Tancarville Jean II vicomte de Melun - Élizabeth Ryksa - Louis X Le Hutin - Venceslas III de Bohême - Philippe de Vitry -

 

 

Tancarville Jean II vicomte de Melun (14ème-1382)

 

Vaillant chevalier, il fit ses premières armes en Prusse dans les rangs des Chevaliers Teutoniques, il combattit ensuite contre les Maures en Espagne, et contre les Anglais en Angoumois et en Normandie, et fut fait prisonnier au siège de Caen en 1346. Rendu à la liberté, il fut nommé en 1352 grand chambellan et grand-maître de France par Jean le Bon, qui le chargea de négocier le mariage de Philippe de Bourgogne avec l'héritière de Flandre. Pris une 2ème fois par les Anglais à la bataille de Poitiers en 1356, il ne revint en France qu'en 1358. Sa présence contint à Paris le parti d’Etienne Marcel et de Charles le Mauvais. Après le traité de Brétigny, auquel il avait pris une grande part, il fut nommé grand-maître des Eaux et Forêts. Il conserva son crédit sous Charles V et mourut en 1382, gouverneur de Champagne de Bourgogne et du Languedoc.

 

Élizabeth Ryksa (1288-1335)

Reine de Bohême et de Pologne

Née à Poznan, elle est la fille unique de Przemysl II de Pologne et de sa seconde femme Ryksa, la fille de Valdemar 1er de Suède.

Après l’assassinat de Przemysl II en 1296, elle devient la protégée de Marguerite du Brandebourg, la veuve et 3ème épouse de son père. Elle est éduquée à la cour d’Albert III du Brandebourg et elle est destinée à devenir la femme de son fils Othon V du Brandebourg. La mort inopinée de celui-ci en 1298 réduit ce projet à néant.

Étant la dernière représentante des Piasts de Grande Pologne, elle est un parti intéressant pour tout prétendant à la couronne polonaise. Les puissants de Grande Pologne acceptent que Venceslas II devienne roi de Pologne, à la condition qu’il épouse Élizabeth  dès qu’elle aura atteint l’âge de 15 ans. Il se fiance avec Élizabeth qui s’installe à Prague. Venceslas II est couronné roi de Pologne à Gniezno le 25 juillet 1300. Le 26 mai 1303, à la cathédrale de Prague, Élizabeth Ryksa épouse Venceslas II et elle est couronnée reine de Bohême et de Pologne par Henri de Wierzbno. Le 21 juin 1305, elle devient veuve.

Elle devient de nouveau un parti intéressant pour qui veut monter sur le trône de Bohême et de Pologne. C’est le fils du roi des Romains Albert 1er de Habsbourg, Rodolphe de Habsbourg, qui l'épouse le 16 octobre 1306, et qui devient roi de Bohême. Rodolphe décède quelques mois après son mariage, le 3 juillet 1307. Alors qu’elle n’a pas encore 20 ans, elle devient veuve pour la seconde fois. Elle achète la région de Hradec Kralove.

Une guerre civile éclate en Bohême, mettant aux prises deux prétendants au trône, Henri de Carinthie et Frédéric de Habsbourg, le frère de Rodolphe. Son beau-frère perd la guerre et Élizabeth Ryksa doit fuir. En août 1308, elle sera autorisée à revenir à Hradec Kralove où elle encouragera le développement de l’art et de la culture.

En 1310, Jean de Luxembourg épouse Élisabeth, une fille du premier mariage de Venceslas II, et devient roi de Bohême. Élizabeth Ryksa rejoint alors le camp des opposants au nouveau roi. 2 raisons expliquent ce choix. Tout d’abord, elle est blessée dans son orgueil parce que Jean de Luxembourg lui a préféré sa belle-fille. Ensuite, elle vit une histoire d’amour avec Henri de Lipa, le leader de l’opposition. En 1315, Henri est arrêté et emprisonné. La puissance d’Élizabeth Ryksa est telle que le roi de Bohême est obligé de relâcher son prisonnier en avril 1316.

En 1321, elle vend la région de Hradec Kralove et s’installe avec Henri de Lipa à Brno. Les relations avec Jean de Luxembourg se réchauffent.

Henri décède le 26 août 1329 et elle se retire dans un couvent. 4 ans plus tard, en compagnie de sa fille, elle fait un pèlerinage de plusieurs mois dans les sanctuaires de Rhénanie.

elle s’éteint le 19 octobre 1335 à Brno. Elle est inhumée à côté d’Henri de Lipa. Elle a laissé toute sa fortune à des institutions religieuses de Bohême et de Pologne.

 

Louis X Le Hutin (1289-1316)

Roi de Navarre (1305-1316)

Roi de France (1314 -1316)

Son surnom le Hutin signifie le querelleur. Fils aîné de Philippe le Bel et de Jeanne de Navarre, Louis X hérite d’un domaine agrandi par la Champagne et le royaume de Navarre, d’une souveraineté renforcée, mais aussi des problèmes qui ont freiné l’action de son père à la fin de son règne. Il avait 24 ans lorsque son père mourut. Il épousa Marguerite, fille de Robert II duc de Bourgogne, en 1305. Son avènement favorise une recrudescence de l’agitation. Il lutta contre la révolte des seigneurs, les grands du royaume ayant signifié leur désaccord à la mise en place des légistes dans le royaume qui, peu à peu, les privaient de pouvoirs et même d’influence. Les caisses de l'État étaient vides, Charles de Valois obtient que l’un des plus fidèles conseillers de Philippe IV le Bel, Enguerrand de Marigny, soit exécuté. Louis X le fit juger, celui-ci se défendit en accusant les dépenses excessives de Philippe IV. Néanmoins Louis X le fit pendre avec une série de conseillers de l'ancien régime.

Le 11 juillet 1315, il se procura alors de l'argent en vendant des chartes d'affranchissement aux serfs du domaine royal et en autorisant la retour de familles lombardes et juives. Celles-ci avaient été chassées par Philippe le Bel de France en 1306, il leur fit miroiter non seulement le droit de faire commerce, mais leur proposa même d'acheter des terres, moyennant finances et conversion pour ceux qui souhaitaient s'installer définitivement. A peine installés les biens des juifs furent à nouveau confisqués et les familles juives obligées de repasser au-delà des frontières du royaume. En 1315 il créa la gabelle*.

L’expansion de la société féodale du 11ème au 13ème siècle atteint alors ses limites. La crise de subsistance de 1315 à 1317 marque le retournement de la conjoncture. Des milliers de personnes meurent de faim dans le nord du royaume. La hausse des prix, encore accélérée par la crise, provoque un mécontentement général. Les revendications sont surtout politiques. La petite noblesse en est le moteur. Des ligues, constituées dès 1314, pays par pays, présentent leurs doléances dans de longs rouleaux. Les nobles ruinés par la hausse des prix, n’admettent pas que l’administration royale locale empiète sur leurs pouvoirs et réduise leurs finances. Plutôt que de briser la résistance, Louis X choisit de négocier. Avec habileté, il met les abus sur le compte des officiers royaux et joue sur les particularismes locaux. Il octroie ainsi une série de chartes provinciales aux Picards, aux Bourguignons, aux Champenois dans lesquelles il prend soin de réserver ses droits de roi. Le mouvement, peu cohérent, est vite désamorcé. Ces concessions lui permettent d’obtenir l’appui dont il a besoin pour mâter le comte de Flandre qui refuse de rendre hommage au roi. Mais, si ses troupes entrent en Flandre, c’est pour s’y embourber et n’y rien obtenir.

En 1314 Marguerite, épousée en 1305, est mêlée au scandale de la tour de Nesle, accusée d’adultère elle est emprisonnée à Château Gaillard, où elle y meurt, étouffée dans des conditions mystérieuses. Le roi épouse alors Clémence de Hongrie.

Louis X, aux yeux de l’opinion largement informée, apparaît plutôt comme un roi fragile et malchanceux. En fait, face à une situation économique et politique difficile, l’apparente résignation du roi le sert. Il n'a pas du tout la carrure de son père, n’a pas non plus le temps de l’acquérir, et ses 2 frères qui régneront après lui n'auront pas le temps de redresser la situation. La réaction est toute puissante et le trésor à sec.

Il meurt après 16 mois de règne d'une pneumonie le 5 juin 1316. Louis a 27 ans. Son épouse, Clémence de Hongrie, est enceinte de 5 mois. Elle accouchera le 15 novembre de la même année d’un fils, Jean 1er qui meurt 4 jours plus tard. Le frère cadet du roi défunt, Philippe de Poitiers, monte sur le trône et devient Philippe V le Long. Louis X est le premier Capétien à ne pas laisser d’héritier mâle. Son règne marquera le pas dans les progrès de la monarchie Même si le dialogue du roi et de la nation est devenu nécessaire. La fin de son règne aura été marqué par une période de réaction violente sur un arrière-plan de crise.

 

Venceslas III de Bohême (1289-1306)

Roi de Hongrie (1301-1305)

Roi de Bohême (1305-1306)

Roi de Pologne (1305-1306)

Fils du roi Venceslas II de Bohême et de Judith de Habsbourg, fille de l’empereur Rodolphe 1er. En 1298, il devient le fiancé de la fille du roi de Hongrie André III. Après la mort du dernier représentant de la lignée des Arpad, soutenu par son père et par la plus grande partie des magnats hongrois, il fut couronné roi de Hongrie le 27 août 1301, à Székesfehérvár, sous le nom de Ladislas V. Très vite, il doit faire face à une virulente opposition de Charles Robert et de ses partisans. Malgré l’aide militaire apportée par son père, il dut quitter Buda pour la Bohême en 1304, chargeant un gouverneur de le représenter en Hongrie. N’ayant plus aucune autorité dans le pays, il abdiqua le 6 décembre 1305 au profit de Othon margrave du Brandebourg.

Lorsque son père décède le 21 juin 1305, il hérite des trônes de Bohême et de Pologne. Impopulaire en Bohême, il doit aussi affronter une forte opposition en Pologne, menée par Ladislas 1er le Bref et Henri III de Głogów. Le 8 août 1305, en échange de la région de Meissen, il cède la Poméranie de Gdańsk aux margraves du Brandebourg, pour s’assurer de leur soutien.

En route vers la Pologne pour revendiquer la couronne, à la tête d’une armée, il fut assassiné à Olomouc le 4 août 1306. Avec sa disparition s’éteint aussi la dynastie des Premyslides.

 

 

Philippe de Vitry (1290-1361)

 

Compositeur, évêque de Meaux, il est le théoricien du mouvement polyphonique* dit de l’Ars nova.

 

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