Jacques d’Alphée ou Jacques fils d’Alphée
Juif de Galilée [1] qui fait partie des 12 Apôtres [2] de Jésus.
Dans la tradition catholique, il est assimilé à Jacques le Mineur tandis que la tradition protestante distingue les 2 personnages, ainsi que le fait la recherche.
Plusieurs personnages se prénomment Jacques dans le Nouveau Testament.
Il existe ainsi un personnage prénommé Jaques qui est présenté comme fils d’Alphée, nom traduit du grec Alphaios, de l’araméen Alpay, dont l’assimilation à Clopas est parfois avancée. Selon l’Évangile de Marc [3], l’apôtre Lévi-Matthieu a également un père du nom d’Alphée.
Autant Jacques de Zébédée et Jacques d’Alphée, le frère de Jude, apparaissent bien distincts, autant la question s’est posée d’une éventuelle synonymie entre ce dernier et Jacques le Juste, frère du Seigneur. Toutefois, si cet apôtre est le fils d’Alphée, il ne saurait être celui de Joseph, sauf à supposer qu’Alphée et Joseph ne feraient qu’un, ce qui ne figure pas dans l’Écriture.
Face à ces interrogations, le christianisme oriental [4] distingue d’une part le fils d’Alphée et d’autre part le Mineur ou le Juste.
À l’inverse, la tradition occidentale a assimilé Jacques fils d’Alphée et Jacques frère du Seigneur en tenant le raisonnement suivant : si en Galates, Jacques le frère du Seigneur est un apôtre, il faut l’intégrer dans la liste des Douze et, comme il ne peut s’agir du fils de Zébédée, il ne reste plus que le fils d’Alphée. De surcroît, si l’on admet que frère signifie cousin, Jacques d’Alphée peut être un cousin de Jésus : ainsi s’est développée à la suite de Clément d’Alexandrie la tradition de l’Église romaine, pour laquelle il n’existe que deux Jacques, le Majeur (le fils de Zébédée) et le Mineur (le fils d’Alphée, le Juste, le frère du Seigneur.
Ainsi la tradition catholique identifie Jacques fils d’Alphée et Jacques le Mineur à un seul personnage lui-même distinct de Jacques de Zébédée, dit Jacques le Majeur, tandis que pour la plupart des exégètes protestants, Jacques d’Alphée et Jacques le Mineur sont deux personnages distincts.
Selon l’historien Flavius Josèphe et l’évêque Eusèbe de Césarée, il serait mort en martyr, lapidé en 62 à Jérusalem [5], alors que la tradition dit qu’il a subi la crucifixion à Ostrakine [6] en Basse-Égypte [7], où il prêchait l’Évangile.
Ses reliques sont conservées depuis le 6ème siècle, avec celles de saint Philippe, dans la crypte de la basilique des Saints-Apôtres de Rome [8], consacrées par le pape Pélage 1er, consécration plus tard étendue à l’ensemble des douze apôtres.
Notes
[1] La Galilée est souvent citée dans l’Ancien Testament, et sa partie septentrionale évoquée comme "la Galilée des Gentils" dans le Nouveau Testament. Elle est décrite par Flavius Josèphe qui évoque son histoire, son peuplement sa géographie, et lui donne deux parties : la Galilée supérieure, en grande partie peuplée de Gentils, et la Galilée inférieure, en grande partie peuplée de Juifs. Son nom de Galilée pourrait venir d’un peuplement celte, comme plus au nord la Galatie. Elle recouvrait avant la Captivité les territoires des tribus d’Issacar, de Zabulon, de Nephthali et d’Asher. Comme les Galiléens étaient de bons cultivateurs, plantant des figuiers, des oliviers, des noyers, des palmiers, des habiles artisans et de bons pêcheurs, la Galilée était prospère avec 400 villes, certaines très peuplées.
[2] Les Douze Apôtres, ou simplement les Apôtres, sont les douze disciples choisis par Jésus de Nazareth. Par ailleurs, selon la tradition chrétienne, Jésus a aussi distingué 70 disciples, qui deviennent évêques d’une ville par la suite. Tous ces disciples prêchent la « bonne nouvelle », expression qui donnera naissance au mot « évangile », après la rédaction des textes dans les années 65-100. Paul de Tarse est considéré comme le « treizième apôtre » par la tradition chrétienne : il est qualifié d’« Apôtre des Gentils ». Les catholiques et les orthodoxes considèrent les évêques comme les successeurs des Apôtres, et accordent une importance particulière au fait que les évêques se situent dans la succession apostolique, c’est-à-dire que la tradition à laquelle ils se rattachent remonte aux apôtres dans la succession des personnes et des doctrines.
[3] L’Évangile selon Marc forme, avec les trois autres évangiles, le cœur du Nouveau Testament, la partie la plus récente de la Bible chrétienne. Le deuxième (par sa place) des quatre Évangiles canoniques est aussi le plus bref et probablement le plus ancien ; c’est l’un des trois « Évangiles synoptiques ». La tradition chrétienne attribue sa rédaction à Marc, identifié au Marc compagnon de Paul puis de Pierre, personnage mentionné par le Nouveau Testament, spécialement les Actes des Apôtres et les épîtres de Paul et de Pierre. Son antériorité par rapport aux deux autres synoptiques (Matthieu et Luc) est aujourd’hui admise par le consensus historien, tout comme son utilisation par Matthieu et Luc, dont il constitue l’une des deux sources principales.
[4] Le christianisme oriental regroupe plusieurs branches du christianisme et différentes confessions : les Églises antéchalcédoniennes (telles que les églises des trois conciles et les églises de l’Orient), l’Église orthodoxe et les Églises catholiques orientales. Les historiens emploient cette expression pour désigner la chrétienté de l’Europe orientale après la séparation des Églises d’Orient et d’Occident (schisme de 1054), par opposition au « christianisme occidental ». Cette rupture, qui a vu se définir un Occident « latin » et un Orient « byzantin », a eu des répercussions à la fois politiques, théologiques et culturelles.
[5] Ville du Proche-Orient que les Israéliens ont érigée en capitale, que les Palestiniens souhaiteraient comme capitale et qui tient une place centrale dans les religions juive, chrétienne et musulmane. La ville s’étend sur 125,1 km². En 130, l’empereur romain Hadrien change le nom de Jérusalem en « AElia Capitolina », (Aelius, nom de famille d’Hadrien ; Capitolina, en hommage au dieu de Rome, Jupiter capitolin) et il refonde la ville. Devenue païenne, elle est la seule agglomération de la Palestine à être interdite aux Juifs jusqu’en 638. Durant plusieurs siècles, elle est simplement appelée Aelia, jusqu’en 325 où Constantin lui redonne son nom. Après la conquête musulmane du calife Omar en 638, elle devient Iliya en arabe, ou Bayt al-Maqdis (« Maison du Sanctuaire »), équivalent du terme hébreu Beit ha-Mikdash (« Maison sainte »), tous deux désignant le Temple de Jérusalem, ou le lieu du voyage et d’ascension de Mahomet, al-Aqsa, où se situait auparavant le temple juif
[6] Établie comme port au Ier siècle av. jc près de Sirbonis, la frontière de longue date entre l’Égypte et la Syrie, les preuves archéologiques suggèrent qu’Ostrakine était un centre de la verrerie à l’époque classique. Évêché durant la période byzantine, il existe trois églises byzantines, et que la ville est restée importante comme étape sur la route commerciale au début de la période musulmane. Les archives archéologiques démontrent qu’Ostrazine soutenait une communauté chrétienne importante et prospère à la fin de l’Antiquité, étroitement liée aux traditions de Palestine et d’Égypte, et probablement encouragée par l’Église égyptienne. Des fouilles menées par Jean Clédat en 1914 ont révélé des bâtiments publics byzantins bien conservés, dont plusieurs églises et un grand complexe fortifié, probablement un monastère, richement décoré de symboles chrétiens. Clédat suggéra que la forteresse jouait un rôle défensif en protégeant les routes du Sinaï vers l’Égypte. Il découvrit également des ostraca grecs portant le nom de la ville.
[7] L’Égypte se définit essentiellement par rapport au Nil. La Basse Égypte est donc « basse » par référence au sens de l’écoulement du fleuve (du sud, plus haut, vers le nord, en aval) et donc à son altitude. Son relief est également peu accusé. C’est la partie la plus au nord de l’Égypte, depuis la Méditerranée, avec le delta du Nil, jusqu’à la région du Fayoum avec Le Caire.
[8] La basilique des Saints-Apôtres est une basilique mineure de Rome datant du 6ème siècle, dédiée initialement aux apôtres Jacques le Mineur et Philippe (reliques), et plus tard à tous les apôtres. Elle se trouve dans le rione de Trevi. Aujourd’hui, la basilique est sous la garde de l’Ordre des franciscains conventuels, dont le siège est à Rome dans un bâtiment adjacent. Construite par le pape Pélage 1er pour célébrer la victoire de Narsès sur les Ostrogoths et consacrée par le pape Jean III aux apôtres Jacques le Mineur et Philippe, la basilique est énumérée sous le nom de titulus SS Apostolorum dans les actes du synode de 499. La basilique des Saints-Apôtres, détruite par un tremblement de terre en 1348, est abandonnée. En 1417, le pape Martin V, dont la famille possède la propriété adjacente le Palais Colonna, restaure l’église.