Abbé Suger - Louis VI le Gros dit le batailleur ou le justicier - Pierre de Montboissier dit Pierre le Vénérable - Bernard de Tremelay - Zengi d'Imad dit Zangi ou Zengui - Jean II Comnème -

 

 

Abbé Suger (1081-1151)

Moine et homme politique

Dès 1091, Suger est placé par son père à l’abbaye de Saint-Denis. C’est là peut-être qu’il rencontre le prince Louis,  fils du roi de France, Philippe 1er. C’est lorsque le prince accède au trône et devient Louis VI, que la carrière de Suger prend une dimension autant religieuse que politique. Le roi l’envoie saluer le pape Gélase II, puis auprès de Calixte II. Il participa au concile du Latran qui se tint en 1123. Alors qu’il n’est pas encore prêtre, il fut élu, le 12 mars 1122, abbé de Saint-Denis. Quelques années plus tard, Bernard de Clairvaux l’accusa de négliger cette abbaye. C’est que, pendant 5 ans, il n’a pas cessé de s’occuper des affaires du roi. C’est lui qui poussera le roi Louis VI à associer immédiatement au trône son fils cadet Louis, après le décès accidentel de son aîné, afin que la continuité de la dynastie capétienne soit maintenue.

Lorsqu’en 1127, il prend en main les réformes de son abbaye, celles-ci concernent tous les domaines y compris l’architecture puisque à partir de 1130, il fait reconstruire la basilique et impose des verrières qui donnent aux fidèles l’image de Dieu par la présence de la lumière. A la mort de Louis VI, il devient le conseiller de Louis VII dont il  prépara le mariage avec Aliénor d’Aquitaine. C’est à lui que le roi confia la régence du royaume, lorsqu’il part en croisade en 1146. Il tentera de s'opposer au renvoi d'Aliénor d'Aquitaine, dont il prévoyait les conséquences désastreuses.

Aux textes historiques et aux documents dont il enrichit les bibliothèques qui dépendent de son abbaye, Suger ajouta ses propres textes puisqu’il écrit une Vie de Louis VI le Gros entre 1137 et 1144 et raconta ce que fut la vie de son abbaye sous son administration dans le  “Liber de rebus in administratione sua gestis”. En outre, il rapporta quelles furent ses exigences dans la construction de l’abbaye dans “De Consecratione ecclesiae santi Dionissii”.

 

Louis VI le Gros dit le batailleur ou le justicier (1081-1137)

Roi de France (1108-1137)

Fils de Philippe 1er et de Berthe de Hollande, il est connu sous le sobriquet de “le Gros” en raison de l’obésité maladive qu’il tient de ses parents. Cette obésité et sa taille de géant ne l’empêchent cependant pas d’être d’une activité débordante. A la chasse comme à la guerre, il déploie une énergie qui le fait appeler par son entourage “Louis qui ne dort”. Il est dans la force de l’âge quand il se fait sacrer roi à Orléans le 3 août 1108 par l’archevêque de Sens. Depuis 7 ou 8 ans, il exerçait déjà auprès de son père une régence de fait. Sans être un très grand politique, il croit sincèrement en sa mission de protection et de justice envers ses sujets. Ainsi, il encourage les mouvements communaux, associations professionnelles, sociales ou religieuses. Dès 1110, il octroie aux habitants des villes divers avantages fiscaux et le droit de s’administrer sous la direction d’un maire. De même, il passe une grande partie de son règne à lutter contre les innombrables petits  hobereaux  qui vivent de brigandages, pressurent les serfs, rançonnent les monastères. Contre les tyrans locaux, il doit recommencer presque chaque année des expéditions dont il prend la tête. Non seulement il apparaît comme un justicier qui paye de sa personne, mais il agrandit le domaine royal, par des confiscations ou des achats de terres, Corbeil, Montlhéry, Mantes. Hors du domaine royale, les interventions du roi sont plus rares et difficiles.

La plupart des grands feudataires du royaume, ducs de Normandie, de Bretagne, de Bourgogne, comtes d’Anjou ou de Champagne, se considèrent comme pratiquement indépendants sur leurs territoires. De 1109-1135 se sera la guerre de Gisors, occupée illégalement par Henri 1er, duc de Normandie. En 1111 il mènera la conquête du Puiset contre un vassal révolté, de 1114 à 1130 il entreprendra la guerre contre le seigneur Thomas de Coucy. A Reims, après avoir réuni des forces considérables, il fait reculer l’empereur d’Allemagne, qui menaçait d’envahir le royaume en 1124. Puis il se porte au secours de l’évêque de Clermont et force le comte d’Auvergne à capituler en 1126. En Flandres en 1128, il intervient sans succès dans une affaire de succession. A l’ouest, il combat à de nombreuses reprises le duc de Normandie et roi d’Angleterre, avec des fortunes diverses, jusqu’à la grave défaite de Brémule le 20 août 1119. Néanmoins, malgré ces revers, le bilan du règne de Louis VI est plutôt positif. Il a restauré le prestige monarchique, remis de l’ordre dans son domaine, encouragé l’émancipation des villes, favorisé l’essor commercial, suscité le renouveau intellectuel et artistique, consolidé ses relations avec le clergé. Pour accomplir cette tâche, le roi a su s’entourer de bons conseillers, dont Suger, abbé de Saint-Denis, est l’un des plus brillants. Il meurt le 1er août 1137, malade par un excès de bonne chère, au château royal de Béthisy-Saint-Pierre.
 

 

Pierre de Montboissier dit Pierre le Vénérable

 

Considéré à juste titre comme le dernier des "grands abbés" de Cluny, il succède à Pons de Melgueil, abbé schismatique déposé par le pape Calixte II lui même moine de Cluny, après 13 années d'un abbatiat qui, s'il avait bien commencé, dégénéra dans le tumulte et un faste que ne saura supporter davantage la communauté de ses moines. Exilé à Jérusalem pour y faire pénitence, il en reviendra pour tenter de reprendre par la force son siège abbatial. Finalement excommunié il décédera en 1126 dans sa prison romaine et, beaucoup plus tard sa dépouille sera ramenée à Cluny où son tombeau le représentera les pieds liés, une main coupée et sa crosse brisée.

A l'avènement de Pierre le Vénérable, la société était entrée dans une ère nouvelle, structurelle, politique, économique. Cette mutation, annonciatrice du déclin de la société féodale dont Cluny est issu, ne touchera réellement la grande institution que 3 siècles plus tard. Cependant, des difficultés sérieuses apparaissent. Parmi elles, l'économie domaniale autarcique fondée sur l'exploitation en faire-valoir direct, prémices du phalanstère et du kolkhoze, jusqu'alors pratiquée et seule monnaie d'échange n'a plus court. Dans l'économie monétaire qui lui succède, l'ordre s'endette faute de la maîtriser. La fréquentation de l'école monastique chère à la vocation et à la tradition bénédictine se déplace, quant à elle, vers l'école cathédrale et ses écolâtres de renom. D'autres ordres monastiques se créent et s'affirment : Cîteaux sous l'impulsion d'un Bernard de Fontaine, abbé de Clairvaux et futur saint Bernard, viendra contredire et concurrencer Cluny, la Grande Chartreuse fondée par Saint Bruno appellera au désert les plus mystiques, Prémontré fondé par Saint Norbert attirera à lui d'autres vocations, régulières et séculières à la fois, Fontevrault fondé par Robert d'Arbrissel, détourna de Marcigny ses moniales. Cluny n'est plus seul ! A cela, il faut ajouter le désir d'autonomie des grands monastères anglais et allemands jusqu'alors affiliés à l'ordre.

 

Bernard de Tremelay

Grand maître des templiers de Juin 1151 au 16 Août 1153)

 

Il est né au château de Dramelay aux environs de Saint-Claude. Il fut précepteur du Temple de Falletans, près de Dôle en Franche-Comté. Il fut élu en 1151 à la succession d'Évrard des Barres, après qu'un certain Hugues ait assuré l'intérim, le temps, sans doute, que le précédent Grand Maître confirme sa démission. Baudouin III offre à l'Ordre la citadelle en ruines de Gaza. Ces religieux guerriers, achevèrent de fortifier cette ville en élevant des tours et de nouveaux retranchements, et ils en firent une place d'armes imprenable, d'où ils réprimèrent les courses de la garnison d'Ascalon et forcèrent enfin les Sarrasins à se renfermer dans leurs murailles. Il fut tué au combat avec tous ses chevaliers lors du siège d'Ascalon le 16 août 1153.

 

Zengi d'Imad dit Zangi ou Zengui (1087-1146)

 

Il était le fils d'Al-Hajib d'Aksungur, gouverneur d'Alep sous le Shah Malik. Il s'illustra dans la Contre Croisade et tenta d'unifier la Syrie du nord ainsi que la région de Mossoul. Son oeuvre fut poursuivie par son fils, Nour ad-Din, adversaire redoutable du royaume chrétien de Palestine. Mais lorsque Nour ad-Din mourut en 1171, il ne laissait qu'un fils de 11 ans, Ismaïl. Ce fut un officier kurde servant sous ses ordres, Salah ad-Din dit Saladin, qui lui succéda en même temps qu'il devenait sultan d'Egypte.

 

Jean II Comnène dit Jean le Beau (1088 - 1143)

Empereur de 1118 à 1143. 

Connu sous le nom de Jean le beau, il était le fils le plus âgé de l'empereur Alexis. Il a consacré son règne à reconstituer l'empire byzantin. Ses divers succès contre la Serbie et les Turcs ont permis de renforcer son autorité. Il a par ailleurs tenté d'établir la suzeraineté byzantine sur Antioche et Édesse. Il permis donc un bref répit à la désintégration de l'empire. Il a été accidentellement empoisonné par une de ces flèches pendant une chasse au sanglier le 8avril 1143.

 

retour page d'accueil

Voir page suivante