles ou synodes provinciaux. Dans l’Église d’Occident, on prit l’habitude de dire « métropolitain » pour désigner un archevêque assurant un rôle de coordination entre les évêques titulaires des sièges qui composent la province ecclésiastique. En Orient on utilise le terme de métropolite qui, au cours de l’histoire, est souvent synonyme d’archevêque. Dans l’Église orthodoxe d’aujourd’hui, les deux termes ont des usages distincts. Mais il faut distinguer l’usage grec, l’usage russe et l’usage roumain.

[7] Darab est une ville de la province de Fars, au Sud-Ouest de l’Iran, chef-lieu du département éponyme. Elle était anciennement nommée Darabgerd sous la dynastie Achéménides

[8] Le Fars ou Pars est une des trente provinces d’Iran, au sud-ouest du pays. Sa capitale est Chiraz. Le Fars a une superficie de 122 416 km². Le Fars est la terre d’origine des Persans. Perse et Persan dérivent tous deux de la forme hellénisée Persis venant de la racine Pārs. Fārs est la version arabisée de Pars. Dans l’Antiquité, le Fars était appelé Perside.

[9] Le mazdéisme est une religion iranienne qui doit son nom à son dieu principal, Ahura Mazda. Le livre sacré du mazdéisme est l’Avesta.

[10] Le titre de catholicos est un titre équivalent à celui de patriarche porté par des dignitaires de plusieurs Églises orthodoxes orientales, notamment les Églises de la tradition nestorienne et les Églises monophysites, en particulier l’Église apostolique arménienne.

[11] Al-Anbâr, anciennement Firuz Châpûr, Perisapora ou Anbâr avant l’arrivée des Arabes, était une ville importante sur la rive gauche de l’Euphrate. Les ruines de la ville se trouvent à 5 km au nord-ouest de Fallûja à proximité du village d’As-Saqlâwîya. La ville donne son nom à la province d’Al-Anbâr dont la capitale actuelle et la plus grande ville est Ramadi. La seconde ville de la province est Falloujah.