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Jacques François Stuart dit le chevalier de Saint-George

mardi 7 juillet 2026, par lucien jallamion

Jacques François Stuart dit le chevalier de Saint-George (1688-1766)

Prince de Galles de 1688 à 1689

Fils du roi Jacques II d’Angleterre et d’Irlande et jacques VII d’Écosse et de sa 2ème épouse, la princesse Marie de Modène.

À la mort de Jacques II d’Angleterre, qui avait perdu son trône à la suite de la Glorieuse Révolution de 1688 [1] et s’était réfugié en France, Jacques reprend les revendications de son père, alors que sa demi-sœur Marie, fille aînée de Jacques II, est devenue reine sous le titre de Marie II d’Angleterre avec son épouxGuillaume d’Orange. Il fut proclamé par ses soutiens roi Jacques III d’Angleterre et d’Irlande et Jaqures VIII d’Écosse le 16 septembre 1701 au château de Saint-Germain-en-Laye où lui et sa sœur Louise Marie Thérèse Stuart étaient réfugiés avec une cour composée principalement d’Écossais et d’Anglais catholiques et légitimistes, mais Jacques ne parvint jamais à régner. À l’échelle européenne, la plupart des pays avaient reconnu Guillaume III et Marie II d’Angleterre comme seuls souverains légitimes ; seuls l’Espagne, Modène [2], le Saint-Siège [3] et la France jusqu’au traité de Ryswick de 1697 [4] soutenaient les prétentions de Jacques François Stuart.

Soutenu par Louis XIV, il participe à la campagne de Flandres en 1708-1709 à la bataille de Malplaquet [5], aux côtés des petits-fils du roi de France. La France tente d’organiser son débarquement en Écosse pour soulever le pays en sa faveur mais une tentative en 1708 ne lui permet même pas de débarquer. Le traité d’Utrecht en 1713 [6] engage le roi de France Louis XIV à reconnaître la loi de succession anglaise et à ne plus soutenir de solution alternative, notamment les revendications jacobites [7]. Il refuse la présence de Jacques François Stuart en France.

Celui-ci trouve alors refuge, en février 1713, à Bar-le-Duc [8], capitale du Barrois [9], auprès du duc de Lorraine Léopold 1er et de ses parents, au château de Lunéville [10] et à Commercy [11]. En 1715, souhaitant profiter du mécontentement que suscite, après la mort de la reine Anne, dernière reine Stuart et autre demi-sœur de Jacques François, l’avènement de George 1er de Hanovre sur les trônes britannique et irlandais, les jacobites tentent un nouveau soulèvement avec le soutien de Henry Bolingbroke. Cette tentative, connue sous le nom de The Fifteen [12] dans l’histoire britannique, est financée par l’Espagne et bénéficie du soutien français à défaut d’une aide officielle, mais lorsque Jacques François Stuart débarque en Écosse au nord d’Aberdeen [13] le 22 décembre 1715, il découvre que l’armée levée par le comte de Mar,John Erskine, s’est en grande partie dispersée à la suite de la bataille de Sheriffmuir le 10 novembre [14]. Malade, peu sûr de lui, Jacques François Stuart fuit à nouveau devant l’arrivée d’une armée britannique commandée par le duc d’Argyll alors qu’il préparait son couronnement comme roi d’Écosse : il rembarque pour la France le 4 février 1716.

Après cet échec, le Vieux Prétendant ainsi qu’il est souvent désigné par l’historiographie whig, pour le distinguer du Jeune Prétendant, son fils Charles Édouard Stuart doit quitter son refuge lorrain car une pression diplomatique s’exerce sur le duc Léopold. Jacques François Stuart trouve refuge à Rome en 1717, où le pape le loge au palais Muti [15] et lui offre une pension jusqu’à sa mort.

En 1719, une nouvelle tentative pour le restaurer, soutenue par l’Espagne, échoue : la flotte qui devait l’emmener est dispersée et détruite par une tempête au large du cap Finisterre [16] tandis qu’en Écosse, une armée jacobite est écrasée durant la bataille de Glen Shiel [17], le 10 juin 1719. Cet épisode, baptisé “The Nineteen” est la dernière tentative de Jacques François Stuart de devenir roi. Son fils Charles Édouard Stuart sera à la tête de la toute dernière tentative en 1745-1746, en tant que représentant de son père, sans plus de succès.


Jacques François Stuart épouse au palais épiscopal de Montefiascone [18] à Rome le 3 septembre 1719 la princesse Marie-Clémentine Sobieska , petite-fille du roi Jean III de Pologne.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Jacques François Stuart/ Portail de l’Écosse/ Portail du pays de Galles/ Catégories : Maison Stuart

Notes

[1] La Glorieuse Révolution d’Angleterre, aussi appelée Seconde Révolution anglaise, fut une révolution faussement décrite dans un premier temps comme « pacifique » (1688-1689). Terme à nuancer tout d’abord en raison des combats sévères qui opposèrent les partisans catholiques à l’armée néerlandaise de Guillaume III, ainsi qu’à cause de la sanglante contre-révolution qui s’ensuivit en Irlande peu de temps après. Elle eut pour conséquence de renverser le roi Jacques II (Jacques VII d’Écosse) et provoqua l’avènement de la fille de celui-ci, Marie II, et de son époux, Guillaume III prince d’Orange, à la suite de l’invasion néerlandaise de l’Angleterre menée par ce dernier. La révolution renforça la monarchie mixte et réaffirma le rôle du parlement face à la couronne.

[2] Modène est une ville italienne, chef-lieu de la province du même nom située en Emilie Romagne. La ville se situe sur la Via Emilia, route romaine qui relie Piacenza jusqu’à Rimini sur la côte Adriatique. Au cœur de la vallée du Pô, la ville est entourée de deux rivières, la Secchia et le Panaro qui sont deux affluents du Pô, le plus important fleuve du territoire italien. La ville s’élève à 34 mètres d’altitude au-dessus du niveau de la mer, dans une zone complètement plate. Au sud de la province de Modène se trouve le parc régional de l’Appennino modenese, au cœur de la chaîne de montagne des Appennini.

[3] Le Saint-Siège ou Siège apostolique est une personne morale représentant le pape et la curie romaine. C’est un sujet de droit international qui entretient des relations diplomatiques avec les États et qui est membre d’organisations internationales ou y est représenté. Son existence remonte à celle de la papauté ainsi qu’à la structuration, à partir du 11ème siècle, de la curie romaine et d’une diplomatie pontificale. Celle-ci a d’abord été faite de relations diplomatiques entre le pape et les souverains, rois et empereurs, puis avec les États modernes à mesure de leur constitution dans l’histoire. Sur le plan du droit international, le Saint-Siège existe aujourd’hui comme « sujet de droit primaire » à l’égal des États, c’est-à-dire qu’il est reconnu par les États mais ne doit pas son existence à cette reconnaissance. L’existence du Saint-Siège est liée à la personne du pape et non pas à un territoire. Ainsi, le Saint-Siège est resté un sujet de droit international entre 1870, date de la fin des États pontificaux, et 1929, date de l’instauration de l’État du Vatican par les accords du Latran. Le Saint-Siège et le Vatican sont deux entités distinctes bien qu’elles aient l’une et l’autre le pape à leur tête. Le Vatican se compose du Saint-Siège, entité spirituelle et de l’État de la cité du Vatican, entité temporelle. Le lien entre ces deux entités est le pape, chef du spirituel et du temporel, disposant du pouvoir absolu (exécutif, législatif et judiciaire). Les représentants du Saint-Siège auprès des États et des organismes internationaux sont les nonces ou des délégués apostoliques.

[4] Les traités de Ryswick signés les 20-21 septembre 1697 à Ryswick, ville hollandaise des faubourgs de La Haye, mirent fin à la guerre de la Ligue d’Augsbourg entre Louis XIV et la Grande Alliance.

[5] La bataille de Malplaquet eut lieu le 11 septembre 1709 au cours de la guerre de Succession d’Espagne au sud de Mons dans les Pays-Bas espagnols (sur le territoire de l’actuelle commune de Taisnières-sur-Hon en France). Les forces commandées par le général John Churchill, duc de Marlborough et le prince Eugène de Savoie, essentiellement autrichiennes et néerlandaises, affrontèrent les Français commandés par le maréchal de Villars. L’armée de Marlborough conquiert le terrain, mais au prix de pertes quatre fois plus importantes que celle de l’armée française, qui fit retraite en bon ordre, et avec toute son artillerie, préservant ainsi le Royaume de France d’une invasion.

[6] Les traités d’Utrecht sont deux traités de paix signés en 1713 qui mirent fin à la guerre de Succession d’Espagne. Le premier fut signé à Utrecht le 11 avril entre le royaume de France et le royaume de Grande-Bretagne, le second fut signé à Utrecht le 13 juillet entre l’Espagne et la Grande-Bretagne.

[7] Le « jacobitisme » historique est un mouvement politique proche des Tories entre 1688 et 1807, composé de ceux qui soutenaient la dynastie détrônée des Stuarts et considéraient comme usurpateurs tous les rois et les reines britanniques ayant régné pendant cette période. Soutenu par les monarchies catholiques françaises et espagnoles, il était surtout implanté en Irlande et dans les Highlands d’Écosse qui furent le théâtre de plusieurs révoltes soutenues par la France. Plus marginalement, le jacobitisme disposait également d’un certain nombre de partisans dans le nord de l’Angleterre et au Pays de Galles.

[8] Bar-le-Duc est une commune française située dans le département de la Meuse. L’existence de l’agglomération remonte à l’Antiquité où elle est un relais le long de la voie romaine reliant Reims à Metz. Capitale du comté puis du duché de Bar, Bar-le-Duc devient l’une des principales citadelles lorraines, se développant à la fois au fond de la vallée, le long des berges de l’Ornain, et sur le plateau du versant gauche, autour du château du Moyen Âge. Après son rapprochement avec le duché de Lorraine à la fin du 15ème siècle, elle connaît une période culturelle et architecturale prospère durant toute la Renaissance

[9] Le Barrois est un territoire du sud-ouest du département de la Meuse. La ville principale qui peut en être vue comme la capitale historique est Bar-le-Duc. Le Barrois est donc le pays entourant Bar-le-Duc.

[10] Le château de Lunéville, possession des ducs de Lorraine depuis le 13ème siècle, a été construit pour le compte du duc Léopold 1er entre 1703 et 1720 sur des plans de Pierre Bourdict, Nicolas Dorbay et Germain Boffrand. Léopold 1er, né en exil pendant l’occupation française, ne prit possession de ses duchés qu’avec la signature du traité de Ryswick en 1697. Il découvrit alors Nancy, sa capitale et son palais datant du Moyen Âge, en piteux état, et dont la rénovation dépassait de beaucoup ses capacités financières.

[11] La Principauté de Commercy ou Principauté de Commercy et Euville, est une ancienne principauté ayant pour chef-lieu Commercy. Le duc de Lorraine Léopold 1er acquiert cette principauté en 1707 ; il l’échange ensuite contre les seigneuries de Fénétrange et de Falkenstein. À la suite de la mort de Charles-Henri de Lorraine-Vaudémont en 1723, il est créé le bailliage de Commercy ; à partir de cette date la principauté et le bailliage de Commercy existent conjointement. La duchesse douairière Élisabeth-Charlotte d’Orléans, après la renonciation de son fils François III à la Lorraine en 1737, reçoit la principauté de Commercy. À la mort de cette dernière le 23 décembre 1744, le nouveau duc Stanislas Leszczynski, ayant déjà reçu les duchés de Lorraine et de Bar, prend possession de Commercy

[12] La rébellion jacobite de 1715 (parfois désigné comme « The Fifteen » (littéralement « celui de 15 ») ou le soulèvement du comte de Mar) fut une tentative de la part de Jacques François Édouard Stuart (surnommé le Vieux Prétendant) de reconquérir le trône britannique en faveur de la dynastie des Stuart exilée.

[13] Aberdeen. La ville a commencé avec deux burghs séparés : le Vieil Aberdeen (Old Aberdeen), à l’embouchure de la rivière Don, et le nouveau Aberdeen (New Aberdeen), lieu de pêche et de commerce, où la voie navigable Denburn entre dans l’estuaire de la rivière Dee. La première charte a été accordée par Guillaume 1er en 1179 et confirma les droits commerciaux accordés par David 1er. En 1319, la Grande Charte de Robert 1er transforme Aberdeen en une communauté indépendante financièrement et propriétaire unique.

[14] La bataille de Sheriffmuir est une bataille qui eut lieu en novembre 1715 dans le Perthshire en Écosse lors de la première rébellion jacobite. En septembre 1715, le comte de Mar, chef du parti jacobite en Écosse, proclame Jacques François Stuart roi d’Écosse. À la tête d’une armée de 12 000 hommes, il se rend maître des Highlands, puis se dirige vers le sud. Il rencontre les troupes gouvernementales du duc d’Argyll à Sheriffmuir, près de Dunblane. L’armée jacobite, mal commandée, ne parvient pas à vaincre un adversaire pourtant inférieur en nombre. L’issue de la bataille est incertaine, les deux camps proclament la victoire, mais ce sont surtout les Jacobites qui en sortent démoralisés. Quand Jacques François Stuart, de retour de France, débarque en Écosse en décembre, sa cause est déjà perdue et il ne parvient pas à mobiliser ses troupes. Il doit rembarquer pour la France dès février.

[15] Le palais Muti, parfois nommé palais Balestra ou palais Stuart, se trouve à Rome sur la place des Saints-Apôtres. C’est un édifice haut de 4 étages enduit de couleur ocre avec des chaînages de pierre d’angle qui décorent et délimitent la façade du palais dans sa largeur. 2 colonnes ioniques encadrent le portail d’entrée de la façade principale sur lequel un linteau gravé mentionne le nom de « Balestra » (arbalète en italien), nom d’une famille qui occupait un ensemble de maisons flanqué d’une tour, défendant ces mêmes lieux, au 15ème siècle. Au 16ème siècle, la famille Muti Papazurri, propriétaire des lieux jusqu’en 1816, arase les constructions médiévales, et construit un premier édifice, baroquisé en 1644 par l’architecte Mattia De Rossi. En 1719, la Chambre apostolique prend en location le palais pour accueillir le prétendant au trône d’Angleterre, Jacques François Stuart. Le pape Clément XI accorde sa protection au souverain catholique et soutient ses revendications au trône, contre les souverains anglicans.

[16] Espagne

[17] La bataille de Glen Shiel est une victoire de l’armée britannique sur les jacobites écossais et l’armée espagnole pendant le soulèvement jacobite de 1715, qui constitue un conflit annexe de la guerre de la Quadruple-Alliance.

[18] Montefiascone est une commune italienne, située dans la province de Viterbe, dans la région Latium, en Italie centrale.