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Jean Sans Terre - Ubaldo Allucingoli dit Lucius III - Marie de France - Saladin -
Jean Sans Terre (1166-1216) Roi d'Angleterre de 1199 à 1216 Né au palais Beaumont, à Oxford, le 24 décembre 1166, Jean est le quatrième fils de Henri II et d'Aliénor d'Aquitaine.En 1170, son père établit le testament qui doit régler sa succession entre ses quatre fils : Henri le Jeune aura les biens paternels, Angleterre, Anjou, Maine et Normandie, Richard héritera de l'Aquitaine, Geoffroy de la Bretagne et le plus jeune, Jean, mérite son surnom de sans Terre. Henri le Jeune mourra avant d'avoir hérité et c'est Richard qui devient l'héritier principal. Âgé de dix-huit ans, son père l’envoie gouverner l’Irlande d’où il est rappelé, au bout de dix-huit mois, à cause de ses manières brutales. Ignorant tout de la situation complexe du monde celtique, il se conduit de façon méprisante et offensante. Jean réussit l’exploit d’unir contre lui les trois rois locaux pourtant ennemis mortels. Lorsque Henri II meurt en 1189, c’est Richard, l’aîné des fils, qui lui succède. Il se montre généreux envers son frère Jean. Il le nomme comte de Mortain, en Normandie, lui donne en mariage la riche héritière Isabelle de Gloucester et lui confie les revenus de plusieurs comtés. En 1193, de retour de croisade, Richard est fait prisonnier par le duc Léopold d’Autriche, avec lequel il s’était querellé durant la croisade. Jean s’empare du pouvoir en Angleterre et fait tout ce qui est possible pour retarder la libération de son frère. Quand son frère réussit à s’enfuir en 1194, Jean sans Terre se réfugie à Paris où il demeure pendant cinq ans.En 1199, Jean s'empresse de recueillir l'héritage de son aîné. Il est couronné duc de Normandie à Rouen le 26 avril et devient roi d'Angleterre le 27 mai. Mais un autre prétendant brigue le royaume anglo-normand: Arthur de Bretagne, le fils de son frère Geoffroy soutenu par Philippe Auguste, roi de France.En 1200, Jean et Philippe trouvent un accord dont Arthur va faire les frais, Philippe récupère alors le comté d'Evreux. Mais ce rapprochement ne va guère durer car Jean commet une faute irréparable : après avoir divorcé d'avec Isabelle, la fille du comte de Gloucester qu'il avait épousé en 1189, il enlève et épouse quasiment de force, Isabelle, la fille du comte d'Angoulême déjà promise à Hugues de Lusignan. Le père et l'ex-fiancé font appel à Philippe qui somme son vassal Jean de comparaître en sa cour. Comme il ne se présente pas, il est condamné par défaut et déchu de ses terres continentales. Philippe Auguste relance alors Arthur de Bretagne mais Jean va s'en emparer, l'emprisonner à Rouen et le faire assassiner en 1203. Cette fois ç'en est trop, les Bretons rallient Philippe et Jean se décide à fuir en Angleterre en abandonnant la Normandie à son sort. Les Bretons attaquent à l'ouest, s'emparent du Mont St Michel et mettent Avranches à sac. Pendant ce temps, Philippe met le siège devant Château Gaillard. Les Normands vont résister et se faire massacrer jusqu'au 6 mars 1204. La Normandie est alors un pays ouvert et les Français rejoignent les Bretons, les Normands écœurés par l'inertie de Jean se rendent sans résistance contre la promesse que leurs chartes soient respectées. Seule Rouen décide de résister à l'envahisseur mais faute de secours, elle se rend le 24 juin 1204. Cette date représente l'annexion de la Normandie comme simple province du royaume de France après trois siècles d'indépendance. Jean Sans Terre conserve l'Angleterre, les îles Anglo-normandes et l'Aquitaine. En 1205, à la mort de l’archevêque de Canterbury, le pape Innocent III consacre un théologien anglais, Étienne Langton pour succéder au défunt. Jean refuse l’entrée en Angleterre de Langton car il souhaite voir accéder à cette charge son ami John de Gray, évêque de Norwich. Le 23 mars 1208, Innocent III jette l’interdit sur le royaume, paralysant ainsi toute la vie religieuse du pays. Il excommunie le roi quelque mois plus tard. Le roi Jean riposte en confisquant les biens du clergé. Privé de service religieux, le royaume est au bord de la révolte. En mai 1213, le roi est obligé de se soumettre à une humiliante capitulation. Étienne Langton est admis comme archevêque. Jean doit payer des dédommagements au clergé et se reconnaître vassal du pape tout en acceptant de lui verser un tribut de mille marks par an soit environ un soixantième des taxes directes du royaume. Jean sans Terre était un roi redoutable, mais pas plus que l’étaient son père Henri II et son frère Richard. Par ailleurs, le roi Jean savait se montrer généreux en organisant des distributions de nourriture pour les pauvres. Il était méticuleux dans l’organisation de son emploi du temps. Il lisait le latin, le français et l’anglais, et son éducation était de loin supérieure à celle de nombreux souverains médiévaux. Il s’intéressait à la philosophie, au droit, à l’histoire et à la théologie. Il ne se séparait jamais de ses livres, même en voyage. Il meurt le 18 octobre 1216 en léguant sa couronne à son fils aîné Henri III.
Ubaldo Allucingoli dit Lucius III Evêque d'Ostie Pape de 1181 à 1185 Né à Lucques. Il trouve le soutien de Frédéric 1er en confirmant les nominations épiscopales effectuées par les antipapes opposés à Alexandre III en 1184 Il doit faire face à l'opposition de la ville de Rome, ce qui le contraint à s'installer à Vérone Lucius a promulgué une constitution pour la répression des nombreuses hérésies qui s'épanouissaient. C’est lui qui organisa l'inquisition épiscopale Il meurt à Vérone en 1185.
Poétesse, elle rassemble des nouvelles en vers provenant des vieilles traditions bretonnes, auxquelles elle donne le nom de “ Lais ”. Marie de France est la première femme écrivain française, mais on ne sait quasiment rien d'elle, si ce n'est ce qu'elle écrit elle-même dans l'épilogue de ses Fables : "Marie ai num, si sui de France" (J'ai pour nom Marie et je suis de France). Vivant probablement en Angleterre, liée à la cour d'Henri II Plantagenêt et d'Aliénor d'Aquitaine (ses Lais sont dédiés à un roi, sans doute Henri II), elle devait être originaire d'Île-de-France. Son oeuvre manifestant une grande culture, on la suppose abbesse d'un monastère (peut-être celle de Reading, demi-soeur illégitime d'Henri II). On a conservé d'elle trois oeuvres, d'inspiration assez différente.Les Lais ou Contes (v. 1160-1175) sont un recueil de douze courts récits en octosyllabes à rimes plates, de dimensions variables (des 118 vers du Chèvrefeuille aux 1184 vers d'Eliaduc) qui sont aux romans bretons ce que les nouvelles seront plus tard aux romans. Marie dit avoir écrit et "assemblés" ses textes à partir de "lais bretons". Un seul de ces lais est à proprement parler arthurien, le Lai de Lanval. L'amour, le plus souvent en marge de la société (neuf des douze lais racontent des amours adultérines), est le sujet principal du recueil : le plus court mais peut-être le plus beau de ces textes, le Lai du chèvrefeuille, se rapporte ainsi à l'histoire de Tristan et Iseut. Plusieurs lais font intervenir le merveilleux, mais tous ont néanmoins le monde réel pour toile de fond. Marie de France, avec un grand talent de conteur, ajoute une tonalité courtoise et poétique à la magie de la matière de Bretagne. Une discrète émotion se dégage de récits où l'auteur privilégie la pitié et la compassion pour ses personnages. Son style est d'une grande économie de moyens, caractérisé par la sobriété dans la composition du récit, un art très sûr de la mise en scène et l'efficacité d'une langue simple et limpide. Outre les Lais, Marie de France est aussi l'auteur d'un recueil de Fables (entre 1167 et 1189) qui est la première adaptation en français des fables ésopiques connue, et L'espurgatoire de saint Patrice, qui propose une évocation détaillée des souffrances du Purgatoire, et s'inscrit dans la tradition des voyages vers l'Au-delà.
Maître de l'Égypte et de la Syrie, le sultan Saladin remporte une grande victoire sur les chrétiens de Palestine le 3 juillet 1187, au pied des collines de Hattîn, près du lac de Tibériade. Côté chrétien, l'incompétence du roi de Jérusalem, Guy de Lusignan, et la trahison de Gérard de Ridefort, grand maître de l'ordre du Temple, sont à l'origine du désastre.Guy de Lusignan n'en deviendra pas moins seigneur de Chypre, plus tard, grâce à la bienveillance de Richard Cœur de Lion. Seul, le comte Raimon de Tripoli réussit à s'enfuir avec sa petite troupe. C'est le descendant du comte Raimon IV de Toulouse qui commanda la première Croisade aux côtés de Godefroy de Bouillon.Le sultan enlève aux chrétiens la relique de la Vraie Croix. Il se comporte avec une certaine magnanimité vis-à-vis des prisonniers. Il fait seulement exécuter les 300 moines soldats du Temple et de l'ordre des Hospitaliers. Du jour au lendemain, les États francs de Palestine perdent presque toute leur chevalerie. Ces principautés féodales calquées sur le modèle européen ont été créées par les premiers Croisés près d'un siècle plus tôt. Elles sont désormais menacées de ruine. Le sultan vainqueur fait le siège de Jérusalem dès le 20 septembre. Privée de défenseurs, la Ville sainte ne tarde pas à se rendre. Saladin peut y entrer en triomphateur, en s'abstenant de tout massacre inutile.Selon les mœurs du temps, il libère les plus riches habitants contre une rançon appréciable. Il libère aussi 7.000 pauvres contre une rançon collective de 30.000 que paient d'assez mauvais gré les ordres des Templiers et des Hospitaliers. Enfin, 11.000 à 16.000 jeunes gens sont envoyés en esclavage. La chute de Jérusalem moins d'un siècle après sa conquête par les Croisés fait l'effet d'une bombe en Occident. Les Francs de Palestine font appel à une troisième Croisade pour les secourir. Le roi de France Philippe Auguste et le roi d'Angleterre Richard 1er, qui vient d'être couronné, débarquent à leur rescousse mais le cœur n'y est plus. Les dissensions et la malchance planent sur le camp des Croisés.Le plus puissant des Croisés, l'empereur d'Allemagne Frédéric Barberousse, n'atteint pas le terme de son voyage. Il est emporté par un torrent en Anatolie.Le roi d'Angleterre remporte quelques succès avec la prise d'Acre. Il y gagne le surnom de Cœur de Lion. Il se signale aussi par un acte de barbarie: le massacre de 2700 prisonniers. Mais le départ précipité de Philippe Auguste et les menaces qui pèsent sur sa couronne d'Angleterre obligent Richard à conclure une trêve avec Saladin. Des deux côtés, on loue la bravoure et les convictions de l'adversaire. Richard envisage un moment de donner sa sœur Jeanne en mariage au frère de Saladin pour qu'ensemble, dans la tolérance, ils gouvernent la Terre sainte! Ce projet utopique avortera dans l'œuf. Les Francs renoncent à la Ville sainte. Mais ils gardent un droit d'accès au tombeau du Christ, le Saint-Sépulcre. Ils restent maîtres de quelques ports (on dit aussi échelles ou escales) sur la côte palestinienne pour quelques décennies encore. Les dernières possessions franques tomberont en 1291, deux siècles après les premiers appels à la Croisade.
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