Bretislav 1er Premysl dit le Guerrier - Pietro Orseolo dit Pierre de Hongrie - Godefroi II d'Ardennes dit le Barbu - Berthe de Hollande ou Berthe de Frise - Étienne 1er de Hongrie ou Saint Étienne 1er de Hongrie - Agnès de Poitou ou Agnès d'Aquitaine -

 

 

Bretislav 1er Premysl dit le Guerrier (vers1002-1055)

Duc de Bohême de 1034 à 1055

 

Fils du duc Ulrich de Bohême d'une fille de paysan nommée Bozena dont s'était épris son père, maître de la Moravie depuis 1029. Il devient duc en 1034. Son premier soin est d'aller jurer fidélité à Conrad II lors de la cour tenue à Bamberg le 18 mai 1035.

Le jeune duc bien qu'ayant reçu l'investiture impériale et aidé l'empereur lors de sa guerre contre les Luitices nourrissait de vastes ambitions. Il mit à profit l'anarchie qui sévissait en Pologne depuis la fin du règne de Mieszko II Lambert en 1034.

Ses troupes envahirent rapidement la Silésie et Cracovie à l'automne 1038. Poznan puis Gniezno la capitale tombèrent en son pouvoir.

L’évêque de Prague sollicitait du pape Benoît IX le pallium archiépiscopal gage d'émancipation religieuse à l'égard de l'Allemagne et pour préparer son indépendance politique Bretislav 1er négociait une alliance avec le nouveau roi Pierre de Hongrie Orseolo.

L’empereur Henri III qui venait de succéder à son père Conrad II s’ému de cette situation. En août 1040 remettant son couronnement impérial à plus tard il réunit une armée et essaie de forcer le passage de la Forêt de Bohême mais l'armée tchèque le battit aux portes du pays près de Domazlice. Après cette malencontreuse entreprise qui coûta aux allemands beaucoup de morts il fut obligé de battre en retraite. En 1041 il prépare son offensive avec plus de soin et parvient le 8 septembre devant Prague. Il obtient la capitulation de Bretislav 1er qui doit promettre en outre de payer 8 000 marks d'argent, de restituer les prisonniers tombés en son pouvoir et de démolir les fortifications de la Forêt de Bohême. Quelques jours plus tard il parait devant Henri III à Rastibonne. Il renonce à la Pologne où Casimir 1er le Restaurateur fils de Mieszko II Lambert rentre à peu près au même moment et il reçoit en fief le duché qu'il avait rêvé de transformer en royaume indépendant 22 octobre 1041.

Jusqu'à sa mort le 10 janvier 1055 le duc Brestislav s'est montré le plus fidèle des vassaux.

 

Pietro Orseolo dit Pierre de Hongrie

roi de Hongrie de 1038 à 1041 et de 1044 à 1046

 

Fils d'une sœur d'Étienne et du doge de Venise Ottone Orseolo. Il doit quitter cette ville quand son père en fut chassé par Conrad II en 1026 pour avoir favorisé son frère contre un patriarche allemand en menant campagne en Croatie. Il se réfugie chez son oncle Étienne, en Hongrie. A la mort en 1031 d'Emeric, dernier fils d'Étienne, Pierre fut désigné officiellement comme héritier du trône hongrois par le roi. Il est ainsi préféré à un autre neveu, Pierre Deljan, futur tsar des Bulgares, mais aussi à Samuel Aba, beau-frère d'Étienne, ou Vazul, un cousin germain

Il succéda à son oncle Étienne 1er en 1038 avec l'accord du pape Benoît IX. Détrôné une première fois par Samuel Aba en 1041, il se réfugie en Allemagne et ce sera le début d'une guerre civile de 20 ans.

Il est rétabli sur le trône par les troupes de Henri III, après la défaite et la mort de Samuel Aba en 1044. Il se déclare même, par 2 fois, vassal de l'Empereur. En 1045, la reine Gisèle préfère s'enfuir et regagner sa Bavière natale. Il fait cruellement réprimer deux conspirations. Pierre est à nouveau chassé du pouvoir, en 1046, par les fils de Vazul. L'un d'eux, André 1er, lui succèdera.

 

Godefroi II d'Ardennes dit le Barbu (997-1069)

Duc de Haute Lotharingie et de Basse Lotharingie

Margrave d'Anvers et comte de Verdun

 

En 1044, à la mort de son père Gothelon 1er, il ne fut qu'investi dans la Haute Lotharingie et l'empereur Henri III le Noir voulait donner le duché de Basse Lotharingie à Gothelon II. Godefroi se révolta contre l’empereur et ravagea la Basse Lotharingie. En 1045, il doit se soumettre et fut jeté avec son fils en prison. Quand son fils meurt en prison, il recommença la guerre, ralliant à son parti Baudouin V, comte de Flandre.

Thierri, évêque de Verdun, ayant obtenu entre-temps le comté de Verdun, Godefroi l'attaqua par surprise, mit l'évêque en fuite, saccagea Verdun et brûla la cathédrale.

En 1048, Adalbert d'Alsace, le force à livrer bataille, il le défait et le tue. Le neveu d’Adalbert, Gérard III de Nordgau, âgé de 10 ans, est investi du duché de Haute Lotharingie par la Diète de Worms en 1048. Malgré les efforts de Godefroi pour lui enlever la Mosellane, le jeune Gérard lui tint tête et le força à renoncer à ses prétentions. Résigné, Godefroi se réconcilia avec l’évêque et participa à la reconstruction de la cathédrale de Verdun.

Veuf de Dode, sa première épouse, il se remaria en 1053 avec Béatrice de Bar, fille de Frédéric II, duc de Haute Lotharingie, et veuve de Boniface, marquis de Toscane.

L’année suivante, l’empereur Henri III fit arrêter Béatrice et son jeune fils Frédéric, sous prétexte que le mariage s’était fait sans son consentement. Il emmena Béatrice en Allemagne et la sépara de son fils, qui mourut bientôt de maladie.

En 1055, il vient assiégé Frédéric de Luxembourg, allié de l’Empereur, bénéficiaire de la spoliation de la Basse Lotharingie et d’Anvers. Mais Frédéric fut délivré par les Lotharingiens, accourus à son secours et Godefroi fut forcé de se rendre. En 1056, l’empereur Henri III meurt, et son fils Henri IV âgé de 6 ans lui succéda. Baudoin jure fidélité au roi allemand et en 1059, par un traité de paix conclu à Andernach, il obtient des terres au Brabant, mais perd la marche de Valenciennes.

Godefroi s’exile alors dans le duché de Toscane, qu’il administre conjointement avec Béatrice. En 1065, Frédéric de Luxembourg meurt, l’empereur Henri IV rappelle alors Godefroi de Toscane et le rétablit dans le duché de la Basse Lotharingie et la marche d’Anvers. Godefroi installe sa cour à Bouillon, où il meurt la nuit de Noël 1069.

 

Berthe de Hollande ou Berthe de Frise (vers 1058-1093)

Reine de France

 

Son père mort en 1061, sa mère se remarie avec Robert, fils cadet de Baudouin V, comte de Flandre, qui assure la tutelle de ses beaux-enfants et la régence de la Frise occidentale. En 1071, Thierry V, le frère aîné de Berthe, devient majeur et gouverne la Frise, en prenant le titre de comte de Hollande.

Depuis la mort, survenue en 1070, de Baudouin VI de Flandre, le frère aîné de Robert, sa veuve Richilde de Hainaut suscite le mécontentement des Flamands. Robert le Frison prend la tête de la révolte, bat Richilde et son fils, le comte Arnoul III, et s'empare de Lille. Richilde demande assistance au roi de France, Philippe Ier, qui vient à la tête d'une armée. Le 22 février 1071, Robert bat Philippe à Bavinckhove, près du mont Cassel.

Pour sa première action militaire, le roi Philippe est vaincu par un vassal révolté. Les troupes royales n'ont guère montré de qualités militaires, il ne reste qu'à sauver par une habile négociation la dynastie. Reconnaissant Robert le Frison comme comte de Flandre, les conseillers du jeune Philippe 1er imposèrent la paix, scellée par son mariage avec Berthe. Le mariage est célébré en 1072

En 1090, lassé de sa femme et de la tutelle larvée née de sa défaite et de son mariage, Philippe la fait enfermer au château de Montreuil-sur-Mer, qui constitue l'essentiel de sa dot, puis, comme il prévoit de se remarier, la répudie en 1092 au motif d'une consanguinité. Berthe s'éteint à Montreuil le 30 juillet 1093, probablement de chagrin.

 

Étienne 1er de Hongrie ou Saint Étienne 1er de Hongrie (vers 969-1038)

Premier roi de Hongrie de 1001 à 1038

 

Fils de Géza, duc des Magyars, il fut baptisé en 985 en même temps que son père, auquel il succéda en 997. Il épouse la fille du duc Henri II de Bavière, Gisèle, également considérée comme sainte, fin 995 ou début 996, puis devint duc des Magyars à la mort de son père en 997.

Après avoir maté une révolte de l’aristocratie magyare païenne conduite par le chef Koppany en 998, il fut sacré roi de Hongrie le jour de Noël de l'an 1000 avec une couronne envoyée par le pape Sylvestre II et avec le consentement de l’empereur germanique Otton III.

Étienne défend l’indépendance de la Hongrie contre les Bulgares voisins et l’empereur germanique Conrad II le Salique et se déclare vassal du Saint-Siège.

Il s’employa à la christianisation de la Hongrie en appelant des missionnaires étrangers et en modelant son gouvernement sur l’exemple franc.

Il crée des archevêchés, Kalocsa et Esztergóm et 8 évêchés. Il abolit le système tribal de son peuple et transforme les territoires des clans en comtés, basés autour d’une place forte et ayant à leur tête un ispan. Les deux tiers de la population et des terres dépendent ainsi directement du roi, qui fait de grandes donations aux églises et aux monastères. Le roi et sa cour se déplacent dans les résidences royales, en particulier les forteresses d’Esztergom* et Székesfehérvár*. Il gouverna avec l’aide d’un Conseil, composé entre autres de l’archevêque d’Esztergom et du palatin.

Á la mort de son fils et unique héritier Émeric en1031, il fait crever les yeux et plomber les oreilles de son cousin Vazul, prince aîné de la dynastie arpadienne, et exiler ses fils en Pologne pour les évincer de la succession. Il désigna comme héritier Pierre, le fils vénitien de sa sœur.

Il meurt le 15 août 1038. La Hongrie connaît alors un demi-siècle de troubles provoqués par la lutte pour le pouvoir, les différents prétendants au trône faisant appel aux empereurs byzantins ou aux empereurs germaniques. Pierre Orseolo, fils du doge de Venise, dispute le trône à son cousin Samuel Aba, fils d’un prince bulgare.

Bien que son œuvre ait été en partie détruite par ses successeurs, il est le fondateur de l’Etat hongrois et des traditions chrétiennes de la Hongrie. Il fut canonisé en 1083 avec son fils Saint Emeric

 

Agnès de Poitou ou Agnès d'Aquitaine (vers 1025-1077)

 

Fille de Guillaume V de Poitiers, duc d'Aquitaine et de sa 3ème épouse, Agnès de Bourgogne. Elle fut couronnée reine à Mayence en 1043 et, en novembre de la même année, elle épousa à Ingelheim Henri III dit Henri III le Noir, empereur germanique. Tous deux furent couronnés empereur et impératrice le 25 décembre 1046 à Rome. On peut penser qu’Agnès encouragea Henri dans sa conception religieuse de l’autorité, qu’elle soutint et même inspira son action dans sa politique de réforme religieuse.

Devenue veuve en 1056, elle assuma la régence du Saint Empire romain germanique jusqu'à la majorité de son fils Henri IV le Grand en 1062. Elle essaya bien au début de continuer la politique de son mari en s’appuyant surtout sur Hugues de Cluny et le pape Victor II. Ce dernier, en tant qu’évêque d'Eichstätt et administrateur de l’Empire, faisait tout ce qu’il pouvait pour maintenir le pouvoir des Franconiens, issu de Conrad le Salique. Mais elle se heurta à des résistances considérables dans l'Empire, particulièrement en Saxe

Pourtant, le pouvoir dans l’Empire échappait de plus en plus aux mains de la maison salienne, puisqu’Agnès n’avait pas encore réussi à s’imposer politiquement. Dans l’Empire, biens et droits passaient des mains de la noblesse dans celles de l’Église impériale, ce qui affaiblissait le pouvoir des Brunonen et des Billunger et créait de sérieux problèmes en Saxe.

L'impératrice était bien forcée d’agir. Comme son autorité n'était pas aussi grande que celle d’Henri III, elle commença bientôt à s'attacher les nobles en leur concédant en fiefs des duchés, ce qui n'était pas possible sans leur accorder des droits seigneuriaux directs.

En 1061 les difficultés de la politique extérieure, entre autres le différend avec la Hongrie, contraignirent l'impératrice à se dessaisir aussi de la Bavière, qui était le dernier duché relevant encore directement de la maison royale et le plus important de l'Allemagne du Sud. Elle nomma duc le comte saxon Otto von Northeim, chef de guerre expérimenté. C’est à lui qu’incomberait désormais la défense du sud-est de l'Empire.

La même année, après la mort du pape Nicolas II et contrairement à la coutume, le Sacré Collège ne fit pas confirmer l'élection d'Alexandre II par le Saint Empire. L'aristocratie de Rome contesta l'élection et fit appel à Agnès, qui fit élire à Bâle l'antipape Honorius II. Le schisme dura peu, puisque Honorius fut désavoué par tous en 1064, mais encouragea la papauté dans sa réforme, ce qui conduira à la Querelle des Investitures.

Pendant la régence, les grands féodaux et les grands évêques du royaume d'Allemagne se révoltèrent et vont jusqu'à enlever en 1062 son fils Henri, roi des Romains. Après un voyage en France, elle se retira dans un couvent en Italie, d’où on l'appela en 1072 pour réconcilier le duc de Souabe Rodolphe de Rheinfelden avec son fils. Après avoir évité la guerre civile, elle se retira à nouveau et meurt à Rome.

Femme érudite, elle fit traduire les ouvrages de Constantin l'Africain, moine médecin de l'abbaye du Mont Cassin.

Bien que femme, elle a dirigé l'un des plus grands empires européens, pendant presque 10 ans, mais sa régence a été une période de réformes ecclésiastiques et l'occasion pour le trône de Saint-Pierre de commencer à s’émanciper de la monarchie germanique, émancipation dans laquelle elle joua un rôle.

 

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