Louis VIII le Lion - Conrad 1er de Mazovie - Alard de Cans - Guillaume de Lorris - Pierre des Vaux de Cernay - Arnaud Amaury - Blanche de Castille -

 

 

Louis VIII le Lion (1187-1226)

Roi de France (1223-1226)

Fils de Philippe II Auguste et d’Isabelle de Hainaut, Louis VIII a déjà 36 ans quand il se fait sacrer roi à Reims avec sa femme Blanche de Castille, La cérémonie est aussi fastueuse que l’accueil des époux à Paris, où l’on festoie pendant une semaine. Fort différent de son père, il est un être chétif, froid, mais un père prolifique et un guerrier intrépide. Il doit d’ailleurs son surnom à la bravoure et la cruauté dont il a fait preuve à la guerre, soit en secondant Philippe Auguste, soit en participant à la croisade contre les Albigeois en 1219. Élu roi d'Angleterre en 1216 par les barons anglais, il sera excommunié pour cette entreprise. Le 6 août 1223 il est sacré roi de France.

Son bref règne de 3 ans est marqué par 2 expéditions qui vont consolider le royaume et affermir la monarchie. Contre le jeune roi d’Angleterre Henri III, qui prétend à la restitution des biens des Plantagenêt en France, il riposte immédiatement. En 1224, il prend la tête d’une armée et le 15 juillet 1224 il mène le siège de La Rochelle. Louis VIII, soutenu par Hugues de Lusignac, répond à la demande du roi Henri III d’Angleterre qui exigeait la restitution des biens Plantagenêt en envahissant le Poitou, en prenant Niort, et en prenant la Rochelle le 3 août, mais ne peut enlever Bordeaux.

Puis, le roi décide d’en finir avec les Albigeois et engage contre eux la troisième croisade le 30 janvier 1226. Après l’échec de celle de 1219, les hérétiques cathares avaient reconquis le terrain perdu. Avant de partir, “pour que la discorde ne pu naître entre ses fils” au cas où il trouverait la mort au combat, il rédige un testament constituant des apanages au profit de ses fils cadets. Le 26 mai, le roi quitte Bourges, descend la vallée du Rhône et s’attaque aux possessions du comte de Toulouse. Avignon capitule la première, après un siège terrible de 22 mois en septembre1226. Puis se rallient au roi les principales villes du Languedoc. Toulouse résiste encore, mais les cathares qui refusent d’abjurer leur foi sont condamnés au supplice du feu conformément à une ordonnance, la première en France, décrétée en avril 1226. Seuls subsistent quelques foyers de résistance. Réunie à Pamiers, une assemblée attribue à la couronne les fiefs confisqués. Ayant renoncé à prendre Toulouse, il décide de rentrer à Paris. Sur le chemin de retour, il meurt le 8 novembre 1226 en Auvergne, à Montpensier. C’est une dysenterie aiguë qui emporte le roi. Les médecins, convaincus qu’une trop longue continence sexuelle est la cause du mal du roi, resté fidèle à la reine Blanche de Castille, mettent dans son lit une jeune fille. Lorsqu’au réveil il la découvre, il lui dit : “Non, ma fille, j’aime mieux mourir que de sauver ma vie par un péché mortel.” Il laisse son royaume à un enfant de douze ans, le futur Saint Louis.

 

Conrad 1er de Mazovie (1187-1247)

Duc de Mazovie et de Cujavie en 1202

Duc de Cracovie de 1229 à 1232 et de 1241 à 1243

 

Frère cadet de Lech le Blanc, fils de Casimir II le Juste et d’Hélène de Kiev. Il est resté dans l’histoire comme la personne étant responsable de la création d’un véritable État teutonique, qui sera une menace permanente pour la Pologne et la cause de nombreuses guerres avec l’Allemagne.

Le 9 juin 1210, à l’occasion d’un synode tenu à Borzykowa, l’archevêque de Gniezno Henri Kietlicz arrive à faire confirmer par Conrad et les autres ducs polonais les nombreux privilèges obtenus par l’Église à Łęczyca en 1180. Il obtient le privilège d’immunité pour l’Église.

En 1216, il fonde l’Ordre de Dobrin, qui sera reconnu par le pape Grégoire IX en 1228, dont la mission est de protéger la Mazovie des incursions des tribus prussiennes. Pour les remercier, Conrad leur cèdera une partie de la région de Dobrzyń. En 1222, il offrira des propriétés à l’évêque missionnaire Christian qui organise les croisades baltes contre les Vieux Prussiens.

En 1226, dans le but de préserver ses terres d’une invasion des Prussiens, il invite l’Ordre des Chevaliers Teutoniques à venir s’installer sur la frontière de la Pologne. Ceux-ci s’installent autour de Chełmno, sur la basse Vistule.

À partir de 1227, suite à l’assassinat de son frère, il commence à se battre pour monter sur le trône de Cracovie. En 1229, après avoir fait le siège de Kalisz sans succès, il envahit les régions de Sieradz, Łęczyca et Sandomierz, avant de s’emparer de Cracovie qu’il sera obligé d’abandonner en 1232.

Dès 1231, il encourage les Chevaliers Teutoniques à pénétrer sur les territoires prussiens. C’est le début de l’extermination des Prussiens et de la création d’un État teutonique. En 1234, le Grand-maître des Chevaliers Teutoniques présente un document falsifié au pape Grégoire IX faisant état de la donation d’un territoire par Conrad de Mazovie. Celui-ci réalise très vite qu’après avoir invité les Teutoniques sur son territoire, il en a perdu le contrôle.

Il s’empare de nouveau du trône en 1241, après la mort de Henri II le Pieux à Legnica. Il sera chassé définitivement 2 ans plus tard par son neveu Boleslas V le Pudique, aidé par la noblesse de Petite Pologne.

 

Alard de Cans

Poète lyrique

 

Des quatre pièces que les copistes du Moyen Âge lui attribuent, seul lui appartient le serventois où, partant pour la Terre sainte, il prend congé de sa dame et des “bones gens d’Arras”.

 

Guillaume de Lorris

Poète

L’unique texte laissé par ce poète, le Roman de la Rose, suppose une connaissance profonde de L’Art d’aimer du poète latin Ovide ainsi que la connaissance des romans de Chrétien de Troyes. Le raffinement avec lequel sont mis en évidence les thèmes courtois et la dimension satirique et rationnelle du texte lui valurent un immense succès, sans nul doute parce qu’à des thèmes qui étaient à l’époque devenus des lieux communs, le poète a su donner une saveur nouvelle.

 

Pierre des Vaux de Cernay

 

Moine cistercien et neveu de l'abbé Guy des Vaux de Cernay, il accompagne son oncle dans le midi, participe à la croisade de 1212 à 1218 contre les cathares et rédige une «Histoire» albigeoise le plus souvent extrêmement lucide mais partiale.

 

Arnaud Amaury

Ancien abbé de Cîteaux, représentant d'Innocent III en Occitanie. Chef spirituel de la croisade; archevêque et duc de Narbonne. Investigateur de la Conférence de Montpellier en 1224 en vue d'une réconciliation.

C’étant écarté des instructions pontificales Innocent III nomme un nouveau légat, Pierre de Bénévent en janvier 1214.Clui-ci muni des pleins pouvoirs devra appliquer strictement les principes définis en 1209 et ne faire aucun tort à celui qui rejette spontanément la cause hérétique pour reprendre la religion catholique. De telles mesures ne vont pas dans le sens des intérêts de Simon de Montfort, obligé ainsi de rendre les terres aux hérétiques qui renient leur foi.

 

Blanche de Castille (1188-1252)

Reine de France

Régente

Née à Palencia, en Castille, elle est la fille d'Alphonse VIII de Castille et d'Aliénor d'Angleterre, elle-même descendante d'Henri II Plantagenêt et d'Aliénor d'Aquitaine. Le 23 mai 1200, pour sceller le traité du Goulet qui a été signé la veille, Louis, fils de Philippe Auguste, l’épouse. Elle apporte Evreux en dot. Elle donne au roi plus de dix enfants. Le 6 août 1223, elle est sacrée et couronnée à Reims avec son époux, le nouveau roi, Louis VIII. Après la mort subite de son époux, le 3 novembre1226, elle est nommée régente. Elle s’empresse de faire sacrer à Reims son fils, âgé de douze ans. La cérémonie, qui a lieu le 29 novembre 1226, ne réunit pas tous les grands du royaume et laisse présager des luttes à venir. Une tâche difficile pour la reine, la rébellion couve. Les grands seigneurs, vassaux du roi de France, sont certains qu’une femme ne peut leur tenir tête et qu’ils vont pouvoir reprendre tout ce qu’ils ont dû céder à la couronne.

Jouant le rôle de gardienne du royaume avec énergie et austérité, elle s'appuie pour régenter le royaume sur les administrateurs de Philippe II Auguste et sur le légat du Pape, Romano Frangipani, cardinal de Saint-Ange, qui deviendra son plus proche conseiller.

Blanche de Castille, qui n’a jamais porté officiellement le titre de régente, est de taille à affronter toutes les difficultés. Par la diplomatie, par les armes ou la séduction, elle exerce fermement l’essentiel du pouvoir jusqu’en 1242. Dès le début de sa régence elle doit faire face à l'hostilité des grands féodaux soutenue par Pierre Mauclerc, Duc de Bretagne, et Henri III d'Angleterre qui s'opposent à un gouvernement féminin. Elle parvient à remporter une première victoire qui se conclut par la signature du traité de Vendôme, puis elle affrontera de nouveau en 1228-1229 une deuxième coalition dont une conduite par le propre oncle du roi, le comte de Boulogne.

Elle conclut avec le comte de Toulouse le traité de Paris en 1229, très avantageux pour la couronne. Elle mate vigoureusement une révolte des étudiants parisiens de 1229-1231. Elle réprime également la révolte des albigeois en Languedoc, et en 1229, le traité de Paris annexe au domaine royal plusieurs territoires du Languedoc et décide du mariage du frère du roi, Alphonse de Poitiers, avec Jeanne, la fille du comte de Toulouse, Raymond VII. Elle veille personnellement à l’éducation poussée de Louis IX pour le préparer à son métier de roi. Quand il prendra effectivement les affaires de l’État, la première régence féminine lui laissera une couronne fortifiée et un royaume agrandi.

Abandonnant progressivement le pouvoir à son fils, qui ne gouvernera effectivement qu'à partir de 1242. Mais elle reprendra le royaume que lui confiera son fils lors de son départ en Terre Sainte pour la septième Croisade en 1248. Pendant l’absence du roi, elle doit affronter sans cesse la menace que fait peser sur le royaume le roi d’Angleterre, et doit affronter encore les conséquences de la fièvre mystique que provoque un personnage que l’on appelle le Maître de Hongrie. Ses exhortations lancent, sur les routes du royaume, la croisade dite des Pastoureaux, horde de près de 100 000 hommes, gueux et ribauds, qui pillent, violent et massacrent sur leur passage.

Le 26 novembre 1252, la régente s'éteint, alors que le roi n’a toujours pas quitté la Terre sainte ce qui provoqua son retour, épuisée par les épreuves successives. La mort de son fils Robert d’Artois, la défaite de Mansourah et la captivité de Louis IX.

C’est à l’abbaye de Maubuisson qu’elle a fondée, qu’elle sera enterrée.

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