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L’Architecture de la Renaissance
Les premières années du 16ème siècle sont marquées par les constructions des châteaux de la Loire. Les plans de ceux-ci sont encore empreints d'héritage des châteaux forts. A partir de 1515, et sans aucun doute sous l'influence du roi François 1er, un nouveau style va prendre naissance avec la construction de Chenonceau ou de Bury. Par la suite sont construits les châteaux de Bonnivet, Azay le Rideau et Veuil. Celui de Blois se voit ajouter l'aile François 1er. En 1519, François 1er est à l'initiative d'un important projet, le château de Chambord. Si le plan est encore traditionnel, il diffère par sa forme en croix et son imposant escalier. C'est Léonard de Vinci qui serait à l'origine de ces innovations. Tous ces châteaux ont un point commun. Ils sont édifiés par des personnes très éprises de l'art antique. Cet attrait s'exprime dans les terrasses à balustrade de Saint Germain, dans les loggias et les revêtements en faïence du château de Madrid à Neuilly sur Seine ou dans les fenêtres à fronton du château de Fontainebleau. Au retour de sa captivité en Espagne, François 1er va élire domicile dans la région de l'Île de France. Il va y faire entreprendre de grands travaux de modification ou de construction de châteaux. Il va faire travailler les artistes les plus connus de son époque. On y verra apparaître une nouvelle tendance, abandonnant l'exubérance de la première période, bien que les châteaux de la Loire restent un modèle de référence. Pendant la première Renaissance, ce sont des maçons, pas forcément instruits, qui sont à l'honneur. Durant la 2ème partie du 16ème siècle, nous avons à faire à des théoriciens de l'architecture, très érudits. De métier, l'architecture devient un art, puisant aux sources de l'art antique et non plus à travers l'art italien du 13ème ou 14ème siècle. Les architectes se déplacent en Italie pour analyser les ruines des monuments antiques afin d'en restituer le style. Ils étudient également le livre de Vitruve écrit au 1er siècle après Jésus-Christ et réédité en 1547. Cette seconde période, appelée seconde Renaissance, devient plus organisée et plus austère que la première. Les architectes gagnent en notoriété, profitant de la lecture des oeuvres antiques et des voyages en Italie. Les architectes en vogue sont Pierre Lescot qui entreprend la reconstruction du Louvre en 1546, et Philibert de l'Orme. Ce dernier construit Saint Maur des fossés et modifie des châteaux royaux. Il construit le château d'Anet pour Diane de Poitiers et le pont du château de Chenonceau surplombant le Cher. Enfin il construit le jardin des Tuileries. Par la suite Jean Bullant réalise la galerie du château de Chenonceau qui enjambe le Cher et oeuvre également aux châteaux d'Ecouen et de Chantilly. Si les châteaux de la Renaissance ont été des adaptations des demeures féodales ou des constructions obéissant à la culture médiéval comme à Chambord, l'innovation majeure réside dans la décoration extérieure et la distribution à l'intérieur de l'édifice. De 1527 à 1547, date de sa mort, François 1er se plait à séjourner dans le château de Fontainebleau dont il en fait la demeure la plus importante de la Cour de France. La cour d'honneur a une forme plutôt ovoïde et prend le nom de cour Ovale. Autour de cette dernière, se situent les appartements royaux. C'est dans ces bâtiments que commencent les travaux en 1528. Si le donjon, qui date du Moyen-Âge, est encore présent, on rebâtit sur les anciennes fondations. Ainsi prennent forme trois corps de bâtiment et une imposante porte qui est appelée porte Dorée. L'élaboration de cette dernière est influencée par l'architecture en vogue au-delà des Alpes, en Italie. Elle constitue l'entrée d'honneur du château. A l'ouest du château nous trouvons le couvent des Trinitaires, installé à cet endroit depuis Saint-Louis. Pour le relier aux bâtiments du château, il a été construit une aile au premier étage de laquelle se situe la galerie de François 1er. Cette dernière est décorée d'après des dessins du Rosso. Le lambris, qui est sculpté, est l'œuvre de Scibec de Carpi. A partir de 1530, des modifications sont apportées à la cour Ovale. On édifie des colonnes pour porter une coursière le long des bâtiments. La construction de la chapelle Saint Saturnin débute. Ces constructions sont établies à base de pierre de taille sur laquelle on fait beaucoup de décor sculpté. On utilise en abondance les colonnes. Dès 1538 François 1er fait construire la cour du Cheval Blanc là où se trouve le couvent des Trinitaires. Elle est entourée de quatre bâtiments qui la ferment. Ceux-ci ne sont pas tous de la même hauteur. François 1er verra débuté la construction de l'aile de la salle de bal qui est achevée sous Henri II. Les derniers apports de la Renaissance dans la construction du château de Fontainebleau est la construction de l'aile de la Belle Cheminée en 1570. Elle doit son nom au fait que Henri IV fait installer une grande cheminée dans la salle du premier étage. Des artistes italiens viennent décorer le château de Fontainebleau. La galerie de François 1er ou la chambre de sa favorite, Anne de Pisseleu, duchesse d'Étampes, propose une décoration originale faite de fresques en alternance avec des figures de stuc. Celle-ci est réalisée entre 1533 et 1544. La décoration de la salle de bal, faite de 1551 à 1556, abandonne le stuc et privilégie la peinture. Durant la renaissance de nombreux autres châteaux verront le jour.
Les châteaux de la renaissance Le Louvre:
C'est sur la forteresse bâtie par Philippe Auguste et modifiée par Charles V, que François 1er entâmes des travaux. En premier lieu il fait abattre le donjon central en 1528, laissant la place à une grande cour centrale. En 1546, il commande à Pierre Lescot d'importantes modifications, en commençant par la construction d'un corps d'hôtel. Il est modifié sous le règne de Henri II qui souhaite poursuivre les travaux de son père. Pierre Lescot construit l'aile neuve en 10 ans, de 1546 à 1556. Une grande salle en occupe le rez-de-chaussée. Celle-ci comprend une partie où se tiendra le roi, une autre où se trouve la tribune des musiciens soutenue par 4 statues de caryatides. On accèdera au premier étage par un escalier à rampe. On y découvre la salle haute et une antichambre. Francisque Scibecq de Carpi en assure la décoration du plafond en 1557. La façade donnant sur la cour intérieure est abondamment décorée. Jean Goujon, qui travaille sur le chantier du Louvre de 1548 à 1562, intervient sur cette façade avec Pierre Lescot. La sculpture, très présente, sert le rêve d’Henri II de devenir empereur et évoque un pouvoir monarchique médiateur entre les sujets et le monde de la connaissance. Durant les règnes des enfants de Henri II, Pierre Lescot démolit le côté sud de la forteresse pour élever à sa place une aile destinée aux appartements des reines. Les frontons sont décorés par l'illustration de la devise de Charles IX “justice et piété”. Le Louvre devient, en ses tristes années des guerres de religion, le théâtre d'évènements tragiques comme le massacre de la Saint Barthélemy. Des travaux reprennent à partir de 1595.
Le château de Nantouillet:
Il est construit de 1517 à 1521. Le décor le plus important est sur la façade qui donne sur le jardin. Sur les pilastres s'appuient des balustres. De part et d'autre se trouve des rinceaux et des trophées qui agrémentent un mur au quadrillage austère. Il appartient à Antoine Duprat qui fut chancelier de François 1er. Celui-ci est près du roi durant les campagnes d'Italie et négocie le retour du roi après sa captivité suite à la défaite de Pavie. Antoine Duprat au décès de sa femme rejoint le monde ecclésiastique et devient cardinal.
Le château de Villers-Cotterêts:
François 1er décide de reconstruire ce château. Les travaux durent de 1531 à 1537 pour le gros oeuvre. Ce sont les maçons Jacques et Guillaume Le Breton qui réalisent ces travaux. L'ordre antique y est très présent, que ce soit sur la façade de l'avant cour avec des pilastres ioniques et des colonnes corinthiennes au-dessus, ou que ce soit dans la corniche et ses consoles glyphes. La chapelle somptueusement décorée, comporte un retable daté de 1539.
Le château de Chantilly:
La construction du petit château se déroule de 1557 à 1559. C'est Anne de Montmorency qui en est à l'origine. On garde de l'ancienne bâtisse les tours et les courtines. On y trouve des pilastres corinthiens sur les pavillons. La façade d'entrée de ce château comporte en son centre un arc de triomphe avec des colonnes qui encadrent des niches. Au-dessus se trouve un fronton triangulaire. Deux allégories décorent le tympan.
Le château d'Ecouen:
C'est aussi Anne de Montmorency qui est à l'origine de sa construction, alors qu'il est connétable. Celle-ci débute en 1538 et se termine au début des années 1550. Il est en forme de quadrilatère avec des pavillons aux angles. Les façades sont plutôt dépouillées et les pilastres autour des fenêtres évoluent selon les époques. Sur l'aile ouest, les pilastres rappellent ceux des châteaux du Val de Loire avec leur niche centrale. L'aile nord est dotée d'un portique central avec un escalier légèrement décalé sur la droite et qui mène aux appartements du roi au premier étage. Un autre portique se situe sur la façade faisant face à celle du nord. Les portiques sont réalisés par Jean Bullant. Les pavillons s'accolent aux ailes par des tourelles contenant soit des escaliers soit des pièces servant de cabinets. La façade nord comporte des pilastres nus au rez-de-chaussée et cannelés au premier étage. Les bandeaux horizontaux laissent place à des allèges peu décorés. Les fenêtres sont couronnées par des frontons arrondis comme on peut en voir au Louvre. Il y a un avant corps où l'on trouve les repos de l'escalier central. Des cheminées faites de briques et de pierres sortent des toits. Le décor intérieur, somptueux, laisse côtoyer l'art gothique comme dans la voûte de la chapelle et la sacristie, et l'art de la Renaissance. La bibliothèque arbore des lambris décorés d'arabesques. Des faïences de Masséot Abaquesne sont utilisées dans les galeries du château. Les cheminées sont décorées de scènes bibliques et de décors inspirés de ceux que Le Rosso a réalisés dans la galerie François 1er au château de Fontainebleau. Aujourd'hui ce château abrite le musée de la Renaissance.
Le château de Saint-Germain-en-Laye:
C'est François 1er qui fait entreprendre des travaux de reconstruction, dès 1539, avec Pierre Chambiges. Ce sont ensuite Guillaume Guillain et Jean Langlois qui prennent la suite en 1544. On peut y voir encore la chapelle dédiée à Saint Louis et le chemin de ronde du château datant du Moyen-Âge. Dans la cour, on a utilisé la pierre et la brique.
Le château d'Anet:
Il est situé en Eure et Loire, au bord de la forêt de Dreux. Construit dès 1541, il est destiné à la maîtresse du roi Henri II, Diane de Poitiers. Il est l'œuvre de Philibert de l'Orme, architecte très apprécié. La Cour y est souvent jusqu'en 1559, année de la mort de Henri II. Il est en forme de U. En son milieu il y a une cour carrée. Les logis se situent à la base du U, base flanquée de 2 ailes. Il y a également une aile sur le devant, plus basse, avec un châtelet au milieu en guise d'entrée. Le château était très moderne pour l'époque. On retrouve sur l'aile du fond des fenêtres larges en alternance avec des fenêtres plus étroites. L'avant corps du château brisait l'horizontalité de l'aile par son importance et sa hauteur. Le logis du roi se trouve sur la droite du château. Le pavillon était orné d'une trompe asymétrique montrant la maîtrise de Philibert de l'Orme. Sur cette aile droite, il y a également une chapelle dont l'espace central est en forme de cercle. De ce centre partent des bras dont le mur est en forme d'arc de cercle. Les nervures de la coupole reflètent le dallage du sol, offrant le même modèle. On retrouve les ordres ioniques et corinthiens. Le châtelet d'entrée présente une structure à étage, avec beaucoup de reliefs. Il présentait un bronze dû à Benvenuto Cellini qu’Henri II avait offert à Diane de Poitiers et représentant une nymphe et un cerf. En haut de ce châtelet, on trouvait une horloge avec des cerfs et des chiens en bronze animés qui sonnaient les heures. La décoration intérieure comportait de ravissantes tapisseries et des lambris dorés. Il y avait de beaux vitraux rehaussés à l'émail blanc. La chapelle avait des vantaux décorés d'émaux, représentant les apôtres, réalisés par Léonard Limosin.
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