Otton IV de Brunswick - Saint François d’Assise - Saint Pierre Nolasque - Jean Du Plan Carpin - Rinaldo di Segni dit Alexandre IV - Jacques Pantaléon dit Urbain IV -

 

 

Otton IV de Brunswick (1182 -1218)

Roi des Romains (1198)

Empereur germanique (1209-1218)

 

Fils de Henri le Lion, duc de Bavière, il se fit élire roi des Romains en 1198, avec l'appui des guelfes, contre Philippe de Souabe, candidat des gibelins. Innocent III fit savoir dès 1198 qu'il lui revenait d'arbitrer la compétition entre Philippe et Otton. Des princes, ecclésiastiques aussi bien que laïcs, eurent beau protester énergiquement à Spire en 1199 contre cette intrusion du pape dans les affaires de l'empire, en 1200 le verdict tomba, formulé dans une “Délibération sur le problème de l'empire”. Comme tout le laissait prévoir, il était favorable à Otton qui avait cédé sur les droits impériaux en Italie centrale et reconnu la suzeraineté du Saint-Siège sur l'État normand. Mais il avait plus d'alliés au-dehors que de partisans à l'intérieur de l'Allemagne; Philippe réussit à se faire réélire et couronner à Aix-la-Chapelle. Réaliste, Innocent III se tourna vers celui qui semblait l'emporter; des négociations aboutirent en mai 1208 à une solution de compromis, moyennant quelques arrangements imposant aux 2 parties des concessions pénibles mais supportables, le pape s'apprêtait à reconnaître Philippe lorsqu'un nouveau coup du sort réduisit à néant les espoirs de ceux qui attendaient la fin du conflit. Des raisons personnelles poussèrent le comte palatin de Bavière à tuer Philippe à Bamberg, le 21 juin 1208. Le pape, le couronna à Rome, le 4 novembre 1209.

Il avait épousé la fille de son rival. Mais il envahit la Sicile, l'année suivante, et le pape l'excommunia. Les gibelins, soutenus par le roi de France Philippe II Auguste, lui opposèrent alors Frédéric II de Hohenstaufen en 1211. Il tenta de résister, mais la défaite qu'il subit dans son entreprise anti-capétienne à Bouvines en 1214 entraîna l'écroulement de son parti en Allemagne et le triomphe du pape et de Frédéric qui allait par la suite, sans qu'on le soupçonnât vraiment sur le champ, devenir le plus implacable adversaire du Saint-Siège.

 

Saint François d’Assise (1182-1226)

Fils d’un riche marchand de laines d'Assise. Après une jeunesse mouvementée, il rompt avec le monde en 1206, il est rejoint par 11 compagnons, laïcs comme lui, il leur donna une première règle, très simple, inspirée de l'Évangile voués à la pauvreté évangélique. Il fonde en 1208 à Porticula, près d’Assise l’ordre religieux des franciscains*. Le développement d'un ordre mettant l'accent sur la pauvreté et la prédication populaire aura un retentissement considérable dans le christianisme et permettra de redresser certaines mentalités ecclésiastiques trop portées sur les richesses matérielles et intellectuelles. Innocent III approuva cette création, non sans hésitations, en 1210. Installés à Rivotorto, les premiers Franciscains vivaient de charité, prêchaient, soignaient les malades et les lépreux, travaillaient de leurs mains. Il s'est dessaisi de la direction de son ordre dès 1220 pour se consacrer à la prière et à la prédication.

Obsédé par le désir de convertir les musulmans, il se rendit en Égypte, où il rejoignit l'armée des croisés en 1219. Il impressionna fortement le sultan, mais échoua dans sa mission. Revenu en Italie, il dut rédiger une nouvelle Règle qui plaçait les Franciscains sous l'autorité du Saint-siège et les hiérarchisait, Règle qui fut approuvée en 1223 par le pape Honorius III. Dès lors, il mena une vie érémitique*, reçut les stigmates* en 1224 et mourut aveugle en 1226. Il fut canonisé en 1228. L'esprit franciscain représente un des grands courants de la spiritualité au Moyen Age. Ses disciples vont faire connaître sa vie sous forme de fioretti*, brins de récits qui vont faire le tour du monde. Sa légende se retrouve dans les fresques de Giotto à Assise.

 

Saint Pierre Nolasque (1182-1256)

Il naquit d'une illustre famille, à Récaud, près de Carcassonne, à la fin du 12ème siècle. Il excella, toute sa vie, dans la pratique de la charité à l'égard du prochain.

Détestant l'hérésie des Albigeois, après avoir vendu son patrimoine, et se retira en Espagne, où il était appelé par le roi Jacques d'Aragon. Il se rendit ensuite à Barcelone, et y consacra toute sa fortune au rachat des captifs enlevés sur mer par les Sarrasins.

Il fonda l'Ordre de Notre-Dame de la Merci pour la Rédemption des Captifs. Le caractère particulier de cet Ordre, c'est qu'il joignait aux 3 voeux ordinaires de Religion un 4ème voeu: celui de se livrer en gage aux païens, s'il en était besoin, pour la délivrance des chrétiens. Il mourut au milieu de la nuit de Noël, l'an 1256.

 

Jean Du Plan Carpin (1182-1252)

 

Moine franciscain italien originaire de Pérouse, cet homme s’était acquis une réputation de diplomate lors des missions qu’il a mené en Saxe, en Pologne et en Hongrie. Il fut l'ambassadeur du pape Innocent IV auprès du descendant de Gensis Khan, en Mongolie, avec mission de s'en faire un allié.

Parti de Lyon, à dos d'âne, en 1245, il s'adjoignit en route Benoîst de Pologne, un moine qui connaissait les langues slaves. Tous 2 traversèrent l'Ukraine et s'enfoncèrent en Asie, dans l'empire des Steppes immenses. Ils arrivèrent enfin à Karakorum où le Khân Guyuk les reçu sous sa tente impériale. Plan Carpin lui remit le message du pape. Guyuk, homme de bonne volonté, interrogea : "Existe-t-il à Rome des gens qui connaissent le russe et le tartare ?" Le franciscain, gêné, lui avoua qu'il ne le pensait pas. Le Tartare demanda alors à Benoîst d'ajouter une traduction en latin aux réponses qu'il leur a faites. L'ambassade s'acheva sans résultat politique bien positif.

Elle fut pourtant riche d’enseignements car l’envoyé pontifical était apparemment un fin observateur, et il consigna par écrit ses expériences de voyage. Sur ses carnets, il brossa des descriptions très précises des lieux qu’il traversait et des peuples qu’il rencontrait. Ses carnets de voyage permirent de tordre le cou aux légendes absurdes et apportèrent une véritable connaissance sur les mœurs des Mongols, leurs religions et leurs coutumes. Ses écrits furent rassemblés dans le “speculum” de Vincent de Beauvais et connurent un grand succès et une grande diffusion. Il rentra à Lyon, en 1248 et mourut en 1252

 

Rinaldo di Segni dit Alexandre IV (mort en 1261)

Pape de 1254 à 1261

Comme Innocent III et Grégoire IX il fait partie de la famille des comtes de Segni. Son oncle Grégoire IX le fait cardinal en 1227, puis cardinal évêque d'Ostie en 1231. À la mort d'Innocent IV, il est élu pape à Naples le 12 décembre 1254.

Il succède à Innocent IV en tant que garde de Conradin, le dernier descendant des Hohenstaufen, lui promettant sa protection bienveillante. Mais il conspira aussitôt contre lui et s'opposa à son oncle Manfred. Il menaça en vain Manfred d'excommunication et d'interdit. Il ne réussit pas non plus à entraîner les rois d'Angleterre et de Norvège dans une croisade contre la dynastie des Hohenstaufen.

Il est décrit comme un homme ferme, accueillant et bon mais sans être particulièrement brillant. Son pontificat est marqué par les efforts d'unification entre les églises orthodoxe et catholique, l'établissement de l'Inquisition en France, les faveurs accordés aux ordres mendiants et aux tentatives d'organiser des croisades contre les Tartares. Rome devenant trop proche du parti Gibelin, le pape se rabat à Viterbe où il meurt en 1261.

 

Jacques Pantaléon dit Urbain IV

Évêque de Verdun

Patriarche de Jérusalem

Pape de 1261 à 1264

Né dans une famille d'origine modeste il était le fils d'un pauvre cordonnier de Troyes. Archidiacre de Laon, ambassadeur du Saint Siège, évêque de Verdun puis patriarche de Jérusalem, il accède finalement au pontificat en 1261.

Il refusa de reconnaître Manfred comme roi de la Sicile. Celui-ci envahit les État pontificaux et Urbain demanda au roi de la France de l'aide lui offrant en contre partie la couronne sicilienne. Il suggéra que se soit le duc d'Anjou le frère du roi. Il institua la fête du Saint-Sacrement. Il meurt à Pérouse en 1264.

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