Robert 1er d'Artois - Jean 1er le Roux - Rodolphe 1er de Habsbourg - Alphonse de Poitiers - Giovanni Fidanza dit Saint Bonaventure - Boleslas II le Chauve ou Boleslas II Rogatka - William de Rubruck -

 

 

Robert 1er d'Artois (1216-1250)

Comte d'Artois

 

Fils de Blanche de Castille et de Louis VIII, frère de: Isabelle, Philippe, Jean, Alphonse de Poitiers, Philippe Dagobert, Etienne, Charles 1er d'Anjou et Louis IX (Saint Louis).

En 1237, Louis IX, fidèle aux volontés de son père Louis VIII, lui remet l'Artois. C’est la même année qu’il se marie avec Mathilde de Brabant. Il refuse en 1240 de prétendre à l'empire, comme le souhaite le pape Grégoire IX. Il prend part à la croisade de saint Louis et trouve la mort dans un assaut contre Mansourah en 1250.

 

Jean 1er le Roux (1217-1286)

Duc de Bretagne de 1237 à 1286

Comte de Richmond en 1268.

 

Fils de Pierre Mauclerc, baillistre de Bretagne et d'Alix de Thouars, il devint duc de Bretagne en titre en 1221, à la mort de sa mère, mais, comme il était âgé de 4 ans, son père assura la régence. Jean fit ses premières armes en 1232, son père ayant à réprimer des révoltes de ses barons. En 1237, il prend personnellement le gouvernement du duché, et doit réprimer la révolte d’un de ses vassaux, Pierre de Craon. En 1242, il lutte en Poitou pour le compte du roi de France et soumet le comte de la Marche.

Il eut de nombreux démêlés avec le clergé et la noblesse bretonne. En conflit avec l’évêque de Nantes, il fut excommunié par les évêques bretons et finit par se soumettre. Mais les nobles, le voyant favoriser les prêtres, prirent les armes à leur tour en 1257. Jean finit par les soumettre.

Il accompagna ensuite saint Louis à la huitième croisade en 1270, échappa à la peste qui tua le roi et revint dans ses États.

En 1236, il épouse Blanche de Navarre, fille de Thibaut IV le Chansonnier, comte de Champagne et roi de Navarre et d'Agnès de Beaujeu.

 

Rodolphe 1er de Habsbourg (1218-1291)

Empereur Germanique de 1273 à 1291

Comte de Souabe

 

Né au château de Limburg, il est le fils de Albert IV comte de Habsbourg et de Heilwige de Kybourg. Devenu par mariage et par héritages un des princes les plus puissants de l’Allemagne du Sud, il fut élu roi de Germanie le 1er octobre 1273, puis couronné empereur à Aix la Chapelle 3 semaines plus tard. Il épousa en premières noces en 1245 Gertrude de Hohenberg.

En bonne relation avec le pape Grégoire X, il travailla à la restauration de la puissance impériale, mais ne put entraver l’émancipation des grandes principautés germaniques. Son règne fut surtout marqué par la lutte contre Ottokar II de Bohème qu’il finit par vaincre au Maechfeld à Dürnkrut près de Vienne le 26 août 1278.

Devenu veuf, il épousa en 1284, Agnès de Bourgogne, afin d’affirmer les droits de l’empire sur le royaume d’Arles, mais il ne put assurer à son fils Albert la succession impériale. En revanche, il laissa à sa maison l’Autriche et la Styrie et fut ainsi le vrai fondateur de la puissance des Habsbourg

 

Alphonse de Poitiers (1220-1270)

Frère cadet préféré de Saint Louis, il épouse Jeanne de Toulouse héritière de Raymond VII en1237, après avoir reçu le Poitou et le Maine en apanage*. Aussi pieux que son frère aîné, il l’accompagne à la croisade d’Égypte. A sa mort et à celle de Jeanne de Toulouse, dernière représentante de la lignée des comtes de Toulouse, le comté est incorporé au domaine royal en Octobre 1271.

 

Boleslas II le Chauve ou Boleslas II Rogatka (1220-1278)

Duc de Cracovie en 1241

Duc du sud-ouest de la Grande Pologne de 1241 à 1247

Duc de Silésie de 1241 à 1248

Duc de Legnica et de Głogów

 

Fils aîné d’Henri II le Pieux et d’Anne, fille d’Ottokar 1er de Bohême, il épouse Hedwige von Anhalt

À partir de 1247, il partage le pouvoir avec son frère Henri III le Blanc. En 1248, après la partition de la Basse Silésie, il ne conserve que Legnica et Głogów. L’année suivante, il cède la région de Lubusz à l’archevêché de Magdebourg. En échange, il obtient le soutien des Allemands dans le conflit qui l’opposait à son frère Henri III le Blanc. En 1251, il est forcé d'abandonner Głogów à son jeune frère Conrad.

Suite à un différend avec l’évêque Thomas de Wrocław, sa position s’affaiblie vis-à-vis de l’Église et il recherche de l’aide auprès de l’aristocratie allemande, ce qui lui valu une grande perte de prestige auprès des nobles polonais.

 

William de Rubruck (1220-1293)

Missionnaire et explorateur franciscains flamands.

 

Il accompagna Louis IX à la 7ème croisade en 1248 et en mai1253, sur les ordres de Saint Louis, il part pour Constantinople en mission pour convertir les mongols. Le roi était encouragé à envoyer une mission par la présence des chrétiens Nestorien à la cour mongole. Ayant constitué son groupe de missionnaires ceux-ci partirent et atteignirent Karakorum à Pâques 1254. Après avoir résidé quelques temps à la cour du grand Khan ils repartirent sans avoir réalisé leur but, atteignant Chypre au printemps de 1255.

A son retour, William présenta au roi un rapport très clair et précis le “Fratrum Minorum, Galli, partes 1253 d'annonce de gratia d'Anno d'ordine de Willielmi de Rubruquis de de fratris d'Itinerarium Orientales”.

Dans ce rapport, il décrivit les particularités de la Chine ainsi que beaucoup d'observations géographiques. Il répondait aussi à une question non élucider à l’époque montrant que la mer caspienne était une mer intérieure. Ce rapport est divisé en 40 chapitres, il est l'un des grands chefs d'oeuvre de la littérature géographique médiévale comparable à celle de Marco Polo, bien qu'ils soient très différents. Celui-ci étant écrit en latin, il ne fut pas aussi largement lu que celui de Marco Polo qui l’écrivit en langue vernaculaire.

 

Giovanni Fidanza dit Saint Bonaventure (1221-1274)

C’est à Paris qu’il achève ses études vers 1236. Disciple d'Alexandre à Paris en 1243, il entre ensuite dans l’ordre des franciscains chez lesquels il enseigne la théologie de 1253 à 1257. Ministre général et presque second fondateur de l'Ordre des frères mineurs en 1257. En 1271 saint Bonaventure pour mettre fin à une vacance de trois ans du Saint-siège après le décès de Clément IV, mort en 1268 institue le conclave* . En 1273, il est fait cardinal. Il meurt au concile de Lyon, 15 septembre 1274.

Ses travaux théologiques lui valent d’être canonisé dès 1482 et compté au nombre des docteurs de l’Église en 1587.

Sa vision de l'Église est dominée par sa théologie du Christ, Verbe incarné et second Adam, de la plénitude duquel les hommes reçoivent la grâce. Non qu'il la cause, en son humanité, autrement que par le mérite : de même que les sacrements n'en sont pas cause instrumentale, sinon de façon dispositive intentionnelle. Depuis le ciel, le Christ continue d'opérer au-dedans, mais il a institué des structures de sacrements et de ministères par lesquels, en même temps que par les charismes qu'il dispense, il construit aussi extérieurement l'Église. Bonaventure a parfois des formules identifiant l'Église et le corps mystique. Il parle cependant différemment de l'une et de l'autre quand il est question de leurs membres. les deux expressions désignent la même réalité, mais pas sous le même aspect. Les pécheurs sont intra ecclesiam, parfois même ils sont appelés membres de l'Église, parfois on dénie aux pécheurs cette qualité. En tout cas on leur refuse la qualité de membres du corps mystique, ou bien on ajoute « membra putrida, mortua ». Il parle du Saint Esprit comme opérant cette communion; il ne rappelle pas « âme de l'Église », mais il lui attribue des effets semblables à ceux que l'âme opère dans le corps.

Il a été, au 13ème siècle, le principal théoricien de la monarchie papale. Il cite souvent Saint Bernard, mais il lit également Cyprien en ce sens. Il tient les thèses grégoriennes dans un climat dionysien qui leur donne une allure de métaphysique sacrée. Cependant, comme Thomas d'Aquin, il est très discret sur le chapitre d'éventuelles extensions politiques de la monarchie papale. L'Église n'existe en sa vie de grâce que par le Christ ; elle n'existe en sa vie canonique ou sociale qu'à partir du pape, son vicaire. On peut dire que sa vie externe se déduit du pape, de telle sorte que s'il demeurait seul et que tout fût détruit dans l'Église, il pourrait tout refaire, et si ipse solus esset, et omnia essent destructa in ecclesia, reparare posset universa. Ce solus est significatif. Bonaventure reprend l'exégèse d'Innocent III : Pierre a reçu seul et séparément des autres apôtres la plénitude du pouvoir : les autres ne font qu'y participer. L'autorité suprême du pape est évidemment juridictionnelle ; elle est aussi doctrinale. Bonaventure n'a pas le mot « pape infaillible », mais il affirme la chose : « Au temps de la vérité et de la révélation de la grâce, on sait que la plénitude du pouvoir a été donnée au Vicaire du Christ : dès lors ce serait un mal absolument intolérable d'affirmer quelque chose de contraire à ce qu'il aurait déterminé en matière de foi et de moeurs, en approuvant ce qu'il réprouve. »

Cette inerrance du pape s'accorde évidemment avec celle de Funiversalis ecclesia que Bonaventure tient avec tout le Moyen Age, sans en préciser davantage les conditions.

Le joachimisme, les séquelles qu'il avait parmi les franciscains, ont incité Bonaventure à développer sa vision de l'Église dans une ligne historique : il a une théologie du devenir historique de l'Église. Une « théologie » au sens fort du mot : non seulement il existe un progrès historique dans la connaissance de Dieu, croissance vers la réalité eschatologique dans l'histoire, mais l'histoire totale se prête à des divisions ternaires*qui répondent aux Personnes de la Trinité divine et, d'une certaine façon, les manifestent. Ainsi l'exemplarisme divin et céleste, qui a tant freiné les mouvements

 

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