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La Fronde parlementaire
La Fronde des parlementaires fut initiée par le Parlement de Paris qui promulgua la déclaration des 27 articles en réaction à l'édit de renouvellement de la Paulette. Le rôle d'origine du Parlement de Paris ainsi que des Parlements de provinces était de voter les impôts. Ils ne sont donc juridiquement compétents qu'en matière fiscale. Néanmoins, le Parlement de Paris tentera de se faire reconnaître comme représentation nationale afin d'instituer une monarchie parlementaire à l'anglaise. La volonté de briser l'absolutisme royal peut apparaître justifiée à nos esprits modernes, il faut cependant voir que le Parlement n'a rien d'une chambre élue, mais constitué de magistrats parisiens détenant une charge héréditaire. C'est donc une sorte de seconde Noblesse dite “noblesse de robe” moins prestigieuse que la “noblesse d'arme”, et qui pour cela la jalouse. La Fronde parlementaire n'était donc pas une révolution populaire, c'était juste une révolution de palais. En 1648, la France est gouvernée par la régente Anne d'Autriche, Louis XIV est alors âgé de 9 ans. Elle bénéficie des utiles conseils de Mazarin. Le pays devait mener des guerres extérieures contre les Habsbourg et cet effort nécessitait d'accroître les impôts. Il n'en faut pas plus pour entraîner les privilégiés dans une révolte. Le 13 mai 1648, le Parlement de Paris convia ses collègues provinciaux à réformer ce qu'il estimait être les abus de l'État. A l'initiative du conseiller Pierre Broussel et de Paul de Gondi, coadjuteur de l'archevêque de Paris, il proposaient une union avec la Cour des Comptes, le Grand Conseil et la Cour des aides pour mieux contrôler le pouvoir royal. La régente feint de se soumettre avant de faire arrêter le chef des frondeurs, Pierre Broussel, auquel son intégrité valait une immense popularité. A cette annonce, le 26 août, Paris se souleva au cours d'une journée des Barricades. La régente dû faire libérer ses prisonniers, mais son humiliation fut de courte durée. A l'automne, la France gagna la guerre étrangère et signa les traités de Westphalie. Mazarin et la régente avaient désormais les mains libres pour en finir avec les frondeurs. Le 5 janvier 1649, avec le jeune roi Louis XIV, ils s’enfuirent à Saint-Germain-en-Laye tandis que l'armée royale commandée par le Grand Condé faisait le siège de Paris. Les parlementaires, qui détenaient beaucoup de privilèges grâce à la monarchie, n'avaient pas vraiment envie d'une révolution. Le président du parlement, Mathieu Molé, lança à ses collègues: “Vous faites le jeu des Princes, cette Fronde n'est pas la vôtre”. Ils rendèrent finalement les armes malgré la haine que leur inspirait Mazarin. Le 11 mars 1649, à Rueil, Anne d'Autriche et Mazarin concluaient la paix avec le président du parlement de Paris, Mathieu Molé. Les magistrats renoncèrent à limiter en France le pouvoir royal et les Frondeurs furent généreusement amnistiés tandis que Paul de Gondi reçu le chapeau de cardinal. La Fronde des princes
Dans la nuit du 9 au 10 février 1651, la foule envahit le Palais Royal pour voir le petit roi. Cette union était contre nature, les parlementaires voulaient une monarchie parlementaire et l'abaissement autant des Grands que du roi. Les princes étaient partisans d'une “monarchie féodale”, avec abaissement des pouvoirs des parlements et du roi. Ces deux partis antagonistes furent cependant soudés par leur ennemi commun, l'absolutisme royal. Les parlementaires réclamaient le départ de Mazarin. Après avoir pris le parti du roi contre les parlementaires, le Grand Condé, l'ancien vainqueur de Rocroi, mécontent du maintien au pouvoir de Mazarin, noua des intrigues avec quelques autres grands seigneurs, son frère, le prince de Conti, le duc et la duchesse de Longueville, le cardinal de Retz. Arrêté, il fut enfermé à Vincennes pendant 13 mois. Devant l'anarchie galopante, Anne d'Autriche se résigna à le libérer et fit mine de se séparer de Mazarin. Devant l'anarchie générale, le cardinal s'inclina et s'exila le 6 février 1651 Condé prit alors la tête des Frondeurs. Il combattit au faubourg Saint-Antoine le 2 juillet 1652,son rival de toujours, Turenne, revenu dans le camp du roi. Il entra même à Paris et fut arrêté par Turenne, nouveau commandant des armées royales. Paris était aux mains des Frondeurs, la Bastille fut prise. La duchesse de Montpensier, fille de Gaston d'Orléans dite “la grande Mademoiselle” fit tirer les canons de la Bastille sur l'armée royale, sauvant Condé en difficulté dans le faubourg Saint Antoine. Condé se mit la population à dos par le massacre de l'hôtel de ville et dû fuir aux Pays Bas. La guerre civile se termina enfin, avec une répression modérée des révoltés. Le cardinal de Mazarin revint aux affaires le 3 février 1653. Le 3 août 1653 ce fut la soumission de Bordeaux et la fin de la Fronde. Le roi pu alors rentrer dans sa capitale. Mais en souvenir de ses frayeurs, Louis XIV gardera une rancune tenace envers les Parisiens. Il choisira plus tard de quitter le Louvre, résidence de la cour depuis 4 siècles, et de bâtir un nouveau palais à Versailles. Le 7 juin 1654 à lieu le sacre de Louis XIV à Reims. Le jeune roi a dès lors compris que s'il veut installer la monarchie absolue, il lui faut museler et les parlementaires et les nobles. La monarchie française sortira renforcée des épreuves de la Fronde tandis qu'à la même époque, l'Angleterre fera l'expérience de la République après avoir exécuté son roi Charles 1er. La France évoluera vers une monarchie dite absolue, l'Angleterre vers une monarchie constitutionnelle. Après les derniers troubles de la Fronde, les Grands seront muselés et réduits à la condition de courtisans. Les Etats Généraux ne seront plus réunis et les Parlements deviendront de simples chambres d'enregistrement
La paix des Pyrénées
Le 7 novembre 1659, un traité mit fin à l'interminable guerre qui opposait depuis le siècle précédent la dynastie française des Bourbons et la dynastie espagnole des Habsbourg. Il consacra la prééminence de la France en Europe. Ce traité des Pyrénées était l'œuvre de Mazarin, soucieux de réconcilier les deux principales puissances d'Europe. Les négociations de commencèrent en juillet 1656 à Madrid à l'initiative de Hugues de Lionne et don Luis de Haro. Mais elles butèrent longtemps sur la mauvaise volonté du roi d'Espagne, Philippe IV, qui ne souhaitait pas inclure dans le traité le mariage de sa fille, l'infante Marie-Thérèse, avec son cousin, le roi de France, tous 2 âgés de 21 ans. Pour lever les réticences de Philippe IV au mariage de sa fille, l'habile Mazarin fait croire de marier Louis XIV à sa cousine Marguerite de Savoie. Il se rendit même à Lyon pour la présentation de la fiancée. Dans le même temps, il poursuivit en secret les négociations en vue de marier le roi de France à la fille de Philippe IV. Ce dernier, apprenant le projet de mariage savoyard, dépêcha aussitôt à Lyon son secrétaire d'État aux affaires étrangères, Antonio Pimentel. Celui-ci traversa le territoire ennemi incognito et brava le danger pour apporter enfin à Mazarin l'accord du roi d'Espagne. Mazarin annula sans plus de façons le mariage savoyard et le traité avec l'Espagne est enfin signé sur l'île des Faisans, au milieu de la rivière Bidassoa qui sépare les deux pays. D'après le traité, l'Espagne apportait à la France le Roussillon, la Cerdagne, l'Artois et plusieurs places fortes en Flandre et en Lorraine, Gravelines, Thionville, Montmédy et Philippeville. Le duché de Lorraine, amputé, fut occupé par des garnisons françaises. Philippe IV fit inclure dans le traité la restitution au Grand Condé de ses titres et de ses biens. C'est pour le prince, coupable d'avoir combattu Louis XIV au cours de la Fronde, le début d'un retour en grâce. L'année suivante, comme prévu, les futurs époux se rencontrèrent à Saint-Jean-de-Luz. Leur mariage fut célébré le 9 juin 1660 par l'évêque de Bayonne dans une atmosphère de liesse. Selon les termes du traité, Marie-Thérèse renonçait pour elle et ses descendants à ses droits sur la couronne d'Espagne moyennant le paiement d'une dot confortable de 500.000 écus. Or, l'habile Mazarin savait que l'Espagne n'aurait jamais les moyens de payer cette dot. Quelques années plus tard, le roi Louis XIV prendra prétexte de cet impayé pour revendiquer ses droits sur la succession espagnole. Ce sera la guerre de “Dévolution”, ainsi nommée d'après un terme de droit privé d'une vieille coutume du Brabant qui stipulait que les filles d'un premier mariage recueillaient l'héritage foncier avant les enfants d'un second mariage du défunt. Louis XIV, dont la légitimité remontait à une prétendue loi salique qui donnait la primauté aux héritiers mâles, eut le front d'utiliser cet argument dans son “Traité des droits de la reine très chrétienne sur divers États de la monarchie espagnole”, pour revendiquer des régions au nord et à l'est de son royaume. Avec le traité des Pyrénées, la France s'affirma comme la première puissance européenne. Quant à l'Espagne, épuisée, elle entama un irrésistible déclin, victime de l'absolutisme royal, de l'Inquisition et de la richesse trop facile que lui avait amené les galions d'Amérique, une richesse qui l'avait dissuadée de mettre en valeur son territoire.
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