Tamerlan ou Timour-Leng - Hugues Aubriot - Etienne Velon - Charles V Le Sage -

 

 

Tamerlan ou Timour-Leng (1336-1405)

Tamerlan est né à Sebz, faubourg de Kech près de Samarcande en Ouzbékistan le 9 avril 1336. Il était du clan de Berlas, l'un des 4 grands clans de la Transoxiane ou Mavrannahar; son père Targaï avait suivi la fortune du vizir Kazgan, le faiseur de rois du Turkestan, lequel changea cinq fois le khan toujours pris parmi les descendants de Djagataï (La Horde d'or et le Djagataï). Le nom de Tamerlan est la forme francisée de Timur (l'homme de fer). Plus tard on y ajouta "Lang" (le Boiteux), car il avait perdu dans une bataille l'usage de sa jambe gauche.

Avec son fief des provinces de Kech et Nakcheh. Timour hérita de ce père le titre d'émir auquel plus tard il ajouta l'épithète de Sahibkiran. Il s'attacha à Kazgan qui le mit à la tête d'une compagnie de 1000 hommes; le jeune noble était excellent chevalier et pieux musulman, prêt à s'entendre avec les deux forces qui subsistaient en Transoxiane dans l'anarchie consécutive à la dissolution de l'empire mongol. Son protecteur lui fit épouser sa petite-fille, du clan Djélaïr.

Conquérant turco-mongol. Principal ministre du roi Transoxiane, Ilyas khodja, il chassa ce dernier et devint roi à son tour vers 1363-1365. Après avoir assassiné son ancien allié et beau-frère Amir Hussein en 1370, il se proclama Khan de Djaghataï et continueur de Gengis Khan dont il prétendait descendre. Musulman fanatique, Tamerlan combattit sous la bannière du prophète, mais ne cessa cependant de piller et de massacrer en épargnant personne.

En 35 ans, il allait bouleverser toute l’Asie antérieure ; maître du royaume de Khorezm et de Kachgar en 1380, il s’empara des principautés de Hérat, du Djordjan, du Mazanderian, du Fars, de l’Irak, de l’Azerbaïdjan, de l’Arménie de 1381 à 1387.

Intervenant en 1380 dans les conflits de la Horde d’Or en Russie, il fut menacé à son tour par Tohtanich et riposta par une invasion foudroyante dans la Russie mongole de 1391 à 1395. En 1398 il se tourna vers l’Inde, remporta la victoire de Panipat le 17 décembre 1398 et saccagea Delhi. Son passage accentua le morcellement politique de l’Inde du Nord-Est. En 1400, il attaqua les mamelouks maîtres de la Syrie et de l’Égypte, ravagea et pilla Alep, Damas et Bagdad, puis passa en Anatolie ou il se heurta aux Ottomans et gagna la bataille d’Ankara le 28 juillet 1402. Il mourut alors qu’il allait entreprendre une campagne contre la Chine.

Dans son armée, il y avait des nomades, des Iraniens, des Géorgiens, des Turkmènes, des Mongols, ne parlant pas la même langue! Il dirigeait toujours les combats et participait aux batailles malgré ses handicaps. Vers la fin de sa vie, ses guerriers le portaient sur leurs épaules.

Tamerlan était un impitoyable conquérant, certes, mais il était aussi un grand administrateur, créateur et protecteur des sciences et des artistes. il mourut le 18 février 1405, près de Chymkent (aujourd'hui au Kazakhstan), et fut enterré à Samarkand, sa capitale. Son mausolée, le Gur-e Amir, compte parmi les grands monuments architecturaux de cette ville.

À sa mort, ses descendants se partagèrent son empire, fondant des dynasties distinctes, dont Bâbur, premier souverain Mongol de l'Inde. Sa dynastie fut renommée pour son aide au développement des littératures turque et perse.

 

Hugues Aubriot (mort en 1382)

 

En 1364, Hugues Aubriot devient prévôt de Paris. A ce titre, il met en œuvre dans la ville des travaux importants. Il fait construire le pont Saint-michel et le Pont au change. Il fait aussi édifier, pour répondre au souci du roi de protéger sa capitale, le Petit Châtelet et la Bastille. Dès 1370, il fait construire, rue Montmartre, un égout voûté et maçonné qui rejoint le ruisseau de Ménilmontant. Le réseau se développe alors lentement au fil des siècles

Accusé d’impiété parce qu’il prend des mesures de clémence à l’égard des Juifs de Paris, il est emprisonné. A la nouvelle du rétablissement de taxes qui avaient été abolies par le roi Charles V, le peuple de Paris se révolte et s’empare, à l’Hôtel de Ville, des armes, en particulier de maillets de plomb utilisés par les défenseurs de la ville sur les remparts, maillets qui servent à frapper les assaillants. Les “ maillotins ” s’emparent de la ville et y commettent nombre d’excès. Ce sont eux qui libèrent Aubriot qui meurt quelques mois plus tard.

 

Etienne Velon

 

Originaire de Jaux dans l’Oise. Il est un des lieutenants de la Jacquerie en 1358.

 

Charles V Le Sage (1337-1380)

Roi de France (1364-1380)

Fils aîné de Jean Il le Bon et de Bonne de Luxembourg. Né au château de Vincennes, l'écart de la Pissotte, paroisse de Montreuil en 1337, il est porté sur les fonts baptismaux de l'église Saint-Pierre Saint-Paul de Montreuil.

C'est à la mort de son père, le 8 avril 1364, que le duc de Normandie devient roi de France, sous le nom de Charles V. Il fut le premier fils de France à porter le titre de dauphin de Viennois, en même temps que celui de duc de Normandie de 1350 à 1364. Il est le troisième souverain de la branche capétienne des Valois qui succéda aux Capétiens directs à la mort du dernier représentant de ceux-ci, Charles IV le Bel, en 1328.

Il épousa Jeanne de Bourbon sa cousine en 1350. Ces liens de consanguinité expliquent en grande partie les difficultés qu'ils eurent pour garder en vie leurs enfants et probablement la folie de Charles VI. Il fut sacré roi à Reims le 19 mai1364. Charles V contraste avec son père. De constitution moins robuste, il est beaucoup plus réfléchi et moins tenté par leur armes, qu'il laisse à celui qui sera son atout maître contre les Anglais, le connétable Bertrand du Guesclin.

La veille du sacre royal, Charles apprit avec joie la victoire de Bertrand Du Guesclin à Cocherel sur les anglo-navarrais. Après avoir perdu ses deux filles aînées le roi tomba souvent malade et la joie fut grande dans le royaume lorsqu'en 1368 naquit un héritier qui sera le futur Charles VI.

Il a exercé le pouvoir royal, en tant que régent, pendant la captivité de son père à Londres, entre 1356 et 1360. Il lui a alors fallu faire face à la révolte des Parisiens, fomentée par Etienne Marcel, aux complots et aux menaces de Charles le Mauvais, aux jacqueries. C’est à ses barons Bertrand du Guesclin, Olivier de Clisson, et d’autres, qu’il confie la reconquête du royaume.

En 1361, meurt Philippe de Rouvres, dernier des ducs de Bourgogne capétiens, adopté par Jean le Bon qui avait épousé sa mère, veuve du duc précédent. Comme il n'y a pas d'héritier mâle, le duché est réuni à la couronne par Jean. Charles V doit cependant attribuer un fief à son frère Philippe le Hardi, à qui il fait épouser la veuve de Philippe de Rouvres (laquelle hérite de la Flandre). Philippe est donc à l'origine de la puissante Maison de Bourgogne (Bourgogne et Flandre notamment) qui donnera tant de fil à retordre aux rois suivants. En mars1365, est signé le traité d'Avignon. Charles le Mauvais abandonne à Charles V ses possessions en Basse seine en échange de la ville de Montpellier. Le 12 avril 1365 le traité de Guérande consacre Jean IV de Montfort duc de Bretagne à condition qu'il prête hommage à Charles V. Le15 janvier 1369, a lieu la rupture du traité de Calais qui provoque la reprise de la guerre. Édouard III se proclame à nouveau roi de France. Le 14 mars, Du Guesclin remporte la victoire de Montiel. En Novembre, Charles V confisque l'Aquitaine. Le 19 septembre 1370, a lieu le sac de Limoges par le Prince Noir. Le 2 octobre, Du Guesclin bat Robert Knoll à Pontvallin après que celui-ci eut ravagé l'Île-de-France et l'Ouest et la Bretagne.

C'est grâce à Du Guesclin qui remporta à cause de sa guerre de harcèlement et à la reconstitution de la flotte française plusieurs victoires sur les anglais qu'il obtint la restitution du Poitou, de la Saintonge et de la Guyenne (sauf Bordeaux). Pour reconquérir la Normandie, Charles V n'hésitera pas à séquestrer les fils du roi de Navarre, Charles le Mauvais. Dans le jeu diplomatique européen, le roi noue des alliances avec Milan, dont le seigneur, Jean Galéas Visconti, était son propre beau-frère. Ses liens de parenté avec les Luxembourg, il était le neveu, par sa mère Bonne de Luxembourg, de l'empereur Charles IV, lui valent également la neutralité bienveillante de l'Empire

Dans le même temps, le roi restaure les finances. Il crée une flotte. Des réformes de l’administration du royaume ont lieu et portent notamment sur les impôts, dont le système de collecte s’améliore. Des ordonnances visant à la création d'une armée moderne et à l'organisation de la défense du royaumes sont prises. Dans ses réformes financières, il n'oublie pas la ville qui l'a vu naître. Il confirme l'ordonnance royale qui exempte par lettres patentes les habitants de Montreuil de toutes les impositions, logement et nourriture des gens de guerre à condition qu'ils entretiennent à leurs dépens les fontaines de Montreuil desquelles les eaux allaient au vivier de Vincennes; ainsi que les conduits, tuyaux et regards par où "passaient les eaux bonnes à boire consommées au château".

Sur le plan culturel, le règne de Charles V constitue un moment d'apogée. Dans le domaine de l'urbanisme et de l'architecture, d'importants travaux sont alors entrepris, qui permettront notamment l'amélioration du système défensif de Paris (enceinte de Charles V, achèvement de Vincennes, construction de la Bastille, aménagements du Louvre et de l'hôtel Saint-Pol). Le sculpteur André Beauneveu est appelé à la Cour et se voit confier l'exécution des tombeaux royaux à Saint-Denis.

Mécène, il collectionne les manuscrits, s’entoure de savants, se passionne pour l’astrologie. Le mécénat de Charles V est tout spécialement actif dans le domaine des lettres : outre les textes d'intérêt historique comme les Grandes Chroniques de France dont il ordonne la continuation et la mise à jour, le "sage roi" inaugure, à des fins d'utilité publique, une politique mûrement réfléchie de traductions en français de divers textes importants touchant aux domaines intellectuels les plus variés (théologie, philosophie et philosophie politique, morale, histoire, sciences naturelles, astronomie et astrologie, histoire et géographie). Pour ces traductions, il fait appel à une équipe d'intellectuels de grande volée (Raoul de Presles, Nicole Oresme notamment, mais aussi Jean Corbechon, traducteur de Barthélemy l'Anglais). Il constitue parallèlement une collection de livres d'une ampleur sans précédent, dispersée entre diverses résidences mais installée principalement au château du Louvre, sur trois étages de la tour nord-ouest, dite de la Fauconnerie. Un premier inventaire de la " librairie " du Louvre fut dressé dès 1373, par Gilles Malet, garde des livres du roi. Le récolement de ce premier inventaire, en 1380, décrit 910 articles. Une autre partie des livres du roi, les plus luxueux, formait une sorte de mémorial à la gloire de la dynastie et était abritée derrière les épaisses murailles du donjon de Vincennes avec d'autres objets précieux des collections royales.

Les commandes royales stimuleront l'enluminure parisienne qui connaîtra un nouvel essor à la fin du 14ème siècle. Le faste de Charles V fut imité par ses frères, Louis d'Anjou, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne et surtout Jean de Berry. Certains grands seigneurs encouragent comme lui les traductions, tel Gaston Phébus, à qui fut dédiée une traduction occitane du "Liber de proprietatibus rerum" de Barthélemy l'Anglais . L'art de la Cour rayonne sur toute l'Europe. Son influence s'étend jusqu'à Barcelone.

Inquiet de sa succession, car il redoute de mourir tôt et que les deux fils, Charles et Louis qu’il a eus de Jeanne de Bourgogne, soient écartés du trône, il établit définitivement les règles de la succession royale, selon la loi salique qui refuse aux femmes la couronne de France. Enfin, il se veut "vicaire de Dieu en la temporalité". C’est lui qui fixe la majorité royale à quatorze ans, par l’ordonnance de Vincennes en 1374.

Sur neuf enfants royaux, trois seulement devinrent adulte et la reine mourut en couche à 39 ans en mettant au monde son neuvième enfant. Quant au roi Charles V il se remit très mal de sa maladie, certains pensèrent qu'on l'avait empoisonné, il souffrait de douloureux maux de reins et à quarante ans il ne sortait plus qu'en litière. Il meurt au château de Beauté le 13 septembre 1380 laissant derrière lui un héritier au trône âgé de 12 ans et une France aux frontières (provisoirement) bien reconstituée. Les Anglais ne gardent que quelques villes portuaires. Les Français ont presque tout récupéré, Flandre comprise. La Bretagne rentrera sous influence française en 1381. Mais le royaume est ruiné par la guerre, la Peste, les conflits sociaux, et les impôts sont devenus écrasants. La fin du règne de Charles V est assombrie par le retour à Rome, en 1378, de la papauté, installée depuis 1309 à Avignon. Cet évènement sera à l'origine du Grand Schisme d'Occident qui divisera l'Europe chrétienne jusqu'en plein 15ème siècle.

 

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