Des poèmes à travers les siècles
SIDOINE APOLINAIRE (430-486)
| Concava longaevas asservant antra tenebras
Qua propter te vel votis sine fine colentes, Affectum magnum per carmina parva fatemur Seu te flammatae Syrtes et inhospita tesqua Seu Caeno viridante palus, seu nigra recessu Incultum mage saxa tenent, ubi sole remoto Concava longaevas asservant antra tenebras, Seu te praeruptis porrecta in rupibus Alpis Succinctos gelido libantem cespite somnos Anachoreta tremit, qui quanquam frigora portet, Conceptum Christi nunquam domat ille calorem. |
Grottes profondes qui conservent la nuit
Auprès de toi ou des gens qui honorent sans fin par des voeux perpétuels, Par nos petits poèmes nous disons et redisons de grands sentiments Soit que les sables rouges et les déserts inhospitaliers Soit les marais boueux et verdoyants, soit les noires retraites Isolées se tiennent dans les sombres rochers où une fois le soleil couché Les grottes profondes conservent longtemps la nuit, Soit dans les larges précipices des rochers escarpés des Alpes Un court sommeil dans un pays gelé est une offrande à Dieu L'anachorète tremblant, bien qu'il supporte le froid, Celui-ci ne réduit jamais la chaleur qu'il reçoit du Christ |
le14ème siècle nous a laissez quelques beaux texte de poésie.
Rondeau de Charles d'Orléans
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Le temps a laissié son manteau De vent, de froidure et de pluye, Et s'est vestu de broderye De soleil luyant, cler et beau. Il n'y a beste, ne oyseau, Qu'en son jargon ne chante ou crye : Le temps a laissié son manteau De vent, de froidure et de pluye. Rivière, fontaine et ruisseau Portent, en livree jolie, Gouttes d'argent d'orfaverie, Chascun s'abille de nouveau : La temps a laissié son manteau. |
Poème de Christine de Pisan
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La fille qui n'a point d'ami A qui dira-t-elle sa peine, La fille qui n'a point d'amis ? La fille qui n'a point d'ami, Comment vit-elle ? Elle ne dort jour ni demi Mais toujours veille. Ce fait amour qui la réveille Et qui la garde de dormir. A qui dit-elle sa pensée, La fille qui n'a point d'amis ? Il y en a bien qui en ont deux, Deux, trois ou quatre, Mais je n'en ai pas un tout seul Pour moi ébattre. Hélas ! mon joli temps se passe, Mon téton commence à mollir. A qui dit-elle sa pensée, La fille qui n'a point d'amis ? J'ai le vouloir si très humain Et tel courage Que plus tôt anuit que demain En mon jeune âge J'aimerais mieux mourir de rage Que de vivre en un tel ennui. A qui dit-elle sa pensée, La fille qui n'a point d'amis ? |
L'Aurore et Laure, Pétrarque (CCXIX)
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Il cantar novo e 'l
pianger degli augelli |
Traduction Jean-Claude Monneret Nulle paix je ne trouve, et je n'ai pas de guerre à faire : Et je vole au plus haut des cieux, et je gis à terre ; Et je n'étreins nulle chose, et j'embrasse le monde entier. Qui me garde en prison la porte ne m'ouvre ni ne ferme, Je vois et n'ai point d'yeux, et sans langue je crie ; Je me repais de ma douleur, et en pleurant je ris ; |
De François Villon
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Après avoir longtemps erré sur le rivage
Où l'on voit lamenter tant de chétifs de cour, Tu as atteint le bord où tout le monde court, Fuyant de pauvreté le pénible servage. Nous autres cependant, le long de cette plage, En vain tendons les mains vers le nautonnier sourd, Qui nous chasse bien loin ; car, pour le faire court, Nous n'avons un quatrain pour payer le naulage. Ainsi donc tu jouis du repos bienheureux, Et comme font là-bas ces doctes amoureux, Bien avant dans un bois te perds avec ta dame : Sans plus penser en ceux que tu as délaissés, Criant dessus le port ou tirant à la rame. |
Les regrets de Joachim Du Bellay
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Frères humains qui après nous vives N'ayez les cueurs contre nous endurcis Car se pitie de nous pouvrez avez Dieu en aura plus tost de vous mercis Vous nous voies cy attachés cinq six Quant de la char que trop avons nourrie Elle est pieça devourée et pourrie Et nous les os devenons cendres et pouldre De nostre mal personne ne s'en rie Mais pries Dieu que tous nous veuille absouldre. Frères humains qui après nous vivez, N'ayez pas les cœurs contre nous endurcis, Car si vous avez pitié de nous, pauvres malheureux, Dieu en aura plus tôt de vous miséricorde. Vous nous voyez ici attachés, cinq, six : Et la chair que nous avons trop nourrie Est depuis longtemps dévorée et pourrie, Et nous, les os, devenons cendres et poussières. Que personne ne se rie de notre malheur, Mais priez Dieu qu'il veuille tous nous absoudre. |
Ballade Amoureuse d’Eugène Deschamps
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le droit jour d'une Pentecôte, En ce gracieux mois de Mai, Celle où j'ai m'espérance toute En un joli verger trouvai Cueillant roses, puis lui priai : Baisez-moi. Si dit : Volontiers. Aise fus ; adonc la baisai Par amours, entre les rosiers. Adonc n'eut ni paour ni doute, Mais de s'amour me confortai ; Espoir fut dès lors de ma route, Ains meilleur jardin ne trouvai. De là me vient le bien que j'ai, L'octroi et le doux désirier Que j'ouïs, comme je l'accolai, Par amours, entre les rosiers. Ce doux baiser ôte et rebute Plus de griefs que dire ne sais De moi ; adoucie est trèstoute Ma douleur ; en joie vivrais. Le jour et l'heure bénirais Dont me vint le très-doux baiser, Quand ma dame lors encontrais Par amours, entre les rosiers. Prince, ma dame à point trouvai Ce jour, et bien m'étais métier ; De bonne heure la saluai, Par amours, entre les rosiers . |
DE JEAN ou JEHAN FROISSART
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On doit aimer et priser |