Julius Florus ou Iulius Florus (mort en 21)
Prince gaulois-Chef du peuple des Trévires
Julius Florus appartient à une famille gauloise, de la tribu des Trévires [1], de rang noble. Il bénéficie de la citoyenneté romaine, ses ancêtres s’étant vu concéder cet honneur pour services rendus à l’État romain.
Il a activement participé à la révolte de Sacrovir [2] menée par le chef éduen [3] Julius Sacrovir en 21.
Julius Florus est en première ligne pour inciter les peuples voisins et les gaulois à la révolte. Il entreprend notamment des missions diplomatiques auprès des belges [4] et tente également de pousser à la défection les gaulois enrôlés dans les troupes auxiliaires des légions romaine.
Il s’est notamment distingué par son rôle diplomatique auprès d’autres tribus gauloises et sa propagande pour encourager à la rébellion. Celle-ci est suivie par une grande partie des peuples gaulois en raison des lourdes taxes que la population est obligée de payer aux gouverneurs romains.
Battu par Julius Indus, lieutenant de Gaius Silius , dans un affrontement entre les deux armées vers la silva Arduenna [5] par des légions venues de Germanie [6], il se suicide pour ne pas être fait prisonnier. Cet évènement provoque le retrait des trévires de la rébellion.
Notes
[1] Les Trévires étaient un peuple celte du groupe belge, localisé dans l’est de Gaule. Leur nom est à l’origine de la ville de Trèves en Allemagne. Le territoire des Trévires couvrait approximativement l’actuel Luxembourg et les régions avoisinantes1 ; il couvrait l’espace compris entre les Ardennes et le Rhin. Ils avaient pour voisins les Rèmes à l’ouest, les Médiomatrices au sud, les Vangions à l’est, les Ubiens et les Éburons au nord.
[2] La révolte de Sacrovir est une révolte menée par deux aristocrates gaulois, l’éduen Julius Sacrovir et le trévire Julius Florus, contre les autorités romaines en 21. Motivée par des considérations fiscales, les 2 chefs refusant l’imposition du tribut, la révolte est matée par des légions romaines appelées de Germanie. Défaits par l’armée romaine, les deux meneurs tentent de se cacher ou de fuir mais finissent par se suicider.
[3] Les Éduens étaient un peuple de la Gaule celtique. Ils étaient établis dans les actuels départements français de la Nièvre et de la Saône-et-Loire ainsi qu’au sud de celui de la Côte d’Or et à l’est de celui de l’Allier. Bibracte était leur capitale. Ils étaient régis par un chef électif, le vergobret. Les Romains firent, dès le 1er siècle av. jc, alliance avec eux, et le sénat romain les proclama frères de la république. Rome profita de la rivalité qui divisait les Éduens et les Arvernes pour intervenir dans les affaires de la Gaule et l’asservir plus facilement.
[4] Les Belges sont un groupe de populations antiques qui occupaient la Gaule septentrionale, entre la Manche et la rive gauche du Rhin, au nord de la Seine, au moins depuis le 3eme siècle av. jc. Ils ont également colonisé des territoires sur l’île de Bretagne (ou Bretagne insulaire) et en Irlande. Sous l’Empire romain, ils donnent leur nom à la province de Gaule belgique qui recoupe en partie leur territoire.
[5] L’Ardenne est une région géographique de basse montagne qui s’étend sur les territoires belge (wallon), français, luxembourgeois et allemand, située à l’est de la Meuse et de la Sambre et limitée au sud par les plaines de Lorraine et de Champagne. Lors de la conquête romaine, le chef Ambiorix finit par se réfugier dans la forêt d’Ardenne et n’est jamais capturé. Vers 10 av. jc. Au 1er siècle, c’est la fondation d’Arlon, vicus de la Cité des Trévires. Des villas gallo-romaines sont édifiées à travers le pays, notamment à Malagne. En 89, la province de Germanie inférieure est formée, comprenant la Civitas Tungrorum qui auparavant faisait partie de la Gaule belgique. Cette province fait partie du diocèse des Gaules lui-même faisant partie de la préfecture des Gaules.
[6] La Germanie est le nom donné, dans l’Antiquité, à la région d’Europe centrale séparée du monde romain par le Rhin et le Danube et s’étendant approximativement, à l’est, jusqu’à la Vistule. Le territoire de la Germanie était peuplée par les Celtes avant que divers peuples germaniques ne s’y installent au cours du 1er millénaire av. jc. La Germanie antique ne correspond pas à l’Allemagne actuelle, même si certains territoires importants des unes et des autres peuvent se superposer. Le nom de Germanie est utilisé par les Romains, avec différents qualificatifs, incluant des territoires qui ne sont pas aujourd’hui allemands d’une part, et des contrées actuellement allemandes sans aucune équivoque possible, qui n’étaient pas d’un point de vue administratif en Germanie romaine, d’autre part. Les anciens, depuis le 2ème siècle av. jc jusqu’à l’arrivée massive des peuples slaves au vie siècle, nommaient Germanie l’espace limité au nord par la mer Baltique et la mer du Nord, au sud par les Beskides occidentales et le nord des Alpes, à l’est par la Vistule et à l’ouest par le Rhin.