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Dathí ou Nath Í mac Fiachrae

lundi 24 août 2026, par lucien jallamion

Dathí ou Nath Í mac Fiachrae

Roi de Tara- Ard ri Érenn de 405 à 428

Les ard rí étaient traditionnellement intronisés sur la colline de Tara. La Lia Fáil (photo) était supposée crier le nom du roi légitime lorsque celui-ci posait son pied sur elle.Il aurait succédé sur le trône de Tara [1] à son oncle Niall Noigiallach. On estime toutefois désormais que si Niall est mort vers 450, le règne de Dathi qui n’est pas mentionné par le Baile Chuinn Chétchathaig [2], fut peut-être incorporé rétroactivement dans les listes d’Ard rí Érenn [3].


Nath Í mac Fiachrach semble avoir régné au cours de la période trouble située juste au-delà de la mémoire personnelle de ceux qui ont mis en forme les premières sources historiques. Il est aussi connu comme Dathí mac Fiachrach. Comme il y a de bonnes preuves de l’existence de l’un de ses fils, Ailill Molt, il existe une présomption que Nath Í existe bien lui aussi. Son père, Fiachrae Foltsnáithech mac Echach Mugmedóin dit Fiachrae, est l’ancêtre éponyme des dynasties Uí Fiachrach [4] du Connacht [5], parmi lesquels les septs issus de Nath Í garde une position dominante dans le Haut Moyen Âge.


Le règne de Nath Í est mentionné dans de nombreuses listes de roi de Tara avec le titre de Haut-Roi d’Irlande, l’ard ri Érenn, après Niall Noigiallach et avant Lóegaire mac Néill.

Une liste de ses batailles dit que, en plus de la lutte en Irlande, il a souvent combattu en Grande-Bretagne. Il est réputé avoir passé les Alpes et détruit une tour qui était la retraite religieuse du roi de Thrace [6]. Ce roi prie Dieu que le règne de Nath Í soit raccourci et que Nath Í demeure sans tombe. Nath Í est ensuite tué par la foudre mais son corps est néanmoins ramené en l’Irlande par son fils et inhumé à Rathcroghan [7], la résidence des rois de Connacht.

Il est très improbable que Nath Í ait poussé ses conquêtes aussi loin que les Alpes. Toutefois, il n’est pas impossible qu’il se soit battu en Bretagne Entre le départ des troupes romaines et l’arrivée des Anglo-Saxons, les Bretons ont subi les agressions des Pictes [8] célèbres guerriers du nord de la Calédonie [9] et des Scots [10]. Il est possible que Nath ait été le chef de certains d’entre eux.

Dans le meilleur des chroniques, les annales d’Ulster [11], Nath Í ne bénéficie que d’une seule entrée, incomplète qui plus est. Sous l’année 445, son nom apparaît sans autre information, ce qui est probablement censé être son obituaire. Plus tardivement, une main anonyme, semble l’avoir compris ainsi et a ajouté quelques détails sur cette mort.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Edel Bhreathnach The kingship and landscape of Tara, Editor Four Courts Press for The Discovery Programme Dublin (2005).

Notes

[1] Le titre de roi de Tara représentait un très vieil idéal de royauté sacrée en Irlande, imprégné d’une aura mythique s’étendant dans un passé longtemps oublié, même pour les tout premiers détenteurs historiques de ce titre. Pour ces raisons, le titre de roi de Tara donnait à son titulaire une puissante position, du moins dans la moitié nord de l’Irlande, peut-être à cause d’une tradition presque totalement oubliée d’un roi des rois sacré. De nombreux Hauts-rois d’Irlande furent également rois de Tara et, plus tard, les prétendants même à ce nouveau titre de haut-roi, qui n’apparut qu’au 9ème ou au 10ème siècle, usèrent de leur titre de roi de Tara pour appuyer leur postulation de la haute-royauté. Avant cela, plusieurs branches de la dynastie des Uí Néill paraissent l’avoir utilisé pour montrer la suzeraineté de leur famille et de leurs royaumes.

[2] Le Baile Chuind Chétchathaig est la plus ancienne liste d’Ard rí Érenn (« Haut rois ») irlandais connue.

[3] Le Ard rí Érenn désigne, dans la mythologie celtique et l’histoire médiévale de l’Irlande, le souverain qui règne sur la totalité de l’île. Ard rí signifie « roi suprême » et « Érenn » provient de la déesse Ériu, véritable personnification du pays

[4] les Uí Fiachrach sont une dynastie royale dont les descendants règnent sur le coicead ou cinquième de Connacht, une province de l’ouest de l’Irlande, à différentes époques à partir du milieu du premier millénaire. Ils prétendaient êtres issu de Fiachrae, un demi-frère aîné de Niall Noigiallach ou « Niall aux neuf otages ». Fiachrae et ses deux frères germains, Brion et Ailill, furent les ancêtres de la dynastie des rois de Connacht qui donna ensuite son nom à la province ; Leur mère fut Mongfind.

[5] Connacht ou Connaught est une province de la République d’Irlande située à l’ouest sur la côte atlantique. La province comprend les cinq comtés de Galway, Leitrim, Mayo, Roscommon et Sligo. Après la première intervention des barons anglo-normands en Irlande Guillaume du Bourg reçoit vraisemblablement le titre de « seigneur de Connaught » mais il ne peut pas prendre possession de son domaine qui demeure entre les mains des Uí Conchobair jusqu’en 1224/1235. À cette date Richard Mor de Burgh se prévalant des droits de son père réclame l’investiture sur le Connacht. Il reçoit l’appui de son parent Hubert de Burgh qui est « Justicier d’Irlande » et qui l’autorise à effectuer une levée féodale parmi les barons normands pour conquérir le Connacht à partir de 1227. Après avoir vaincu Felim mac Cathal Crobderg Ua Conchobair roi de Connacht issu des Uí Conchobair qui ne conserve plus comme vassal du roi d’Angleterre que cinq cantons de son ancien royaume Richard de Burgh se proclama seigneur de Connaught en 1235.

[6] La Thrace désigne une région de la péninsule balkanique partagée entre la Grèce, la Bulgarie et la Turquie ; elle doit son nom aux Thraces, la peuplade qui occupait la région dans l’Antiquité. Au 21ème siècle, la Thrace fait partie, à l’ouest, de la Grèce, Thrace occidentale, au nord, de la Bulgarie et, à l’est, de la Turquie, Thrace orientale.

[7] dans le comté de Roscommon

[8] Les Pictes étaient un peuple établi principalement dans les Lowlands de l’Écosse. Les migrations Pictes s’installent entre les différentes vagues de migrations goïdeliques (gaëliques) et gallo-britonniques. Leurs ancêtres seraient venus du continent à la fin de la préhistoire, peut-être au cours du 1er millénaire avant jc. Leur première mention est due à l’orateur breton Eumenius, en 297, ce dernier les cite aux côtés des Hibernii (les Irlandais) comme ennemis des Bretons.

[9] l’écosse actuelle

[10] Les Scots sont un peuple celte originaire de l’est de l’Irlande qui commença à s’établir dans l’île de Bretagne entre les rivières Clyde et Solway aux 3ème et 4ème siècles de l’ère chrétienne. L’Écosse actuelle leur doit son nom (Scotland). Les premiers Scots affrontèrent les Britto-romains lors de raids qui se transformèrent en établissements durables, profitant sans doute d’un dépeuplement précoce des régions où ils effectuaient leur piraterie. Peu avant 500, ces Scots s’établirent sur les côtes du Devon et du pays de Galles, mais ils n’y établirent pas d’ensembles politiques durables. On leur doit toutefois l’introduction de l’écriture oghamique sur l’île. Plus au nord, les Scots devinrent dans un premier temps les voisins immédiats et les rivaux occidentaux des Pictes, les anciens habitants de la Calédonie. Cette région, qui n’avait jamais été conquise par Rome, passa progressivement sous leur contrôle du 6ème au 9ème siècle. Dès le 6ème siècle, les Scots durent cependant résister aux Anglo-Saxons, établis durablement au sud du Forth avant 500, contrairement aux Bretons, les Scots nouèrent de nombreux contacts avec ces nouveaux venus, surtout à l’est avec le royaume septentrional de Northumbrie. Au 7ème siècle, les Scots chrétiens jouèrent en particulier un rôle important dans l’évangélisation des Anglo-Saxons, rôle qui fut ensuite éclipsé par Rome.

[11] Les Annales d’Ulster sont des chroniques de l’histoire médiévale irlandaise. Les entrées couvrent la période allant de 431 à 1540. Celles allant jusqu’à l’année 1489 furent compilées à la fin du 15ème siècle par le scribe Ruaidhri Ó Luinín, sous le patronage de Cathal Óg Mac Maghnusa, sur l’île de Belle Isle sur le lac Lough Erne, dans la province d’Ulster. Les entrées plus tardives furent rajoutées par d’autres auteurs.