Guillaume de Seignelay - Jacques 1er le Conquérant ou Jaime 1er - Alexandre de Halès - Martin IV - Amaury de Montfort - Hugues IV de Bourgogne - Yolande de Dreux - Pierre de Dreux ou Pierre 1er Mauclerc -

 

 

 

Guillaume de Seignelay (1207-1220)

Évêque d'Auxerre

Parent éloigné de Saint Bernard, familier des cisterciens, Guillaume est un jeune et brillant intellectuel, proche des milieux parisiens du pouvoir et de la culture.

Fondateur des églises collégiales d’Appoigny et de Cosne-sur-Loire, ardent défenseur des droits de l’Église contre les appétits tant du roi que des comtes locaux, il est le grand reconstructeur de la cathédrale en style gothique d’Auxerre. Il décède en 1223 à Paris ou il occupe le siège épiscopal depuis trois ans.

Il se fit inhumer dans l’abbaye cistercienne de Pontigny, toute proche d’Auxerre.

 

Jacques 1er le Conquérant ou Jaime 1er (1208-1276)

Roi d'Aragon, comte de Barcelone et seigneur de Montpellier

Né le 2 février 1208 à Montpellier, fils et successeur de Pierre II. L'année de ses cinq ans, son père meurt à la bataille de Muret, le laissant seul héritier des territoires de la couronne d'Aragon. L'enfant est déjà depuis quelques temps aux mains de Simon de Montfort, le vainqueur de Muret. En 1214, Simon de Montfort accepte sous la pression du pape de le rendre aux Catalans. Durant toute son enfance, la régence de la couronne d'Aragon est assurée par son grand-oncle le comte Sanche, puis par le fils de ce dernier, Nuno Sanche.

Il chassa les Maures des îles Baléares, conquit les royaumes de Valence et de Murcie. Par le traité de Corbeil (1258) il obtint de Saint Louis la renonciation aux comtés de Barcelone et du Roussillon et renonça lui-même à ses prétentions en Languedoc, hormis Montpellier.

En 1262, il partage ses possessions en deux ensembles, destinés à chacun de ses fils. L'aîné, l'infant Pierre, reçoit les royaumes d'Aragon et de Valence, ainsi que le comté de Barcelone. Le cadet, l'infant Jacques, reçoit le royaume de Majorque, les comtés de Roussillon et de Cerdagne et la seigneurie de Montpellier. La même année, il marie l'infant Pierre avec Constance, la fille de Manfred de Hohenstaufen, roi de Sicile, lui assurant des droits sur l'île.

Il renforce le pouvoir royal en menant avec fermeté la normalisation du droit dans chacun des territoires de la couronne d'Aragon. Il charge ainsi l'évêque d'Osca, Vidal de Canyelles, de codifier le droit coutumier du royaume d'Aragon, entreprise qui aboutit lors des cortes d'Osca de 1247, qui imposent un droit unique au royaume au-dessus des droits particuliers. En Catalogne, ce sont les Usages de Barcelone qui s'imposent peu à peu à tout le pays. Enfin dans le royaume de Valence, le roi accorde une ordonnance de gouvernement en 1251, révisée en 1271, les Foris et consuetudines Valentiae. D'autre part, il développe le système des cortes, des sortes de parlements généraux, réunissant des délégués nobles, ecclésiastiques et citadins autour du roi. Chacun des royaumes de la couronne a ses propres cortes, excepté le royaume de Majorque, qui envoie des délégués aux cortes de Catalogne.

Il meurt en 1276 lors d'une campagne contre les musulmans révoltés de Valence. Il est enterré à l'abbaye de Poblet.

 

Alexandre de Halès (1210-1245)

maître ès arts à Paris

 

Entré dans l'Ordre des frères mineurs en 1236, mort en 1245, il a laissé un commentaire des Sentences et la fameuse Summa. C'est un auteur de transition, un peu comme Guillaume d'Auxerre, mais plus abondant, plus documenté que celui-ci. Il est représentatif de la scolastique montante : ainsi dans les questions de Christo capite, avec insistance sur l'influentia (en dépendance de Guillaume) ; dans la définition de l'ordre comme pouvoir de consacrer l'Eucharistie : ce qui a entraîné la juxtaposition de deux façons d'énumérer les degrés de dignité : selon le sacrement de l'ordre, c'est-à-dire en relation avec l'Eucharistie, on compte sept degrés ; selon des pouvoirs relatifs au corps mystique, on compte neuf degrés et l'on ajoute l'épiscopat. Alexandre fait une distinction, dont nous avons trouvé les racines au 13ème siècle, entre membres de l'Église et membres du Christ, qui illustre le processus par lequel, contre les sectes, on a mieux dégagé un concept de l'Église pris de ses éléments extérieurs, ab externis : il y a l'unitas ecclesiae, l'unité de l'Église, la foi suffit pour en être, et l'unitas corporis ecclesiae, l'unité de ce corps qu'est l'Église et qui est le Corps mystique du Christ : il faut la charité ou la fides formata pour en être membre. Thomas d'Aquin fait allusion à cette distinction que saint Bonaventure et surtout Richard de Mediavilla semblent adopter.

 

Martin IV (1210-1285)

Pape français dévoué aux intérêts de la dynastie angevine, élu en 1281, il fait tout ce qu’il peut pour soutenir Charles 1er. Il accepte la Croisade d’Aragon contre Pierre III et reconstitue contre l’Empereur et la Sicile révoltée la ligue guelfe; il accorde au roi de Naples la sénatorerie de Rome et excommunie l’Empereur de Byzance afin de favoriser l’expédition projetée par Charles, en Orient.

 

Amaury de Montfort

Fils aîné de Simon de Montfort, hérita du comté de Toulouse en 1218, mais ne put soutenir la lutte contre Raymond VII et céda ses droits au roi de France. Il reçut le titre de connétable en 1231 et partit pour la Terre sainte en 1239. Capturé par les musulmans, il mourut pendant son voyage de retour en 1241. Son frère Simon s'établit en Angleterre en 1230, se fit confirmer son titre de comte de Leicester par Henri III dont il épousa la sœur. Ces faveurs ne l'empêchèrent pas de comploter contre ce roi, auquel il imposa les Provisions d'Oxford. Lors de la guerre des barons, qu'il avait largement suscité, il combattit d'abord victorieusement Henri III mais fut finalement vaincu par les troupes royalistes et périt à la bataille d'Evesham en 1260. Les Anglais le vénérèrent comme un martyr : il avait en effet tenté d'instaurer une véritable monarchie constitutionnelle.

 

Hugues IV de Bourgogne (1212-1272)

Duc de Bourgogne de 1218 à 1272

Roi titulaire de Thessalonique de 1266 à 1272

Seigneur de Salins de 1225 à 1237

 

Fils de Eudes III, duc de Bourgogne, et d'Alix de Vergy, il compta parmi les opposants à la régence de Blanche de Castille et attaqua son soutien, le comte de Champagne en 1229, mais fut contré par la régente.

En 1237, il échange la seigneurie de Salins contre le Comté de Chalon sur Saône avec le comte de Chalon sur Saône. En 1238, il partit combattre en Terre Sainte et revint en 1241.

Il accompagna ensuite Saint Louis à la 7ème croisade et fut fait prisonnier à Mansourah. Baudouin II de Courtenay, empereur détrôné de Constantinople, lui donna des droits sur le royaume de Thessalonique en échange de son aide pour reconquérir Constantinople.

Il épousa en premières noces en 1229 Yolande de Dreux, fille de Robert III, comte de Dreux, et d'Aénor, dame de Saint Valéry

Veuf, il se remaria avec Béatrice de Champagne, fille de Thibaud 1er, roi de Navarre et comte de Champagne, et de Marguerite de Bourbon Dampierre

Il mit en place les principales institutions ducales de Bourgogne comme les baillis chargés de la justice ou les receveurs généraux responsables de la collecte des impôts, qui scelleront durablement les structures de la province. Il amasse une fortune considérable, marie son fils Robert à Agnès, fille de Saint Louis, et fait construire à Paris, sur la colline Sainte-Geneviève, le somptueux hôtel de Bourgogne.

 

Yolande de Dreux (1212-1248)

Comtesse d'Ossone

 

Fille de Robert III, comte de Dreux, et d'Aénor, dame de Saint Valéry, elle épouse en 1229 Hugues IV, duc de Bourgogne . Elle sera inhumée à Cîteaux

 

Pierre de Dreux ou Pierre 1er Mauclerc

Duc de Bretagne

*Baillistre  de Bretagne de 1213 à 1237

 

Second fils de Robert II de Dreux, Cadet de la maison capétienne des comtes de Dreux, époux d'Alix de Bretagne, il devient baillistre de Bretagne sous le nom de Pierre 1er de Bretagne.

De 1213 à 1223, pendant le règne de Philippe Auguste, Mauclerc demeure fidèle au roi de France, son oncle. il participe au succès de la bataille de la Roche aux Moines en juin 1214. En 1219, il participe à la Croisade contre les Albigeois.

Sous le règne de Louis VIII, les relations se tendent. Pendant la régence de Blanche de Castille, mère de Louis IX, il participe aux complots des grands féodaux contre la régente.

IL veut renforcer le pouvoir ducal

- contre les seigneurs: il oblige ses vassaux à obéir

- contre l'indépendance du clergé et les empiétements des tribunaux d'Eglise.

- en soustrayant la Bretagne à l'influence française.

Lorsque les anglais débarquèrent sur les côtes bretonnes en 1230, les français combattirent les anglais et les bretons. Une trêve fut conclue fin 1231, elle se prolongea jusqu'à la Saint Jean 1234, date à laquelle trois armées royales venant d'Anjou, du Poitou et de Normandie envahirent la Bretagne. Henri III n'enverra que des secours insignifiants, et désavoué par ses vassaux, Pierre Mauclerc dut capituler

En 1237, Pierre 1er Mauclerc est écarté du pouvoir quand le jeune duc Jean 1er atteint l'âge de la majorité légale. Il prend alors le nom de Pierre de Braine, participe à la Croisade avec Louis IX, est blessé et meurt en mer en 1250 au retour. Il est inhumé à Saint Yved de Braine.

 

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