|
Jean Martin - Lodovico ou Ludovico Zacconi - Ignace de Layola - Anne d’Este - Ercole II d'Este ou Hercule II - Felice Peretti dit Sixte V ou Sixte Quint -
Jean Martin (?-1553) Humaniste
Connu pour ses éditions d'œuvres classiques ou modernes qu'il faisait traduire en français, notamment “le Songe de Polyphile” de Francesco Colonna, “Gli Asolani” de Pietro Bembo et le “De Architectura” de Vitruve. Il fut jusqu'en 1530, secrétaire de Maximilien Sforza, puis du cardinal de Lenoncourt, auprès duquel il demeura jusqu'à la fin de sa vie. Il travailla dans les années 1540 avec Sebastiano Serlio à l'édition du premier livre de l'Architecture de Vitruve, puis publia une partie des œuvres de son collaborateur italien.
Lodovico ou Ludovico Zacconi (1555-1627) Compositeur et théoricien de la musique
Il fut tour à tour chanteur, théologien et auteur de musique en Italie du Nord et en Autriche. Il a été notamment au service de l'archiduc Charles II à Graz et à Vienne. Né à Pesaro en Italie et après avoir perdu ses parents alors qu'il est tout jeune, il est recueilli par son oncle Orazio puis, à l'âge de 8 ans, par son oncle Francesco qui était au service de l'évêque de Novare, Giovanni Antonio Serbelloni. Il fut page de la cour épiscopale pendant un an et demi avant de retourner dans les Marches. À l'âge de 13 ans, il entre en noviciat chez les Augustins et fut ordonné prêtre en 1575. Il séjourna dans le monastère de San Severino où il chanta des madrigaux à la cour épiscopale. Il parti ensuite à Ancône où il s'initia à la pratique de nombreux instruments, tels que le clavecin, le luth ou la viole de gambe. En 1577, grâce au cardinal Serbelloni, il part étudier le contrepoint à Venise auprès d'Andrea Gabrieli. Il restera son élève pendant 6 ans. Il améliora sa technique de chant au point de devenir un professeur renommé, mais il échoua cependant en 1584 à un concours ouvert pour pourvoir à un poste de ténor à la basilique Saint-Marc. C'est à cette époque qu'il rencontra Gioseffo Zarlino. Le 20 juillet 1585, il fut engagé comme chanteur et musicien auprès de l'archiduc Charles II à la chapelle archiducale de Graz. Il conserva ce poste jusqu'à la mort de l'archiduc en 1590. Pendant cette période, il commença l'écriture de la première partie de son traité de musique “Prattica di musica” qui sera publiée en 1596. De 1591 à 1595, il occupa les mêmes fonctions à Munich auprès du duc Guillaume V de Bavière où il travailla sous la direction de Roland de Lassus. En 1596, il retourna en Italie, tout d'abord à Gênes et effectua des missions en Crète. Au cours de ces années, il se consacra plus particulièrement à ses tâches religieuses. À partir de 1612, il retourna à Pesaro où il fut le dernier prieur de l'abbaye. Il finit ses jours à Fiorenzuola di Focara, un bourg médiéval situé aujourd'hui sur la commune de Pesaro.
Ignace de Layola (1491-1556) Fondateur de la Compagnie de Jésus Né au château de Loyola sur la
commune d'Azpeitia, à 25 kilomètres au sud-ouest de Donostia-San Sebastián
dans la province de Guipuzcoa, au Pays basque Espagnol. Dernier né d'une fratrie de 13
enfants, il grandit au sein d'une famille de la petite noblesse basque,
alliée traditionnelle de la maison de Castille. Il a seulement 7 ans quand
sa mère, Marina Saenz de Lieona y Balda, mourut et il noua une relation
forte avec son père, don Beltrán Yáñez de Oñez y Loyola. En 1506, il devient page de cour,
puis gentilhomme et secrétaire au service d'un parent de sa mère, Juan
Velázquez de Cuéllar, trésorier général de la Reine de Castille, Isabelle la
Catholique. Il mène pendant 10 ans une vie de Cour. Il se lie avec la
princesse Catalina, sœur de Charles Quint, séquestrée par sa mère Jeanne la
Folle à Tordesillas. En 1516, la mort de Ferdinand
d'Aragon à qui succède Charles Quint entraîne le renvoi de Juan Velázquez et
donc d'Ignace. En 1517, Ignace entre dans l'armée du vice-roi de Navarre,
rattachée en 1512 au Royaume de Castille. Le 20 mai 1521, alors qu'il a
atteint l'âge de 30 ans, il se retrouve à défendre la ville de Pampelune
contre les troupes franco navarraises, qui avec l'appui de François 1er,
cherchait à récupérer la couronne de Navarre au bénéfice de la famille
d'Albret. Submergés par le nombre, les Espagnols voulurent se rendre, mais
Ignace les exhorte à se battre. Une jambe blessée, l'autre brisée par un
boulet de canon, il est ramené à son château et « opéré », mais sa jambe
droite restera plus courte de plusieurs centimètres pour le restant de sa
vie. Blessé, il entama sa conversion et
il mena jusqu'au début de 1523 une vie d'ermite au cours de laquelle il
commença la rédaction de la 1ère version de “Exercices
spirituels”. Il prend alors la route de la Terre Sainte et, le 20 mars 1523,
embarque pour l'Italie. Béni à Rome par le pape Adrien VI, il continue son
périple jusqu'à Venise, et parvient à Jérusalem ou il ne resta que 3
semaines en septembre 1523, avant d'être prié par les frères franciscains de
quitter le pays. À nouveau en Italie, traversée par les armées espagnoles et
françaises, il se retrouve à Venise et se convainc de l'absolue nécessité
d'étudier pour enseigner. Après la méthode religieuse mise au jour dans les
Exercices, la conviction du rôle des études va être une autre des
caractéristiques du futur projet jésuite. Il est de retour à Barcelone en
mars 1524. Il entrepris des études
universitaires à Alcala, Salamanque puis Paris entre 1528 et 1535. Il est
reçu maître ès arts le 13 mars 1533. Pendant ce temps, ayant débuté ses
études de théologie, il est licencié en 1534, mais il ne peut être reçu
docteur, ses ennuis de santé le conduisant hors de Paris en mars 1535. Il regroupe autour de lui des
étudiants de qualité issus d'horizons divers,. Il connut en particulier au
collège Sainte-barbe, ses 2 premiers compagnons qui furent le Savoyard
Pierre Favre et le Navarrais Francisco Iassu de Aprizcuelta y Xavier dit
François Xavier; puis, Diego Lainez et Alonso Salmerón le rallièrent, enfin,
Nicolás Bobadilla et Simón Rodríguez de Azevedo, un Portugais. Après avoir quitté Paris, il se rend
6 mois en Espagne puis à Bologne, où incapable de se remettre aux études, il
se consacre à des œuvres de charité attendant que ses compagnons rejoignent
Venise sur la route de Jérusalem. Mais la guerre avec les Turcs les empêche
de poursuivre. Ils décident de reporter d'un an leur engagement, après quoi
ils se mettront à disposition du pape. Ordonné prêtre en 1537, et en
compagnie de Pierre Favre et Laynez prennent en octobre 1537 la route de
Rome. À Rome, Alexandre Farnèse venait en
1534 d'être élu pape, sous le nom de Paul III. Il semble rapidement voir
tout le profit à tirer de cette nouvelle société de prêtres savants,
rigoureux, intègres et d’un immense volontarisme réformateur. En novembre
1538, Paul III, après de nombreux contacts avec Lainez, reçoit Ignace et ses
compagnons venus faire leur “oblation” au pape. Celui-ci leur ordonne de
travailler à Rome. Dès lors, s'ébauche la Compagnie de Jésus ou Ordre des
jésuites. Congrégation catholique reconnue par le pape Paul III le 27
septembre 1540, dans sa bulle Regimini militantis ecclesiae et qui prit une
importance considérable dans la réaction de l'église catholique aux 16ème
et 17ème siècles, face à l'ébranlement causé par la Réforme
protestante. Le 22 avril 1541, il fut élu, en
dépit de ses réticences, premier supérieur général de la Compagnie de Jésus
et passa la fin de sa vie à Rome. À la tête des Jésuites, il devint le fer
de lance de la lutte contre le protestantisme et un ardent promoteur de la
Réforme catholique, aussi appelée Contre-Réforme. Il envoya ses compagnons
comme missionnaires en Europe pour créer un réseau d'écoles de collèges et
de séminaires. Juan de Vega, l'ambassadeur de Charles Quint à Rome y avait
connu Ignace. L'estimant énormément ainsi que ses jésuites, quand il fut
nommé Vice-roi de Sicile, il y attira ceux-ci. Un premier collège fut fondé
en 1548 à Messine; il eut rapidement un grand succès et ses règles et
méthodes furent ensuite reproduites partout. À sa mort, le 31 juillet 1556 à
Rome, la Compagnie de Jésus comptait déjà plus de 1000 membres répartis dans
12 Provinces, 72 résidences et 79 maisons et collèges. Il fut canonisé par
le pape Grégoire XV le 12 mars 1622.
Anne d’Este (1531-1607) Fille aînée d’Hercule II d'Este, duc
de Ferrare, et de Renée de France, figure importante de la cour de France
pendant les guerres de religion, elle y exerça une influence considérable.
Duchesse d’Aumale, puis de Guise, par son premier mariage, elle devint en
secondes noces duchesse de Nemours et de Genevois. Elle passa son enfance à Ferrare où
elle reçut une excellente éducation. En 1548, après de longues et difficiles
négociations, elle fut mariée à François de Lorraine, duc d’Aumale, fils de
Claude de Lorraine, et duc de Guise. Le contrat de mariage fut signé le 28
septembre à Ferrare, et le mariage eut lieu le 16 décembre au château de
Saint-Germain-en-Laye. La princesse ne retourna jamais en Italie. Par sa mère, elle était petite-fille
de Louis XII, et de ce fait parente directe de Henri II et de ses fils. Son
mariage la fit rentrer dans la toute puissante famille des Guise, et sa
provenance italienne la liait de façon particulière à Catherine de Médicis.
Dès le début, elle jouit donc d’une position prééminente à la cour. Devenue
duchesse de Guise après la mort de son beau-père en 1550, elle devint
l’administratrice, avec sa belle-mère Antoinette de Bourbon, du patrimoine
des Guise. Dans le même temps, elle jouait le rôle d’intermédiaire entre la
cour de Ferrare et celle de France, où elle intercédait pour les affaires de
son père. De son premier mariage elle eut 7 enfants, dont 4 arrivèrent à
l’âge adulte. En février 1563, François de
Lorraine fut assassiné. L’assassin fut saisi et exécuté immédiatement, mais
Anne d’Este essaya par tous les moyens de poursuivre juridiquement Gaspard
de Coligny, chef des huguenots, qu’elle tenait pour responsable de
l’attentat. Pendant 3 ans, la veuve pressa le roi et ses juges de lui rendre
ce qu’elle appelait justice, mais en janvier 1566 le conseil du roi déclara
Coligny innocent du meurtre et ordonna “le silence perpétuel” en cette
affaire. Nombreux furent ceux qui virent la vengeance de la veuve du duc de
Guise dans le coup de feu qui ne rata la poitrine de Coligny que par
miracle, au matin du 22 août 1572, et qui fut le signal du départ des
massacres de la Saint-Barthélemy. Il est néanmoins difficile de savoir quel
rôle exact elle joua dans cette affaire, et plus largement dans les
massacres de la Saint-Barthélemy. Le 5 mai 1566, à
Saint-Maur-des-Fossés, elle se remariait avec Jacques de Savoie, duc de
Nemours et de Genevois. A partir de cette date, elle passa la plus grande
partie de son temps à Annecy, ou en voyages entre le Genevois et la cour de
France. Après la mort de son second mari, en 1585, elle vécut surtout à
Paris, dans son hôtel de Nemours, localisé sur la rive gauche, dans
l’actuelle rue Séguier. Avec la fondation de la Ligue catholique, dans
laquelle ses fils jouèrent un rôle de premier plan, son importance politique
augmenta considérablement. Mais en décembre 1588, Henri III fit assassiner
ses 2 fils aînés au château de Blois et elle-même fut emprisonnée. Après sa
libération en février 1589, elle fut l’une des figures principales de la
capitale alors assiégée par les troupes d’Henri IV. Après la conversion au
catholicisme de ce dernier, elle le reconnut comme roi et tenta de
convaincre ses fils rebelles d’en faire autant. Elle passa les dernières
années de sa vie en tant que “superintendante de la maison” de la reine,
Marie de Médicis.
Ercole II d'Este ou Hercule II
(1508-1559) Duc de Ferrare, Modène et Reggio de
1534 à 1559 Fils d' Alphonse 1er et de Lucrèce
Borgia, neveu d'Hercule 1er et du pape Alexandre VI, il épousa,
en 1528, Renée de France, fille de Louis XII, ce qui garantit l'orientation
française d'Alphonse. Son successeur fut Alphonse II d'Este.
Felice Peretti dit Sixte
V ou Sixte Quint (1521-1590) Pape de 1585 à 1590 Né à Grottammare, dans la province
d'Ascoli Piceno, dans les Marches, fils de petits fermiers de la région
d'Ancône, il entre chez les franciscains de Montalto à l’âge de 12 ans,
prêtre en 1547, il se fit connaître comme prédicateur et professeur, et fut
l’ami de Saint Ignace de Layola et de Saint Philippe Néri. Général des
franciscains en 1566, cardinal en 1570, évêque de Fermo de 1571 à 1577, il
fut élu pape, comme successeur de Grégoire XIII le 24 avril 1585. Il choisit
le nom de Sixte V en hommage à Sixte IV, autre pape franciscain. Intelligent
et énergique, il mit fin à l’anarchie qui régnait à Rome, n’hésita pas à
faire pendre les brigands et même à exposer leurs têtes coupées à l’entrée
du pont Saint Ange et lutte contre les pouvoirs féodaux locaux. Grâce à une
administration exemplaire, il put embellir Rome, assainissement des Marais
pontins. Ceci est aussi un moyen de fournir du travail aux nombreux
mendiants. Il agrandit la Bibliothèque vaticane et fait bâtir la salle
Sixtine par Domenico Fontana. Il réorganisa la curie créant par la bulle
“Immensa æterni Dei” des congrégations permanentes, et fixa le nombre des
cardinaux à 70. Il presse l'impression d'une édition correcte de la Vulgate,
afin de faire barrage aux protestants, mais sans succès. Dans sa politique européenne, il
s’efforça de maintenir l’équilibre entre les puissances catholiques. S’il
encouragea Philippe II contre les protestants d’Angleterre et de France, il
traita favorablement Henri IV encore protestant et mit ainsi en échec les
visées du roi d’Espagne sur la France. Le pontificat de Sixte Quint
accéléra l'évolution des États pontificaux vers la forme de l'État moderne.
|