Caius Julius Civilis
Chef des Bataves
Il est citoyen romain, citoyenneté sans doute octroyée à ses ancêtres par Caius Julius Caesar ou Auguste, ce que pourrait indiquer le port du gentilice Julius.
Fidèle auxiliaire des armées romaines, il est soupçonné à tort de haute trahison avec son frère Paulus. Ce dernier est exécuté, alors que Civilis bénéficie de l’avènement de Galba qui le libère.
II provoque en 69 une révolte de son peuple [1] à la suite de laquelle il est bientôt rejoint par des Germains [2] et une partie de la Gaule conduite par Julius Sabinus.
Après des victoires dont la prise de Mayence [3], il fut vaincu à Trèves [4] par le général romain Quintus Petillius Cerialis, traita avec les Romains et devint leur allié en 70.
Les écrits de cette époque présentent Civilis comme un défenseur des libertés publiques et le transforment en véritable héros.
Ainsi, Hugo Grotius dans son livre “Liber de antiquitate reipublice batavicae” forge le mythe des Bataves à l’origine du peuple hollandais, conquérant leur indépendance sous la direction de Civilis.
Notes
[1] La révolte des Bataves a lieu dans la province romaine de Germanie inférieure entre 69 et 70. La révolte est menée par les Bataves, un petit peuple germanique qui habitait en Batavie, dans le delta du Rhin, contre l’Empire romain. Ils sont plus tard rejoints dans le conflit par des civitates de Gaule belgique. Sous la direction de leur prince héréditaire Caius Julius Civilis, officier auxiliaire de l’armée romaine impériale, les Bataves et leurs alliés ont réussi à infliger une série de défaites humiliantes à l’armée romaine, notamment la destruction de 2 légions. Après ces premiers succès, une puissante armée romaine dirigée par le général romain Quintus Petillius Cerialis vainc finalement les rebelles.
[2] Les peuples germaniques ou Germains sont des ethnies indo-européennes originellement établies en Europe septentrionale. Leur protohistoire se situe dans les territoires connus sous le nom de Germanie (latin Germania), de Thulé (terme grec désignant probablement la Scandinavie ou le nord de l’Allemagne), ou encore sur les rives de la mer Noire. Mieux connus dans le monde latin à partir du 1er siècle, principalement à travers l’œuvre de l’historien Tacite, l’expansion originelle des Germains est attestée à l’âge du bronze danois. C’est à cette période que la linguistique fait remonter la différenciation linguistique en trois grands groupes : Germains orientaux, Germains occidentaux et Germains septentrionaux. Cette communauté linguistique est constitutive du paradigme de « Germains ».
[3] Mayence est une ville allemande, capitale, arrondissement et plus grande ville du Land de Rhénanie-Palatinat (Rheinland-Pfalz). Entourée de vignobles (Mayence est la première ville d’Allemagne pour le commerce du vin), elle est située sur la rive gauche du Rhin, en face du confluent du Main. L’histoire de la ville de Mayence, fondée par les Romains, constitue un héritage de plus de 2 millénaires. Mayence tire son origine du camp romain de Mogontiacum.
[4] Trèves est une ville et un arrondissement d’Allemagne, dans le Land de Rhénanie-Palatinat. La ville est située sur la Moselle. Cette ville, ancienne colonie romaine, est fondée à l’époque romaine, en l’an 16 av. jc sous le nom d’Augusta Treverorum, sur le site du chef-lieu d’un peuple gaulois, les Trévires. Le pont romain en pierre qui franchit la Moselle est édifié en 45 ap. jc, en remplacement d’un premier pont de bois : c’est le plus ancien pont d’Allemagne encore debout. Colonie romaine et place forte très importante dans la défense contre les « Barbares », elle est dotée d’une enceinte abritant la plus grande surface urbaine de Gaule. Grande métropole marchande à partir du 2ème siècle, devenue l’une des capitales de la Tétrarchie à la fin du 3ème siècle et siège d’un atelier monétaire impérial à partir de 294, Trèves est alors qualifiée de « seconde Rome » ou Roma Secunda. De l’époque romaine subsistent la Porta Nigra (porte noire), le plus grand édifice romain sur le sol allemand, une basilique, où siège un tétrarque (aujourd’hui une église protestante), les restes d’un amphithéâtre, ainsi que des ruines de thermes romains. Au début du 5ème siècle, au cours des invasions germaniques, Trèves est attaquée et pillée plusieurs fois par les Francs. Peu auparavant, la préfecture des Gaules est transférée de Trèves à Arles