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Gisèle - Mathilda van Vlaanderen dite Mathilde de Flandre - Szent István dit Saint Étienne 1er de Hongrie - Boleslav II le Pieux - Robert 1er de Normandie dit Robert le Libéral ou Robert le Magnifique - Henri II dit le Saint - Roger dit Borsa -
Gisèle (vers 985-1060) Reine de Hongrie
Fille du duc de Bavière Henri le Querelleur et d’une princesse de Bourgogne, elle fut l'épouse d'Etienne 1er et la première reine de Hongrie. Elle reçoit une éducation chrétienne très poussée, notamment de la part de l'évêque Wolfgang de Ratisbonne, confesseur et conseiller de la cour ducale. Toute son enfance, elle voit son père en conflit presque constant avec la Hongrie. En août 995, son père meurt, laissant la Bavière à son fils aîné, le futur empereur Henri II. Gisèle est aussitôt fiancée à l'héritier de la Hongrie. Elle a alors une dizaine d'années. Souhaité autant par la cour allemande d'Otton III que par Géza de Hongrie, l'union qui eut lieu au château de Wittelsbach à la fin de 995 ou au début de 996 ne se fit pas sans concessions. Les Hongrois cédaient le sud-ouest de la Moravie et le bassin de Vienne. De plus, ils acceptaient une évangélisation accrue du pays. En échange, la Bavière promettait la paix, durant 9 siècles, la frontière demeura presque stable sur la Morava et la Leitha. Une suite nombreuse accompagna Gisèle au pays de son époux et beaucoup étaient des religieux. Veuve en 1038, elle vit bientôt Pierre, neveu et successeur de son époux, renier ses engagements vis à vis de lui et tyranniser les habitants, elle comprise. D'abord dépouillée de ses biens, elle finit par abandonner son pays d'adoption en 1045 pour regagner sa Bavière natale. Elle se retira au monastère de Niedernburg, à Passau, y prit le voile et y mourut vers 1060. Son tombeau se trouve à Passau, en Bavière.
Mathilda van Vlaanderen dite Mathilde de Flandre (vers 1031-1083) Duchesse de Normandie et reine d'Angleterre
Fille de Baudouin V dit Baudouin de Lille, comte de Flandre, et d'Adèle de France, comtesse de Corbie. Petite-fille du roi de France Robert II. En 1050 elle épouse le duc de Normandie Guillaume le Bâtard, fils illégitime de Robert 1er , dit Robert le Diable, duc de Normandie, et d'Arlette de Falaise. Le mariage à lieu à Rouen, la capitale du duché de Normandie. Les négociations pour leur mariage avaient débuté probablement depuis 1048, mais en 1049, le pape Léon IX le prohibe sur des bases inconnues. Toutefois, les futurs époux outrepassent l'interdiction. En 1059, le pape Nicolas II valide rétrospectivement ce mariage à condition que les 2 époux fondent chacun une abbaye. Mathilde fonde alors l'abbaye aux Dames de Caen, dédiée à la Sainte Trinité. Son église abbatiale est dédicacée le 18 juin 1066. La fondation de l'église Notre-Dame du Pré de Quevilly lui est aussi attribuée. Elle a apparemment des relations cordiales avec tous ses enfants, et elle est notamment très proche de son aîné Robert. Elle est particulièrement peinée quand celui-ci se dispute avec son père et qu'il s'exile en France. Elle a l'habitude de lui envoyer de l'argent et de l'or aux dépens de son mari, mais quand celui-ci découvre le pot au rose, il menace de sévices le messager breton qu'elle utilise. Sur le plan politique, elle est régente du duché pendant la conquête normande de l'Angleterre, probablement avec son fils Robert. Roger II de Montgommery et Roger de Beaumont sont parfois ses conseillers. Elle contribue à la flotte d'invasion en donnant un bateau nommé Mora, que l'on peut d'ailleurs voir sur la Tapisserie de Bayeux. À la Pentecôte 1068, elle est en Angleterre où elle se fait couronner reine à Westminster. Elle continue à s'occuper de la régence de la Normandie durant les années 1070 et 1080. Dans son entourage on trouve l'évêque Guy d'Amiens, et elle entretient une correspondance avec le pape réformateur Grégoire VII, qui l'encourage à user de son influence sur son mari. La conquête de l'Angleterre lui apporte de nombreuses terres et fait d'elle une riche propriétaire terrienne avec des propriétés dans 8 comtés. Elle ne possédait auparavant qu'un maigre douaire dans le Pays de Caux, Bures-en-Bray, Maintru, et Osmoy-Saint-Valery. Elle utilise ses nouvelles ressources financières pour faire divers dons à des maisons religieuses, notamment aux abbayes de Saint-Évroult, Corneille, Cluny et bien sûr de la Sainte Trinité de Caen. Elle tombe malade à la fin de l'été 1083 et meurt le 2 novembre. Selon sa volonté, elle est inhumée dans l'église de la Sainte Trinité de Caen. Elle laisse toutes ses terres anglaises et son argent à son benjamin Henri. Sa couronne et son sceptre vont aux nonnes de la Sainte Trinité.
Duc de Bohême de 967 à 999
Afin de poursuivre la politique religieuse de son père Boleslav 1er de Bohême, il sollicite du Saint-Siège l'institution d'un évêché en Bohême. L'empereur Otton II du Saint Empire ne peut s'opposer à cette requête et la diète de Quedlinburg en mars 973 entérine la création d'un siège épiscopal en Bohême. Après la mort de l'empereur, Boleslav II se range au côté du duc Henri II le Querelleur de Bavière et immobilise les troupes impériales jusqu'en 976. À la mort de son premier évêque titulaire, le saxon Thietmar, consacré fin 975 ou début 976, l'évêché de Prague échoit en 983 au tchèque Vojtěch baptisé sous le nom d'Adalbert. Ce nouvel évêque est le fils du duc Slavnik mort le 18 mars 981 et le frère de Sobeslav Slavnik, chef de cette puissante famille qui contrôlait la région de Libice à l'est de Prague. Avec l'aide de Boleslav II, Adalbert fonde le monastère de Břevnov, la seconde abbaye bénédictine du pays. Boleslav II s'empare de Meissen mais il doit céder à la puissance polonaise naissante la Silésie et Cracovie vers 989 999. Le duc slavnikide Sobeslav lui refuse son aide pour la reconquête des provinces perdues. Devant ce désaccord Adalbert quitte Prague avec l'intention de se rendre à Jérusalem. L'abbé du Mont-Cassin l'en dissuade et Adalbert entre en fin de compte à l'abbaye Saint Alexis Saintt Boniface à Rome sur l'Aventin. Boleslav II qui avait attaqué seul les Polonais fut battu et il dut se réconcilier avec ses vassaux slavnik et rendre l'évêché à Adalbert en 992. L'entente dura peu et en 995 Adalbert quitta de nouveau Prague où il est remplacé par l'intrus Zbralcynaz de 995 à 997. Adalbert mourut en Prusse en évangélisant les Borusses païens le 23 avril 997, il fut enterré à Gniezno et canonisé dès 999. L'évêché de Prague fut alors occupé par le moine germanique Thiddag de 998 à 1017 provenant de l'abbaye de Corvey. Craignant que la défection des Slavnik entraîne la perte de la Moravie et de la Slovaquie, il décida de se débarrasser des membres de cette famille. Profitant d'une campagne en Germanie contre les Obodrites du duc Sobeslav et de son armée, il attaqua le 28 septembre 995 Libice leur fief et massacra ses habitants dont les 4 fils du duc Sobeslav prit la fuite et se réfugia alors auprès de Boleslas 1er de Pologne. La mort de Boleslav II le 7 février 999 provoqua rapidement des troubles entre ses héritiers.
Robert 1er de Normandie dit Robert le Libéral ou Robert le Magnifique (vers 1010-1035) Duc de Normandie de 1027 à 1035
Second fils du duc Richard II de Normandie. À la mort de ce dernier en 1026, ce fut son fils aîné Richard III qui naturellement lui succéda tandis que Robert se voyait confier le comté d'Hiémois. Dans la même année ou la suivante, le cadet se révolta contre le duc. L'armée ducale se présenta alors devant Falaise où s'était retranché le rebelle. Il capitula et se soumit à son frère. Mais en 1027 Richard III mourut empoisonné. Aussitôt, Robert écarta de la succession le fils bâtard du défunt, Nicolas, et monta lui-même sur le trône. Il montra rapidement qu'il entendait tenir la Normandie d'une main de fer. Vers 1027/1028, Guillaume 1er de Bellême, un seigneur des confins méridionaux de la Normandie, se révolta. Le duc vint l'assiéger dans Alençon. Le rebelle fut contraint à la reddition mais Robert le Magnifique lui imposa une pesante humiliation, il l'obligea à se présenter devant lui avec une selle de cheval sur les épaules. Dans les débuts de son principat, il apprit que l'évêque Hugues de Bayeux recrutait des soldats en France pour renforcer la défense de son château d'Ivry. Furieux d'être tenu à l'écart du conseil ducal, il comptait faire de la forteresse normande un pôle de résistance au duc. Robert réagit rapidement, il se présenta devant Ivry avant même que Hugues ne soit revenu de France. L'évêque dut négocier son exil contre un sauf-conduit pour ses fidèles déjà réfugiés dans le château. Il ne fut autorisé à revenir en Normandie qu'en 1032, au plus tard, mais il resta plutôt à l'écart de la cour. Il signe des chartes à plusieurs abbayes pour confirmer leurs biens ou pour les restituer. Les abbayes de Fécamp et de Saint-Wandrille et la cathédrale Notre-Dame de Rouen figurent parmi les bénéficiaires de ces actes. Le duc poussa même quelques-uns de ses vassaux à le suivre dans ce mouvement. Renouant avec les actions de son père Richard II, Robert fonda deux monastères. En premier lieu, l'abbaye de Cerisy. Cette fondation est pionnière puisqu'elle intervint dans l'ouest de la Normandie, une région dépourvue de monastères en dehors du Mont-Saint-Michel. Ensuite, en 1035, il refonda l'abbaye de Montivilliers en remplaçant les moines par des moniales. Dans ce domaine, il fut une nouvelle fois accompagné par des seigneurs du duché. Guillaume d'Arques et sa femme créèrent une abbaye d'hommes, la Trinité du Mont, et une abbaye de femmes, Saint Amand à Rouen. Onfroy de Vieilles installa des moines à Préaux alors qu'un simple chevalier Herluin pose les bases près de la Risle d'un monastère appelé à un grand avenir, Le Bec. Enfin, peu après, le duc s'apprêtait à partir en pèlerinage à Jérusalem. Avant de partir, il rassembla les grands du duché à Fécamp. Il leur demanda de reconnaître comme hériter son jeune fils Guillaume âgé d'environ 7 ans. Les barons semblent avoir accepté la décision ducale sur le moment mais sûrement avec réticence. Ils reprochaient à Guillaume de ne pas être issu d'une union légitime. Mais Robert n'avait pas le choix, c'était son seul enfant masculin. Il partit au début de l'année 1035 avec quelques barons comme le sénéchal Turstin, Odon Stigand et Drogon de Vexin, et prit la route terrestre pour rejoindre Rome. L'empereur byzantin Michel IV l'accueillit ensuite à Byzance. Le duc de Normandie parvint jusqu'à Jérusalem mais mourut l'été 1035 sur le chemin du retour, à Nicée. Il n'avait que 25 ans. À l'image de ses prédécesseurs, il se montra un allié précieux et ennemi redoutable pour les princes voisins. En 1031, le roi de France Robert le Pieux décéda. Son fils aîné Henri 1er lui succéda mais il se heurta à une révolte de son frère cadet Robert, appuyé par sa mère Constance d'Arles. Le comte de Blois Eudes II se mêla à l'opposition contre le nouveau roi. Face à une telle coalition, Henri 1er dut quitter le domaine royal et trouver refuge à Fécamp auprès du duc de Normandie. Ce dernier l'aida dans son entreprise de reconquête. Il demanda notamment à son oncle Mauger de Corbeil d'intervenir militairement au côté du roi. Le frère rebelle fut vaincu et demanda la paix tandis que Constance mourut en 1034. Pour prix de son appui, il aurait reçu la suzeraineté sur la partie du Vexin entre l'Epte et l'Oise.
Roger dit Borsa (vers 1060-1111) Duc normand d'Apulie, de Calabre et de Sicile de 1085 à 1111
Né peut-être à Salerne,fils aîné de Robert Guiscard et de la princesse lombarde Sykelgaite de Salerne. Il participe aux côtés de son père et de son demi-frère Bohémond à l'invasion des territoires de l'Empire byzantin et à la prise de Corfou en 1083. À la mort de Guiscard en juillet 1085, il hérite de ses possessions et devient duc d'Apulie, de Calabre et de Sicile, écartant Bohémond de l'héritage paternel. Mais il n'a pas la poigne de son père et a beaucoup de mal à faire régner l'ordre et à asseoir son autorité sur les turbulents et belliqueux barons normands. Dès la fin de l'année 1085, Bohémond et ses partisans s'emparent du sud de l'Apulie et prennent Tarente. En 1091 il fait appel à son oncle Roger, comte de Sicile, pour réduire des révoltes en Calabre. En 1092, il épouse Adèle de Flandre, fille de Robert le Frison, comte de Flandre, et jeune veuve du roi danois Knut le Saint. En 1096, la riche cité d'Amalfi reprend son indépendance. Lors de la Croisade, il accueille le duc de Normandie Robert Courteheuse, en partance pour la Terre Sainte puis, fait de même lors du retour du duc pour la Normandie, de l'automne 1099 au printemps 1100. Il meurt le 22 février 1111 laissant pour successeur un jeune fils, Guillaume, et une Italie normande fragilisée qui profitera plus tard au comte Roger II de Sicile, son cousin.
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