Marie-Madeleine de Vignerot - François Anguier - François Hédelin dit Abbé François d’Aubignac - Jehan Le François dit La Fontaine - Jean François Sarrasin - Jean Varin ou Warin - Charles Couppeau d’Assouci -

 

 

Marie-Madeleine de Vignerot (1604-1675)

Duchesse d’Aiguillon

 

Fille de René de Vignerot et de Françoise Duplessis, sœur du cardinal de Richelieu, elle fut mariée à Antoine Pont du Roure, marquis de Combalet, pour qui elle conçut une telle aversion que quand il fut tué lors des dernières guerres de religion, de peur que, par quelque raison d’État, on ne la sacrifiât encore, elle fit vœu de ne jamais se marier et de se faire carmélite. Après avoir échoué dans plusieurs projets de mariage avec les premières maisons de France, le cardinal ministre acheta le duché d’Aiguillon pour sa nièce en 1638. Elle fut dame d’atour de Marie de Médicis.

Après la mort du cardinal, elle hérita d’une partie de ses biens, entre autres, du château de Rueil et du petit Luxembourg, et employa presque toute sa fortune à soulager les pauvres et à fonder des établissements de charité, elle fut l’auxiliaire de Saint Vincent de Paul. À sa mort, son oraison funèbre fut prononcée par Fléchier.

 

François Anguier (1604-1669)

Sculpteur

 

Né à Eu en Seine-Maritime. Il entre en 1621 dans l’atelier du sculpteur Martin Caron à Abbeville. S’installant à Paris autour de 1628, il participe, sous la direction de Simon Guillain au retable de l’église des Carmélites près du jardin du Luxembourg. Il part ensuite pour l’Angleterre. Avec son frère cadet, Michel, il rejoint Rome en 1641 et fréquente l’atelier de l’Algarde et de François Duquesnoy. De retour en France dès 1643, il rejoint son frère à Moulins où il travaille alors au tombeau du dernier des ducs de Montmorency, Henri II.

On lui doit le tombeau du cardinal de Bérulle, d’Henri de Montmorency à Moulins, celui de Jacques de Thou, premier président du parlement de Paris et un crucifix en marbre pour le maître-autel de la Sorbonne, il fit les décors du Louvre avec son frère Michel.

 

François Hédelin dit Abbé François d’Aubignac (1604-1676)

Critique dramatique

Abbé d'Aubignac et de Meymac

 

Fils de Claude Hédelin, avocat au parlement, et de Catherine Paré, fille du célèbre chirurgien Ambroise Paré, il fut d'abord destiné au barreau. Après avoir achevé ses études, il exerça la profession d'avocat à Nemours, où son père avait acheté la charge de lieutenant général. Il abandonna bientôt le barreau pour l'état ecclésiastique, et devint précepteur du duc de Fronsac, neveu du cardinal de Richelieu.

Peu de temps après, il fut pourvu de l'abbaye d'Aubignac, puis de celle de Meymac. L'élève, devenu majeur, fit à son maître une pension de 4 000 livres, pour laquelle d'Aubignac eut un procès à soutenir après la mort du duc, en 1646. Cette mort fut, pour l'abbé d'Aubignac, un coup de foudre qui lui fit perdre les pensées de la fortune et des plaisirs de la vie. Il continua cependant à s'occuper de littérature. Sur la fin de ses jours, il se retira à Nemours, où il mourut le 25 juillet1676.

Il se livra à la littérature, et fut en relation avec les plus beaux esprits de son temps. Passionné de littérature il écrit quelques romans et tragédies, La Pucelle d'Orléans, Zénobie, Sainte Catherine, Erixene, Palene, Terence justifié. Il est principalement connu pour avoir édifié la règle des trois unités pour le théâtre classique et par ses querelles avec Pierre Corneille, dont il attaqua les tragédies, et avec Ménage, contre lequel il publia Térence justifié.

Il soutint un des premiers qu'Homère est un personnage chimérique, et que les poèmes qu'on lui attribue ne sont qu'un recueil de morceaux détachés.

Irrité de voir que, dans l'examen de ses tragédies, Pierre Corneille ne faisait nulle mention de lui, d'Aubignac se déchaîna contre ce grand homme, et, saisissant toutes les occasions de l'attaquer, il fit imprimer deux Dissertations concernant le poème dramatique, en forme de remarques sur les deux tragédies de M. Corneille, intitulées Sophonisbe et Sertorius. Corneille, alarmé, s'en plaignit et voulut faire arrêter l'impression. N'ayant pu en venir à bout, il engagea un de ses amis à publier les Défenses de la Sophonisbe et du Sertorius. L'abbé d'Aubignac y répliqua par ses Troisième et quatrième Dissertations concernant la tragédie de M. Corneille, intitulée Œdipe, et Réponse à ses calomnies.

D'Aubignac travailla jusqu'à la fin de sa vie à retoucher la Pratique du Théâtre et y ajouta un chapitre entier sur les discours de piété dans les tragédies.

 

Jehan Le François dit La Fontaine (1604- 1625)

 

Apprenti cordonnier à Saint Pierre d'Arthenay, il voyagea en France, entra au service d'un médecin-chirurgien ou charlatan vénitien. Il revint en Normandie vers 1626, se présentant comme opérateur, évacueur de peste, sorcier. Accusé en août 1627 par Laurence Adam de lui avoir envoyé la peste pour n'avoir pas cédé à ses volontés impudiques. D'autres dénonciations suivirent, agrémentées de révélations sur ses pratiques magiques, la région était infestée par la peste depuis 1625 et la population accusait les évacueurs de la diffuser. Il s'enfuit au Mesnil-Véneron puis à La Hougue. Arrêté début septembre à Barfleur, emprisonné à Saint-Lô et inculpé de “crime de sortilège, vénéfice et maléfice par luy commis aux maisons accidentées de peste et attentat à la pudicité des femmes et filles accidentées de la dicte maladie et envoy d'icelle de maison en autre”. On trouva dans sa malle, outre les fioles de produits courants de la pharmacopée de l'époque, une image diabolique et des écrits troublants dont des formules de conjuration.

 

Jean François Sarrasin (1604-1654)

Poète et écrivain

Né à Hermanville, fils d'un trésorier de France de Caen Roger Sarrasin, il fut éduqué dans sa ville natale et alla de bonne heure à Paris où il rivalisa comme auteur de vers de société avec Voiture, mais ne fut jamais admis au petit cercle de l’hôtel de Rambouillet. Homme de plaisirs, ses travaux littéraires sont entre autres , Histoire du siège de Dunkerque, Conspiration de Wallenstein en prose, Pompe funèbre de Voiture, Orbilius Musca, sive Bellum parasiticum, Dulot vaincu, en vers. Il meurt le 5 décembre 1654 à Pézenas.

Surnommé Amilcar par les Précieuses, il était intime avec Ménage, Pellisson, Madeleine de Scudéry et Scarron avec qui il a échangé des vers. Il a soutenu Georges de Scudéry en 1639 dans son attaque contre Corneille avec un Discours de la tragédie.

Présenté au comte de Chavigny, secrétaire d’État aux Affaires étrangères, celui-ci l’honora bientôt d’une faveur toute spéciale. Il l’accompagna dans divers voyages diplomatiques. Ce ministre, qui avait reconnu le parti qu’on pouvait tirer des connaissances acquises et de l’esprit naturel de son protégé, le chargea d’une mission à Rome auprès du pape Urbain VIII, amateur éclairé des belles-lettres. Il reçut 4 000 livres pour ses premiers frais de voyage, mais au lieu de leur donner cette destination, il n’eut rien de plus pressé que de les dissiper en parties de plaisir avec une maîtresse qu’il avait rue Quincampoix. M. de Chavigny voulut bien fermer les yeux sur cette escapade, en attribuant à la fougue de l’âge, et son intervention sauva le poète des rigueurs de la cour, mais ceci eut pour conséquence d’affaiblir sa position avec Chavigny qui se sépara de lui à l’hiver 1643.

Peu de temps après, Sarrasin entreprit un voyage en Allemagne, où il sut gagner les bonnes grâces de la princesse Sophie, fille du roi de Bohême et amie de Descartes. Cette excursion n’eut pour lui d’autre résultat. De retour en France, il reconstitua alors les accrocs de sa fortune qui en résultèrent en épousant la riche veuve d’un maître des comptes, mais cette union, cimentée d’un côté par l’amour et de l’autre par l’intérêt, ne pouvait être et ne fut pas heureuse.

De guerre lasse, il rompit, et, par l’entremise du cardinal de Retz et de la duchesse de Longueville, entra comme secrétaire de ses commandements, en 1648, dans la maison du prince de Conti, dont il avait aidé à négocier le mariage avec la nièce de Mazarin. Il sut, en peu de temps se rendre indispensable, et le prince, tout en le maltraitant, en vint à ne pouvoir se passer de lui. Il le mettait de tous ses voyages.

Il se joignit à l’avocat Charles Feramus et à Ménage dans la guerre des pamphlets contre Pierre de Montmaur en 1644 avec sa satire du Bellum parasiticum. Accusé d’avoir écrit des mazarinades, il renonça, pendant une courte période, à la pratique de la poésie.

Les plus considérables de ses poésies sont les fragments épiques de Rollon conquérant, la guerre espagnole, l’épopée burlesque contre l’inventeur du genre des bouts-rimés Dulot vaincu, ou la Défaite des bouts-rimés et la Pompe funèbre en l’honneur de Voiture. Il a également écrit en latin sous le pseudonyme d'Atticus secundus. Ses œuvres ont été publiées après sa mort par Ménage.

 

Jean Varin ou Warin (1604-1672)

Médailleur et graveur général des Monnaies en 1646

Né à Liège, il vient s'installer à Paris en 1626 et obtient sa naturalisation en 1650. Il grave des médailles, art dans lequel il excelle et obtient la protection de Richelieu qui le nomme «Conducteur Général des Monnaies et Graveur des poinçons». En 1640, il est choisi pour graver les nouvelles monnaies de la réforme de Claude de Bullion. En 1647, il devient contrôleur et graveur général des monnaies de France. En 1664, il est reçu membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture.

Il est le premier à généraliser la frappe au balancier des monnaies françaises. Cette technique mécanique remplace la frappe au marteau manuelle et permet de produire des pièces d'une qualité plus régulière. Expérimentée dans les années 1580, sous le règne de Henri III, la frappe au balancier permet à Jean Varin de produire la série des Louis d'or, le magnifique écu de 60 sols ou écu blanc et ses sous-multiples avec le portrait de Louis XIII. Il gravera par la suite une partie des monnaies de Louis XIV, les portraits enfantins et juvéniles du roi soleil.

Il grava aussi de nombreuses médailles. Son art de la statuaire est moins connu. On peut voir quelques-unes de ses œuvres au château de Versailles. Son fils François lui succède au poste de graveur général.

 

Charles Couppeau d’Assouci (1605-1677)

Ecrivain et musicien*

 

Fils d’un avocat et d’une musicienne. Sa formation musicale achevée, il compose des chansons et joue pour Louis XIII, puis pour Mazarin et Louis XIV. Il fait jouer sa pastorale Les Amours d’Apollon et de Daphné qui est, quelques années avant les œuvres de son ami de Lully, la première « comédie en musique » française.

Il devient, vers 1640, l’amant de Cyrano de Bergerac qui vit chez lui et rédige une préface burlesque, intitulée Au sot lecteur, pour son Jugement de Pâris en 1648. En 1653, suite à leur rupture, probablement pour une histoire de jalousies amoureuses et aux menaces de mort que lui adresse Cyrano, il fuit prudemment Paris où il ne reviendra qu’une fois ce dernier mort.

Il raconta ses errances en compagnie de 2 pages dans les Aventures burlesques de Dassoucy. Souvent emprisonné pour grivèlerie, dettes de jeu ou propos outrageants, il sera arrêté en 1655 à Montpellier où la mise en évidence de ses mœurs faillit le conduire au bûcher. Il sera emprisonné pour sodomie en 1652, 1655 et 1673. Sorti de prison au début de 1669, il quitte Rome, muni d’une médaille en or à son effigie qui lui avait offerte le pape Clément IX. Il est à nouveau emprisonné quelques mois à Paris, en 1673, mais aura le temps de procéder à la publication de ses ouvrages avant de mourir.

 

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