Pedro Arias de Ávila ou Pedrarias Dávila - Ferdinand 1er ou Ferrante d’Aragon - Prospero Colonna - Pierre 1er de Médicis dit Pierre le Goutteux - Thomas de Lancastre - Pierre II de Bretagne dit le Sage -

 

 

Pedro Arias de Ávila ou Pedrarias Dávila (1440-1531)

Administrateur colonial espagnol

 

Alors âgé de près de 70 ans, il conduisit la première grande expédition espagnole vers le Nouveau Monde en 1514 et atteignit Santa Marta en Colombie. En 1519 il fonda la ville de Panama. Il prit par en partie à l’expédition de Pizarro et Almagro qui permis la découverte du Pérou, mais en 1526, il abandonna ayant perdu confiance dans les résultats. Dans la même année, il fut remplacé comme Gouverneur de Panama et se retira à Léon au Nicaragua, où il mourut à plus de 80 ans.

 

Ferdinand 1er ou Ferrante d’Aragon (1423-1494)

Roi de Naples de 1458 à 1494

 

Fils illégitime d'Alphonse V, roi d'Aragon et de Sicile, et de Giraldona Carlino, il fut légitimé et hérita du royaume de Naples. Il épousa en premières noces en 1444 Isabel de Chiaramonte.

Il eut longtemps à combattre les prétentions de Jean de Calabre, fils de René d'Anjou. Vaincu d'abord à Sarno en 1460, il resta vainqueur à Troïa en 1462. Dès 1472 il engagea une politique de rapprochement avec le Saint-Siège, en mariant une de ses filles illégitimes avec le neveu du pape Sixte IV. En 1475, il se rend à Rome pour se concerter avec le pape suite à la conclusion d’une alliance défensive entre le duché de Milan, la république de Florence et la république de Venise. Il se remaria en 1476 avec l'infante Jeanne d'Aragon sa cousine germaine, fille de Jean II d'Aragon et de Jeanne Enríquez

En 1478 il s’allia avec Sixte IV et la République de Sienne contre Laurent de Médicis, mais celui-ci se rend personnellement à Naples où il parvient à négocier une paix honorable avec Ferdinand qui accepte d’abandonner ses alliés.

En 1480, les forces de l’Empire ottoman, aux ordres de Mehmed II s’emparèrent d’Otrante et massacrèrent la majorité des habitants, mais la ville fut reprise l’année suivante par le fils de Ferdinand, Alphonse, duc de Calabre. Il triompha de rené d’Anjou et chassa les Turcs d’Otrante en 1481.

En 1482, se déclencha la Guerre de Ferrare où le Royaume de Naples fut opposé à Venise et au pape.

En 1484, profitant de la faiblesse relative des États pontificaux, il exigea l’apuration d’un contentieux territorial. Il demanda que soient annexées à son royaume les enclaves pontificales de Bénévent, Terracina et Pontecorvo. Le nouveau pape Innocent VIII tenta de gagner du temps. Profitant d’une révolte d’une partie de la noblesse du royaume napolitain, exaspérée par le gouvernement autoritaire de Ferdinand, le pape se porta solidaire des révoltés et déclara la guerre aux Napolitains le 14 Octobre 1485. Milan, Florence et le roi de Hongrie, Mathias Corvin, beau-fils du roi Ferdinand se rangeaient de son côté. Alors que les opérations tournaient en faveur de Naples, le pape fit appel au roi de France Charles VIII. Pour parer à ce danger, il se montra accommodant et accepta de signer la paix le 11 Août 1486. Cependant il ne respecta pas les termes du traité de paix qui prévoyait une amnistie générale des nobles s’étant révoltés, et il fit assassiner une grande partie des conjurés. Très rapidement il récusa les autres clauses du traité de paix dont le versement du tribut dû au pape, son suzerain, et la nomination par le pape aux bénéfices ecclésiastiques du royaume napolitain. Cependant en Janvier 1492, les deux parties parvinrent à un accord. Il accepta de verser le tribut annuel et de reconnaître sa dépendance féodale en échange de quoi le pape promulgua une bulle reconnaissant au détriment du roi de France Charles VIII la légitimité de la dynastie aragonaise sur le royaume napolitain. L’accord fut scellé par le mariage du petit-fils de Ferdinand avec la nièce du pape.

A la mort d’Innocent VIII, le nouveau pape Alexandre VI fut élu contre le candidat poussé par Ferdinand. Pour acquérir les bonnes grâces de celui-ci et son soutien contre Charles VIII qui se préparait, dès 1493, avec les encouragements du duc de Milan, Ludovic Sforza, à envahir l’Italie pour récupérer le royaume de Naples, Ferdinand négocia le mariage de sa petite fille Sancha avec le fils du pape, Geoffroi Borgia.

Il décède le 25 Janvier 1494 peu de temps avant le déclenchement des Guerres d'Italie.

Il fit de la cour napolitaine un foyer de la renaissance italienne et introduisit l’imprimerie dans ses Etats dès 1474.

 

Prospero Colonna (1452-1523)

 

Né à Lanuvio, dans la province de Rome, dans la région du Latium, il fut un condottiere italien de la fin du 15ème siècle et du début du 16ème au service des États pontificaux et du Saint Empire romain germanique durant les guerres d'Italie. Membre de la famille Colonna, cousin de Fabrizio Colonna, avec qui il combattit souvent.

Il s'illustra pour la première fois en 1484 en défendant le château familial de Paliano contre les troupes des Orsini et des Riario. Après quelques autres batailles, il rallia le parti du cardinal della Rovere, et fut emprisonné par l'ennemi de ce dernier le pape Alexandre VI au Château Saint-Ange. Il fut libéré puis emprisonné de nouveau pour s'être rallié à Charles VIII de France pendant son invasion de l'Italie. Finalement le roi vainc le pape et entre à Rome avec Prospero et son cousin Fabrizio en 1495.

Il obtient le duché de Trasetto et le comté de Forli, pendant que le roi contrôle Naples. Cependant, quand Charles VIII quitte la ville, il aide son rival Ferdinand II d'Aragon à évincer le vice-roi Gian Giacomo Trivulzio.

La situation évolue encore avec l'invasion dirigée cette fois par Louis XII. En 1501, alors que Frédéric II de Naples s'enfuit sur l'île d'Ischia les cousins Colonna essaient de défendre le royaume. Ils échouent et sont emprisonnés dans le Castel Nuovo, de la ville tout juste capturée. Ils furent excommuniés par Alexandre VI, qui prend leurs châteaux dans le Latium. Finalement libérés contre rançon, ils se mettent au service de Gonzalo Fernández de Córdoba, le nouveau vice-roi de Naples, au servi ce de Ferdinand II.

Il joua un rôle important dans la victoire espagnole de Cerignola en 1503. La même année meurt Alexandre VI, ce qui lui permet de récupérer ses terres dans le Latium. Il commande ensuite la cavalerie à la bataille du Garigliano. Il ajoute Itri, Sperlonga, Ceccano et Sonnino à son domaine, devenant un des plus puissants seigneurs du sud de l'Italie, et épousa Covella di Sanseverino.

En 1515, il commanda les troupes du pape Léon X dans le nord-ouest de l'Italie, près de Demonte quand l'armée de François 1er traversa les Alpes et le força à se rendre sans combattre. En 1522, il remporta la Bataille de la Bicoque contre les Français. Sa santé déclina et il meurt en 1523 à Milan.

 

Pierre 1er de Médicis dit Pierre le Goutteux (1416-1469)

Fils de Cosme de Médicis et de la Comtesse de Bardi, Pierre resta longtemps dans l’ombre de son père, même s’il occupa en 1461 la fonction de gonfalonier de justice. Il épousa le 3 juin 1444 Lucrezia Tornabuoni.

Lorsque Cosme meurt le 1er août 1464, Pierre lui succéda à la tête de la famille et du parti qui dominait Florence, à la fois par le contrôle des institutions et par une politique d‘alliance avec d‘autres grandes familles florentines. C‘est ainsi que le 8 juin 1466, Pierre maria sa fille, Lucrezia avec Bernardo Ruccellai, scellant ainsi la réconciliation entre les deux familles. Diplomatiquement, il poursuivitt la politique d‘alliance avec Louis XI qui lui octroie en mai 1465 le privilège de faire figurer trois fleurs de lys sur le blason des Médicis, avec le pape Paul II et avec les ducs de Milan, Francesco Sforza, puis de son fils, Galeazzo-Maria Sforza.

Le ressentiment contre les Médicis s’était accumulé chez les familles écartées du pouvoir ou des affaires du vivant de Cosme. Il est renforcé par la décision prise par Pierre de recouvrer immédiatement les dettes dues à la banque Médicis. Les adversaires des Médicis s’unissent pour conspirer contre Pierre, Niccolo Soderini, par conviction républicaine, Diotisalvi Neroni, Angelo Acciaiuoli, et Luca Pitti, qui fait figure de chef de la conspiration, par dépit et par ambition. Ils constituèrent le parti de la colline, le Palais Pitti se situant sur la colline San Giorgio, par opposition au parti de la plaine, celui des Médicis, le Palais des Médicis se situant via Larga dans le bas de Florence. Les conjurés trouvèrent un appui avec le comte Borso d'Este soutenu secrètement par les vénitiens.

Le 27 août 1466, la faction soutenant les Médicis, et celle soutenant les conjurés se font face, sans toutefois déclencher le combat. Le 29 août les conjurés à l’exception de Soderini sont reçus par Pierre. Luca Pitti semble avoir été séduit par l’idée d’un mariage entre sa fille et Laurent et avoir abandonné la cause des conjurés. Sous la menace des troupes de Galeazzo-Maria Sforza, les conjurés viennent implorer le pardon de Pierre. Celui-ci est magnanime. Les chefs des rebelles sont bannis pour 20 ans, à l’exception de Luca Pitti, qui pu demeurer à Florence jusqu‘à sa mort en 1472.

Les bannis se réfugièrent à Venise. La Sérénissime leur permit de lever des troupes et mit à leur tête son condottiere, Bartolomeo Colleoni. Florence, à son tour leva une armée, avec à sa tête Federico da Montefeltro. L’affrontement entre les deux camps, le 25 juillet 1467, à la bataille de la Riccardina, est incertain. Le Pape Paul II propose sa médiation. Elle est plutôt à l’avantage de Pierre puisque Florence y gagna Sarzana, la place de Castelnuovo de Lunigiana, et 37000 florins. Angelo Acciaiuoli se réfugia à Ferrare et Soderini à Venise.

À l’automne 1469, l’état de santé de Pierre de Médicis s’aggrava. Il meurt dans la propriété familiale de Careggi le 2 décembre 1469

Il fit construire en 1448 par Michelozzo le Tabernacle du Crucifix de San Miniato al Monte et le temple de marbre à l’antique de la Santissima Annunziata qui, aujourd’hui encore, protège la fresque de l‘Annonciation, vénérée par les florentins comme une image miraculeuse.

Il commanda également à Antonio Pollaiiulo 3 panneaux sur le thème d’Hercule pour la grande sale du palais. Il était avant tout un grand bibliophile et également un lettré, et tout comme son père, le protecteur de Marsile Ficin.

À la mort de Giovanni Benci, il prend avec son frère la fonction de directeur général de la banque Médicis.

 

Thomas de Lancastre (1388-1421)

Comte d'Albemarle et duc de Clarence

 

Deuxième fils survivants de Henri IV d'Angleterre et de Marie de Bohun. Il épousa Marguerite Holland fille de Thomas Holland, 2ème comte de Kent, en 1411. L'année suivante, il est duc de Clarence.

En 1412, profitant de la maladie du roi, deux factions se disputent le pouvoir. La première est celle du prince de Galles, le futur Henri V, et de ses demi-frères Beaufort, la seconde est celle de Thomas de Lancastre, comte d'Albemarle et duc de Clarence, et de l'archevêque Arundel. C'est d'abord le prince de Galles qui semble l'emporter mais, voulant écarter définitivement Henri IV du trône, celui-ci l'écarte du pouvoir. Pendant quelques mois, Thomas de Lancastre est maître de l'Angleterre.

En France, Armagnacs et Bourguignons sont en lutte ouverte les uns contre les autres pour le contrôle de la régence, Charles VI étant incapable de l'assumer à cause de sa folie. Lancastre fait alliance avec les Armagnacs lors d'un traité signé à Eltham le 8 mai 1412. L'Anglais consent à envoyer 1000 hommes d'armes et 3000 archers pour les aider contre la possession de l'ancien duché d'Aquitaine reconstitué dans son ancienne extension. Quelques semaines plus tard, ce traité est rendu caduc par la nouvelle trêve entre Armagnacs et Bourguignons.

En août, il débarque à Saint-Vaast-la-Hougue et rencontre Charles d'Orléans à Blois afin d'entériner le traité d'Eltham. Il lui fait payer très cher son retour en Angleterre: quelques centaine de milliers de livres et la remise en otage, comme garantie de paiement, de son frère Jean d'Angoulême, le futur grand-père de François 1er. Cela n'empêche pas Thomas de diriger son armée vers Bordeaux en dévastant tout sur son passage.

Il est à Bordeaux lorsqu'il apprend la mort de son père le 20 mars 1413. Il rentre aussitôt en Angleterre prêter allégeance à son frère Henri V. Celui-ci ne semble pas lui en avoir voulu de sa récente prise du pouvoir et Thomas de Lancastre, désormais, lui sera d'une fidélité sans faille jusqu'à la fin. Il débarqua en France en 1415 et participa au siège de Harfleur et à la bataille d'Azincourt. Il participa également à la conquête de la Normandie de 1417 à 1419.

Après le traité de Troyes, Henri V retourne en Angleterre et laisse son frère organiser une prochaine offensive contre le dauphin Charles, futur Charles VII.

 

Pierre II de Bretagne dit le Sage (1418-1457)

Duc de Bretagne de 1450 à 1457

 

Fils de Jean V, duc de Bretagne, et de Jeanne de France. Il combat contre les Anglais en Normandie en 1449 et en 1450 avec son frère le duc François 1er de Bretagne, et son oncle le connétable de Richemont et prend plusieurs villes, parmi lesquelles Coutances, Saint-Lô et Fougères. Il devient duc, à la mort de son frère François 1er. Celui-ci n'ayant pas de fils, suivant les dispositions du 1er traité de Guérande de 1365 qui défavorisait les filles, désigna son frère Pierre de préférence à ses propres filles, Marguerite et Marie, pour lui succéder. Pierre II fit poursuivre les assassins de son autre frère, Gilles.

Son règne relativement court de ce duc n'a pas marqué l'histoire. Ses contemporains l’ont décri, bien conseillé par sa femme, mais peu fait pour la fonction ducale, lourd d'esprit comme de corps, sujet à des sautes d'humeur.

Il épousa en juin 1441 Françoise, fille de Louis d'Amboise, vicomte de Thouars et prince de Talmont, à qui l'église accordera la qualité de "bienheureuse". Mais il n'y eut pas d'enfant de ce mariage. Il participa à la bataille de Castillon en 1453. Son oncle Arthur de Richemont lui succéda sous le nom d'Arthur III.

 

Voir page suivante

retour 15ème siècle