Antonio Allegri da Correggio dit Le Corrège - Henri II de Navarre dit Henri d'Albret - Nicolò dell'Abbate - Albrecht von Brandenburg-Ansbach dit Albert de Brandebourg - Ippolito Aldobrandini dit Clément VIII - Guillaume Poyet - Antonio Pigafetta -

 

 

Antonio Allegri da Correggio dit Le Corrège (1489-1534)

Peintre

Il fut un des grands maîtres italiens de la Renaissance de l'école de Parme. Son père, Pellegrino Allegri, notable de Correggio, le destinait à une profession libérale, mais Antonio prend goût à la peinture au contact de son oncle Lorenzo qui fut son premier maître.

Il poursuivit sa formation à Correggio auprès d'Antonio Bartolotti, et devint son assistant. En 1511, fuyant la peste qui sévit à Correggio, il se rend à Mantoue où il découvre et étudie les œuvres d'Andrea Mantegna et travailla avec Lorenzo Costa l'Ancien.

Malgré un voyage à Rome, il vit replié dans sa province ce qui lui permet d'être différent tout en tenant compte des créations de ses homologues tels que Mantegna, Léonard de Vinci, Raphaël et Michel-Ange.

En 1519, on lui commande à Parme le décor d'une voûte au couvent Saint-Paul, il s'agit d'une œuvre composée de 16 compartiments en ombelle garnis de fruits en guirlandes, des Putti représentent les âges de l'homme. Cette œuvre exécutée à l'âge de 20 ans, qui ressemble à une Sixtine de fantaisie, lui permet de se fixer à Parme. Son talent original se révèle dans les grandes fresques qu’il y réalisa, fresques de l’église Saint-Jean l’Evangéliste, l’Assomption de la Vierge, coupole du Duomo. Il peint également des toiles religieuses, dans lesquelles il utilise à merveille le clair-obscur. Sa conception de la perspective tournoyante font de lui l'un des précurseurs du Baroque.

Il eu pour élèves Antonio Bernieri et Francesco Mazzola, dit le Parmesan.

 

Henri II de Navarre dit Henri d'Albret (1503-1555)

Roi de Navarre de 1517 à 1555).

Vicomte de Limoges et comte de Périgord de 1516 à 1555

Comte de Foix, vicomte de Béarn et comte de Bigorre de 1517 à 1555

Seigneur d'Albret de 1522 à 1550 et duc d'Albret de 1550 à 1555

Fils de Jean III d'Albret, roi de Navarre et de Catherine de Foix, reine de Navarre, il est le beau-frère de François 1er et grand-père d'Henri IV.

Ferdinand d'Aragon ayant usurpé une partie du royaume de Navarre, il lui fait la guerre. Battu, il se résigna à ne régner que sur la Basse Navarre.

En 1523, il s'allia à François 1er qu'il accompagna à la bataille de Pavie où Charles Quint les vainc. Fait prisonnier, il s'évada en 1525. Grâce au prestige que lui confère cette évasion, il épousa, en 1527, la sœur de François 1er, Marguerite d'Angoulême.

Sa fille Jeanne d'Albret, mariée à Antoine de Bourbon en 1548, lui succéda sur le trône.

 

Nicolò dell'Abbate (1509-1571)

 

Peintre italien de la Renaissance, né à Modène en Italie. Toute la famille Dell'Abbate, de père en fils, fut vouée aux arts.

Formé à Modène, il travailla à Bologne ou son style subit l'influence du Corrège et du Parmesan. Il décora des palais et réalisa de nombreux portraits dans le genre de Pontormo.

Invité en France en 1552, il y passa le reste de sa vie. Il fut un précurseur de Nicolas Poussin et de Claude Lorrain grâce à ses paysages avec des personnages de la mythologie.

 

Albrecht von Brandenburg-Ansbach dit Albert de Brandebourg (1490-1568)

Duc de Prusse de 1525 à 1568

Né à Ansbach, il fut le dernier grand maître de l'ordre teutonique et le premier duc héréditaire du Duché de Prusse. Fils de Frédéric 1er de Brandebourg-Ansbach et de Sophie Jagellon, fille du roi de Pologne Casimir IV Jagellon. Il fut un membre de la lignée de Brandebourg-Ansbach de la Maison de Hohenzollern.

Destiné à l'Église, Albert de Brandebourg reçut une éducation appropriée. Il vécut quelque temps à la Cour d'Hermannn IV de Hesse, prince électeur de l'archevêché de Cologne. Se tournant vers une vie plus active, il accompagna en 1508 Maximilien 1er en Italie. A son retour, il vécut un certain temps à la Cour de Hongrie.

En décembre 1510 décéda le Grand Maître de L'ordre teutonique, Frédéric de Saxe. Il fut élu 37ème Grand Maître de l'Ordre teutonique en 1511 comme avait été élu quelques années plus tôt le duc Frédéric de Saxe, fils d'Albert III de Saxe. Ce choix fut fait dans l'espoir que ses liens avec son oncle maternel règleraient les conflits de la Prusse-orientale détenue par l'Ordre teutonique vassal du royaume de Pologne après le deuxième traité de Thorn en 1466.

Il informa l'empereur et le pape de ses nouvelles fonctions, mais refusa de se soumettre au royaume de Pologne. Une guerre pour la survie de l'Ordre teutonique semblait inévitable. Il chercha des alliés et continua ses négociations avec Maximilien 1er. Les ravages des chevaliers de l'Ordre teutonique en Pologne aboutirent à une guerre qui débuta en décembre 1519. En 1521, une trêve de 4 ans fut accordée à Albert de Brandebourg.

Il s'efforça d'obtenir de l'aide car un nouveau conflit menaçait de se déclarer. En 1522, il se rendit à la réunion de Nuremberg, c'est dans cette assemblée que le Grand Maître recontra le réformateur Andreas Osiander. Cette entrevue eut une influence sur sa foi.

Il se rendit à Wittenberg, dans cette ville Martin Luther lui conseilla d'abandonner l'Ordre teutonique, de se marier et de convertir la Prusse en duché héréditaire. Auparavant, cette question avait déjà été l'objet d'un débat entre les membres de sa famille. Pour Albert de Brandebourg il était nécessaire d'agir avec prudence. Il informa le pape Adrien VI de son impatience à réformer l'Ordre teutonique et de punir les chevaliers convertis à la nouvelle doctrine. Pour sa part, Martin Luther ne s'arrêta pas aux conseils, pour faciliter la conversion, il s'efforça de propager son enseignement parmi les Prussiens. Pendant ce temps, Georges 1er de Brandebourg Ansbach, frère d'Albert transmettait leur arrangement à leur oncle Sigismond 1er de Pologne.

A la fin de la trêve il négocia avec son oncle un accord qui l'autorisait à se convertir à la religion luthérienne. Il réalisa par cette conversion la plus importante des sécularisations, celle de la Prusse teutonique. En contrepartie il accepta d'être vassal du roi de Pologne, allant prêter serment d'allégeance à Cracovie en 1525.

Il installa le gouvernement de son duché à Königsberg. Cependant cette transition provoqua des protestations. Cité à comparaître devant la Cour de justice impériale, il opposa un refus. Il fut proscrit alors que l'Ordre teutonique élisait un nouveau Grand Maître en la personne de Walter von Cronberg. Ce dernier reçut la Prusse lors de la réunion d'Augsbourg. Les princes allemands, éprouvés par les tumultes de la Réforme, la guerre des Paysans et les guerres contre l'Empire ottoman n'appliquèrent pas la proscription à Albert de Brandebourg, et la colère contre lui s'apaisa avec le temps.

En 1526, il rejoignit la Ligue de Torgau et agit en union avec les Protestants.

En juillet 1526, il épousa Dorothée, fille du roi Frédéric 1er du Danemark Veuf, il épousa Anne-Marie de Brunswick Lunebourg en février 1550, fille d'Éric 1er de Brunswick Lunebourg.

Il assista à la réunion des princes désireux de renverser Charles Quint suite au décret d'Augsbourg de 1548.

Les premières années de son règne furent prospères. Bien qu'il eût quelques ennuis avec la paysannerie, les terres et les trésors de l'Église lui permirent de faire face aux dépenses de sa cour. Il fit la promotion de l'étude en créant des écoles dans chaque ville, il libéra les serfs, il fit imprimer en allemand le catéchisme protestant. En 1544, malgré une opposition, il créa l'université Albertina de Königsberg, et en 1549 il y nomma son ami Andreas Osiander au poste de professeur.

Cette époque fut le début des difficultés, elles assombrirent les dernières années de son règne. Andreas Osiander eut des divergences de vue concernant la doctrine de Martin Luther : dans cette querelle qui l'opposa à Philippe Melanchthon, il prit parti pour le second. Ces querelles théologiques prirent de l'ampleur. Il n'y avait plus le trésor de l'Église pour amener la conciliation des nobles, l'impôt était très lourd, il devint impopulaire.

Après le décès d'Andreas Osiander en 1552, il favorisa un prédicateur nommé Johann Funck qui, avec un aventurier du nom de Paul Skalić eurent une grande influence sur lui. Ces conflits religieux et politiques eurent raison de sa santé. Son fils étant encore mineur, il dut choisir un régent. il dut se résoudre à condamner les prêches d'Andreas Osiander. En 1566, la noblesse et le clergé prussien firent appel à Sigismond II de Pologne, le cousin d'Albert, qui dépêcha une commission à Königsberg. Paul Skalić sauva sa tête mais Johann Funck fut exécuté. La question de la régence fut réglée et une forme de luthéranisme fut adopté.

Quasiment privé de pouvoir, il vécut encore 2 ans. Il décéda de la peste à Tapiau le 20 mars 1568.

 

Ippolito Aldobrandini dit Clément VIII (1536-1605)

Pape de 1592 à 1605

Né à Fano, il fut le dernier pape de la Contre-réforme, c'est sous son pontificat que sera jugé et condamné comme hérétique Giordano Bruno.

Il s'appliqua à faire fleurir la piété et la science dans l'Église, condamna les duels, donna l'absolution au roi de France Henri IV lors de sa conversion, ramena un grand nombre d'hérétiques au sein de l'Église, et contribua beaucoup à la paix de Vervins en 1598.

Il éleva au cardinalat César Baronius, Robert Bellarmine, Tolet, Arnaud d'Ossat, Du Perron, François de Sourdis et plusieurs autres grands hommes. C'est sous son pontificat que commença la querelle de la grâce, à propos d'un ouvrage de Luis Molina. Mais il ne voulut rien décider sur les points en litige. Il avait conçu, de concert avec Henri IV, le projet d'une alliance de toutes les puissances chrétiennes contre les Turcs.

 

Guillaume Poyet (1473-1548)

Magistrat et avocat français

 

Il fut chargé par Louise de Savoie, mère du Roi François 1er, de défendre ses droits face à Charles, duc de Bourbon, en 1521.

Par l'influence de la reine mère il obtint les postes d'avocat général en 1530 et de président du parlement de Paris en 1534, puis devint chancelier de France en 1538.

Il fut à l’origine de la réforme légale contenue dans l'ordonnance de Villers-Cotterêts en1539. Cette ordonnance, intitulée exactement “Ordonnance générale sur le fait de la justice, police et finances”. Elle s'est longtemps appelée Guillemine ou Guilelmine en référence à son auteur.

Cette ordonnance ordonnait les registres des baptêmes et des décès, et surtout déclarait l'utilisation exclusive de la langue française dans toutes les procédures légales.

Il se trouva impliqué dans une sombre histoire avec le seigneur de Montmorency, une intrigue pour ruiner l'amiral Chabot, et obtint sa condamnation en 1541. Mais après le pardon de l'amiral, il fut lui-même jeté en prison et condamné à une amende de 100.000 livres.

 

Antonio Pigafetta

Marin et chroniqueur italien du 16ème siècle

 

Il va en Espagne en 1519 où il accompagna le nonce apostolique, monseigneur Chieregati, dont il était le secrétaire. Recommandé par le nonce apostolique, il se rendit à Séville, où il s’enrôla dans l’équipage de la flotte de Fernand de Magellan à bord de la Trinidad. Il fut inscrit comme supplétif et serviteur de Magellan.

Il participa sous les ordres de Magellan puis de Juan Sebastián Elcano au premier voyage autour du monde. Il en a laissé la chronique la plus complète et la plus célèbre, celle sur laquelle se basent tous les travaux relatifs au voyage de Magellan.

Une fois dans le Pacifique, et alors que la flotte rencontre après plus de 3 mois de navigation les premières îles habitées, il fut parfois appelé à établir un contact prolongé à terre avec leurs populations. C'est notamment le cas fin mars 1521 sur l'île de Limasawa où avec un autre compagnon il partage plusieurs repas de bienvenue.

Lors de l'affrontement avec les indigènes de l'île de Mactan le 27 avril 1521, Magellan meurt et Antonio Pigafetta est blessé. C'est d'ailleurs cette blessure qui lui fait échapper au piège du « banquet de Cebu » qui fait 26 victimes parmi l'équipage le 1er mai 1521.

Magellan mort, Antonio Pigafetta voit son rôle au sein de la flotte prendre de l'importance. Il est souvent sollicité pour entrer en relation avec les populations rencontrées. Il accomplit finalement le tour du monde avec 17 autres survivants du périple sous les ordres de Juan Sebastián Elcano à bord de la Victoria en atteignant Sanlúcar de Barrameda le 6 septembre 1522. 2 autres Italiens, Martino de Judicibus et Luca Pancaldo survécurent à l'expédition de Magellan.

Il remet dès son retour une première version de son témoignage écrit à Charles Quint. Il voyagea ensuite à Lisbonne pour rencontrer Jean III de Portugal et en France auprès de Louise de Savoie à qui il remet un manuscrit. De retour en Italie début 1523 il continua la rédaction de son récit dans l'entourage du duc de Mantoue puis à la cour du pape Clément VII, cherchant à faire publier son texte. Il dédie son texte à Philippe de Villiers de L'Isle-Adam et est intronisé chevalier de Rhodes en 1524. Il reçoit alors une modeste pension.

 

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