Louis IX dit Saint Louis - Roger Bacon - Giovanni Gaetano Orsini dit Nicolas III - Kūbilaï Khān -

 

 

Louis IX dit Saint Louis (1214-1270)

Roi de France (1226-1270)

Fils de Louis VIII et de Blanche de Castille, le futur roi naît à Poissy. Le 29 novembre 1226 il est sacré à Reims. Le jeune roi n’est âgé que de 12 ans lorsque sa mère, Blanche de Castille, en raison d’une révolte des vassaux qui menace la couronne, précipite le sacre de son fils. La cathédrale est en chantier et le siège épiscopal de Reims est vacant. C’est à l’évêque de Soissons qu’il est fait appel. Seul Thibaud IV de Champagne apporte son soutien à la régente pour l’organisation de ce sacre, auquel elle a voulu qu’assistent tous les vassaux qui remettent en cause la puissance du pouvoir royal. Sa mère assurera alors la régence. En 1229, le Languedoc est annexé. La guerre dans le sud continue contre les albigeois et elle s'achèvera en 1244 avec la prise de Montségur. Le 25 avril 1234, la majorité du roi fut proclamée et il épousa, la même année, Marguerite, fille de Raimond Bérenger IV, comte de Provence, dont il eu 11 enfants. Sa mère dirigea cependant les affaires du royaume jusqu'en 1242. Malgré cela, ses biographes lui attribuent une vie quasi monastique. A ceux qui lui reprochent la rigueur de ses exercices de piété, il réplique : "On me fait un crime de mon assiduité à la prière, et on ne me dirait rien si j'employais des heures plus longues au jeu ou à la chasse".Le roi rendait lui-même la justice sous un chêne de Vincennes. Il est réputé pour avoir soigné les lépreux et reçu les plus pauvres dans les hospices qu'il fonde. Il ne deviendra véritablement un saint "international" qu'au cours du 17ème siècle, grâce à l'attachement que lui portent les jésuites. Il sera canonisé dès 1297 par le pape Boniface VIII. Face à un soulèvement des barons du l'Ouest et du Midi soutenu par le roi d'Angleterre Henri III, il vainquit ce dernier à Taillebourg et à Saintes en 1242. Alors âgé de 29 ans, il jouissait déjà d'une autorité et d'un prestige, que ses victoires, sa personnalité, sa bonté, sa justice et sa piété avait contribué à forger. Il continuera la lutte contre Henri III d'Angleterre Jusqu’en 1259. Lorsque qu’il accède au pouvoir, il trouve une couronne fortifiée par la régence de sa mère Blanche de Castille. Il songe à accomplir le vœu qu’il a fait en 1244, lorsque une grave maladie l’a atteint, celui d’aller combattre les infidèles. Il quitte Aigues-Mortes en 1248. Après avoir attendu à Chypre les croisés qui l’y rejoignent, il débarque en 1249 en Égypte et prend la ville de Damiette. Mais il laisse le temps au sultan de se ressaisir. Le 8 février 1250, il est fait prisonnier à Mansourah et son frère le plus cher, Robert d’Artois est tué. Libéré après avoir payé une très lourde rançon, le 2 mai 1250 , le roi, prisonnier des musulmans depuis le 6 avril, signe une convention avec le sultan qui le libère ainsi que ses compagnons contre une somme de 400 000 besants et la restitution de la ville de Damiette conquise par les croisés, l’année précédente. Il reste plusieurs années en Palestine et y renforce les quelques places fortes qui sont encore aux mains des croisés, à Césarée, à Saint-Jean-d’Acre. Il ne rentre en France qu’en 1254 après la mort de Blanche de Castille.

Durant la régence éclate la révolte des ''pastoureaux'', paysans qui devaient aller délivrer le roi en Égypte, mais qui finalement se livrèrent au pillage. Il s’emploie alors à rétablir la paix et à mettre en œuvre des réformes. Il renonce par le traité de Corbeil, à ses prétentions sur la Cerdagne et le Roussillon au profit du roi d’Aragon, il rend au roi d’Angleterre les terres au sud de la Charente, mais s’assure de la possession de la Touraine et de la Normandie. En 1254, année même de son retour, il réforme par une grande Ordonnance, l’organisation du domaine royal. Il fera construire la Sainte-Chapelle pour abriter des reliques : la couronne d'épines et un morceau de la vraie croix, envoyés par l'empereur de Constantinople. En 1259, le traité de Paris entre Saint Louis et Henri III donne à la France la Normandie, le Maine, l'Anjou, et le Poitou contre le Limousin, le Quercy et le Périgord. Lorsqu’il repart pour la seconde fois en croisade en 1270, c’est à l’abbé de Saint-Denis, Matthieu de Vendôme, et à Simon de Nesles qu’il confie la régence du royaume parce que son fils Philippe III le Hardi, né en 1245, l’accompagne. Le roi meurt devant Tunis le 25 août 1270 de l'épidémie de dysenterie qui décime son armée.

Il déclara “ O Jérusalem ! Jérusalem ! Beau sera, Dieu, que tu aies merci de ce peuple qui ici demeure ! Qu’il ne tombe en la main de ses ennemis et ne sois pas contraint de renier ton saint nom. ” Il murmure encore : “ Mon Dieu, je remets mon esprit entre tes mains. ” Philippe III le Hardi, son fils, rapportera en France les os de son père pour les inhumer à Saint-Denis. La chair, le cœur et les entrailles du roi sont déposés par Charles d’Anjou, son frère, à l’abbaye de Monreale en Sicile. C'est son fils, Philippe III Le Hardi qui lui succéda.

Après les révoltes féodales du début, Saint-Louis aura marqué son règne d'un équilibre entre la monarchie et l’organisation féodale. Son règne coïncide également avec l'enseignement de Saint Thomas d'Aquin à la Sorbonne, la construction de la Sainte Chapelle en 1257 et dont les vitraux retraceront sa vie, la sculpture de la façade de la cathédrale de Reims, l'édification ou la rénovation de grandes cathédrales: Paris, Rouen, Amiens, Auxerre, Bourges, etc...

 

Roger Bacon (1214 - 1294)

Surnommé “doctor mirabilis” (docteur admirable) en raison de sa science prodigieuse, philosophe et alchimiste anglais, considéré comme le père de la méthode scientifique.

Il est né à Ilchester, dans le Somerset en Angleterre. Il entra chez les Franciscains en 1240. Ayant étudié à Oxford et à Paris, il se fixa à Oxford, enseignant en particulier Aristote.

Il se livra avec ardeur à l'étude de toutes les sciences connues de son temps, surtout de la physique et acquit bientôt une instruction fort supérieure à son siècle. Quelques-uns de ses confrères, jaloux de son mérite et irrités de ce qu'il avait censuré leurs mœurs dissolues, l'accusèrent de sorcellerie. Quoiqu’il eût écrit lui-même contre la magie, il fut condamné, et passa dans les cachots la plus grande partie de sa vie. À l'avènement du pape Clément IV, qui l'avait en grande estime, il retrouva la liberté en 1265, mais après la mort de ce pape éclairé, il resta en butte à de nouvelles persécutions et fut enfermé à Paris, pendant dix ans, dans le couvent des Franciscains. Il ne sortit de prison que peu d'années avant sa mort. On lui doit d'ingénieuses observations sur l'optique (il eût l'idée de la trichromie) et la réfraction de la lumière. Une réflexion sur l'arc-en-ciel dont il mesure l'ouverture angulaire à 42° et recense les variantes, rosée, fontaines, prismes. Il prend position pour la vision de Robert Grossetête plutôt que celle d'Ibn al-Haytham, ainsi qu'une description de la chambre noire.

On lui a parfois attribué l'invention de la poudre à canon, celle des verres grossissants, du télescope, de la pompe à air et d'une substance combustible analogue au phosphore.

Il proposa dès 1267 la réforme du calendrier, sans avoir eu connaissance des travaux antérieurs d'Omar Khayyam.

Son plus grand mérite enfin est d'avoir renoncé à la méthode purement spéculative et d'avoir conseillé et pratiqué lui-même l'expérience. Cependant, il ne fut pas exempt des erreurs de son temps, et crut à l'alchimie et à l'astrologie, ou du moins le laissa-t-il penser.

Les œuvres de Bacon ont pour but l'intuition de la vérité, c'est-à-dire la certitude scientifique, et cette vérité à atteindre est pour lui le salut. La science procédant de l'âme est donc indispensable. Le moyen de cette recherche est l'expérience, car en éprouvant la vérité, elle la révèle. Ainsi, seule l'expérience est-elle source de certitude dans le domaine scientifique. Cette expérience se fait par l'autorité des savants et le raisonnement spontané qui se tient au contact des choses. Bacon rejette ainsi les raisonnements purement abstraits qui sont stériles pour l'avancement des sciences.

Il créa la science expérimentale en faisant de l’expérience la seule source de connaissance scientifique.

Roger Bacon n'accorda pas autant d'importance que ses contemporains à la foi pour la recherche de la vérité dans le domaine scientifique. Pour lui, la connaissance du divin et la révélation ne peuvent pas entrer en conflit avec la connaissance de la nature.

Il comprit avant d'autres qu'Aristote avait commis quelques erreurs à propos des phénomènes naturels, ce qui ne l'empêcha nullement d'intégrer la pensée d'Aristote, ainsi que celle de Platon, qu’il considère comme pères de l’Église dans l’histoire de la religion.

Il critique la théologie de son temps sur les aspects scientifiques. Il fut persécuté car il remettait en cause l’équilibre entre foi et raison, à l’avantage relatif de la raison. Pour lui, la seule sagesse est celle des livres.

Roger Bacon est l'un des précurseurs de la Renaissance et laissa des écrits sur presque toutes les parties de la science. Ses principaux ouvrages sont : “l' Opus Majus”, qu'il adressa au pape Clément IV, et où il s'était proposé de rassembler toute sa doctrine. Il en fit 2 refontes successives sous les noms “d' Opus Minus”et “d' Opus tertium”, “Epistola de secretis operibus naturae et artis et de nullitate maguae”, De “retardandis senectutis accidentibus”, et plusieurs traités d'alchimie, dont le principal est le “Speculum alchemicum”.

 

Giovanni Gaetano Orsini dit Nicolas III (vers1215)

Pape de 1277 à 1280

Né à Rome entre 1210 et 1220 fils de  Matías Orsini. Il fut le 3ème pape de la famille Orsini, il fixa son siège au Vatican ou il vécu la majeure partie du temps. Dans ce but il fit construire un palais qui fut le premier noyau des bâtiments de Vatican. Il fit construire également les jardins. Ses préoccupations ont été multiples. Il a essayé d'établir de bonnes relations avec Byzance et de limiter le pouvoir chaque fois plus menaçant de Charles d'Anjou, en lui enlevant le titre de sénateur de Rome et de régent de l'Empire de Toscan.

Il décède près de Viterbe en 1280, avant d'obtenir une victoire complète contre Charles d’Anjou.

 

Kūbilaï Khān (1215-1294)

Khan mongol en 1260

Empereur de Chine de 1280 à1294

Fondateur de la dynastie Yuan

Petit-fils de Gengis Khan, il est né en 1215, durant l'année de la prise de Beijing par Gengis Khan. Il succéda à Möngke, son frère, comme grand khan des Mongols en 1260.

En 1268, après avoir ravagé la Chine des Song et la Corée, et en l'absence de réponse à une première lettre demandant la fin des actes de piraterie japonais, puis à une seconde exigeant que le Japon se reconnaisse tributaire de l'Empire mongol, Kubilaï Khan décida l'invasion. Les Mongols n'ayant aucune compétence maritime, c'est aux Coréens qu’il firent appel pour la construction d’une flotte.

Le 19 novembre 1974, la flotte mongole de 900 bateaux et 44 000 soldats et marins aborda la baie de Hakata (nord-ouest de l’île Kyushu). Le combat fut très inégal. Aux forces d’infanterie mongole bien entraînées, épaulées par des catapultes et des armes à longue portée, étaient opposés des samouraïs à cheval se battant seuls en combat singulier. La journée fut donc très lourde en pertes pour les Japonais

En 1279, il acheva la conquête de la Chine en renversant les derniers empereurs de la dynastie Song. En 1280, il se proclame empereur de Chine, fondant ainsi la dynastie Yuan.

La deuxième tentative d’invasion du Japon eut lieu en 1281. L’armada mongole, forte de 50 000 Mongols et 100 000 soldats chinois, était bien plus imposante que la première fois. De leur côté, les grands seigneurs japonais avaient envoyé des armées entières de samouraïs. Les Japonais attaquèrent tout de suite les navires, en les incendiant et en coulant certains. Une partie de l’armée mongole ne réussit donc pas à débarquer. Le 9 juin, les Mongols débarquèrent cependant à Tsushima et, le 14, sur l'île Iki Le 21 juin eut lieu la bataille autour d'Hakata (Kyushu) mais les troupes mongoles n'arrivèrent pas à prendre l'avantage. Les Mongols échouèrent à vaincre la résistance des forces japonaises, qui étaient constamment ravitaillées en guerriers et en nourriture. Kubilaï Khan perdit lors d’un typhon presque toute son armée d’invasion. Il songea alors à attaquer une troisième fois, mais les seigneurs mongols s’y opposèrent. En effet, ces opérations avaient, ruiné les finances et les forces combattantes du régime mongol.

Ce fut un souverain éclairé et bâtisseur. Il rénova et étendit le réseau de routes, fit rebâtir les édifices publics et creuser le Grand canal. Il introduisit la monnaie papier, protégea les arts et se montra tolérant à l'égard des différentes religions, accueillant des prêtres nestoriens et des lamas tibétains. En revanche, il fit preuve de méfiance à l'égard du taoïsme. À sa cour, Marco Polo fut un fonctionnaire important. Sa capitale était Pékin, à l'époque nommée Cambaluc, alors que la résidence d'été était Shangdu.

 

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